SUR LE CINQUIÈME .CHANT DE L'ODYSSÉE
Page 2 : 1. Ouxe -/.pàxo; èax\ jxéYKTXOV. De même dans Virgile, Enéide, X, v. 100 : Tum pater omnipotens, rerum cui summa polestas.
— 2. MYJXIÇ eTt, etc. Ce vers et les trois suivants se trouvent déjà dans le deuxième chant (230-234).
Page 4:1. ~, etc. Voy. ce vers et les trois suivants au qua-trième chant (656-560).
— 2. '0 S' ~W't). ~Aaxe8a £ (xova 8ïav. Ces voyages de Télémaque; remplissent la fin du second chant de l'Odyssée, ainsi que le troi-sième et le quatrième chants tout entiers.
^— 3. Tr]v 8' àTOX[AEiëo(A £ voç, etc. Ces deux vers se trouvent déjà dans le premier chant (63 et 64).
Page 6 : 1. Au xe xà r' aXXa irep, et encore et dans les autres cir-constances, c'est-à-dire aujourd'hui encore, comme autrefois.
- 2. Nù^/pif) êOix),oxà|ji.w, etc. Voy. chant 1, vers 86 et 87.
- 3. ~Ilofjui^ 0v/]xô)v àv0pw7Twv, sous la conduite d'hommes mor-tels, c'est-à-dire accompagné, aidé de rameurs qui conduisent son vaisseau.
— 4. ~ZxEpwiv- La plupart des commentateurs s'accordent à dire que l'île de Schérie, habitée par les Phéaciens, est la même que celle qui se nomma plus tard Corcyre, et que nous appelons Corfou. D'autres en font un pays fabuleux, comme celui des Géants, des Lestrygons, des Pygmées ; comme chez nous le pays de Cocagne, et chez les Allemands la terre des Fainéants (Schlaraffenland); et il se pourrait bien que cette opinion fût la vraie. — 5. Ilépi, accentué ainsi, est adverbe, et indique surabondance ou excès. 1 Page 8: 1. ~"ïito rcosaiv, etc. Voy. ce vers et les deux suivants dans le premier chant (96 à 98).
— 2. 'AvSpwv. ôi^ax' èyeipet est une tournure poétique, au lieu de la construction vulgaire : xwv (LÈ'i o(LfLcx"cx 6D:YEL, xoùç bà ~âyeCpEi. — 3. ~Ilieptyiv, la Piérie, petite contrée entre la Macédoine et la Thessalie, non loin du mont Olympe.
- 4. Adtpw. C'est l'oiseau que nous appelons mauve ou mouette,'
NOTES SUR LE ye CHANT DE L'ODYSSÉE. 67 ou peut-être le goéland. On peut rapprocher de ce passage les vers suivants de Virgile, Énéide, IV, 252-:
ffic priinum paribus nUens Cyllenius alis --
Constitit; hinc toto se prscceps corpore ad undas
Misit, avi simiijs, quae circuiri liltora, circum
Piscosos scopulos, liumilis volat æquora jtixta.
— 5. Ti¡v vrjffov 'r't]ÀÓ!j' ~soOtyav. Dugas-Montbel : « L'île de Calypso se nomme Ogygie dans Homère. Dans l'antiquité, comme de nos jours, on a beaucoup discuté sur l'endroit où elle était située ; l'opi-nion la plus probable est celle de Pline, qui place çette île non loin du promontoire de Lacinium, aujourd'hui cap Colonne, à l'entrée du golfe de Tarente. Quelques auteurs ont pensé qu'Ulysse avait parcouru l'océan Atlantique, parce que Calypso est désignée comme fille d'Atlas, et aussi parce qu'Homère nomme l'Océan en quelques occasions. J'ai déjà fait observer que notre poëte ne présente que des idées confuses sur l'Océan, qui tantôt est la mer, et tantôt un fleuve. D'ailleurs, du temps d'Homère, les Grecs n'avaient point franchi le détroit de Gadès ; Ulysse ne sortit point de la Méditerranée. Voici le récit sommaire de ses voyages : A son départ d'Ilion, il fit une invasion dans le pays des Ciconiens, peuple de la Thrace, au nord-ouest de Troie. Cette expédition terminée, il essuya une violente tempête, et, lorsqu'il voulut doubler le cap Malée, les vents du nord le pous-sèrent sur les rivages d'Afrique habités par les Lotophages. Il y sé-journa peu de temps, et força bientôt les siens à se rembarquer. Il tint ensuite la route du nord, et vint en Sicile au pays des Cyclopes. Après la terrible aventure du Cyclope, il tint encore la direction du nord, aborda dans l'île d'Éole, parcourut les côtes occidentales de l'Italie, visita l'île de Circé, les environs de Naples, puis revint au midi en traversant le détroit de Sicile. Lui seul étant échappé au naufrage, après son départ de l'île du Soleil, il fut jeté dans l'île de Calypso, à l'entrée du golfe de Tarente, et y séjourna plusieurs années. Quand il quitta cette île pour arriver à Ithaque, une autre tempête le força d'aborder dans l'île de Schérie , aujourd'hui Corfou. Ce fut sa dernière station, et c'est de là qu'il fut reconduit dans sa patrie. »
Page 12 : ~El T £ T £ ),ea[j.Évov ècm, si cela a déjà été accompli, c'est-à-dire si cela est possible. Cette expression, qui se rencontre plus d'une fois dans Homère, est expliquée par le passage suivant de la Poétique d'Aristote.: Tà. (j.^v ovv }j.r) ^evo^eva outîw 7ti(jT £ uo(jLev elvai ~Suvaxa • ~ta ôèy £ vô[XEva qsavepèv ôti ôuvaxdc. 68 NOTES SUR LE Ve CHANT DE L'ODYSSÉE.
