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CHAPITRE YIII

WITIKINI) : CONQUETE DE LA SAXE RÉDUCTION DES DUCHÉS DE BÉNÉVENT ET DE BAVIÈRE EN PROVINCES FRANKES

ANS toute l'étendue de la vieille Germanie il ne restait plus, après les nouveaux serments du duc de Bavière, que la Saxe dont les rapports avec la monarchie franke ne fussent pas encore nettement définis.

L'administration ecclésiastique seule y avait été réglée d'une manière sérieuse au mallum de 780. Deux années d'expérience avaient d'ailleurs justifié l'efficacité des mesures prises, en produisant un remarquable apaisement des es-

Fia. 47.

Bible Je Cliarles le Chauve. Bibl. nationale Lai. 1 . f°216.

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prils. Le calme n'avait pas cessé de régner dans le pays. Les Saxons semblaient se résigner de bonne grâce à leur situation, à laquolle d'ailleurs le christianisme enlevait tout caractère humiliant, en les plaçant sur le pied de l'égalité avec leurs vainqueurs. Charlemagnc résolut donc de maintenir cette égalité dans le système d'institutions civiles les plus libérales qu'il ei'it encore apphquées. Il convoqua à cet effet, aux sources de la Lippe, le Champ de mai de 782. Les leudes d'entre le Rhin et TElbe y prirent part comme les Franks et ne s'y montrèrent pas moins dociles. « 11 ne manqua au rendez-vous, observe l'annaliste de Fulda, que le rebelle Witikind et les hommes de sa truste. » Le roi organisa alors d'une manière uniforme les cantons de la Westphalie, de l'Angrie et de l'Ostphalie \ et il leur donna des chefs dont la hiérarchie et les fonctions étaient les mêmes que celles des comtés de France, mais qui tous furent choisis dans les principales familles saxonnes. Après quoi , l'armée étant inutile en Saxe, il la ramena en Austrasie.

Mais à peine avait- il opéré cette retraite, qu'il apprit que les Sorabes (ou Serbes), tribu slave cantonnée entre l'Elbe et la Saale, son affluent, avaient franchi cette rivière, et s'étaient jetés en pillards sur les marches de Saxe et de Thuringe. Ainsi la chrétienté , en étendant ses frontières , ne parvenait pas à les rendre plus solides, et la Germanie domptée devait servir à son tour de boulevard contre les attaques d'une nouvelle ligue de barbares. Ce mouvement, toutefois, n'avait par lui-même rien de bien inquiétant. Charles se contenta d'envoyer en toute hâte au secours des populations envahies trois de ses officiers, le chambellan Adelgis, le connétable Geilon et le comte du palais Worad, à qui il commanda de lever, chemin faisant, quelques scares de Franks orientaux et de Saxons pour donner la chasse aux bandes sorabes.

1 Chron. Moissiac,

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