DAL’ MET
CrO'juis fait à riii^titut.
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à ce qu’il leur manque cette llauinie divine tjui illumine seule les portraits laits par un artiste qui a choisi lui-même son modèle et, en même temps qu’il a longuement observé ses ti'aits, s’est penétié de son être moral, a scruté tous les replis de sou âme. Il est facile, au reste, de faire parmi les bustes de Cbapu la part entre les œuvres imposées et les (cuvres désirées, entre celles qui sont nées des hasards d’une commande et celles où l’enthousiasme, la reconnaissance ou l’amitié ont inspiré son talent. Ihumi les premières, le buste de Dumas peut seul être proclamé un chef-d’œuvre; les secoiules, eu revanche, avec des mérites iué(jaux, ont toutes cet irrésistible attrait des œuvres faites avec amour. I.a liste en serait loii^jue et dillicile à dresser; on la trouvera j)lus loin, et nous espérons u’y avoir pas laissé trop de lacunes. Contentons-nous pour le moment de citer parmi les plus remarquables ; le [)ortrait de M. Sédille père, une intelligente et énergique figure d’artiste; celui de Duc, avec son aristocratique allure de gentilhomme doublé d’uu artiste; ceux de fœ iMay, du docteur Desmarres, de llobert île Vogiié, de l’abbé liagarde, de Harbedieuue, figures aimées à chacune desquelles il a su restituer son caractère propre, à ceux-là la sérénité du penseur et du savant , à celui-ci l’cuthousiasine du courage conhant et jeune, à cet autre le charme d’un camr évangélique, à ce dernier la simplicité souriante de celui ipii a vécu par le travail et ipie le travail a récompensé.
Ouelque remarquables que soient ces ouvrages, ce ii’est pas dans les figures de ronde bosse qu’il a le mieux déployé ses grandes qualités de poi'traitiste, mais dans les mille médailles ipi’il a modelées pendant tout le cours de sa car-
OKUVRES POSTHUMES.
rière et principalement pendant les dix années qui suivirent son retour de Home, œuvres ex(jiiises de spontanéité, de verve libre et familière que, dans sa modestie, l’artiste montrait rarement an public, et dont beaucoup, faute d’avoir été reproduites dans une matière durable, seront sans doute perdues pour la postéiâté. On trouver, sinon dans quel(|ue atelier d’ancien pensionnaire de lîome, le médaillon de Sclmetz? One deviendront les rares exemplaires en plâtre du profil d’Idie Delaunay quand auront disparu les (juelques amis (|ui conservent cette admirable image tlu grand peintre? Où aller voir ceux de Michel f.ecoq, de Marie, de Tony lioberl-Fleury, du paysagiste Gibcrt, de I furet, d’Armand l)nmares([, des deux Guillaume, l’arcbilecte et le peintre, de Sully-Prudbomme et de tant d’autres? Un cadre des médailles de Ghapu ferait bonne figure au Musée du faixembourg; il serait encore mieux à sa place et plus utilement contemplé au liOuvre, en face des médailles de David d’Angers. On pourrait y étudier la manière de faire si différente des deux artistes et juger qui des deux a le mieux interprété la nature. Pour nous, depuislongtemps notre opinion est faite, et entre l’art gourmé, solennel, empbati(pie du sculpteur angevin, et la simplicité naïve, le sincère naturalisme de
Un somme, il n'y a <pie deux manières de comprendre nn portrait, peint on sculpté. lia première consiste à contempler le modèle à travers une sorte de transfiguration morale, à en chercher le caractère dominant, à le ramener, coûte que coûte, vers un « type » de beauté : c’est manifestement ce (|ui préoccupe David d’Angers. Il est encore influencé par les singulières théories fjui, vers le commen-
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cernent du siècle, dominaient dans l’école (I); il cherche à « épurer la forme d’après les lois posées par le (jénie. » De là dans son œuvre tant de monotonie et de froideur, de là ces fronts invariahlement puissants; de là cette solennelle {jalerie de « (frauds hommes » fpi’aucun sceau individuel ne mar(|ue et dont, pour cette raison, la ressemhlance nous paraît suspecte.
l-a deuxieme méthode est de copier simplement, />c7ement la nature avec ses imperfections comme avec ses beautés. Ainsi travaillaient les médailleurs du ((uinzième siècle, ainsi procédaient, en Italie, les Pisau, les lieone Leoni et les l’astorino; ainsi en Allema^^ne les Ueetz et les Ilaguenauer, ces glorieux ouvriers, qui ne songeaient pas à avoir du génie et, pour tonte esthéti<pie, avaient ce culte religieux de la nature que connaissent seules les âmes simples. Ou’ils sont beaux, cependant, ces profils de moines ou de podestats, de bourgeois ou de grandes dames, rpi’ils ont ciselés dans le bronze, et combien cet art naïf et méticuleux, un peu barbare pai’fois, nous émeut profondément! Cbapu, toutes proportions gardées, appartient à cette école, par sou absence absolue de manière et la sincérité de son observation. Sans doute, il ne craindra pas, son œuvre ébauchée, d’atténuer, par un discret travail d’épuration, certains
(1) M. (le Fourcaml, ilans sa reniai quahie élude sur Itude, cite, d’après un Traité lie peinture de l'aillot de Monlaliert, ouvrage estimé vers le coiiiinencement du siècle, quelques-unes des singulières propositions que l’on enseignait ofticicllement et qui étaient considérées comme des axiomes :
« t.’accidentel ne doit jamais altérer l’unité du caractère «les formes. »
« l.e type du lieau n’existe que dans la nature collective et ne se rencontre pas dans les individus. »
« l.’liomme est envisagé comme la copie d’un être parfait dont il est plus ou moins dégénéré. Le but de l’artiste est de retrouver l’iiomme primitif. »
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