‹ Chapu, sa vie et son œuvreChapitre 16 sur 66 · BERRYER · texte numérisé non relu

BERRYER

: Palais de Justice de Paris)

EPlon Nourrit &C**Edit

LA GLOIRE

a réalise ce pro{jramme dans cette magnifique personnification de l’Art oratoire. Il en a encore rehaussé l’intérêt par les prestiges d’une exécution mervcillenscment souple et variée, on l’habileté de main s’arrête à cette extrême limite qu’elle ne saurait dépasser sans nuire à la grandeur de l’ensejuble.

Au même Salon Chapu avait envoyé, en marbre, un haut relief, la Pensée, dont le modèle en plâtre avait déjà été exposé en IS7(). Cet ouvrage était destiné au tombeau de la comtesse d’Agonlt. Ce n’est pas ici le moment déjuger celle qui, sons le pseudonyme de Daniel Stern, laissa une œuvre littéraire considérable, ni d’examiner jnscpi’à quel point l’antenr de Mes souvenirs, Escfuisses morales. Essai de liberté. Révolution de ISiS, Dante, Gœtlie, Xélida Spitioza, Marc-Aurèle, ete., mérite l’orgueilleux monument rpie la piété d’un groupe d’amis fidèles a cru devoir élever à cette femme de cœur qui fut un vaillant écrivain. Peut-être ses nombreux écrits ne l’auraient-ils pas assurée contre l’oubli; pendant de longs siècles^ en tout cas, le monument de (’diapu apprendra son nom à la postérité. La l’ensée, <pio l’artiste a eboisie pour personnifier cet esprit viril et hardi, n’a pas la grâce pleine d’abandon de la vierge qui salue les mânes de llegnanlt. Dans la plénitude de ses formes, dans la majesté calme de sa })ose, dans la mélaneolie de son œil rêveur et douloureux, on sent (pi’elle a passé l’âge des premières Heurs, qu’elle a déjà l’amère expérience de la vie. Chastement drapée dans une ample tunique, (pii laisse seulement voir ses bras nus, elle écarte d’une main les voiles (pii lui dérobent rinconnn, tandis que sa tête, fortement relevée et en pleine lumière, semble vouloir sonder les

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sphères sans limites de l’inspiration. « Le geste dn bras droit, a dit M. Henry .Tonin, un des plus fins criticpies de la statuaire moderne, a je ne sais <pioi d’incertain et de suppliant f[ui rend bien le caractère de l’esprit de I bomme en lace de rinconnu. La pensée ne commande pas, elle implore, et le statuaire a donné la mesure de son habileté en modérant l’énergie du geste sans en atténuer l’ampleur. Une ligne serpentine du ])bis gracieu.A effet court depuis la main droite, point cniminant de l’œnvre, jnscpi’anx pieds, d’un galbe sévère «pie laisse entrevoir le vêtement. »

Cbapn pour ce brillant envoi obtint une seconde fois la médaille d’bonnenr. L’Académie, de son côté, vonlait pour le jeune statuaire une récompense e.\ce[)tionnellc; elle joignit son nom à ceux que la commission avait désignés pour le prix biennal. Xotre artiste avait affaire à des concurrents redoutables : son ami Vandremer, le savant arcbitecte de la ville de Pai is; le scidpteur Mercié, dont le jeune talent venait de s’affiiauer par deux œuvres de premier ordre : le Gloria victis et le David ; et enfin Klie Delannay, ((ue ses nombreux travaux décoratifs et la belle tenue de ses ]iortraits avaient mis au premier rang des peintres contemporains. Cbapn, cependant, l’emporta, et le choix de l’Académie des beaux- Arts fut ratifié par les sections de l’Institut réunies à la prestpie nnanimité.

