HA CHARLEMAGNE
D'une constitution robuste, mais d'un tempérament pacifique, Louis écouta les leçons d'Arnold et en profita. Cependant il le quitta bientôt pour reparaître quelque temps à la cour d'Austrasie. Charlemagne qui, depuis le désastre de Roncevaux, n'aimait pas trop les Gascons, craignait qu'un séjour prolongé chez ce peuple glorieux et indocile ne fît contracter au jeune Franc de mauvaises habitudes, et ne le rendît un jour étranger aux mœurs,aux usages des peuples répandus sur les deux rives du Rhin. Quand Louis eut sept ans accomplis, il fut rappelé d'Aquitaine et vint trouver son père à Paderborn. II portait l'habit gascon , la loge courte et ronde , la chemise aux manches longues et flottantes , et sa main droite tenait un javelot. Derrière lui marchait une troupe d'enfants de son âge , vêtus conmie lui. Charlemagne prit un grand plaisir
chefs militaires investis de terres ecclésiastiques. Cette interprétation ne nous semble pas recevable. Les abbés jouent un grand rôle dans Tadministration carlovlngienne. Ils siègent comme juges ou comme commissaires dans les assises provinciales, présidées par les miggi dominici ; ils fournissent des subsides après avoir levé des contributions, et, quand ils ne vont pas eux-mêmes à la guerre , ils envoient des soldats combattre en leur nom sous renseigne de leur abbaye. Charlemagne les ayant exemptés, en Tannée 797 , de servir en personne (Goldast, Constit. imper., t. m), ils se plaignirent, craignant d'être avilis par cette exemption. C'est alors que, par un capitulaire nouveau de Tannée 799, Charlemagne déclara qu'il les avait dispensés du service militaire pour les honorer , non pour les abaisser.
à le contempler sous cet accoutrement , et toute la cour partagea sa surprise et sa joie. Louis accompagna son père dans la Saxe , traversa l'Ems , le Weser, et ne retourna sous le ciel plus clément de l'Aquitaine qu'aux approches de l'hiver. Bien qu'il eût été suivi, dans ce lointain voyage, par la plus grande partie de son armée, il retrouva le pays aussi tranquille à son retour qu'à son départ : la vigilance d'Arnold et des comtes avait suffi pour maintenir la paix*.
Le chroniqueur anonyme que l'on appelle Y Astronome nous raconte en des termes pleins d'intérêt les premières années de ce prince. Comme il aimait , à s'entourer de gens de bien , sa cour était un tribunal et non pas , comme celle de son frère Charles, un camp toujours en alerte. Au lieu d'employer les armes pour châtier les mutins , il les assignait devant son conseil, les invitait 5 plaider leur cause, et leur permettait même, dans les grandes circonstances, de se pourvoir par voie d'appel devant la justice de l'empereur. C'est ce qu'il fit pour Adalric, rusé Gascon, qui s'était rendu maître de Corson , duc de Toulouse , et lui avait arraché par la violence un serment de fidélité. 11 aimait aussi à convoquer en assemblée générale les hommes libres de son royaume et à faire de solennelles ré-