TEXTE
Dans le texte, nous avons uniquement reproduit (sous forme de bordures, de culs-de-lampe et de lettrines) les principaux documents archéologiques des viii" et ix" siècles. C'est ainsi, peut-on dire, qu'étaient illustres les livres du temps de Charles.
Hors texte, nous avons reproduit les principales représentations artistiques dont la figure de Charlemagne a été l'objet depuis la fin du Yiii^ siècle jusqu'à l'heure même où ce livre est publié et où nous écrivons ces lignes.
Notre illustration « dans le texte « est archéologique; notre illustration « hors texte « est artistique. Toutes deux sont véritablement historiques. C'est là leur réelle et profonde unité, et la fantaisie n'y tient aucune place.
A chacune de ces deux illustrations nous allons tour à tour consacrer quelques commentaires dont nous sentons que notre lecteur a besoin.
I. L'illustration « dans le texte « était celle peut-être qui offrait le plus de difficultés. Il nous reste , en effet , fort peu de monuments figurés qui soient réellement contemporains de Charlemagne. Les manuscrits carolins sont des plus rares , et il en est parmi eux qui ne sont d'aucune ressource pour le dessinateur ou l'artiste. L'Évangéliaire de Gotlescalk i, qui a été exécuté pour Charlemagne, ne suffit pas pour donner une idée exacte de la richesse de l'art à l'époque du fils de Pépin. Sans doute, sa date le rend infiniment précieux; mais ce monument de la fin du viu" siècle 2 ne nous offre que des ressources assez limitées. Force nous a donc été de descendre de quelques années le cours du ix'' siècle , et nous avons d'autant moins hésité à le faire que l'art présente exactement, au ix'' siècle, les mêmes caractères qu'au viii". Deux documents véritablement incomparables nous ont tout d'abord arrêté : la Bible de Charles le Chauve 3 et le « Sacramentaire de Drogon «, qui est encore connu sous le nom de « Sacramentaire de Metz 'i ». L'art du miniaturiste a rarement produit quelque chose de plus étonnant que ce dernier livre , et c'est avec un véritable enthousiasme que nous avons passé de longues heures à le contempler. Nous lui avons emprunté, ainsi qu'à la Bible de Charles le Chauve, un grand nombre de nos bordures, culsde-lampe et lettrines. Mais d'autres manuscrits, moins éclatants et moins parfaits, ont été consultés et reproduits par nous avec le même soin 5,
1 Bibliothèque nationale, Lat. 1993.
2 Vers 791.
3 Bibliothèque nationale, Lat. 1.
4 Ibid., Lat. 9'i28.
& Bibl. nation., Lat. 256, 257, 1141 (Évangéliaire de Lothaire), 1152 (Livre de prières de Charles le Chauve), 8850 (Évangéliaire de Saint-Médard de Soissons),
Nos lecteurs se convaincront aisément que toute celte ornementation est homogène, et que l'art du décorateur avait partout, à cette époque, les mêmes procédés, la même allure, la même vie. Que n'avons-nous pu reproduire ici les vives couleurs .et les belles proportions de ces merveilleuses miniatures ! Nous avons été forcé, hélas ! de nous en tenir au blanc et au noir, et d'amoindrir la taille de ces lettrines qui, dans les manuscrits originaux, atteignent quelquefois la hauteur d'une de nos pages. Quant aux bordures, il nous a fallu les emprunter aux jambages des grandes lettres ornées du ix'' siècle. Ce n'est donc pas un calque aussi scrvile que nous l'aurions voulu, mais une « composition » très-exacte et qui n'a rien de fantaisiste, et il en est de même pour quelques-uns de nos culsde-lampe. Partout, d'ailleurs, il sera facile à nos lecteurs de remonter aux sources de cette illustration et de comparer scrupuleusement la copie avec le modèle.
Cependant ces soixante et dix lettrines, culs-de-lampe et bordures ne nous ont point suffi'. Nous avons cru devoir, pour éclairer l'histoire des prédécesseurs de Charles, reproduire dans notre texte les principaux types des monnaies et des sceaux de l'époque mérovingienne , les suscriptions et les souscriptions des rois de la première race , celles de leurs maires du palais , celles de Pépin et de son fils Carloman, et, pour faire plus vivement saisir le partage des Etats de Pépin entre ses deux fils, une petite carte indiquant très-nettement les limites des deux nouveaux royaumes. Mais nos Eclaircissements, eux aussi, avaient besoin d'une illustration « dans le texte ». Pour l'Éclaircissement sur le Costume, nous avons emprunté à la Bible de Charles -le- Chauve et à deux ou trois autres manuscrits plusieurs miniatures très - importantes oîi sont groupes des prêtres, des guerriers et des femmes, avec l'attitude et les habits propres au ix^ siècle. Plus loin, ce sont les sceaux des rois et des empereurs carolingiens, lesquels sont dérobés à l'antiquité et dont la beauté fait un singulier contraste avec la barbarie des sceaux mérovingiens. Voici ailleurs , voici les monnaies frappées sous Charlemagne. 11 y a quelques années, M. Jules Quicherat, directeur de l'École des chartes, avait bien voulu nous comijiuniquer, pour la grande édition de la Chanson de Roland, de M. Léon Gautier,
12048 (Sacramentaire de Gellone), etc. = Bien que l'art du x" siècle ne difîère pas essentiellement de celui du ix=, nous avons hésité à franchir l'an 900. Cf. la Bible du x<^ siècle conservée sous le n" 6 dans le fonds latin de la Bibliothèque nationale, etc. etc.