Cette éclatante mar((ue d’estime avait mis Cbapn an premier rangdes sculpteurs contemporains. Désormais il n’anra plus besoin de ebercher des commandes; elles lui arriveront en foule, et c’est à peine si, malgré sa rare puissance de travail, il parviendra à tenir ses engagements, l’énétrons dans

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son atelier de la rue Notre-Dame des Champs ou dans celui de la rue Montparnasse, l’artout c’est le même encombrement, la même activité. Ici, c’est une statue de .lean Cousin qui s’achève pour la ville de Sens, un médaillon de Thiébaut le fondeur, et un buste de Gleyre qui doit prendre [>lace, cà liausauue, dans le musée consacré aux œuvres du peintre; une grande maquette s’ébauche dans un coin, sous l’œil du maître : c’est le monument de Le Verrier. Là, on met la dernière main au buste de !Mme Toulmoucbe; un praticien déjjrossit un bloc de marbre cpii sera le buste de lîoucicaut; près de lui, un élève prépare une armature, les yeux fixés sur un modèle qui représente un prélat étendue! se relevant dans un suprême effort d’agonisant : c’est un premier projet pour le monument de Mgr Dupauloup. En cbercbaut dans les cartons, nous trouverions de nombreuses esquisses dessinées pour le monument de .lean Heynaud, dont Cbapu n’a pas encore complètement dégagé l’idée symbolique et pour lequel il hésite encore entre plusieurs projets; des (U’0(pds pour deux figures d’enfants porte-lanternes qui doivent décorer l’escalier d’honneur du château de Sablé, résidence du duc de Cbaulues(l); enfin mille créations gracieuses et d’un intérêt purement décoratif qu’il crayonne le soir et qu’il espère pouvoir ti’aduire eu marbre ou eu bronze, un jour, quand les exigences du public lui laisseront un peu de loisir et qu’il pourra, lil)re de toute commande, suivre la fantaisie de son inspiration.

(1) Il s’ajjissait de deux {jroupes d’enfants, les uns à genoux, les antres courliés sous le poids de la lanterne et soutenant un écusson tourné vers l’intérieur de l’escalier. Chaque lanterne devait être surmontée d’une couronne ducale.

Cliapu fit seulement (juelqucs croquis pour cet ouvrage, qui ne fut jamais exécuté.

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Au milieu de ces groupes affairés d’élèves, de praticiens, de mouleurs, Cliapu circule, la physionomie souriante, donnant à chacun un encouragement ou un conseil. Ce n’est pas le « prol’esseur » moderne, horuant son enseignement à (pielques conseils teclmi(|ues parcimonieusement donnés; c’est un maître sculpteur du moyen âge, un j)atron vivant au milieu d’apprentis cpi’il considère un peu comme ses associés. Son adresse naturelle, jointe à une longue praticpie, a lait de lui le plus hahiledes ouvriers. Aux temps difficiles de sa jeunesse, il a touché à tous les métiers, à tous les arts (jui peuvent se rattacher à la sculpture. Il a été quckpie peu (Mseleursur cuivre, orlèvre, graveur eu médailles; il maniera aussi bien la lourde masse dutailleurde pierre que la délicate échoppe du graveur; il saura donc enseigner à ses élèves mieux fju’aucuu autre la pratique si complexe de l’art du sculpteur, taudis que, en les initiant à toutes ses l’echerches, il développera eu eux les facultés créatrices sans les(|uellcs il ii’est pas de véritable artiste. Ce u’est pas tout encore, et il ne se croit pas quitte envers ces jeunes gens en leur dounaul — gratuitement presfjue toujours — ses conseils et sou exemple, il juge cpi’il a charge d’âmes, qu’il doit veiller â leur vie matérielle, les préserver de la misère qui souveui découi’age et déprime le talent. C’est ce sentiment qui plus d’une lois le décidera â accepter des travaux iusuffisammeul rétribués. « A ce prix-lâ, écrit-il â propos d’une commande de ce geiii-e, je lie gagnerai rien, mais cela mettra un peu d’aisance autour de moi. » Il dit encore, â jn’ojios d’iiii hasrclief qu'oii lui propose, pour 3,0(10 francs ; « Autrefois, j’aurais vir heureux de cette commande; je la dédaigne mainteuaiil, je l’accepterai cependant â condition de ne

