‹ Chants révolutionnaires. Préf. de Henri RochefortChapitre 100 sur 106 · REGAIN DE JEUNESSE · texte numérisé non relu

REGAIN DE JEUNESSE

A la citoyenne Caroline P,

Cheveux gris^ voulez-vous vous taire! Oh ! mes quarante ans, taisez- vous !

Ce soleil d'or, baignant la terre.

Fait de la jeunesse pour tous.

Est-ce Toiseau qui met des ailes A mes reins hier si pesants?

Salut! mes sœurs les hirondelles, Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

Des soucis, faisons table rase, Cherchons les horizons subits.

Quoi! je puis au vin de Textase Tremper mon morceau de pain bis?

Quoi! je puis, à ma fantaisie, Dénicher les refrains naissants Et gaminer la poésie...

Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

2l8 CHANTS RÉVOLUTIONNAIRES

C'est donc vrai, que la cendre couve Si longtemps le feu du matin?

Oh! quel bonheur! je me retrouve, Moi, qui disais : je suis éteint!

Éclate flamme et te déploie Siècles, voyez! voyez, passants!

J'ai rallumé mon feu de joie, Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

Dans ce ravin se creuse un porche,

Là ma muse balbutia.

En y descendant, je m'écorche

Aux ongles de l'acacia.

Mon corps roule et mon esprit flotte

Dans les éthers éblouissants...

Bon! j'ai déchiré ma culotte.

Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

Philosophe à Tàme indiscrète.

Soleil, vais-je l'interroger Comme on fait d'une pâquerette, Pétale à pétale, et songer?

Non! mais comme un collier j'égrène Tous mes souvenirs séduisants :

Chérubin rêve à sa marraine. , Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

Ah! dans les herbes les plus Irclcs, Je sens la vie et le baiser; Je vois les fleurs s'aimer entr'elle%; Je vois les rayons s'épouser.

Velours des prés, soyez ma couche ; Et, pour m'ouvrir Fâme et les sens, Nature, un baiser sur ta bouche !

Aujourd'hui, je n'ai que quinze ans!

l'ossc Bazin, i856.

'/^£ V*^# V'^# V''*# V"^^ V^** \f'M V?'*# V^'rf V'>''ÎA

îi.ijypjMi;)]

Page 1