Page 14 : 1 ~'OïÇupawxTov àXXwv. Construction assez rare, qui se rencontre aussi dans la République de Platon : 'Pau-ra oïcrsi TWV àXXwv.
— 2. 'Afh¡vaÍ'lw àXaovTo. Tous les Grecs n'avaient pas offensé Mi-nerve, et Ulysse. surtout était particulièrement cher à la déesse. Mais Mercure ne veut pas entrer dans les détails, ni prendre la peine de faire sa part à chacun. On sait que c'est Ajax qui attira sur les Grecs la colère de Minerve en outrageant la prophétesse Cassandre.
Page 16 : 1. ~'A À).' en ot, etc. Voy. vers 41 et 42.
— 2. ~'(lpÍwva. Orion, fils d'Hyriée, né à Hyrie, en Béolie; c'était un célèbre chasseur. L'Aurore s'éprit de lui et l'fnleva.
— 3. "PeTa ~Çtoovreç. Nous avons vu, chant IV, vers 5C5, ~pifo-tr, ~pio-nj. On dit de même en latin facile vivere pour beate vivere.
- 4. 'OpTvytr;, Ortygie, nom primitif de Délos.
- 5. ~']aaÍwvL. Le Crétois Jasion était, dit la Fable, fils de Jupiter et d'Électre; il rendit Cérès mère de Plutus.
Page 18 : 1. <PD.EO'l ne veut pas dire ici je l'aimai, mais je l'ac-cueillis avec amitié, je ie reçus avec bonté. C'est ainsi que parle Didon dans l'Énéide, IV, 373 : Ejectum littore, egentem excepi.
Page 20 : 1. OÙXÉTI ~iivSave N0|IÇY]. Il n'aimait plus Calypso, après l'avoir chérie pour ses bienfaits.
— 2. "HliaTa S' iv fr~pYj'n, etc. Virgile, Énéide, V,.6l3:
At procul iu sola secrets Troades acta
Ami^sum Anclvisen flebant, cunetæque profundum
PoHtum adspectabant flentes.
Page 24 : 1. Xttçû TE fLW, etc. Nous avons déjà vu ce vers, chant IV, 610..
— 2. oç vôwp. Le serment par les eaux du Styx était sacré pour les dieux; Jupiter punissait avec une rigueur terrible ceux qui se parjuraient après avoir pris le SLyx à témoin de leur sincérité.
Page 26 : 1. ~0'i 8' èn' ôveia0\ etc. Voy. chant I, vers 148.
Page 30 : 1. ~T),rjTROUAI, lv axifieuav/ ÉYWV TA).a7tev0éa 0UJJ.6V. Horace fait dire à peu .près de même à Ulysse (Satires, II, v, 20) :
Fortem hoc animum tolerare jubebo;
Et quondam majora tuli, --
Page 32 : 1. ~"ESaçoç v-léç , le sol d'un vaisseau, c'est-à-dire la carène. — ~Topvwaetai. Cet emploi du futur pour marquer que tel ou tel fait arrive habituellement n'est pas rare en grec ; mais on se
NOTES SUR LE Ve CHANT DE L'ODYSSÉE. 69 sert aussi, et plus souvent peut-être, du présent, du parfait et de l'aoriste, parce qu'on peut se figurer le fait ou comme ayant lieu actuellement, ou comme ayant eu lien antérieurement. Pindare, Olympiques, vu, 1 : <l>viÀcxv «ç èi ~xiç. oMpvjo-ETKL vss~Kx Yot)iêp(p, comme un père offre au jeune fiancé une coupe.
— 2. "Ixflw;, Il faut entendre par ce mot les planches qui sont dres-sées pour former les côtés du vaisseau ; elles sont maintenues au dehors par des madriers ~(crra|jûve<7criv), et au-dedans, dans l'intervalle qui sépare les deux côtés du vaisseau, se. trouvent-les planches qui forment le pont ( ê7tr)Y-/.svi3e<jcriv).
Page 36 : 1. ~W A!J.[J.opoç ),o £ tpôv 'Q*eavoïo. Virgile, Géorgiques, T, 246, dit aussi :
Arolos Oceani inetuentes æquoretingi.