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j)as roxôciitcr moi-niêinc et de la suivre seulement... .le pense lonjoiirs à mon idée d’autrefois d’aecepter tout ee (|ui se présentera en faisant ffaguer autour de moi et en y {ja^piant un peu aussi. »

Ouoi, dira-t-on, Chapu ne faisait donc pas ses statues luiiiieme? Il les faisait faire par ses éleves? Non, assurément; mais, comme tous les sculpteurs, il se faisait aider. Aussi l)ien, la place m’est bonne pour discuter ici une légende qui s’est accréditée dans le public à ce sujet, et expliquer dans quelle mesure un sculpteur peut et doit même recouriià la collaboration de ses élèves.

Pour qu’une œuvre d’art soit oiiginale, est-il absolument nécessaire <|ue celui qui la signe y ait seul mis la main ? En fait de tableaux, la question est assez délicate, et nous n’oserions la résoudre. Tout ce (jue nous pouvons dire, c’est <{ue, il y a deux siècles, on était certainement moins scrupuleux sur ce point (ju’oii ne l’est aujourd’bni. E’art n’était alors considéré que comme le plus noble des métiers manuels, et le peintre, (jui le plus souvent tenait boutifjue, que comme un marcband vendant au public sous sa responsabilité les produits de son pinceau. Sa signature n’était donc qu’une sorte de manpic de fabritpie ; il nous semble que, dans ces conditions, il pouvait, sans scrupule de conscience, signer de son nom un travail qu’il n’avait fait qu’en partie, ou qu’il avait seulement inspiré. Cette hypothèse, (pie nous hasardons sans preuve absolue, nous semble confirmée par les faits. Il nous semble, en effet, matériellement impossible tpie les A éronèsc, les Tintoret et les llubens aient pu, malgré leur fécondité, exécuter seuls les immenses travaux (]u ils ont signés de leurs noms. Sans doute, ils composaient

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et exécutaient seuls leurs esquisses; sans doute, ils se réservaient, dans l’exécutiou définitive, les parties les plus importantes et les plus délicates; mais il est plus (pie probable (pie ce travail leur était préparé par des mains balnles, et depuis lou{;temps habituées à leur maniéré de procéder.

Pour les sculpteurs, la part de collaboration (pi’ils ont dû, de tout temps, demander à leurs élèves n’est pas moins évidente, et elle nous paraît encore pins légitime. Il n’est personne, en effet, qui ne sache rimmense somme de travail manuel ipii doit être dépensée avant (pi’nn bloc d(? marbre se soit transformé en statue (I ). Il est donc de toute nécessité que l’artiste se fasse seconder par certains ouvriers d’art, (pii, tout en mettant au service du maître une intelligence et lin savoir souvent remarquables, ne font que lui prépaver la besojpie. (fràce cà cette intclligimte collaboration qui n’ôte à l’œuvre rien de sa valeur oiâginale, l’artiste peut ainsi exécuter en (piehpies mois une statue rpii, autrement, lui coûterait souvent plusieurs années de travail stérile. Que, dans un moment de presse, Chapu ait confié à un de ses élèves l’exécution d’nn bout de draperie ou d’un accessoire sans importance, cela est fort possible et

(1) Quand l’œuvre a été dégrossie par la mise au point, travail (|ui, depuis l’invention du pantogra])he , est purement mécani(|ue et n'exige <pie des bras vigoureux, le praticien, qui est le plus souvent un artiste de talent, se livre sur cette forme rudimentaire à un travail plus minutieux, en copiant le modèle <|u’il a sous les yeux; il ne doit pas toutefois <|ue préparer l’œuvre, et dans ce but il laisse sur toute la surface du marbre une épaisseur, une croûte de deux ou trois millimètres; c’est sur cette dernière enveloppe que s’exercera le ciseau du scul[)teur, c’est là tpi’il pourra montrer librement son habileté personnelle. .Souvent l’artiste n’est pas entièrement satisfait de son modèle en plâtre ou en terre : il indique alors au praticien, au moyen de petites pointes, les parties <jui lui semblent défectueuses; ces parties sont alors laissées inachevées par le praticien, afin que le sculpteur puisse les terminer à son gré

