SUR LE HUITIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE
Page 168 : 1. El; ~ayop^v iévai. L'infinitif est employé ici avec le
même sens qu'un impératif, comme cela se présente si souvent dans
Homère. Nous avons vu, chant VI, vers 258 : 'AXXà fJ.a.À' w8' Èpôuv,
qui équivaut à iUÀèt fJ.(D! (M' ~iptat, chant V, vers 342.
- 2. ~KaTiyEuE "/teœaXri, wjjioiç, équivaut à itMÉXEUEV EtÇ xe<paXï|v,
eïç WfJ.ouç.
— 3. ~Aù-ràp ènei, etc. Voy. chant II, vers 9.
— 4. ~KéxXvTe, etc. Ces deux vers se trouvent déjà au chant VII,
Page )70 : 1. 'EPVcrcrO¡J.EV, pour le subjonctif èpOffffoùjjiev.
Page 172 : 1. AÙTàp btEÍ, etc. Les vers 50-55 se trouvent déjà
au IVe chant, 779-785.
Page 174 : 1. 'OyealjiCov Vàv ~cXfJ.EpcrE. Dugas Montbel : « Les scho.
liastes cherchent à expliquer ici pourquoi le poëte, après avoir dit
que la muse aimait Démodocus, ajoute qu'elle le priva de la vue, et,
selon leur coutume, ils répondent par une foule de subtilités. Quel--
ques-uns ont pensé qu'Homère avait voulu se peindre lui-même dans
Démodocus aveugle. Cette cécité d'Homère n'a, je crois, d'autre au--
torité que l'auteur de la vie anonyme de notre poëte; mais cette vie,
comme tout ce qu'on a écrit sur Homère, est un tissu de fables
auxquelles il n'est permis d'ajouter aucun crédit. <•
— 2. Ot 8' in' ôveia8', etc. Pour ces deux vers, voyez chant I,
148 et 150.
Page 176 : 1. 'AvSpwv oïjxviç. Ces deux génitifs dépendent l'un de
l'autre; Démodocus redit la gloire, les exploits des héros de ce chant,
dont la renommée s'élevait alors jusqu'au ciel.
— 2. NCtxoç. ~'AXtÀ'ijoç. L'oracle avait répondu, dit-on, à Aga-- - memnon qu'il prendrait Troie quand la discorde se serait mise entre les premiers des Grecs. Après la mort d'Hector, pendant un festin,
une querelle s'éleva entre Achille et Ulysse, l'un vantant la bra--
NOTES SUR LE VIIIe CHANT DE L'ODYSSÉE. 245 voure, l'autre exaltant la prudence. Agamemnon se réjouit de cette dispute comme d'un présage qui lui annonçait sa prochaine victoire.
Page 180 : 1. ~AXpÓVEW;. Il faut remarquer que presque tous les noms des jeunes Phéaciens qui se présentent pour lutter dans les jeux rappellent l'art de la navigation, que ce peuple cultivait tout particulièrement : ainsi A cronée, celui qui est à la pointe d'un na-vire; Naubolide, celui qui lance un vaisseau; Anchiale, qui habite près de la mer, etc.
Page 182: 1. "Ocro-ov t' èv veietc. Ce passage présente une ellipse assez forte ; cependant on est assez généralement d'accord sur le sens. Homère veut dire que Clytonée devance ses rivaux autant qu'un atte-lage de mules de labour devance uu attelage de bœufs. Le second terme de la comparaison n'est qu'indiqué par le poëte; mais on lit dans l'Iliade, chant X, vers 351 :
— 2. ~Tirex7tpo0éwv Xaouç. Mattbiæ, § 426, cite plusieurs exem-ples de verbes qui sont ainsi construits avec l'accusatif, bien que ce cas ne soit pas gouverné par les prépositions qui entrent dans leur composition, comme èiMrXeîv, è$éç>ys.aQa.i, ~èxëaivetv.
Page 184 : 1. "H6ï)ç ne désigne pas précisément la jeunesse, car Ulysse n'est plus jeune, mais cette vigueur juvénile qui se trouve encore chez certains vieillards.
— 2. Où gv yàp ~(jleïÇov. Pindare, Pythiques, X, 35 :
Page 186 : 1. ~Mvij(.Lwv. 11 n'est pas question ici d'un teneur de livres, puisqu'il paraît établi que du temps d'Homère on ignorait encore l'écriture, mais d'un homme qui était chargé de fixer dans sa mémoire tous les détails qui intéressaient les opérations commer-ciales des navigateurs. Cet homme, ordinairement le patron du vais-seau, était une espèce de registre vivant. 246 NOTES SUR LE VIIIe CHANT DE L'ODYSSÉE.
