LE CHASSEUR
— Réveillez-vous! ne dormez plus, ô mon serin doré; réveillez-vous pour entendre comme je chante.
Je me suis bien réveillé, moi pauvre affligé, et j'ai pris mes armes pour aller à la chasse ; à la chasse des lièvres et des perdrix, pour tuer des oiseaux et vous les offrir, mon angélique beauté.
Voilà qu'il tombe une petite pluie fine qui me contrarie, et je ne puis trouver de lit pour me coucher.
Quand tout à coup j'aperçois une tour brillante comme le soleil, et une jeune fille qui l'habite et chante doucement.
Son gazouillement me parut dire ainsi :
— « 0 vous, jeunes filles et jeunes garçons, réjouissez- (( vous, profitez du temps, vous qui en avez, n'attendez « pas qu'il passe; il s'en va bien vite et ne revient plus. » —
Ainsi fuit la jeunesse, ô mon serin doré; elle se flétrit, s'envole et ne revient pas.