‹ Chapu, sa vie et son œuvreChapitre 17 sur 66 · wn · texte numérisé non relu

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LA GLOIRE

de rexéciition serait superilu; ce (|iii est caractéiisti(jiie, c’est riicureuse hardiesse avec laquelle Ghapii a abordé un sujet contemporain sans vouloir employer aucun artifice emprunté aux vieilles traditions, c’est la beauté sculpturale (pi’il a su trouver dans ce sujet, vid^fairc en apparence et <jui, aux mains d’un artiste moins bal)ile, serait facilement devenu trivial. En cela, il peut être regardé comme un initiateur, car si la peinture avait depuis longtemps déjà pressenti l’iiéroïsme de la vie modeiaie, la sculpture s’eu était j)resque toujours tenue aux vieux mythes, et, soit impuissance, soit paresse, n’avait jamais osé, sauf dans de timides bas-reliefs, représenter des sujets maladroitement empruntés aux travaux de notre vie (juotidienne. Il est vrai que, pour en dégager le côté épique, il faut toute la maîtrise d’exécution et toute la sincérité clairvovante d’un maître. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les nombreuses statues (ju’un naturalisme servile a enfantées depuis qiiebpies années.

Cette année-là, Cbapn fut chargé, ainsi <|ue les peintres Hébert et Cabanel, d’une délicate mission. Une f^xposition internationale des lleaux-xVrts avait été organisée à Munich, et la Erance avait résolu d’y prendre part. Malgré les aimables assurances du comité bavarois, notre gouvernement n’était pas sans inquiétude sur l’accueil qui serait réservé à nos artistes, et craignait que le moindre incident ne vînt raviver des blessures à peine cicatrisées. Grâce à la bonne volonté de tous, mais surtout grâce à la charmante simplicité de notre sculpteur, l’ait français fut cordialement accueilli. Cette Exposition de Munich, où

nous partagions, avec M. Lafenestre, riionneiir de n'présenter la France, nous valut l’occasion di; vivre, pendant qnel(pies jours, dans rintiinité de Cliapu, et nous pûmes apprécier, dans de longues promenades faites ensemble à li'avers la \ille, l’impeccable certitude de son jugement, la pureté de son goût, et aussi l’ex(piise bonhomie de ce cœiii’ candide, qui, malgré les dessécliantes leçons de l’expérience, n’avait rien perdu de sa naïveté et de sa fraîcbeiir. Xe connaissant jus(pie-là l’artiste cpie par ses (Ciivres, nous eûmes, il faut l’avonei’, une légère surprise, quand nous le vîmes débarquer un soir d’un des wagons de l'express de Vienne. Vous avions peine à voir le sculpteur de la Jeunesse dans cet homme de petite taille, à la l)arbe et aux cheveux longs, dont la figure n’offrait rien de remaivpiable, sauf d’assez beaux veux, an regard lumineux et doux. Tous les vêtements semblaient mal faits pour ce corps d’ouvrier aiupiel, seul, l’ample veston d’atelier donnait nue sorte de; grâce robuste. I)aus les cérémonies publicpies, il se tenait volontiers à l’écart, ne parlant que lors(|u’il y était forcé; en l■evancbe, ilans l’intimité, et avec ceux qui avaient su gagner sa confiance, il causait volontiers de son art avec un charme ému et une absence de pédantisme (pii donnaient à sa conversation un charme irrésistible. Que de lionnes heures nous avons jiassées ainsi à déambuler sur les bords verdoyants de l’isar, après nue journée fatigante, en (piète de (|uebpic auberge de banlieue dont Cbapu aimait la rnsti(jne et grasse hospitalité! Là, délivré de tonte contrainte, il donnait libre cours à sa verve et aimait à évoijiier ses souvenirs de jeunesse : les petites misères de l’atelier, Home, les dures épreuves du début, la joie des premiers succès. Puis il nous

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racontait ses (jraïules impressions d’art : les fresques de llaphaél, le Discobole du Vatican, le musée de Pompéi. Son cœur, au reste, était demeuré aussi vibrant que parle passé, et les manifestations les plus opposées du beau l’enllammaient d’un noble enthousiasme : c’est ainsi que nous le vîmes tour à tour épris des beaux marlîres d’l'2{jine ([ue conserve la Glyptotbèqiie, et des sculptures primitives allemandes dont il aimait la naïve sincérité...