' Quelques-unes ont été empruntées à d'autres monuments figurés, aux mosaïques, etc. Tel est " le pape Pascal d'après une mosa'uiue de Sainte-Cécile à Rome » que Didron attribue à 820 (V. Iconographie chrélienne, p. 55, pi. 20) ; (I la main divine portant une couronne », d'après une autre mosaïque que le même archéologue attribue à 848, etc.
trois dessins représentant les deux statues de Roland et d'Olivier à Vérone et le champ de bataille de Roncevaux. Ces dessins ornent ici rÉclaircissement sur la Légende de Gharlemagne , et ce sont les seuls qui n'aient pas été spécialement composés pour le livre de M. Vétault.
Nous en avons peut-être assez dit pour montrer que les viii'' et ix"^ siècles vivent réellement dans ces intéressantes et nombreuses images. Costumes, physionomies, écritures, sceaux, monnaies, ornementation et miniatures, nos lecteurs y trouveront tous ces éléments de la vie de nos pères à l'époque carolingienne. Nous espérons qu'ils seront satisfaits, tout à la fois, de la précision qui caractérise tous ces détails et de l'unité qui domine tout cet ensemble.
II. C'est au ix'' siècle aussi que s'attache tout d'abord notre illustration « hors texte ». Mais ce n'est que son point de départ. Elle prend de là son élan , s'il est permis de parler de la sorte , pour arriver, à travers le moyen âge et la renaissance, jusqu'aux temps modernes, jusqu'à notre siècle.
Pour exprimer de la façon la plus exacte le style de chacune de ces diverses périodes, nous n'avons pas craint de recourir à tous les procédés de reproduction. A la chromolithographie nous n'avons pas demandé d'exprimer l'œuvre des grands maîtres, qu'elle est impuissante à rendre, mais seulement les mosaïques, les chartes, la joaillerie et les vitraux. Nous ne nous sommes guère aidé de la photographie ou de la photogravure que pour les monuments écrits. Tout le reste a été dévolu à la gravure sur bois ou à l'eau-forte, dont les œuvres sont infiniment plus artistiques, plus nerveuses, plus individuelles, plus vivantes. Le plus d'art, le moins d'industrie possible.
Donc, nos vingt planches hors texte montrent comment chaque époque de l'histoire de l'art, comment chaque stylo a compris et traité la figure de Cliarlemagne. Epoques latine, romane, golliique et de la renaissance, toutes viennent successivement donner leur témoignage au grand empereur; toutes viennent nous dire ce qu'elles en ont pensé.
La petite statuette du musée Carnavalet et la mosaïque du triclinium de Saint-Jean-de-Latran représentent l'époque latine; la couronne dite h de Gharlemagne «, l'époque romane; le vitrail de Chartres et les « neuf preux s, l'époque gothique; le Gharlemagne d'Albert Durer et celui de Jérôme Wierix, la renaissance. Puis, chaque siècle depuis lors se charge de figurer Gharlemagne à sa façon. C'est, au xvii" siècle, le très-classique Lebrun; c'est le très-médiocre Cochin au xviii". Mais notre siècle est, sans comparaison, le plus riche en images du grand empereur. Paul Delaroche nous fait assister au passage des Alpes par ce nouvel Annibol, et Ary Scheffer à la soumission de Wilikind par ce nouveau César, llippolyte Flandrin lui donne une place d'honneur dans ses magnifiques
théories de Saint-Vincent-de-Paul. Un statuaire très-français, M. Rochet, sculpte un Gharlemagne très-français qui est admiré de tous à l'exposition de 1867; et un peintre très-allemand, Kaulbach, peint à Berlin un Gharlemagne très-allemand. A Aix-la-Chapelle , de grandes fresques d'Albert Rethel reproduisent les principaux faits et gestes de celui qui régna à « Aix en France « : nous avons reproduit les plus belles de ces pages véritablement magistrales. Les Belges, cependant, affirment que Gharlemagne est Belge, et, sans leur donner scientifiquement raison, nous avons cru leur faire quelque honneur en reproduisant leur statue de Gharlemagne à Liège. Mais nous ne pouvions terminer par là une illustration dont la dominante est toute française : une belle eau-forte de Ghifflart, qui avait déjà paru dans le Roland de M. Léon Gautier, nous montre le Gharlemagne de la légende, lequel est de belle et grande taille ; et une eau -forte de Léopold Flameng, d'après Lameire, nous montre le Gharlemagne de l'histoire, qui est mille fois plus grand encore. On se rappelle peut-être le projet d'église gigantesque que M. Lameire exposa en 1867 : c'est à ce Calholicon que nous avons emprunté la dernière de nos planches « hors texte ». On y voit Gharlemagne à cheval, précédé de Charles-Martel , accompagné de ce grand Witikind qu'il a vaincu et suivi de loin par ses médiocres héritiers. Ce tableau vaut un livre d'histoire i.