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ne nous scandalise nnllement : ce (jiie nous pouvons affirmer, ce qui ressort nettement de sa correspondance, c’est sa liante probité artistique, l’en d’années après la jjnerre, lin concours Int ouvert pour élever un monument à la mémoire d’nn patriote célèbre d’nn pays ami de la France. On fit savoir à Obapn que le jury désirait le voir prendre part an concours, en lui donnant l’assurance formelle que son projet serait choisi. I..e sculpteur n’était alors qu’à l’aiirore de sa gloire, et une telle commande le tentait. H la refusa cependant, jugeant (pi’nne telle façon d’agir serait line duperie pour les autres concurrents. Fins tard, il refusa des propositions superbes, — 100,000 francs, je crois, — qu’on lui fit tenir pour une statue de Washington, craignant, en raison de ses occupations, de ne pouvoir y apporter tout le soin désirable.

F'F.xposition universelle de I87<S permit à Cbapn de montrer an public, dans un ensemble d’œuvres remarquables, la variété comme la fécondité de son talent. Tandis <|ue dans la salle réservée à la ville de Paris se dressait son Monument de Herryer, il était représenté à la section française des Beaux-arts par son Semeur et par les bustes de Vitet, de Montalembert et de Le Play. Ces différents envois lui auraient certainement valu une liante récompense s’il n’avait, dès le début de l’Exposition, demandé à être mis hors concours. Cbapu, en effet, faisait partie du jury de sculpture, et, avec sa droiture et son bon sens habituels, il avait estimé qu’il ne pouvait être à la fois juge et partie. Nous ne parlerons (jne pour mémoire des ipialités ipi il déploya dans ces ilélicates fonctions, de son zèle, de l’esprit équitable et conciliant qu’il montra dans différentes circon-

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stances. Cliapu était de ceux pour (pii la voix du devoir parle iinpérieuseiueut, et (piaud il avait accepté une tâclu', il tenait à liouueur d(^ la remplir scrupuleusement; aussi le voyons-nous pendant tout cet été I87S uniipiement occupé des intérêts (pi’il représente et leur saci-ifiant ce (pi’il y a de plus précieux et de plus cher, son temps et son amour du travail.

D’importantes commandes, cependant, attendaient leur achèvement dans les ateliers du maître : c’el aient les hnstes du jeune d’Assailly, du marquis et de la marcpiise de Xicolaï, d’Aristide honcicaut, le fondateur du Hon Marche, et surtout une statue de .lean Cousin, le ,qrand artiste houiqniqnon, que la ville de Sens réclamait avec impatience. Chapu espérait pouvoir envoyer cette leuvre, à hupielle il travaillait depuis longtemps, au Salon de I87Î); mais les nond)renses occupations de l’année précédente l’empêchèrent de la terminer dans les délais voulus. Il dut donc se contenter d’envoyer à cette Exposition le hnste de lloucicant et la statue du jeune Desmarres, fils du médecin de ce nom et petit-fils de Tlohert-Fleury. Cette œnvi'e, ipii, pour la plupart des simples curieux, passa inaperçue, mérite cependant de nous arrêter un moment, car elle monti’e comhien, par le style, un artiste peut transformer les sujets les pins simples. De {grandeur naturelle, l’enfant se présente do bont, en veston et en culotte courte, nue main pendante, l’antre dans sa poche. Il est facile de comprendre comhien une pareille donnée offre peu de ressoui'ces à l’imagination d’nn seniptenr, (jui ne peut y déplovei' cpie des (pialités d’exécution; l’artiste, cependant, à force d’hahileté intelligente et de goût, triompha de ces difficultés et fit, an lien

LK JEUNK DKSMARUES

Statue marbre.

