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ESCnES DE LA MAISON Cil. LOItlLLEUX ET C'*
^iii mois de mai 1802 — il y a juste deux ans — un des f)lus vieux élèves de Chajm, M. vint nous demande) si nous serions disposé à écrire l’ histoire du Maître.
Nous ne fûmes pas long à nous décider. Depuis longtemps ce travail nous tentait, car nous avions eu la bonne fortune de connaître personne llemeyit Chapu ; et si nous admirions comme il convient l’auteur de la Jeunesse, de rimmortalité et de tant d’autres chefs-d'œuvre, l’homme également, par la droiture de son caractère, par la simplicité et l’unité de sa vie, nous apparaissait comme une des plus sympathiques figures d’artiste de ce temps.
Cette étude que nous rêvions devait nous être facile. M. venait de la part de la veuve du grand sculp-
teur qui mettait à notre disposition, outre une correspondance conservée avec un soin jaloux, un délicieux musée intime oii elle avait réuni tout ce qui pouvait lui rappeler son cher grand artiste : épreuves en bronze de ses œuvres principales, ébauches en plâtre et en terre cuite, médailles, dessins, photographies, etc. Chapu revivait là
tout entier, defniis les premiers essais de son enfanee jiis- (jii’à ses ouvrages les plus complets. Des aipiarelles Jaunies par le temps et des médailles datées de 1 S5S et 1 S51) nous rappelaient son séjour à l’Jcadémie . Puis e’ étaient des crofpiis pour la Glytie, une délicieuse réduction en marin e de sa Jeanne d’Air, un cliartnant buste de femme et cent œuvres crayonnées ou modelées. Un portrait signé de son ami de Coninck nom le montrait, peu après son retour de Home, les cheveux longs et bruns, la figure émaciée, l’air timide et doux, tandis <pie nous retrouvions cette même expression de douceur, tempérée de bonhomie , dans un portrait fait il y a (juelgues années et (pie nous reproduisons au début de ce volume. Enfin, dans une vitrine, des parchemins, des médailles et des croix rappelaient au visiteur les glorieuses étapes de sa vie d’artiste.
Que de bonnes heures nous avons passées dans ce paisible sanctuaire, tantôt à feuilleter avec (pielgues amis du Maître ses innombrables albums de croguis, tantôt à écoiUer les récits de celle gui avait partagé avec lui la bonne comme la mauvaise fortune et nous contait les jours lointains d’épreuves et de luttes <pii allaient bientôt finir avec l’éclatant succès de la Jeanne ( l'Are! .iinsi, peu à peu, j’entrais dans l’intimité du (p and artiste dont je pouvais voir, appendue nu mur, la botuie figure souriante; ainsi chatpie jour je eomprenais et f appréciais mieux cette âme ex<juise de simplicité et de candeur, (pie les difficultés du début n’avaient pu aigrir, (pie les triomphes des dernières années ne devaient pas gâter.
(U‘ livre est dune, avant tout, un livre de honne foi; et si nous avons pu nous tromper dans nos appréciations critiipies, nous espérons avoir restitué aussi julèlement (pie possible l'admirable travailleur, l’esprit charmant et fin, l’homme délicat et tendre (ju’était Chapu.
Si notre œuvre trouve ipiehpie succès auprès du public, elle le devra, pour une large part, à la complaisance (pic nous avons trouvée chez les amis du Maître et surtout chez Madame veuve Chapu, ipii s'est employée avec un zèle infatigable à nous fournir tous les documents artistûpies ou littéraires dont nous avions besoin. Qu’il nous soit permis, avant de finir cette courte préf ace, de la remercier de sa discrète autant ipie précieuse collaboration.
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