1 Quelques-unes des planches que nous venons d'énumérer exigent un commentaire scientifique, et il est rigoureusement nécessaire de préciser ici leur valeur et leur date. A ce commentaire, dont nous ne voudrions pas encombrer noire texte, nous allons consacrer la note suivante qui nous a coûté de longues recherches, mais qui n'est pas sans quelque sécheresse et dont beaucoup de nos lecteurs pourront omettre la lecture. — \. La mosaïque du triclinium de Saint- Jean- de- Latran, qui a donné lieu à tant de discussions scientifiques, a été très-fidèlement reproduite par Alemanni. (De Lateranensibus parietinis a card. Barherino restiluHs disserlalio , l'"^ édition, Rome, 1625, p. 12, et 2" édition, Rome, 1756. Cf. Severano , Memorie sacre délie selte chiese di Roma, 1630, petit in-4'', p. 545; Ciampini , Vêlera monumenia, Romse, 1690-99, in-folio, 2 vol.. t. II , p. 127, lab. XL ; Montfaucon , Monuments de la monarchie française, 1731, I, p. 275, pi. XXII ; Mabillon , Annales, t. II, p. 343; Du Sommerard, Album, 8" série, pi. 10; Didron , Iconographie chrétienne, p. 59, etc. ) M. de Rossi, dans une lettre qu'il a bien voulu nous écrire tout récemment, nous a confirmé ce fait que plusieurs savants avaient déjà mis en lumière : c'est que la mosaïque a été entièrement refaite, au dernier siècle, mais avec une grande fidélité et d'après d'excellents dessins. Rien n'est, d'ailleurs , plus aisé que de comparer la mosaïque en son état actuel avec la représentation fournie par Alemanni. Ces deux œuvres sont semblables (sauf la tête de saint Pierre, qui est de physionomie moderne). C'est d'après l'original, à Rome, que nous avons fait faire, avec le plus grand soin, notre reproduction en couleurs, et c'est ce qui lui donne aujourd'hui une véritable valeur scientifique. Quant au sujet de la mosaïque, nul ne l'a mieux exposé que M. Gustave Desjardins dans ses Recherches sur les drapeaux français : « Saint Pierre, assis sur un trône, remet au pape Léon,
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Si nos lecteurs veulent se donner la peine de feuilleter notre livre suivant Tordre que nous venons d'indiquer, ils pourront écrire en eux-
agenouillé à sa droite, une seconde élole, stolam novam, et à l'empereur, prosterné à sa gauche, un étendard. Tous les auteurs qui ont écrit sur le triclinium du Latran, Alemanni, Severano, Rasponi, Ciampini, Assemani, pensent que la remise d'une seconde élole exprime la justification de ce pape, injustement accusé de plusieurs crimes, et que le gonfanon porté par le roi des Franks n'est autre que l'étendard do la ville de Rome, qu'il avait reçu comme patrice avec les ciels du tombeau du prince des apôtres. » [Loc. cit., pp. 2 et 3. Cf. Marius Sepct, Le Drapeau de la France, pp, 19 et ss.) = II. La statuette de Charles, de 27 centimètres de hauteur, qui est aujourd'hui conservée à l'hôtel Carnavalet, avait appartenu jadis au trésor de la cathédrale de Metz; puis elle fit partie de la collection d'antiquités d'Albert Lenoir. Elle passa ensuite en Angleterre, d'où elle nous revint. Elle était à l'hôtel de ville lorsqu'il fut incendié par les hommes de la Commune, et c'est en triant les cendres du monument brûlé qu'on retrouva le cavalier d'un côté et le cheval de l'autre. On remit le cavalier en selle, et la statue est aujourd'hui au musée municipal de Paris. Elle a été plusieurs fois reproduite, et notamment d'une façon populaire, par Bordier et Charton en leur Histoire de France. Cf. Albert Lenoir [Monuments des arts libéraux, pi. 9, p. 13), Ph. le Bas [Dictionnaire encyclopédique], la Gazelle des beaux arts et, tout particulièrement, les Bulletin et Mémoires de la Société archéologique de la Moselle, ann. 1863. [Revue des Sociétés savantes, ^i' série, IV, 268.) Il est certain, comme nous l'écrit le plus autorisé des archéologues français, que « cette figurine de bronze représente très-bien un empereur carolingien, tel qu'on peut se l'imaginer en ronde bosse ». Mais représentet-elle Charlemagne en particulier? La plupart des érudits n'en font aucun doute ; mais M. de Longpérier n'ose pas l'affirmer si nettement. « Si nous possédions, dit- il, un seul indice en faveur de cette attribution, je céderais à l'instant à celte opinion, tant elle me paraît admissible. » Tel est aujourd'hui l'état de la question. — 111. La couronne de Charlemagne n'est plus attribuée au règne de Charles que par un très-petit nombre de savants, de qui l'autorité est suspecte. D'autres érudits, plus compétents et plus sûrs, seraient tentés de l'attribuer au règne de Charles le Chauve. