SCENE II TÉRENCE, JACQUELINE
JACQUELINE
Pardon, monsieur, je viens...
térence, avec exaltation.
Ah! c'est toi, astre radieux, qui descends enfin des sphères éthérées...
JACQUELINE
Non, monsieur, vous confondez ; mais je viens... térence, de même.
Non, non; je ne confonds pas! c'est bien vous, je vous reconnais, ô noble et pure et belle femme, dont les regards m'ont ébloui, comme l'astre du jour...
JACQUELINE
Mais, monsieur, écoutez-moi donc ; je vous dis que vous vous trompez et que je ne suis pas du tout l'astre du jour...
TÉRENCE
Ah ! ne repoussez pas plus longtemps mon ardeur et ma flamme; car vous savez que depuis dix ans, j'erre de ville en ville, de contrée en contrée, BARDE infortuné, qui traîne après lui sa poésie et sa douleur.. Mais, souvent, je reviens sous cette fenêtre... Jacqueline, à part.
Oh!... il ne veut pas me laisser parler...
TÉRENCE
Cette fenêtre, vous dis- je, où. il y a dix ans, vous m'ap parûtes... Et depuis...
i94 HALLEBARDE
Chantant.
Quand je la vois qui sommeille dans l'ombre, C'est un beau rêve...
Jacqueline, impatientée.
Mais c'est vous qui rêvez, écoutez-moi donc!
TÉRENCE
Parlez, alors, céleste créature! laissez tomber de vos lèvres de roses la manne qui doit réconforter mon âme...
JACQUELINE
Eh bien! laissez-moi vous expliquer. Je suis la femme de chambre de la châtelaine...
Elle se découvre.
térence, saisi.
Vous êtes la femme?... (A part.) Amour, voilà bien de tes coups !...
JACQUELINE
Mais oui; je suis la femme de chambre... j'étais toute jeune, quand, pour la première, fois je vous entendis soupirer pour madame sous les fenêtres du château... depuislors, les choses ont changé; madame la comtesse a vendu son domaine, il y a déjà cinq ans; mais moi j'y suis restée; et comme ma nouvelle maîtresse cherche un frotteur... pour ses appartements, j'ai tout de suite pensé à vous... térence, ahuri.
Un frotteur?... Et qu'est-ce que je frotterai?
JACQUELINE
Mais vous frotterez le parquet avec de la cire...