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CHARLES ROI DES FRANKS ET DES LANGOBARDS

I la crainte et la servilité étaient la marque sûre de la soumission des peuples, on aurait pu croire, après la campagne de 772, que la Saxe était définitivement domptée. Les Franks avaient poussé jusqu'au cœur du pays sans rencontrer de résistance , après la prise d'Heresburg. Ils s'étaient arrêtés seulement devant une manifestation suppliante , au delà de laquelle il y aurait eu lâcheté à poursuivre une victoire qui n'était plus disputée. Il n'y avait pas même eu de capitulation à débattre. Mais ce n'était pas la vraie Saxe, la Saxe guerrière, qui s'était soumise et dont les

Fia. 41. -Bibl. nationale. Lat. 9428.

f» 9-2. ( ix" siècle. )

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délégués avaient traité avec Charlemagne. La solidarité politique, on l'a vu, manquait absolument à ces tribus sauvages. Nul pouvoir central n'y représentait les intérêts généraux et n'y personnifiait cette sorte de conscience morale d'un peuple, ù laquelle incombent l'initiative et la responsabilité des conventions internationales. Les Saxons ne pouvaient contracter d'engagement collectif: comme peuple, ils n'avaient pas d'existence proprement dite. C'est ce qu'il importe de ne pas oublier pour bien comprendre la durée et les péripéties d'une guerre qui occupa dix- sept expéditions, dont chacune semblait devoir produire des résultats définitifs et se terminait , comme la première , faute de combattants et par l'entière désorganisation de la défense. « Il serait difficile de dire, observe à ce sujet Eginhard , combien de fois , vaincus et demandant grâce, ils s'abandonnèrent aux volontés du roi, promirent d'obéir à ses ordres, livrèrent sans retard les otages qu'on leur demandait et reçurent les gouverneurs qui leur étaient envoyés. Quelquefois même, entièrement abattus et domptés, ils consentirent à quitter le culte des faux dieux et à se soumettre au joug do la religion chrétienne. Mais autant ils se montraient faciles et empressés à prendre ces engagements, autant ils étaient prompts à les violer; si l'un leur coiitait plus que l'autre, il serait impossible de l'affirmera » En dépit des apparences, le chroniqueur est injuste quand il taxe cette conduite de mobilité et de perfidie. Ceux qui demandaient la paix, d'ordinaire ne la violaient pas les premiers. On ne pouvait guère leur i-eprocher que d'être entraînés ensuite, ou seulement enveloppés dans le soulèvement général. C'était la partie sédentaire et forcément pacifique de la population, ceux qui ne pouvaient plus ou pas encore porter les armes : les vieillards, les enfants, les femmes. La portion virile de la tribu, la jeunesse, toujours organisée en bandes mobiles, après ses hardis coups de niani

• Eginli. Vila Karoli Magni , cap. vu.

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