Ne pouvant donner en détail les nombreuses œuvres que l’artiste exécuta pendant cette période, nous avons cru devoir insister sur celles qui présentent un intérêt exceptionnel. 11 nous faut cependant, tout au moins, si|;naler un certain nombre de sculptures décoratives, de bustes et de médailles dont le sculpteur, de ISTO à 18S0, enrichit le trésor artisti(jue de la France. Parmi les portraits, les plus remarquables sont celui de lîobert de Vo{jïié, le fils du vieux maixjuis, tué à l’ennemi en 1870, en cliargeant beroï(|uement à la tête de son escadron; le masque de ^léiino, exécuté, en 1877, pour la ville de Genève, et les belles médailles du sculpteur Guillaume, de Robert-Fleury père, de Vaudremer, de l’arcbitecte 1'rélat. Parmi les ouvra^jes déeoratifs, ildaut citer une statuette de saint Joseph pour l’église Saint-Augustin, un Sphinx pour un monument (‘levé à la mémoire des soldats français morts en Relgï(|ue (l), uik' tête colossale de Minerve pour un hôtel particulier à Franc-

(1) Nous extrayons les passages suivants d’une lettre rerue par Cliapu à l’occasion de l’inauguration de ce monument : « Le sphinx, tant hien ([ue mal réparé (?), a été bien accueilli; c’est meme beaucoup mieux en nature que la photographie ((ue nous avions. Placé sur une éminence, il se détache sur l’horizon... C’est grand, simple et d’un bel effet. Votre œuvre a été acclamée aux cris de : Vive la France! vive la Belgique! »

CHAPU

fort, et eiiHn une statue de Jésus ouvrier, qui, fondue en argent, lut offerte par rUnion des œuvres ouvrières de France au pape Pie IX, à l’occasion du cinquantième anniversaire de son épiscopat (1).

Ilien que la critifjue continuât d’apprécier favoi’ablement ses œuvres, Chapu, depuis 1875, n’avait jamais retrouvé l’éclatant concert d’éloges qui avait salué sa Jeunesse. Il devait retrouver celte unanimité dans l’admiration à propos de la figure qu’il exposa en 1880 pour le monument de Jean Heynaud (2).

(1) Il ne no\is a pas été donné de voir cette statue, et nous ne savons pas davantajie où elle se trouve aujourd’hui; niais voici la description qu’en donne I Univers du 7 juin 1877 :

C’est le type idéalisé de V Homme-Dieu que nous offre le bronze de M. Chapu. •lésus nous apparait debout, son maintien est jjrave sans rigidité; il fait un pas en avant, on voit qn il s'avance à la rencontre de ceux qui souffrent et on coni- |)rend mieux, en le regardant, l’expression du poète latin qvii nous montre Knée reconnaissant sa mère, avant même de distinguer ses traits, à la seule divinité de sa démarche : Iiicessii potiiit... — La main gauche s’appuie sur la bcsaigué, 1 instrument caractéristique du charpentier, tandis (pic la main droite s’abaisse avec bonté et convie, bien n’est plus simple, comme on le voit; mais cette simplicité, si conforme d’ailleurs aux principes de l’art statuaire, est précisément ce qui donne a cette oeuvre sa mar(|ue immuable de vérité et de grandeur...