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'elle porte sur un de ses émaux cette inscription : CHVONRADVS DEI GRATIA ROMANORVM IMPERATOR AVGVSTVS. Si cette inscription est de même date que la couronne, ce bel objet d'orfèvrerie ne saurait être antérieur au règne de Conrad II, le seul (comme nous l'écrit M. de Longpérier) dont le nom s'écrive CHVONliADVS sur ses monnaies, tandis que les autres Conrad s'appellent CONRADVS. Or Conrad II monta sur le trône en 1027. M. de Longpérier fait, en outre, remarquer que notre couronne se compose de plaques arrondies par le haut et que quatre d'entre elles sont ornées de figures émaillées. Or une disposition analogue se retrouve dans une couronne de Constantin Monomaque, lequel fut eiupereur de 1042 à 1034. L'illustre archéologue ajoute que le style de la couronne n'est aucunement carolingien, et qu'il n'en connaît pas au ix" siècle qui soit de la même forme. Les partisans d'une plus haute antiquité peuvent, il est vrai, répondre à M. de Longpérier que l'inscription CHVONRADVS a été écrite deux siècles après la fabrication de la couronne elle-même. Mais
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mêmes, sans trop de difficultés, une sorte d'histoire de Tart. Ils constateront, à l'époque Caroline, un singulier respect pour les traditions de
encore faut-il qu'ils le prouvent. (Cf. une magnifique reproduction de la couronne de Nùrnberg dans les Kleinodien des lieil. Romischen Rcisches Deutscher nation., von Franz Bock, Wien, 1864; in-folio niaximo; les Arts sompluaires . pi. 10, etc.) Quoi qu'il en soit, nous donnons dans ce livre une place importante à cette couronne, parce que, aux yeux do tous les peuples, elle est depuis longtemps devenue le symbole de l'empire chrétien fondé par Charlemagne. C'est à ce point de vue qu'elle est véritablement populaire et que nous consacrons de nouveau cette popularité légitime. — IV. Le vitrail de Charle- MAGNE A Chartres est do la fin du xii« siècle, ou du commencement du xni". 11 a été reproduit intégralement, mais au trait seulement, par les auteurs de la Monographie de la cathédrale de Chartres, et c'est ce dessin très -fidèle que nous reproduisons aujourd'hui avec l'autorisation du ministre de l'instruction publique. Seulement nous avons cru qu'une telle reproduction, sans couleurs, serait véritablement insuffisante, et nous avons envoyé M. Sannier à Chartres pour y peindre toute la partie supérieure de la verrière. Il s'est acquitté de cette tâche difficile avec le plus grand soin , aidé et soutenu par les conseils d'un chanoine de Chartres, M. l'abbé Brou, qui a consacré sa vie à la gloire de sa chère cathédrale. C'est grâce à cette intelligente et zélée direction que nous nous sommes aperçu que le médaillon supérieur du vitrail n'était plus où il devait être, et que nous avons pu, dans notre chromolithographie, lui rendre enfin sa véritable place. Plusieurs savants ont déjà essayé de commenter ce vitrail, et M. l'abbé Bulteau, dans sa Description de la cathédrale de Chartres, en a donné une explication ingénieuse d'après la Chronique de Turpin. (V. V Histoire de la peinture sur verre de Lévy et Capronnier, Bruxelles, 1862, p. 64.) Néanmoins il nous paraît nécessaire de le commenter à nouveau. — Toute celte verrière est la traduction en couleurs de deux documents très-célèbres du moyen âge: 1° une légende latine de 1060-1080 où l'on raconte le prétendu voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople, et 2° la Chronique du faux Turpin. Or ces deux documents sont des œuvres cléricales, dont le caractère est exactement le même. Ils ont été souvent associés dans la pensée des clercs de cette époque, et rien n'est plus éloquent que ce vitrail pour prouver l'étroite connexité qu'ils avaient aux yeux de la société ecclésiastique des xii«-xiii= siècles. = La légende latine est intitulée : Descriptio qualiter Carolus magnus clavum et coronam Doinini à Constanlinopoli altulerit, qualilerque Carolus Calvus hœc ad Sanctum Dionysium retulerit. (Bibl. nation, anc. S. G. L. lat. 1085.) Elle a été reproduite par Hélinand, et, d'après celui-ci, par Vincent de Beauvais, qui, comme l'auteur de notre vitrail, la fait suivre immédiatement par la Chronique de Turpin. {Spéculum majus, lih. XXIV, cap. iv et v, édition de Douai, 1624, pp. 963, 964.) Quant à la Chronique de Turpin, les chapitres qui correspondent exactement à notre verrière sont les chap. ii, m, viii, x, XXII, XXIII, XXV. (V. l'édition de M. de Reiffemberg, Chronique de Philippe Mousket, I, pp. 489, 490, 493, 509, 510, 512.) Il y avait à Saint-Denis un vitrail conçu selon le même plan. = A la légende latine de 1060-1080 sont consacrés les médaillons 2-7 (V. la fig. 120); à la première partie de la Chronique de Turpin, qui a été composée vers le milieu du xp siècle, les médail-
