‹ Chants populaires du NordChapitre 36 sur 110 · LE MOINE VALEUREUX · texte numérisé non relu

LE MOINE VALEUREUX

Il y a un cloître à l'entrée de la forêt avec des portes d'or. Douze hommes armés s'avancent et veulent le ravager.

Douze hommes veulent le ravager. Ils égorgent les bœufs et les brebis qui devaient servir à l'entretien des moines.

Un moine voit par la fenêtre qu'ils renversent les poutres et les murs. — S'ils ne sont que douze, je serai leur maître.

Il dit à son valet : Apporte-moi ma massue, je veux aller dans la forêt et arrêter ces brigands.

Quinze hommes, ni plus, ni moins, lui apportent sa massue. Le moine la prend avec les deux doigts, tant il lui est aisé de la porter.

Il la met sur son dos et s'en va dans la forêt. Les douze hommes armés le rencontrent et veulent le faire prisonnier.

Ils tracent un cercle sur la terre. Chacun d'eux chanta une autre chanson, et, je vous le dis, en vérité ce fut une triste chanson.

Le moine en tue d'abord quatre , puis cinq , puis il les tue tous, et alors il veut encore combattre.

Le moine chauve veut marcher encore. Il sort de la forêt et s'en va à travers la bruyère.

II s'avance dans la campagne et rencontre un trolie gris nommé Sivard Givelde.

— Si tu es le moine qui a tué les douze hommes, il faut que tu fuies houteusemcnt ou que tu combattes avec moi.

— Je suis le moine qui a tué les douze hommes ; je ne veux pas fuir honteusement , mais je combattrai avec toi."

Le trolle porte le premier coup. Il frappe le moine au front, sa peau se déchire, le sang coule sur ses vêtements.

Le moine frappe le trolle et le renverse par terre. — Ah! maudit sois-tu, moine chauve, ta massue est si grosse !

Arrête , ne frappe pas davantage , je te donnerai de l'or, de l'argent et d'autres trésors.

Le moine court, le trolle rampe. Tous deux, ainsi, ont la même hauteur. Ils arrivent à une maison qui a quinze portes d'or.

Ils arrivent à une maison qui a quinze portes d'or. Le moine y prit de l'or et de l'argent autant qu'il eu voulut.

11 fit conduire au cloître sept charges d'or et sept charges d'argent. Il demande fiu 'on mette en campagne celui qui pourrait mieux que lui manier la massue.

(^'élait le soir, au coucher du soleil ; le moine était à quinze grands milles du couvent.

Celait le soir, au coucher du soleil. Cependant, le moine eut le premier plat qui fut apporté sur la table de l'abbé.

Il tua quinze moines parce que la soupe n'était pas prête ; il en pendit quinze autres à la fumée parce que le poisson était amer.

Le petit garçon qui préparait la soupe dit : Chaque

fois que le moine revient au couvent , il faut nous attendre à pareille chose.

Un soir, l'assemblée voulait se retirer. Il creva un œil à l'abbé parce qu'il faisait l'office si long.

L'abbé n'osa rester plus long-temps et courut se jeter sur son lit. En vérité, il souffrait beaucoup.

Le matin , de bonne heure , les cloches sonnent ; le moine chauve ne veut ni prier, ni chanter.

Il s'avance dans le chœur, où les moines sont réunis. Nul n'osait devant le moine chauve ni prier, ni chanter.

Le pieux abbé redevint simple moine, et le moine chauve devint le supérieur des autres.

Il gouverna le cloître avec énergie pendant plus de trente années, et mourut dignement avec sa qualité d'abbé.

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