‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 91 sur 187 · LA PERDRIX · texte numérisé non relu

LA PERDRIX

Une perdrix se vantait, au soleil levant et couchant, de n'avoir pas encore trouvé de chasseur pour la prendre.

Un chasseur, qui l'entendit, s'en irrita ; il met des lacs sur le rivage, des gluaux dans les champs, et des collets de soie à la fontaine Chioné.

La perdrix vint pour y boire, et fut prise par le col. — « Chasseur, délivre-moi, le mal me prend et je m'éva- <'■ nouis. )) — Et comme il la délivre, avec tous ses maux et ses évanouissements, elle tire de l'aile et s'enfuit : « 0 '( chasseur, mauvais chasseur, qui laisses aller une telle « perdrix ! de plus fins que toi sauront la prendre. »

1(J8 I.ÉdKNDES

MELl>OMÈNE

C'était la belle saison; c'était un beau point du jour, quand Melpomène vint au bord de la mer pour voir le ciel, respirer l'air rafraîchi, et jouir de la brise du malin et de l'aurore.

Là, sur le rivage, un nautonier blond nage avec sa rame comme un cygne, et chante doucement. La jeune fille dit au nautonier d'une voix gracieuse : — « Jeune '( blond, passons l'eau avec ta rame.

« Passons, mais non, arrête-toi, car je n'ai pas d'ar- « gent. » — Entrez toujours, répond-ii, qu'importe? Vous êtes Melpomène, la belle au corps d'ange. — Et le nautonier rame en lui jetant d'amoureux regards.

Puis il la prie de dire à ses parents que le nautonier blond l'aime et la demande. — « Rame toujours, jeune « blond, lui dit-elle, rame bien et espère.

« Arrivons vis-à-vis, avant que le soleil se lève; pour (( que je puisse cueillir des roses et des fleurs avec la (( rosée de l'aurore. » — Depuis que le blond est en compagnie de Melpomène, il rame avec plus d'ardeur.

L'un tient la rame, l'autre le gouvernail de cette barque qui doit finir leurs tourments. La douce haleine de l'amant et de l'amante donne au rameur des ailes pour arriver le premier.

LEGExNDES. 169

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