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Tari antique avec je ne sais quelle immobilité à moitié byzantine. L'art roman et surtout Fart gothique leur apparaîtront comme un réveil; mais
Ions 8-13 ; à la seconde partie de la même Chronique qui a été, par un autre auteur, écrite entre les années 1109 et 1119, les médaillons 14-22. Nous allons
donner, médaillon par médaillon, l'explicolion de cette verrière, qui a été jusqu'ici fort imparl'aitement élucidée. 1. iSignalure du vitrail. 11 a été donné à la cathéilralc jiar la communauté des marchands-l'ourreurs de la ville de Chartres. 2. Les messagers de Constantin, empereur d'Orient, apprennent à Charles que le patriarche de Jérusalem a été chassé de sa ville par les inlidèles, et lui apportent une lettre où est raconté le songe suivant : 3. Constantin a vu le roi des Franks lui apparaître durant son sommeil, et un ange lui a dit : <i Voilà celui qui le viendra en aide. » 4. Accueil fait par Constantin à Charlemagne, qui s'est hâté de venir au secours du patriarche et des chrétiens. 5. Bataille contre les païens sous les murs de Jérusalem. 6. Constantin offre à Charlemagne toutes ses richesses ; mais le roi des Franks ne veut accepter que les reliques de la Passion. 7. Charlemagne avait apporté les saintes reliques à sa chapelle d'Aix ; Charles le Chauve les rapportera un jour à Saint -Denis et déposera la sainte couronne sur l'autel. 8. Charlemagne aperçoit la voie lactée dans le ciel, et demande en vain l'explication de ce phénomène célesle.U. Saint Jacques apparaît à l'empereur endormi, et lui ordonne d'aller délivrer son tombeau, qui est aux mains des infidèles. 10. Départ de Charles i>our l'Espagne avec l'archevêque l'urpin. 11. Prière de Charles devant Pampeiune. 12. Les Francjiis entrent dans Pampeiune. 13. Charles construit pour saint Jacques une église magnifique à Compostelle. 14 et 15. Guerre de Charles contre le Sarrasin Agolant: miracle des lances qui fleurissent. Dieu indique par là quels sont les chrétiens qui doivent succomber dans la bataille. 16. Guerre nouvelle ; bataille de Roncevaux ; combat entre Roland et Marsile (c'est ce médaillon qui a été placé à tort au sommet de la verrière; sa véritable place est ici). 17. Roland tue Marsile. 18. Départ Fm- 120. de Charles pour le champ de bataille de Ronce-
vaux, malgré les conseils de Ganelon. 19. Roland sonne du cor et fend le rocher avec son épée Durendal. 20. Baudouin, frère de Roland, l'assiste à ses derniers moments et lui donne à boire dans un casque. 21. Baudouin apporte à Charles
ils seront partout, à cctlo époque, frappés par rinfériorité de la forme autant que par l'élévation de l'idée. La renaissance se préoccupera avant
la nouvelle de la mort de Roland. 22. Un parchemin céleste descend du ciel sur l'autel où saint Gilles ollre le sacrifice, et sur ce parchemin est écrit un péché que l'empereur n'avait jamais osé révéler en confession. 23-24. Anges encensants, complétant le médaillon précédent. = Quelques explications sont ici nécessaires. J'ai quelques doutes sur le sens du n° 2, et je proposerais plutôt le commentaire suivant : » Les évèques font à Charles des remontrances sur la nécessité de reconquérir les saintes reliques, qui sont au pouvoir des infidèles. i> — Il faut remarquer, au sujet du n" lo, que le miracle des lances est raconté deux fois par le faux Turpin : une première fois au chap. viii {De Bello sancli Facundi ubl haslœ viruerunt) ; une seconde fois au chap. x, et Saintes est indiqué ici comme le théâtre du prodige. — M. l'abbé Bulteau croit qu'il s'agit, dans les médaillons 16 et 17, du combat de Roland contre le géant Ferragus. Je ne saurais partager cette opinion. Le païen représenté dans notre vitrail porte une couronne, ce qui ne convient qu'au roi Marsile. De plus, il se sert d'un bouclier rond, et le clypeus rolundus est précisément le signe auquel le faux Turpin dit