‹ Chapu, sa vie et son œuvreChapitre 3 sur 66 · ENI ANCE ET JEUNESSE DE CITAPU. — SÉJOUR A ROME · texte numérisé non relu

ENI ANCE ET JEUNESSE DE CITAPU. — SÉJOUR A ROME

UIAPL’ PAR Lll-MEME.

Rome, 1838.

Au sortir de Melun, en deseendant la Seine, on reneontre le petit villajie du Mée. Ouelrjues maisons, {groupées autour de l’éfjlise, en forment le noyau prineipal ; le reste est disséminé snr une riante colline qui domine le Heuve. La vue cjui, par uu Iveau jour d’été, s’offre de ce point n’est pas sans grandeur. l'Ài bas, c’est la Seine qui coule verte et limpide parmi les joues; à droite, dans la direction de Gorbeil, une plaine s’étend à l’infini, couverte de moissons jaunissantes, tandis (pie, vers la gauclie, l’iiorizon est fermé par cet incomparable océan de verdure qui est la forêt de Fontainebleau.

C’est là que nacpiit, le 29 septembre 1833, Ilenri-Micbel-

CHAPÜ.

Antoine Cliapn, d’iine famille de cnltivatenrs depuis longtemps établie dans le pays (I ). On ti'onve, en cflel,dcs Cbapn nn peu partout dans le département de Seine-et-.Marne. Tons vivent de la vie rnstirjne. Qiicbpies-nns exploitent des fermes importantes ; la plupart appartiennent à rinimble classe des artisans on des domestiques agricoles. Les parents de Cbapn étaient de ces derniers. An moment où mnpiit leur fils, ils étaient au service d’nn propriétaire du .Mée, le marquis de Traguier. Ne pouvant élever eux-mêmes leni' enfant, ils le mirent en nourrice ebez des parents, à Marcfj, et ensuite le confièrent à un oncle, Micbel Lecocq, de Tboiry, où il vécut jusqu’à l’âge de dix ans.

Le fils de ce Michel Tiecoc(j, landor, dont nous tenons ces détails, et (jni fut le compagnon d’enfance du jeune Cbapn, nous a raconté (jne dès cette époque il fréquentait l’école et se montrait élève docile et assidu, <pie ses plaisirs favoris était de modeler des « bonsbommes en terre » et de sculpter sur bois. On ne saurait snspectci’ nn j)areil t(’-moignage. .Nous doutons, toutefois, (pie la vocation fit dès eette épocpie entendre an jeune Cbapn sa voix mvstériense (:2); nous aimons mieux le voir, comme il l’a du reste écrit lui -même, « médiocre écolier, grand amateiu- d’école buissonnière, habile à dénicher des nids, voire même à tendre des collets ». Onoi qu’il en soit, Cbapn, cela est hors de

(1) Voir aux Pièces justificatives l’acte de naissance de Cliapu.

(2) Il nous a été donné do voir qucl(|ucs dessins datant de l'enfance île Cliapu, alors (pi’il avait douze ou treize ans. La vérité m’oliliije à dire «pi’il ii v a rien dans ces dessins, cojiiés pour la plupart sur de médiocres {jravurcs, rien ipii fasse présajjer un talent quelcontpie. En IS.")!), sculenient, j’ai rcmaripié un portrait de fciiiiue en bonnet (sa mère sans doute) (pii, (|uoi(pic assez niaijjreiiicnt modelé, ne niampie pas d’une certaine personnalité.

ENFANCE ET JEUNESSE

doute, reçut tout juste une médiocre instruction primaire. Ses premières lettres (alors (ju’il avait pins de vingt ans) en font foi, et la cnltnre intellectnelle assez étendue

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