LOGEMENTS INSALUBRES
A Landragon (Ljcc chansonnière) .
Voici le huit, le jour du terme :
Nous n'avons pas le premier sou.
Mais j'attends Vautour de pied ferme, Qu'il vienne et je lui tords le cou.
Ce ne sont pas menaces vaines.
Je suis femme d'un ouvrier.
II suce le sang de nos veines, On se venge d'un meurtrier!
Nous pourrissons dans ce cloaque.
Nos loyers, de ce vieux voleur Ont payé la sale baraque.
Au moins quatre fois sa valeur.
Depuis vingt ans je me lamente Dans son trou, sans jour et sans air.
Voilà cinq fois qu'il nous augmente.
En entrant, c'clait dcJM cher.
.Pai passé là vingt longs carêmes, Car que sert de déménager?
Ces gueux-là sont partout les mêmes, On ne sait plus où se loger.
LVscalier noir est une honte,
Tant il est dégradé, poisseux.
Des lieux, des plombs quand Todeur monte,
L'alcali vous empoigne aux yeux.
Il fait de Tor de cette boue.
Prenant le plus clair du travail.
C'est de la peste qu'il nous loue.
Il tient la typhoïde à bail.
Quel logis infect que le nôtre :
Une boîte de crevaison.
Tous mes enfants, l'un après l'autre.
Je les perds dans cette maison.
Entre ces quatre murs verdàtres.
L'humidité que nous humons Des cloisons détache les plâtres Et nous détache les poumons.
Le peuple hait cette charogne Et parle de l'exproprier.
Moi je vais plus vite en besogne, Je veux la peau de Tusurier.
Pauvres bougres de locataires A quand la révolution? Supprimer les propriétaires, N'est-ce pas la solution?
2l6 CHANTS RÉVOLUTIONNAIRES
La politique glaciale
Est pour la femme un jeu moqueur,
Mais la question sociale
Tient la mère au profond du cœur.
Nos défaites seront vengées
Quand mêlant leurs cris au tocsin,
Toutes les femmes insurgées
Marcheront leurs bébés au sein.
Voici le huit, le jour du terme :
Nous n'avons pas le premier sou.
Mais j'attends Vautour de pieds ferme, Qu'il vienne et je lui tords'le cou.
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