— 2. ~Eio-octo..,. 7rovTco. Bothe : Clypeo Ulysses comparavit Phaeaciampropter monies eminentes ex terra in modum umbonis, cui velut circumjacet clypeus, sicut planitise littoraque montibus circumjacent.
— 3. ~SoXufAwv, les Solymes, ancien peuple de la Lycie.
Page 38 : 1. '0 5' ~Ex^ato, etc. Virgile, Énéide, VII, 291 :
Stetit acri fixa dolore ;
Turn quassaus caput bajc effundit pectove dicta. -
— 2. "Ciç ~eîitwv , etc. On peut comparer tout ce qui va suivre au récit de la tempête essuyée par la flotte troyenne dans le premier livre de l'Énéide. Virgile a emprunté à Homère les principaux pas-sages de sa description et même du discours d'Ënée.
Page 40 : 1. Tpiçfj.dbc<xpeç Aavaoi, etc. Dugas-Montbel : « Plutarque raconte que, lors de la prise de Corinthe, Mummius, voulant con-naître parmi les prisonniers quels étaient ceux qui étaient de con-dition libre, commanda à chacun d'eux d'écrire -un vers, et que l'un des plus illustres enfants de Corinthe écrivit le vers : ~Tpiçfmxapeç ~Aavaoi xai TExpaxi;, oï 't"ô't"' ôXovto. Plutarque ajoute que Mummius fut touché'jusqu'.aux larmes, et qu'il accorda la liberté à ce jeune homme ainsi qu'à tous les siens. »
— 2. Hepi ~UïAeiwvi 0<xv6vti. On trouve une description rapide de
ce combat au XXIVe chant, vers 37-42.
Page 42 : 1. ~"EXaaEv pieya xV(LOt xcx't"' ccxgyk- Ces mots sont tra--
duits littéralement par Virgile : Ingens a vertice pontus In puppim 70 NOTES 'SUR LE Ve CHANT DE L'ODYSSÉE.
fèrit. La vague s'élève au-dessus du radeau, puis retombe et se brise sur le pont.
Page 44 : 1. Ino-, fille de Cadmus, roi de Thèbes, poursuivie par son époux. Athamas qui voulait la faire périr, se précipita dans la mer avec son fils Mélicerte, du haut du rocher Moluris, sur l'isthme de Corinthe. Elle fut reçue parmi les dieux de la mer, et prit le nom de Leucothée.
— 2. ~AOôrieffcra. AOôrjyç est une épithète qui se joint souvent aux mots Pporo;, avSpwitoç, ~àvrjp, parce que la parole est l'attribut distinctif de l'espèce humaine. On trouve fréquemment aussi ~[LÉDOTIZ; âv0pwuoi.
— 3. ~Aifj.VYK. Le sens primitif de Xîjivri, qui paraît venir de Xsîêu, est courant, eau qui coule. Ce n'est que plus tard que ~Xttiv-1 a pris la signification de lac.
Page M : 1. At-yaç. On croit qu'il est question de la ville d'Aigues, eu Achaïe ou en Eubée, où Neptune était particulièrement honoré ; ce-pendant certains commentateurs pensent qu'il s'agit d'un rocher de la mer Égée, et se fondent sur le passage suivant de Pline l'Ancien (IV, xi) : Ægæo mari tiomen dedit scopulus inter Tenum et Chium vertus quam insula, ex nomine a specie capræ, quse ita Greecis appellatur, repente e medio mari exsiliens. Cernunt eum a dextra parte Andrum navigantes ab Achaia, dirum ac pestiferum.
Page 52 -: 1. 'Qç 8' rh' àv àffrcàtnoç , etc. Dugas-Montbel : Cette belle comparaison mérite surtout d'être remarquée, parce qu'elle est prise dans un ordre d'idées peu familier à notre poëte, qui em-prunte ordinairement le sujet de ses comparaisons aux objets phy-siques, et non aux affections de l'âme. On n'en trouve aucune de ce genre dans Ylliade. Cette comparaison semble indiquer que les chants relatifs au retour d'Ulysse sont d'une époque plus récente que ceux qui composent l'Iliade.
— 2. 'PÓx6eL yàp, etc. Denys d'Halicarnasse cite ce vers comme un modèle d'harmonie imitative.
Page 54 : 1. A¡eO(XL ~nérpy, roche de pierre, c'est-à-dire roche toute de pierre, sur laquelle lie croissaient ni herbes ni plantes.
Page 58 : 1. Aeioç ~7tsTpàwv ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de rochers sur cette partie du rivage , mais que les rochers qui s'y trouvaient étaient lisses, ne présentaient pas d'aspérités. Page G2 : 1. Typàv ~àévrtov. Hésiode, Théogonie, 868:
'Ex Se Tuçwéoç ÉO''r' cX.vÉ¡Lwv liévoç vypov ~àévxwv.