qu'on pouvait reconnaître Marsile au milieu de la bataille. — Le médaillon 22 est celui qui nous a donné le plus de peine, et nous l'avions, à peu près comme l'abbé Bulteau, expliqué d'abord en ces termes: « L'archevêque Turpin, célébrant la messe des morts devant Charlemagne, voit l'âme de Roland qui est portée au ciel par un ange. » L'état actuel du vitrail ne permet pas de distinguer nettement l'objet porté entre les mains de l'ange ; mais je prie nos lecteurs d'observer que le prêtre officiant est nimbé (ce qui convient à saint Gilles plus qu'à Turpin j, et que le clerc assistant ne porte ni la mitre ni la crosse, qui conviendraient au clerc d'un évèque. Il ne reste vraiment plus qu'à résoudre une difficulté avant d'adopter notre interprétation. Le fait légendaire relatif à saint Gilles est -il, oui ou non, postérieur à Roncevaux? Une Vie de saint Gilles en vers français du xii" siècle, que publient en ce moment MM. Bos et G. Paris, ne laisse aucun doute à cet égard : quand saint Gille essaie de faire faire à Charles une confession véritablement complète de toute sa vie, il lui rappelle fort explicitement Roncevaux et la mort de Roland. Nous croyons que, par là du moins, le problème est résolu. — V. Le diplôme de Charlemagne dont nous donnons un facsimilé très-exact est offert ici comme un type des actes publics du fils de Répin. Les actes de la royauté carolingienne peuvent se diviser en quatre grandes catégories : 1° actes législatifs {capitula); 2° actes administratifs {mandamenla); 3° actes judiciaires {placila); 4" actes gracieux {prœcepla], lesquels se subdivisent eux-mêmes en donaliones , cmunitales, confirmaiiones , prolecloriœ, etc. Le diplôme que nous reproduisons appartient à ce dernier groupe: c'est un précepte. Or, les préceptes de Charlemagne nous offrent les caractères suivants. Ils sont précédés d'une invocation tachygraphique qui rappelle I ancien chrisma et , plus tard , après l'empire restauré , d'une invocation explicite ainsi conçue : In nomine Palris , Filii et Spirilus sancli. Leur suscription a varié suivant les différentes époques du règne de Charles. Depuis son avènement jusqu'à sa conquête du royaume des Lombards, Charles inscrit très-simplement, en tête de ses diplômes, ces mots dont son père s'était servi : Carolus, gralia Dci, rcx Francorum , vir inluster. Après la conquête de l'Italie du Nord, la suscription
tout de parfaire la forme; mais, hélas! elle n'élargira point l'idée. Cependant notre Albert Durer a de la majesté, et notre Wierix est origi-
s'enfle déjà , et , dès 774 , on y lit : Carolus , gratia Dei , rcx Francorum et Langobardorum , vir inlnsler. Le roi des Franks y joint, la même année, Tappellalion palriiius Romanorum ; et, peu à peu, letJîr miits/er disparaît devant ce nouveau titre dont il est, en queUpie manière, le synonyme ou l'équivalent : on n'en trouve plus la trace après 779. Depuis le 25 décembre 800, Charles s'intitule splendidement : Carolus, serenissimus auguslus, a Deo coronalus, magnus et paciflcus impcralor, Romanum giibernans imperium , qui et per misericordiam Dei rex Francorum el Langobardorum , et cette seule énumération des diverses suscriptions dont s'est servi le fds de Pépin est une histoire abrégée de sa vie et des développements de sa gloire. Le reste du diplôme n'offre rien de caractéristique avant la souscription. C'est, d'abord, un préambule plus ou moins solennel, suivi d'un exposé et d'un dispositif avec l'annonce des signes de validation , laquelle est ainsi conçue dans le diplôme solennel : Manu propria subterfirinavimus et de anulo nostro sigillari jussimus, tandis que le diplôme simple porte uniquement : ^nuio nos^ro sigillari jussimus. Qaanl à la souscription du précepte, elle est double. Il y a d'abord celle du roi ou de l'empereur avec son monogramme: Signum [loc, mon.) Caroli gloriosissimi régis; et, après 800, serenissimi , ou gloriosissimi, ou piissimi imperatoris. Puis, vient la souscription du chancelier, laquelle est à la première personne : recognovi, subscripsi, etc., ou à la troisième: rccognovit, subscripsil, etc.; c'est sous Louis le Pieux seulement que la première personne triomphera de la troisième. La date varie, suivant l'époque à laquelle a été rédigé le diplôme. La chancellerie carolingienne emploie d'abord le calendrier romain: Data kalendis maii ; puis l'an du règne : anno primo regni noslri. Après ces éléments chronologiques vient la date