‹ Chants révolutionnaires. Préf. de Henri RochefortChapitre 64 sur 106 · DEJA · texte numérisé non relu

DEJA

A la citoyenne Paule Mink.

Au petit jour, la neige tombe, Tourhillonnanle par les airs; Un drap de plumes de colombe S'étend sur les pave's déserts.

Bientôt j'y repassai, la roue, Le pied de Thomme y pataugea; Plus de neige, hélas ! de la boue !

Déjà !

Avait-elle quinze ans? Non, certes!

Pas encore, vieille en même temps.

Sur son visage à teintes vertes.

Rien de Tenfance et du printemps.

L'hébétement de sa prunelle Disait quel vautour la rongea ; On sentait du cadavre en elle.

Déjà !

Il6 CHANTS RKVOLUTIONNAIRKS

Elle allait fangeuse et suspecte, Qui la suivait ? des cheveux gris, Au fond d'une ruelle infecte, D'où bientôt partirent des cris.

Un agent vint dans la bagarre, Brutalement l'interrogea, Puis l'emballa pour Saint-Lazare.

Déjà!

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LA SCIENCE FERMIERE

Au citoyen Godin, de Guise, fondateur du Familistère.

Science, à nos étables Tu dois tes soins intelligents.

Donne aux plus pauvres tables Le pot-au-feu des bonnes gens!

Tournons ce coteau qui nous cache

Les misères de la cité.

Les chaudes senteurs de la vache

Nous parlent de fécondité.

Viens là, Science productive.

Dire aux taureaux, dire aux béliers :

« Il faut que tout le monde vive!

Croissez donc et multipliez. »

Sème la chair dans la prairie Pour la moisson de Téleveur.

A Pagneau de la bergerie Donne Tarome et la saveur.

Il8 CHANTS RÉVOUTIONNAIRES

L'homme las de luttes, d'intrigue, Au sol dédaigné rend ses bras.

La Terre attend Tenfant prodigue, Elle veut tuer le veau gras.

Elève et croise, ô fée adroite, La race obéit au toucher.

Fais-nous ces bœufs à ligne droite, Taillés pour l'étal du boucher.

Pétris les os, hâte la crue Du cheval et de la brebis.

Fais les muscles pour la charrue.

Fais la laine pour nos habits.

Vois-tu Paris, ville géante.

Cerveau qui bout, large estomac :

Cette bête, à gueule béante.

Dévore souvent son cornac.

Il ne faut pas la faire attendre.

Fais sa ration tous les jours.

Dieu! si la famine allait prendre Aux poudrières des faubourgs!

Plus troupeaux, hélas! que familles.

Dans les garnis, dans les ruisseaux.

Vois-tu ces spectres en guenilles Disputer Tordure aux pourceaux:

L'homme est-il fait pour la vermine Croyons-nous encore au péché?

— Non! — \i\ misère a sa vaccine, P\Mi*;-n(nis In vie m bon mnrché'

Reprends en tes mains sociales,

Après tant de siècles amers,

Les vignes et les céréales,

Le pâturage et Teau des mers.

Il est bien temps que chacun mange;

Il faut à rhomme universel

Le sang rouge de la vendange.

Le pain blanc, la viande et le sel!

Science, à nos ctables Tu dois tes soins intelligents, Donne aux plus pauvres tables!

Le pot-au-feu des bonnes gens!

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