Page 188 : 1. CKStwç où ~TuxvTsaffi, etc. Claudien, sur le premier consulat de Stilicon, vers 25 :
Nunquam sincera bonorum
Sors ulli coucessa viro. Quem vullns honorat,
Dedecorant morcs.
Page 19D : 1. A0t<3 q¡cXPEt, avec son manteau même, sans se dé-barrasser de son manteau, comme faisaient d'ordinaire ceux qui s'apprêlaient à lancer le disque.
Page 200 : 1. ~'Ajjup' "Apeo; qpiXoTYiToc. On trouve le même récit dans Ovide, Métamorphoses, IV, 171-189, mais il est bien moins développé que dans Homère. Quelques critiques ont mis en doute l'authenticité de cet épisode; sans nier qu'il ne soit d'une très-haute antiquité, ils prétendent que c'est sans doute un fragment d'un hymne postérieur à Homère, transporté dans YOdyssde par quelque rhapsode. Leurs raisons tirées de quelques détails mythologiques qui n'étaient pas admis, disent-ils, du temps d'Homère, et de quelques formes grammaticales qui ne se retrouvent nulle part ailleurs ni dans Ylliade ni dans rOdyssée, ne sont pas parfaitement concluantes. Knight fait une objection plus sérieuse, quand il fait remarquer que Démodocus n'avait pas été amené dans l'assemblée pour chanter, mais pour marquer la mesure aux danseurs en jouant de la lyre. D'un autre cöté, Bothe, dont l'autorité est loin de manquer de poids, n'a pas le moindre doute sur l'authenticité de l'histoire des amours de Mars et de Vénus. Nous n'avons pas la prétention de décider.
— 2 Asxo; xal ~Eùvf)v est une redondance poélique. On lit de même dans Juvénal : Alienum leetum Concutere atque sacri Genium con-temnere fulcri.
Page 204 : 1. ~Itv-cta?, les Sintiens; c'était le nom des habitants de l'ile de Lemnos.
Page 208 : 1. "EeSva. Ce mot s'entend ordinairement des présents que le fiancé faisait à sa future épouse; on voit qu'il est question ci de présents faits aux parents de la jeune fille pour obtenir sa main.
NOTES SUR LE VIIIe CHANT DE L'ODYSSÉE. 247
Page 212 : 1. 'E; ~lliXcpov. Virgile, Énéide, I, 419:
Ipsa Paphum sublimis abit, sedesque revisit
Lacla suas, ubi templum illi centumque Sabaio
Ture calent aræ, sertisque recentibus halant.
Page 218 : 1. ~TSXapavros. Les anciens connaissaient l'ivoire, mais
les gldphants leur restèrent inconnus jusqu'à l'époque de l'expédition
d'Alexandre Ie Grand dans l'Inde.
Page 222 : 1. 'AoiSvj? ~ü[J.vov. On pense que ce vers est altéré, et
qu'il faudrait lire ~aoiSris 01[J.ov, ce qui est bien probable. C'est ainsi
qu'on trouve dans l'hymne à Mercure, vers 450 :
Page 224 : 1. Dugas Montbel: « Souvent BEO'(.LÓÇ en grec a la signi--
fication de nceud, et le fameux nceud de Gordius, qu'Alexandre tran--
eha d'un coup de son épée, est toujours nommé BEO'fJ.ÓC; par Plu-- - tarque. Comme on voit par ce passage, avant l'invention des serrures
les anciens se servaient de liens noués avec art pour fermer les cof--
fres qui contenaient des objets précieux; ce qui pourtant, comme
l'observe Eustathe, était moins sûr qu'une clef. "Selon ce mfime
auteur, et aussi selon le scholiaste ambrosien , ce furent les Lacédé--
moniens qui inventèrent les clefs. II est assez extraordinaire qu'une
telle invention ait eu lieu chez un peuple où toutes les richesses
étaient en commun. Quoi qu'il en soit, le nceud d'Ulysse dont il est
fait mention ici était passé en proverbe pour exprimer une chose
scellée avec soin. »
— 2. ~Ilapa CTTa0[i.ov Tsyeoi;. II n'élait pas permis à une jeune fille
d'entrer dans l'appartement des hommes.
Page 228 : 1. Ol õ' etc' ~6ve £ <x0', etc. Nous avons déjà vu ces deux
vers au IV" chant, vers 67 et 68, et ailleurs.
Page 232 : 1. ~Ar)I<p66oio. Après la mort de Paris, Hélène avalt
épousé Déiphobe, qui était aussi fils dc Priam.
Page 234 : 1. wEve' ~aXXov; fJ.Év, etc. Voy. les vers 93-97.
Page 236 : 1. KELet, là-bas, c'est-à-dire dans ta patrie.
4iUX' &ye (Aoi, etc. Voy. chant I, vers 169.