‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 84 sur 187 · L'ÉPOUSE SANS FOI · texte numérisé non relu

L'ÉPOUSE SANS FOI

Là, dans le voisinage, et dans la rue d'en haut, reposait une belle dans les bras de son mari. Mais le sommeil ne lui venait pas, le sommeil ne peut lui venir.

Alors elle parle à son mari, alors elle lui dit : — « Tu « dors bien fort, Constantin , quel profond sommeil te « prend; les vaisseaux font voile et tes camarades pai- *« tent. »

— Laisse -moi, ma belle, dormir encore un peu; tu me tourmentes, ma belle; tu me presses trop, ma fille; tu en aimes un autre et tu veux être avec lui.

— « Si j'en aime un autre et si je veux être avec lui, tu « portes un sabre à la ceinture, coupe-moi la tête; mes « vêtements rougiront et ton sabre aussi ! »

Constantin monte à cheval et fait route pendant deux heures. Il a oublié son écritoire et revient le chercher; il trouve ses portes closes et bien barricadées, il trouve la belle elle-même couchée avec un autre.

— Lève-toi, belle, et voyons lequel te plaît, lequel est le plus beau et le plus brave.

— « Pour la bravoure et la beauté, c'est toi ; pour l'a- (( mour et le plaisir, c'est lui. »

Il tire son sabre et en fait mille morceaux; c'était un corps d'ange et une épouse sanS foi.

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