de lieu qui, sous les rois carolins, s'e.xprime ainsi qu'il suit: Acium Aquisgrani , palalio nostro, in Dei nomine, féliciter; amen. C'est ainsi que sont datés les diplômes de Charles roi, et voici maintenant la date adoptée par Charles empereur: Data idubus juniis, anno III, Chrislo propilia, imperii nostri, el XXXV regni noslri in Francia atque XXIX in Italia, indiclione X. Actum Aquis palalio nostro, in Dei nomine féliciter; amen. 11 faut ici remarquer: 1» que, même avant 800, Charlemagne indiquait dans la date de ses diplômes le commencement de son règne <i en Italie » ; 2° que les années de son règne datent pour la France du 2i septembre 768 ; pour l'Italie, de mai-juin 774; pour l'empire, du 23 décembre 800; 3° que l'indiction ne pénètre pas dans ses actes avant 802-803. Pour le sceau de Charles, voyez V Éclaircissement sur les sceaux. ^ Il nous reste à dire quelques mots sur l'écriture de cet acte typique. Sous Charlemagne, il y avait quatre groupes d'écritures très -caractérisées : la capitale, l'onciale, la minuscule, la cursive. Durant toute la première race et pendant les commencements de la seconde, les manuscrits soignés étaient, d'un bout à l'autre , exécutés en capitale, ou, plus souvent encore, en onciale. La cursive était réservée aux écritures rapides, c'est-à-dire à la plupart des actes publics et aux manuscrits usuels ou à bon marché. Quant à la minuscule, elle était sortie au vni" siècle de la semi-onciale, et avait déjà commencé d'envahir les manuscrits et les chartes. Elle allait, pour ainsi parler, faire une rude concurrence à la cursive, qui
nal. Déjà Lebrun est quelque peu guindé , mais avec Cochin nous tombons dans l'afféterie qui est propre à la décadence du xvin° siècle. Notre époque, dont on dit injustement tant de mal, relève l'art tombé, réveille l'art endormi, agrandit l'art rapetissé et spiritualise l'art matérialisé. Rien n'est plus saint que le Charlemagne de Flandrin ; rien n'est plus majestueux que celui de Kaulbach et de Rochet; rien n'est plus grand que celui de Lameire. Bref, dans cette histoire de l'art dans ses rapports avec Charlemagne, on arrive à la même conclusion rigoureuse que dans l'histoire de l'art dans ses rapports avec Jeanne d'Arc : c'est encore notre siècle qui a conçu le plus haut idéal et qui a su le réaliser dans les œuvres les plus parfaites.
Parmi ceux qui liront ce livre, il en est peut-être qui s'étonneront de n'y point voir figurer telle ou telle représentation de Charlemagne. Il est vrai qu'après une longue étude sur l'iconographie du grand empereur, nous nous sommes résolu à ne donner ici que les œuvres les plus importantes et, pour dire le vrai mot, les plus caractéristiques. Nous avons dû, en réalité, renoncer à vingt, à trente, à cent autres figures qui, dans un livre plus complet, mériteraient peut-être d'être prises en considération et reproduites à côté des autres. Bref, nous n'avons donné que des types 1 .
depuis le ix« siècle, était condamnée à disparaître peu à peu des chartes, des registres et des manuscrits. Au x= siècle, cette révolution devait être consommée, et la minuscule devait alors détrôner absolument la cursive. Notre diplôme offre le type exact de la cursive carolingienne. = La carte qui forme la vingt et unième de nos planches hors texte est un travail que nous n'avons pas besoin de recommander à l'attention du lecteur. C'est une œuvre absolument nouvelle, qu'il convient de regarder comme le résultat d'un long et consciencieux labeur, et qui est véritablement digne des cartes consacrées par le même auteur à la France de saint Louis et à celle de Jeanne d'Arc. = La RELIURE SPÉCIALE dont uous rcvêtous la plupart des exemplaires du Charlemagne se compose des éléments suivants: 1'^ la couronne de Charlemagne, ci-dessus décrite; 2» son sceau (à la partie supérieure de la reliure, au milieu), 3° une pierre antique, représentant un Jupiter, dont l'empereur s'est servi pour sceller quelques-uns de ses actes durant la seconde partie de son règne (au bas, à droite); 4° une de ses monnaies donnée comme type (en haut, à droite); 5° et 6» une médaille de plomb qui a été frappée à Rome, à l'occasion du couronnement de Charles (en haut et en bas, à gauche) ; 7° le monogramme de l'empereur, qui est au bas de tous ses diplômes solennels (au milieu de la bordure, à droite et à gauche.) = Les gardes ont été également composées avec les sceaux et les monnaies du IHs de Pépin.