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de la banale effijjie qu’on pouvait attendre, une œuvre d’un charme tout s[)écial. « Aux mains d’un sculpteur italien, a « dit excellemment M. .lonin, un oiivra{]e de ce caractère « serait devenu un sujet de {{enre; Cdiapn l’a {jrandie par « son style. Placée dans une {jaleiie pul)li(|ue, elle n’intéic cesserait pas moins ([ue le J/enri IV enfant de Hosio. «

lia statue de .lean Cousin fut inangiu’ée à Sens, le 15 octobre ISSO. li’image du {>rand artiste, en qui s’incarne l’aurore de l’I-icolc française, s’élève sur une colonne à double cbapitean, an centre d’une des places de la ville de Sens. Cbapu nous l’a représenté sous les traits d’un homme d'â(je mûr, à la figure énergique et dans le costume d’im artisan du seizième siècle. Debout, la tête coiffée d’un large chaperon, il tient dans la main gauche une statuette anticpie, tandis (pie, de la droite, il la mesure avec un compas. Une sculpture ébauchée ((ui semble l’esquisse de son tombeau de l’amiral Chabot, des pinceaux, une masse et différents accessoires indiquent heurensement tontes les branches de l’art on excella celui (|iie l’on a surnommé, à bon droit, le Michel-Ange français. Sans vouloir exagérer la portée de cette œuvre, on peut dire (pi’elle personnifie dignement une grande et noble figure d’artiste que ses contemporains, éblouis par les merveilles de l’art italien, n’ont pas apprécié à sa juste valeur.

Le monument élevé à Schneider (1) par la reconnais-

(1) Sclincitler (Joseph-Eugène), inclustricl et lioimiie politique franeai», né a Bedestroff (Meurthe), le 29 mars 1805, mort le 27 novembre 18/5. \ |>eine âgé de vingt-cinq ans, il fut appelé à la gérance de l’établissement mctallurgi/jue du Creusot, <pii, sous sa direction, semble avoir atteint son maximum de prospérité. Non moins que ses (jualités d’administrateur, il convient de louer les heureuses tentatives qu’il ht pour améliorer les conditions des nombreux ouvriers /pi il diri-

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sauce des ouvriers du Creusot mérite de nous arrêter plus longtemps. Ce n’est pas la statue même de raucien président du Corps législatif, très ressemblante, d’ailleurs, s’il faut eu croire ceux qui l’ont connu et dont on ne peut que louer la belle et simple ordouuance, qui fait le principal mérite de l’œuvre, mais le groupe allégorique en bronze (pie Cbapn, fidèle à sa poéti(pie habituelle, a placé contre le piédestal dn monument. L’artiste, an lien de personnifier la Ileconnaissance par une de ces allégories empruntées aux traditions de la mythologie autiipie dont le sens eût pu paraître oliscur aux esprits peu compliijués qui devaient chaque jour contempler son œuvre, a développé son sujet de la fac'on la pins simple et la plus poétiipie à la fois. Au pied de la statue, une femme est assise dans riiumble costume qui est comme la livrée du travail iudustritd; près d’elle un jeune garçon, presipie un enfant, mais (pie, à ses bras nerveux et à son attitude résolue, on reconnait pour un travailleur, suit des yeux le geste de sa mère cpii lui montre, inscrit sur le socle de la statue, le nom de Schneider. Ce beau groupe, exposé dans nue section industrielle de l’Exposition universelle de IS7<S, rarement visité par les amateurs d’art, passa nu peu inaperçu; il nous semble cependant présenter dans l’œMivre du maître iiiic importance capitale. Louer l’élégance de la silhouette générale, l’iienrenx érpiilibre des deux figures et la grandeur magistrale

[jeait. C est parmi ceux-ci que s’ouvril ta souscription destinée à couvrir les frais (lu inonunient exécuté par Chapu.

Sclineidcr joua, pendant de lonjjues années, un rôle politique iiii])ortant. Député depuis 184(), il ne cessa de siéger pendant tout l’Empire et fut, à différentes reprises, |)résident de la Cliainhre. 11 occupait encore ce poste au dernier jour du second Empire, le 4 septembre 1870,

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Croquis pour sa statue, nu Orcusot

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