‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 158 sur 187 · XXXVJ · texte numérisé non relu

XXXVJ

En face de la fenêtre, je compte bâtir une école, afin que l'amour y vienne avec son livre d'or.

Pendant cette année d'absence, le printemps m'a paru riiiver, le jour un an, et l'an un siècle.

Si Niobé avait assez vécu pour voir mes malheurs, elle

eût cessé de s'affliger des siens *.

je veux, je balance, je réfléchis, j'ose, puis je redoute; je me ravise, je prends courage, j'espère et je finis par désespérer.

* Réminiscence de Vîliàde. Achille consoliî Pham p;u' l'exemple de Niobé ; et le distique veut consoler Niobé à 5on tour.

*2oO DISTIQUES AMOUREUX.

On appelle l'amour une flamme, parce que, comme elle, il brille et ne peut rester caché.

Je t'aime, je le jure. Le Seigneur le sait : ce Seigneur qui fait les nuages, le tonnerre et la pluie.

Tu t'enorgueillissais de là fleur de la jeunesse; et maintenant, je te prie, es-tu toi-même ou une autre?

xLiir

Je gagnerai la plaine et les montagnes pour demander aux animaux sauvages s'ils n'inventeraient point pour moi un remède qui me fit t'oublier.

Rt que me diront les montagnes et la plaine? — « Ya-t'en bien loin; à force de te plaindre, tu nous as '( tant affligées que nous ne retrouvons plus nos part rures. » —

Un seul de tes cheveux ! j'en coudrai mes yeux; et, devant Dieu, jeté jure de ne jamais en regarder d'autres.

En pensant à loi, mon sang s'arrête, et mon esprit s'envole à tous les vents, comme la paille sur l'aire.

Les chansons sont des paroles que disent ceux qui souffrent. Us ont beau chercher à chasser ainsi le chagrin, le chagrin leur reste.

Tourne sur moi ces yeux si doux, ces yeux qui se plient et se recourbent, ces yeux qui adoucissent ce qui est amer, et ce qui est sauvage l'apprivoisent.

Si j'avais eu à la place de mes deux mains des clefs d'or, j'aurais ouvert ton cœur qui se ferme pour moi.

Quelle ame de fer pourrait supporter la douleur de n'apercevoir ta personne qu'une fois par mois, ou une fois l'an ! /

Ton baiser me fait atteindre les cieux, m'y asseoir et converser avec les anges.

Les yeux ont dit au cœur : Pourquoi es-tu triste? — Êtes-vous donc aveugles et ne voyez-vous pas que votre ami vous manque.

LU

Retourne chez toi, cher médecin, et emporte tes remèdes.

2r)S DISTIQUES AMOUREIX.

Cû que j'ai au cœur, tes livres n'eu disent rien. Ce n'est pas un coup de poignard à gnérir par le baume. T/est un mal au fond de l'Ame qui me fera perdre la l'ai son.

i.iii

Tu as des yeux bleus commue le fond du ciel. Us étincellent l'un et l'autre, comme les pléiades au point du jour.

Amour, puisque lu ne laisses pas de cœur sans blessure, prends bien soin de dorer tes flèches.

On me l'avait bien dit que lu étais un tyran, et que, si je l'aimais trop, lu me ferais mourir.

Je demande à l'amour qu'il soit économe, et que de deux Ames il non fasse qu'une.

0 lune éclatante, j'envie ta fortune; tu vois celui que aime, et moi, je suis loin de lui.

0 mes doux yeux, méditez la prière que je vous adresse. Par-dessus notre amour n'allez pas en mettre un autre.

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N'aime point un homme s'il ne t'aime, et si tu ne vois fondre comme une fontaine ses veux.

Approche de ta fenêtre et regarde le ciel; tu y verras l'astre du malin jouer avec la lune.

0 mon cyprès superbe, baisse-toi que je te parle; je

n'ai que deux mots à te dire ; après quoi je mourrai. !

IXII 5

Le cœur a quatre feuilles, tu m'en as pris deux; et les i

deux autres tu me les laisses flétries et brûlées. l

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