1 Parmi les œuvres dont nous n'avons pu tirer aucun parti pour la présente édition àe Charlemagne, il convient de citer les suivantes, — et nous allons les énumérer suivant un ordre qui, vu l'incertitude de leurs attributions, ne saurait être rigoureusement chronologique : « Une mosaïque qui était à Sainte-Suzanne, de Rome, et qui représentait saint Léon III et Charlemagne avec le nimbe carré
Si ce livre est accueilli, nous pourrons lui donner plus tard une illustration encore plus riche; mais il semble que celle-ci puisse aujourd'hui
(Alemanni, De Lalcranensibus parietinis , Romae, 1625, p. 12); fJiarlemagne, d'après une peinture murale conservée au musée sacré du Vatican (Du Sonimeva^rà, Album, 2° série, pi. 11); Charlemagne en habits de palrice (Monlfaucon, Monuments de la monarcliie française, I, pi. 21 ; comte de Viel-Castel, Collection de costumes, 1827-1830, I, n» 35); une image de Charlemagne d'après un ivoire du cabinet de Denon ; la série des cinquante à soixante images de Charles, depuis le ix= siècle jusqu'à nos jours, qui est conservée au département des estampes à la Bibliothèque nationale; une figure de Charlemagne qui était au chapitre de Nolre-Dame-de-la-Grasse (Montfaucon , ibid., I, pi. 25. Viel- Castel, ibid., n" 51); le tombeau d'Ogier le Danois à Saint-Faron de Meaux , xii« siècle (Mabillon, Annales , II , p. 376, 378; Acla sanclorum ord. S. Denedicli, IV» siècle, p. 664); un Charlemagne sculpté sur un chapiteau de Saint- Denis, xii" siècle (A. Lenoir, Musée des monuments français, I, pi. n° 514, n» 217) ; une figure de l'empereur Charles à Aix (Montfaucon , ibid., t. IV, à la fin de la préface. Cf. quatre autres figures de Charlemagne à Aix , ibid., I , pi. 23, n" l-'i); une statue de Charlemagne à Saint-Julien-lc-Pauvre (A. Lenoir, Album monumental de Paris) ; une figure du fils de Pépin sur une verrière de Saint- Denis, xii" siècle (Montfaucon, ibid., pi. 24 et 25. Viel-Castel , t6id., n° 43); le sceptre d'or du trésor de Saint -Denis, représentant Charlemagne (Félibien, Histoire de Paris, pi. 4. Cf. dans les Kleinodien , publiés à Vienne par Bock , en 1864 , la chape dite de Charlemagne, ses sandales, son sceptre, son épée, etc.; la plupart de ces objets sont, en tout ou en partie, postérieurs au ix<= siècle); un vitrail de la cathédrale de Strasbourg, qui est du xiv" siècle (nous en avons fait prendre une photographie, que nous n'avons pu utiliser); un Charlemagne du xv« siècle, tiré d'un registre de l'université de Paris et que nous espérons pouvoir reproduire dans une édition ultérieure ; une statue de l'empereur Charles, à la tour ouest delà cathédrale de Zurich, et plusieurs autres statues dont nous avons pris noie et qui ornent diverses villes d'Allemagne (nous avions eu soin de publier dans les journaux allemands une note à l'effet de nous faire indiquer toutes les œuvres artistiques qui se rapportaient à notre sujet); une série de belles et grandes miniatures du xvi" siècle reproduisant toute la vie légendaire de Charlemagne et servant à illustrer la Chronique de Guillaume Crétin (Bibliothèque nationale, fr. 2820, xvi<= siècle. Cf. tous les manuscrits à miniatures de nos chansons de gestes, du xiii" au xvi» siècle, et, en particulier, les images peintes qui sont en tète du Couronnement Looys) ; la statue équestre de Charlemagne qui est sous le porche de Saint- Pierre de Rome (nous en avons la photographie ; mais c'est une œuvre des plus médiocres , et nous avons dû renoncer à la reproduire); une <i allégorie sur Charlemagne i>, de Ch. Nie. Cochin, différant quelque peu de celle que nous avons donnée (Bibliothèque nationale, déparlement des estampes); n Charles dictant ses capitulaires, » tableau d'Ary Scheffer au musée de Versailles; Charlemagne, empereur, par Bcndemann, et plusieurs autres œuvres de l'École allemande contemporaine, etc. (Sur l'iconographie de Charlemagne, Cf. Hennin, Monuments de l'histoire de France; Guenebaud, Dictionnaire iconographique; R. P. Cahier, Caractéristiques des saints , elc. )
suffire aux plus difficiles. D'ailleurs, nous serons heureux d'accepter toutes les indications que l'on voudra bien nous fournir, et nous nous proposons de donner, dans une autre édition , un catalogue complet
DES ŒUVRES d'ART CONSACRÉES A CuARLEMAGNE.
C'est ainsi que nous avons compris l'illustration d'un livre dont la reliure même a un caractère archéologique. Nous espérons qu'une telle œuvre ne sera pas sans plaire aux gens du monde, et qu'ils tireront de ces images quelque joie pour leurs yeux avec quelque lumière pour leur esprit. Nous aurons peut-être plus de peine à convertir les érudits qui se défient de l'image et se refusent à la tenir en estime. Mais ces érudits eux-mêmes nous donneront raison quand ils verront ce livre, tiré à plusieurs milliers d'exemplaires, répandre partout autour de lui l'amour de la science historique, l'amour de Charlemagne, l'amour de la France.
Fig. 1"2I. - Bible de Charles le Chauve, r.ibl. nalionale. Lat. 1 . f» 327.
Fio. 122. - Bible de Charles le Chauve. Bibl. nationale , Lat. 1 , t° 243.