SALUT AUX QUINZE MILLE VOIX
Au citoyen Mesureur, président du Conseil municipal,
Premier succès du parti ouvrier aux élections municipales en 1880,
Salut! c'est le vote de classe,
Le premier réveil des vaincus,
La clé pour sortir de l'impasse, •
Le programme de Spartacus;
C'est la plèbe que tu fusilles,
Féodalité de bourgeois,
Qui vient pour raser tes bastilles.
Salut! aux quinze mille voix!
Le jeune parti qui s'aftirme Va de Tavant et vote clair, Rejette le louche et l'infirme :
C'est la pointe entrant dans la chair.
Car il entend, classes oisives, Sr>ci.'discr à In fois
Toutes les forces productives.
Salut! aux quinze mille voix!
Fils de rinternationale,
Il dit aux bourgeois : C'est rompu!
Je ne mets pas ma main loyale
Dans l'amalgame corrompu;
Car j'ai la devise suprême
Que Varlin signait autrefois :
a Travailleur, sauve-toi toi-même! »
Salut! aux quinze mille voix!
Il veut, brutal dans sa droiture,
Abolir le Salariat,
Des dons gratuits de la nature
Saisir le Prolétariat,
Et résorbant la bourgeoisie.
Dégager d'un monde aux abois
Beaux-al-ts, Science et Poésie.
Salut! aux quinze mille voix!
Au nom d'un passé de martyre, Des vaillants, dont le siècle est veuf, Des purs que la justice attire :
Flourens, Ferré, Blanqui, Babœuf; Au nom de leur mort rayonnante.
Des foules suivant leurs convois, Et de la semaine sanglante :
Salut! aux quinze mille voix!