‹ Chants populaires du NordChapitre 34 sur 110 · LA VENGEANCE DE GRDIHILDE · texte numérisé non relu

LA VENGEANCE DE GRDIHILDE

Encore un épisode de la longue épopée des Niebehingen, ces Atrides du >'oià Ce chant danois est emprunté à une ancienne ciironique, écrite d'abord en latin, traduite en danois vers le seizième siècle, et composée Aiaisemblablement d'après la tradition orale, de môme que le poème des >'iebelungen et la Viikiua saga.

La fière Grimhilde fait préparer la bière. Elle invite les chevaliers vaillants de tous les pays.

Elle les invite à venir sans retard pour lutter et combattre. Le héros Ilaagen y perdit la vie.

Ilaageu s'en va sur le rivage et trouve une femme de mer, qui reposait sur le sable blanc.

— Salut à toi , sailli à toi , jolie femme de mer ; dismoi si j'arriverai dans la terre de Hvenild , si je n'y perdrai pas la vie.

— Tu as des forteresses et tu as beaucoup d'or ; si tu vas dans la terre de Hvenild, tu y seras tué.

Ilaagen tire son épée, s'élance sur la femme de mer, et lui coupe la tète.

Il prend celle lète sanglante , la jette dans les flots , cl y jette ensuite le corps.

Haagen marche sur le rivage et trouve le batelier le long de la grève blanche.

— Écoute, bon batelier, passe-moi de l'autre côté de l'eau , je te donnerai un bracelet d'or (pii pèse bien (|iiiu/,e livix'.s.

— Pour tout ton or, je ne te passerais pas de rautrc côté de l'eau; car quand tu arriveras dans la terre de Hvneld , tu y seras tué.

Haageu tire son épée, s'élance sur le batelier et lui coupe la tète.

Il tire un bracelet d'or de son bras et le donne à la femme du batelier. — Voilà ce que je te donne pour la \ic de ton mari,

Gunter et Gernot éloignent de terre le navire. Le temps est mauvais , la mer est orageuse.

Le temps est mauvais , la mer est orageuse. La rame de fer se brise entre les mains de Haagen.

La rame de fer se brise entre les mains de Haagen. Ils conduisent le navire à terre avec deux boucliers dorés.

En arrivant sur le rivage, ils aiguisent leurs épées. l ne jeune fille clait là qui les regardait.

Elle est de grandeur ordinaire , et a la taille mince. Elle a la démarche d'une jeune fdle.

Ils s'en vont à Norborg , à l'endroit où le gardien a coutume de rester. — Où est le gardien qui devrait être ici ?

— Le voilà qui observe et surveille. Si je savais d'où vous venez, je porterais volontiers votre message.

— Nous venons de trois royaumes. Grinihildc est notre sœur. Voilà la vérité.

Le gardien entre , s'avance vers la table : — Il y a là devant la porte deux honuucs de distinction.

L'un d'eux porte un \iolon , l'autre un casque doré. Ce sont des fUs de duc.

Grimhilde s'enveloppe la tête dans sa fourrure, descend dans la cour, et invite ses frères à entier.

— Venez dans la chambre , vous aurez du vin , de la

100 CHANTS popii.MnES dt: nord.

bière ; un lit de soie , si vous voulez dormir , et deux do mes fenuues.

Grimliikle s'enveloppe la tète dans sa fourrure, et va dans la salle où sont ses guerriers.

— Vous voilà , mes hommes d'armes , buvant la bière et le vin"! Qui de vous veut tuer Haagen mon cher frère ?

— Qui veut frapper Ilaagen à mort? Il commandera dans mon château et gagnera-mon or rouge.

Un guerrier, un des principaux de la contrée répondit : — Jo veux de ma propre main gagner cette récompense.

— Je veux gagner cette récompense. Je frapperai Haagen à mort ; je commanderai dans tes châteaux et gagnerai ton or rouge.

Mors Folker, le musicien, s'écrie , tenant sa massue de fer : — Je te ferai une belle marque avant que tu approches.

Du premier coup, il jette sur le sol quinze combattants.— Ah! ah! musicien Folker, comme lu manies bien l'archet !

H renverse les combattants , et fait de leurs corps un grand et large pont.

Sur le sol il y a des peaux ; sous les peaux des petits pois. Cela fut cause que Ilaagen tomba.

Haagen veul se relever. — Non , mon frère, souvienstoi de ce que tu as promis , et ticui^ ta parole. .

— Tiens ta parole, mon frère; tu as dit que si tu tond)ais sm- le sol , tu ne te relèverais ]ias.

Haagen ne veut pas violer sa promesse. Il reste à genoux, (le fut ainsi qu'il reçut le coup mortel.

Cependant il tue encore trois cond)allants ; trois des plus forts. Il s'en va vers la montagne, et trouve le trésor de son père,

Lo sort lui fut si favorahlo qu'il (rouva la bollo llvcnilde, et enfanta avec elle un fils.

<Je lils s'appelait llanke. Il vengea la mort de son père. Grimhilde mourut de faim piès du trésor de Niedung.

Ranke s'en alla à Berne ^ en LomI)ardie. Il était là avec des Danois, et montra son courage.

Sa mère resta dans le pays. C'est d'elle que l'île de llveen a reçu son nom. Parmi les combattants, au loin on conte cette tradition.

1 Vérone

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