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RONCEVAUX

urganisation des royautes vassales d'aquitaine et d'italie

ux cérémonies du mallum de Paderborn et du baptême des Saxons , on avait vu paraître à la fois les hommes de la race germanique et ceux de la race romane. Mais ce n'était pas tout encore : la barbarie du Midi aussi bien que celle du Nord, les sectateurs de Mahomet comme ceux de Woden , s'étaient rencontrés , par un hasard étrange , à ce solennel triomphe de la foi chrétienne. On y voyait, en effet, des cheiks arabes, venus de leurs lointains gouvernements d'Espagne, et qui, en plein hiver,

Fia. 44. - Bible de Charles le Chauve. Bibl. nationale, Lat. 1 , (<■ 266.

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avaient chevauché Tespace de trois cents heues pour se présenter en vassaux à ces grandes assises de la monarchie caroHngienne , et y. offrir leur hommage au petit -fds du vainqueur de Poitiers'. Témoignage du profond abaissement de la puissance musulmane! Toute la force politique, c'està-dire Tardeur d'expansion de la religion du Prophète, avait disparu avec le dogme de l'obéissance passive, qui en était le principe, dans le déchirement du kalifat oriental. Le kalifat de Cordoue, démembre depuis moins d'un (juart de siècle du vaste empire arabe, était déjà lui -môme en pleine dislocation. Le lien purement religieux de l'Islam ne suffisait plus à maintenir l'accord entre les conquérants d'origines si diverses que l'invasion de Tarik avait jetés en Espagne. A vrai dire , la dynastie ommiade n'était spontanément reconnue que dans la province de Cordoue, pai-mi les Syriens qui l'avaient fondée. Les Arabes, les Egyptiens, les Berbères, répandus dans les autres parties de la Péninsule, ne lui accordaient qu'une soumission nominale : les émirs de ces races rivales, toutes plus ou moins schismatiques les unes aux yeux des autres , affectaient presque partout l'indépendance. L'esprit de révolte se manifestait particulièrement dans la région septentrionale, entre l'Ebre et les Pyrénées, où le voisinage de la domination franke lui offrait un plus sûr appui. Déjà, en 759 ou 760, un certain Soliman, vali ou gouverneur de Barcelone et de Girone, s'était placé sous la souveraineté du roi Pépin 2; mais les circonstances n'avaient pas permis au père de Charlemagne d'établir, d'une manière effective , son autorité au delà des monts. Le chef de l'ambassade musulmane reçue à Paderborn en 777 était sans doute le même personnage que cet ancien vassal de Pépin. Du moins portait-il le même nom : il s'appelait Soliman-Ibn-el-Arabi, vali de Saragosse ; il venait,

1 Eginh. Annal., ann. 119; Fauriv] . Hist. de la Gaule méridionale, I. III. i Annal. Meilcns. onn. 759 , ap. D. Hoiuiuel, I. Y. p. 335.

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