» Le caractère des formes qui accuse, dans les lignes du corps et du visage, l’origine divine du personnage n’a pas fait oublier au sculpteur ([ue ce personnage avait été ouvrier, llcgardez, en effet, la chevelure et les vêtements, et vous y lirez la signification, la convenance spéciale imposées par les nécessités du travail. Les cheveux séjiarés sur le milieu du front dont ils encadrent la douce majesté n ont garde de flotter sur les épaules, ce qui entraverait le mouvement du travailleur; ils demeurent réunis en boucles éjiaisses, laissant au cou toute sa liberté d action, l' autre part, la tuniijue, ceinte au milieu du corps, tombe en plis sobrement drapés; ce n’est pas la robe majestueuse du Thabor, soulevée par l’esprit de Dieu, c’est l’humble livrée de l apprenti dont la manche se relève sur le bras droit, qui se trouve ainsi plus apte à travailler, plus prompt à secourir. »

(2) Uevnaud (.lean), philosophe français, né à Lyon en 1806, mort a Paris le 28 juin 1863. Klève de l’Kcole polvtechnicpie et de l’Lcole des mines, il jiassa les premières années de sa vie au service de l’Etat; mais les idées de réforme pidi-

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C’est vers 1877 (|ue la veuve de .leaii Ileynaiid Ht demander à Cliapii s’il voulait se eliarger d’une com|>osition allé- {jorique pour le tombeau de son mari. L’artiste, tout d’abord, bésita. Il était surebargé de commaudes; de plus, il faut bien le dire', c’est à peine s’il connaissait le nom de l’auteur de Ciel et terre. Pour ses écrits, il les i(fuoi-ait complètement. Il ne comprenait donc pas, tout d’abord, à quelle originale et puissante Figure il avait affaire. Pravemeut il se mit à lire l’œuvre du pbilosopbe, et si son âme simple et peu compliipiée lut un peu déroutée par le mysticisme abstrait de certains systèmes, il goûta tout de suite ce qu’elle renfermait d’idées généreuses et de tbéoiâes consolantes. Il s’intéressa tout d’abord, puis, peu à peu, se passionna pour cette âme si noble et si vibrante, si sévère pour elle-même, si tendre pour toutes les souffrances

li(jue et sociale qui travaillaient alors tant d’esprits réloijjnèrcnt liicntôt de la carrière qu’il s’était choisie. Il fut quelque temps un des plus fervents disciples du saint-simotiisine , mais il ne tarda pas à ronqme complètement avec le l’ère Enfantin, dont il desappprouvait le matérialisme, tout en restant fidèle à ses théories humanitaires. En même temps, dans V Encyclopédie nouvelle (|u’il avait fondée avec Pierre Leroux, il csipiissait tout un système de philosophie s|)iritualiste (pi’il devait développer plus tard dans sou livre : Ciel et terre. Une condamnalion politi(|ue <|u’il suhit pour avoir défendu, d’une façon (|ui fut ju(jée outrageante pour le gouvernement, la société des Droits de l'homme, le désigna aux sympathies lies ré|)uhlicains. En 1848. il fut nommé député et collahora aux réformes de Carnot, dont il était le sous-secrétaire au ministère de l’instruction puhiique. En 1849, il rentra dans la vie privée pour ne plus en sortir.

liien que peu connu du gros public, Reynaud a laissé, dans le monde des philosophes, la réputation d’un grand penseur et irun écrivain distingué. .\l . Legouvé, dans ses Soixante ans de souvenirs, a donné de lui un portrait frappant : « Le lire, dit-il, c’était sans doute le connaître; mais pour le comprendre, il fallait le voir. Ce regard incomparahle, ce mélange singulier d’austérité un peu hautaine et de cordialité pleine de bonhomie; cette bouche où !e rire s’épanouissait si largement et qui tout à coup, à l’aspect d’un vice, devenait si frémissante, on peut dire si terrible d’indignation et de méj>ris; cette belle taille d’allure si licre, cette parole tlont l’éloquence allait toujours grandissant à mesure qu’il parlait... »

CH A1‘U

lilunaines. Cependant, l’inspii ation ne venait pas, et l’artiste, après beaucoup d’efforts infructueux, allait s’avouer vaincu, lorstpie Mme llevnaud eut l’iienrense idée de lui amener un des plus vieux amis de son mari, Ernest Legonvé.

Nous emprunterons an charmant conteur de Soixante ans (le souvenirs le récit de cette visite, qui sans doute nous a valu un chef-d’œuvre de plus.

« .T’arrive chez Chapu et je le trouve très déeouragé.

