LA NAISSANCE DU CHRIST
Chaque printemps, quand les nuages fuient, le petit enfant Jésus naît de nouveau. L'ange qui apparaît dans l'air, sur les champs, sur les eaux, c'est noire Sauveur, c'est lui-même. Voilà pourquoi la nature se réjouit, se fait belle et se couvre de verdure , emblème d'espérance.
Au milieu de la nuit, les anges chantent dans la vallée pour les jeunes et innocents bergers qui contemplent les étoiles brillantes. Ils voltigent et planent à la clarté de la lune, et disent : « Aujourd'hui, le Sauveur est né du pi intemps, du sein de Marie. »
La rosée la plus pure est sa seule boisson. Vers le ciel il élève son regard bleu , vers le ciel il élève ses mains enfantines, et il est uni à la terre par des liens de roses. Son haleine est le zéphyr, son berceau le gazon, son œil l'azur du ciel.
— O bergers! allez à Bethléem , tâchez d'émouvoir les êtres froids et endurcis , dites-leur de venir dans la vallée afin de contempler l'enfant sur sa couche de paille, afin que son sourire et sa voix ramènent vers le ciel leurs terrestres pensées.
Les anges s'envolent veis leur i)atrie céleste, les bergers vont à Bethléem et racontent ce qui se passe dans la vallée, et on tourne lems paroles en dérision. Ils redescendent dans la ^ ailée, s'agenouillent devant l'enfant cl croient en IJieu.
dv.m;m\iik. 271
L'étoile brille à la surface du ciel; elle brille aux yeux des rois de l'Orienl ; les astres s'avancent en chœur, se penchent doucement vers la terre et bénissent le saint nom du Sauveur, qui repose dans les bras de sa mère.
Du sein de la terre , pareils à des fleurs de pourpre et d'or, s'élèvent de beaux enfants, candides et riants, qui montent dans les airs et descendent, et portent des vases dorés d'où s'exhale l'odorant parfum de la myrrhe.