‹ CharlemagneChapitre 16 sur 236 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

petit- fils, Ansbert, marié à une princesse mérovingienne, Blithilde, fille de Clotaire P'\ Et c'est de cette union royale que serait né Arnoald, père d'Arnulf.

Mais il est à noter qu'aucune biographie ni chronique contemporaine du saint évêque de Metz ne fait allusion à une telle suite d'ancêtres. Bien plus, Paul Diacre, familier de Charlemagne, et Thégan, historien de Louis le Pieux, ne songent pas encore à faire remonter au delà d'Arnulf la famille impériale, dont ils n'eussent certes pas manqué d'accroître ainsi les titres à la célébrité, si la flatteuse généalogie avait été accréditée de leur temps. Mais elle ne date que de la génération suivante, et l'intérêt qui lui donna naissance alors n'est pas difficile à saisir. Quand la dynastie n'avait plus le prestige du génie et de la victoire et qu'elle commençait à être ébranlée par les révolutions , il dut sembler utile de chercher à raffermir en plongeant plus avant ses racines dans le passé. C'est évidemment à une préoccupation de cette nature qu'il convient de rapporter la formation d'une légende qui, aux yeux du peuple, consacrait doublement les droits des Carolingiens , puisqu'elle les rattachait aux plus anciens dominateurs du sol, et les présentait en même temps comme des héritiers légitimes du pouvoir de Clovis.

S'il n'existe pas, à vrai dire, de raisons plausibles pour contester forigine franke de saint Arnulf, elle serait, d'un autre côté, suffisamment prouvée par les circonstances qui présidèrent à son entrée dans la vie pubhque. Il était né, vers 582, au cœur même de ce royaume austrasien où les familles romanes étaient rares et peu influentes. Le lieu de sa naissance, appelé par les chroniqueurs Layum, était vraisemblablement situé à peu de distance au nord de Nancy ^ A peine au sortir de l'adolescence, il fut admis dans les offices palatins de la cour de Metz. C'était la carrière la

1 Burokard, Qnœstiones aliqnot Caroli Martellis historiam illustrantes.

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plus honorable pour un jeune Frank : la considération des autres leudes, aussi bien que la faveur royale, s'attachait de préférence à ceux des antrustions qui, délaissant le gouvernement de leurs propres domaines, occupaient, auprès de la personne du prince, les charges de la haute domesticité. Il se forma à ses nouveaux devoirs sous la direction d'un des premiers dignitaires du palais, nommé Gondulf, qui devait, à cinq ou six ans de là, être élevé au siège épiscopal de Tongres, et dont quelques historiens ont voulu faire, mais sans preuves concluantes , l'oncle paternel de son jeune disciple. Celui-ci se signala par sa bravoure et obtint rapidement un rang distingué parmi les domestici du roi Théodebert. Avant sa trentième année, il avait parcouru les divers degrés de la hiérarchie; il était compté au nombre des optimates du royaume, et, investi de l'autorité ducale, sa juridiction s'étendait sur six comtés.

Mais déjà les grandeurs humaines n'avaient plus d'attrait pour lui. Un courant d'idées, à peine soupçonné dans le rude milieu où il vivait, s'était emparé de son âme : il aspirait au repos et aux méditations du cloître. L'idéal de perfection chrétienne révélé aux conquérants de la Gaule par saint Golomban commençait alors à rayonner dans ces contrées et à y faire des prosélytes. Attiré vers les exercices de la vie spirituelle, Arnulf avait trouvé un confident et un guide dans la personne d'un de ses compagnons de la trjiiste royale, Romaric, le futur fondateur de l'abbaye de Remiremont. Ils rêvèrent d'aller ensemble s'enfermer à Lérins, le centre monastique le plus célèbre de la vieille Gaule. Mais Romaric, seul , réussit à exécuter ce plan et à quitter les charges publiques, pour embrasser, non à Lérins, mais à Luxeuil, l'austère discipline du clergé régulier. Arnulf, retenu par l'ordre exprès de Théodebert, ne laissa pas toutefois, en attendant qu'il pût fléchir son maître, de mener une vie quasi-cénobitique, d'autant plus librement qu'animée du même zèle que lui, sa jeune et noble épouse, Doda, après

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