« .Te n’ahoulis pas, me dit-il, je retoml)e toujours dans mes « deux statues de la Jeunesse et de la Pensée. Tenez, regar- « dez... » Après un examen attentif : « Il y a, ce me » semble, un moyen d’ari-iver au but. — Lequel? — « Changez votre figure de sexe. Au lieu d’une femme, « faites-en un homme. Au lien de V Inimorlalité, faites le « Génie de !' Inimortalilé. Cette seule modification renou- « velle tout, la forme, l’allure, l’expression; vous voilà for- « cément arraché au souvenir de vos deux antres (cnvres, « et, du même coup, vous entrez pleinement dans le carac- « 1ère de lleynaud. lleynand était avant tout un lionnne! « Une image virile peut seule être son image, et, ainsi com- « prise, cette figure deviendra en même temps la représen- « tation fidele de son génie... Voulez-vous que je vous le « résume en quelques mots? .T’appelais Keynaud un citoyen « de l’Infini. Il vivait en plein univers. La terre n’était pas <i pour lui le séjour où s’accomplit notre destinée. C était « une des étapes de notre existence éternelle! Autant U d’astres dans le ciel, autant de terres, autant d’habitations Il successives des créatures humaines. Cette idée n était pas « seulement chez lui nue idée de théologien ou de pliilo- « sophe. C’était une idée de savant. Astronome, géologue.

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l’rcmicr proji-t poiii Ip tombeau de Jean Iteynaiid. Cimetière du l'ère-l.acliaibe.

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ti physicien, chimiste et supérieur dans toutes ces scieuees,

<> il s’eu servit, uoii comme les savants ordinaires, pour eu « tirer des livres scieutiFujues, mais pour eu faire des iustru- « meuts de croyance. C’est l’étude approfondie de la con- « stitutiou des astres et de leur mouvement dans l’espace « qui le conduisit à les assimiler à la terre, à y retrouver les « mêmes éléments et à leur donner la même destination.

« li immortalité de l’âme, telle que la conçoit lleynand, est « donc une immortalité active, militante. Tout homme est « un Inttcnr éternel. Tonte vie se compose d’une suite de « vies qui ne sont (pi’une suite de combats. Chacun de nous « passe éternellement de monde en monde, travaillant, « tombant, se relevant, se rachetant, jusqu’au jour où il « entre dans la voie du perfectionnement continu et infini, « sous les yeux d’un créateur éternel qui, lui aussi, reste « toujours sou guide, son consolateur et son juge. — « C’est assez, me dit Chapu, je comprends, laincer la figure « en plein ciel, la montrer s’emparant de l’Infini et la ratta- « cher, ne fût-ce que par le bout du pied, à la terre! « Ainsi fit-il, et il fit un chef-d’œuvre.

Chef-d’œnvi’e ! Ce mot n’a rien d’exagéré, et par l’idée comme par la forme la nouvelle création de Chapu mérite de prendre place parmi les plus belles œuvres sculptées de ce siècle. I^a figure est en haut relief, c’est-à-dire que, en restant sensiblement méplate, elle offre les apparences d’une statue de ronde bosse : le génie, dans une envolée superbe, s’élance dans le ciel. Mâle et juvénile â la fois, il s’enlève sans efforts, mû par quelque force surnaturelle, la tête relevée dans une radieuse extase, les bras tendus comme pour étreindre l’Infini. Il a déjà dépassé le cercle ud

CllAPÜ.

Zodiaque et nage en plein éther dans ce mystérieux Cosmos, où si souvent la philosophie a égaré scs rêveries, tandis que, sur la terre (jii’il vient de quitter, se dresse à l’horizon nn lion, impassible et fort comme le Temps.

