VENTRE CREUX
A Albert Goulé.
J^ai faim, disait Ventre creux Devenu sceptique,
Je suis las des fruits véreux De la politique. Tiens! je paie assez Les vieux pots cassés.
Les partis Sont petits.
Chacun a sa bande.
J'aime mieux la viande !
Peuple, me dit en tout lieu
Roi qui sollicite.
On ne fait bon pot-au-feu
Que dans ma marmite.
— Mais, grugeur d'impôt,
De ta poule au pot
Lorsque j^ai
L^os rongé, C'est par contrebande, J^aime mieux la viande !
Un gras marguillier sans fiel,
Monsieur Durosaire, Me dit : Tu gagnes le ciel.
Bénis ta misère.
— Quoi! pour mon salut Ce jeûne absolu.
C'est très bien.
Très chrétien !
Que Dieu vous le rende, J'aime mieux la viande !
Un meneur fort amical
Me dit : Prolétaire, Prends un Bourgeois radical
Pour ton mandataire.
— Tout Bourgeois, mon cher, Nourri de ma chair,
Sur mon gain,
Sur ma faini Touche un dividende, J'aime mieux la viande !
Pour qui ces torches là-bas,
Ces prêtres bizarres?
Quel est ce dieu ? — le bœuf gras !
Sonnez les fanfares!
CHANTS R^WOLUTIONNAIRES 53
Animal divin, Terrassant la faim,
Tu nourris
Nos esprits.
Que chacun m'entende !
J'aime mieux la viande !
^. 4^. ?te.
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