Il faudrait être scnlptenr pour faire sentir comme il conviendrait les beautés de l’exécntion, la science approfondie de la forme humaine, le modelé si large et si savant de ce beau corps d’éphèbe, l’habileté avec latpielle l’artiste, pour mieux indiquer ce que sa figure a d’immatériel, a su en noyer certains contonrs dans les draperies (jni l’entourent et la fondre pour ainsi dire dans le bas-relief dn fond. Ce (pii est incomparable, ce que, seule, la contemplation de l’cenvre peut faire comprendre, c’est la façon dont l’idée se dégage sans aucnn attribut symboli(pie et par le seul pouvoir d’nne pensée (jiii s’impose. « f.e Génie de l'Iniinortalitë, a dit un eriticpie, est un hymne spiritualiste; le personnage s’élève vers les baiitenrs comme les stances sacrées ou les parfums de l’antel. l*ar là, Cbapu a atteint les plus hauts sommets de son art. Il a écrit sur le tombeau de Ueynand le pins simple et le pins Inmineux commentaire de ses œuvres, et, eu même temps cpi’il lui a fait une magnifirpie apothéose, il a résumé, sous une forme concrète, tout ce cpie sa philosophie a de noble et de réconfortant. »

Au même Salon, Cbapu avait envoyé nue statue de l^e Verrier, (pu, par suite de difficultés d’ordre administratif, ne devait être inaugurée (pie neuf ans [)lns tard. Debout, dans une attitude expressive, la main droite faisant le geste de la démonstration, le grand astronome semble expli(pier la découverte (pii fit sa gloire. L’œuvre est vivante, s’enlève

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bien, et les lignes en sont lienrenses. Un paletot, largement drapé, corrige dans la mesure dn possible ce que rnniforme académique, dont l’artiste a revêtu son modèle, j)ent avoir d’empesé et de peu scniptnral, et la figure, d’une réalité tont(,* moderne, ne mam|ne pas d’allnie. Cbapn a sn en relever l’intérêt par certains détails pittoresques, notamment par une délicieuse figurine d’Atlas qui supporte la sphère céleste oii læ Verrier désigne dn doigt la planète qui doit porter son nom. On reprocha an scnlpteur d’avoir trop idéalisé la figure de l’astronome et de lui avoir prêté une expression d’enthousiasme jenne et confiant qui lui convenait mal. X’ayant jamais, dans notre jeunesse, en l’occasion de voir le savant directeur de l’Observatoire, nous ne saurions décitler si le portrait (îst ressemblant; mais nous lerons observer «pie, à l’tâge ipi’a choisi Cbapn, Le Verrier avait tout juste trente-cinq ans, et (jne la double auréole de la jeunesse et de la gloire pouvait transfigurer son visage an point d’en effacer tout ce (jn’il présenta pins tard, à ce (|u’il paraît, de vulgaire (;t de ref'rogné. En tout cas, on n’y pouvait trouver, sans anachronisme, l’homme vieilli, fatigué ('t maussade que notre génération a pu connaître.

lai statue de f^e Verrierdresse anjourd’hui dans la cour de 1 Observatoire de Paris sa fière et vibrante silhouette. Sur les deux faces latérales dn piédestal, Cliapu a également sculpté dans la pierre deux gracieux bas-reliefs. Celui de gauche représente W/strononiie traçant l’orbite de la planète découverte par fje Verrier, avec la seule rijpienr des calculs matbématif[ucs ; la seconde représente la Météorologie désignant de la main l’Observatoire d’où partent toutes les déconvcrles.

CHAPU

Un suprême lioimeur nitTiicjuait encore à Chapu. [/Académie, où il avait depuis lon^jtcmps de précieuses sympathies, n’attendait cpi’nne occasion pour lui ouvrir scs portes, il s’était déjà présenté en 187() ( I), mais pour prendre ran{j seulement. La mort de Henri Lemaire créa en une

nouvelle vacance. U.inq artistes de valeur se disputèrent son fauteuil : Crauck, Lalgiùèi-e, Millet, Schœnewerk et Chapu. Chapu fut élu par vingt-trois voix sur treute-deux votants (2d octobre ISSU), il avait alors quarante-sept ans.

(1) Paul Dubois fut tlu avec et une voix, contre six données à notre

sculpteur. Ce n’était pas, ilu reste, la première fois «pie Cliapu se présentait. Il avait posé sa candidature à la mort de liarye.

têts: de MixEnvE.

l'rOiUon de porte pour un liotcl particulier.

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