I. Vie de Louis le Débonnaire t par l'Astronome
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hdic à la cour d'Ai *. Ti > k^ évètj
Im^ abhés, les ducs, les comies, ks vicomte roiupire, avaicnl été convoqaés en même U ilatiH la ville d*Âix-la-<3iapelle. Quand Os fi reiulus auprès de Tempereur, celui-ci leur prés ï(Oi) fUs, et leur demanda s'ils approuTaieni imiisndt sou titre et sa couronne au jeune «rAquitainc. Le plus humble d'entre eux ava i)i>oi( de uiauifester sa désapprobation. Ils ré fi mu Itms, d'une seule voix, que Dieu lui-n >1V;|U apjH^lé lA)uis le Pieux à Théritage de Cha \H qu'ils no faisaient, en l'adoptant pour leur l^v^ qu'olK^r aux ordres d'en haut. Le dima i^uiv^nU Oharlemagnc revêtit le costume impé \\\\\ K\\\io ot>uix>nne sur sa tête, et se rendi l^1\^M\<0 j>onipt> à l'église qu'il avait fait consti fi;^^^5 ^A xillo bion-aimée. Quand il fut arrivé iCm^ «iulol qui (lonihiait tous les autres autels, e \v^Mi<Ul lo nom du Sauveur dcîs hommes, il fit J\t\<^»' uuo ronronne d'or et s'agenouilla pour p IhMI^uI m\\ llls à suivre son exemple. Leur p wi^^NtV» (îliarlemagne éleva la voix, et, dan ^ii^H^U^ solennel, exhorta son fils à craindi H^^ijiMOUr, A suivre lidèlemcnt sa loi sainte , à <\^t^l' iul\UiKablenient son Église contre les ei ^vH^^v^ dos iMunmes |)ervers. Ensuite il lui pari
SCS jeunes frères, de ses sœurs, de ses neveux, de tous ses proches , lui prescrivant d'être leur guide et leur soutien. Enfin il lui recommanda d'aimer ses peuples comme ses enfants, et d'être toujours le consolateur des religieux et des pauvres. Louis ayant promis d'observer ces commandements, son père lui dit alors de prendre sur l'autel la couronne d'or. et de la poser sur sa tête. Ce qu'il fit, et, quelques jours après, il retourna dans l'Aquitaine*.
Sa femme, qui partageait son amour pour la justice et sa piété, se nommait Hermengarde. Elle élait fille d'un noble duc nommé Tngorramm , neveu du pontife Ruthgaud. Elle lui donna trois fils, du vivant même de Charlemagne. Famille qui ne resta guère unie, et dont les dissensions furent l'ori- }>ine de grands désastres! Mais nous n'avons pas à raconter cette lamentable histoire. Aussi bien, les touchantes vertus et l'habile conduite de Louis le Débonnaire nous ont déjà trop longtemps occupé : la suite de notre récit doit appartenir aux autres enfants de Charlemagne.
Nous n'avons qu'à désigner Lothaire , frère jumeau de Louis, mort à l'âge de deux ans; et, comme Fastrade et Liutgarde ne donnèrent à Charlemagne que des filles, devons-nous, avec quelques historiens, terminer ici la nomenclature des fils avoués par ce
1 . Thégan , De la vie et des actions de Louis le Débonnaire.
prince ? Dans le discours que Thégan lui fail lenir au roi d'Aquitaine avant de Tinviter à prendre la couronne , nous lisons cette phrase qui nous parait significative : « Il lui recommanda de montrer une clémence inépuisable envers ses frères et ses sœurs plus jeunes que lui. •» La mort ayant alors frappé tous les llls de l'épouse légitime, Hildegarde, lesquels étaient, d'ailleurs, à l'exception de Lothaire, les aines de Louis, ses frères puînés et survivants ne peuvent élre que les fils des concubines impériales. Si donc, au rapport de Thégan , qui ne peut avoir commL<! élourdiment une haute inconvenance, Cliarlemagne ar reconnu lui-même comme ses enfants, en public ol dans une circonstance très -solennelle, les fils nrs de Reine et d'Adalinde, nous ne pourrions, sans nianqucr à l'histoire, taire ce que nous savons d'eui.
Dropfon, fils de Reine, prit l'habit ecclésiastique. Il (Mail chanoine, quand, en 823, l'empereur Louis, son frère (c'est Éginhard qui s'exprime ainsi), le il«)nna pour chef à l'Eglise de Metz. Il mourut en 857. Le pape Sergius II l'avait nommé vicaire du sainl-siége dans les régions occidentales. A ce titre il régla de grandes affaires. On reconnaît que son \\\M\v n'était pas inférieur à sa naissance.
RfMuo, deux fois mère, eut encore Hugues, abbé tlo Saint-Ouentin et de Saint-Bertin, qui fut tué, le T juin 844 , dans un combat livré par Pépin , roi d'Aquitaine '^ inu^'w lo ^.harles le Chauve.
Enfin le dernier fils de Charlemagne , né en 810 de la concubine Adalinde , Thierry , disparaît de l'histoire cpielques années après sa. lîaissance. Charles, en mourant, le recommande à Louis le Débonnaire en même temps que ses frères Hugues et Drogon*. Il paraît qu'il suivit leur fortune, et, comme eux, chercha dans l'Église une position qui lui était refusée dans l'État.
Les filles de Charlemagne.
L'évèque d'Orléans, Théodulfe, a célébré sur un ton assez lyrique et les grâces et les vertus des filles de Charlemagne. Mais c'est un des privilèges de la poésie de pouvoir tout transfoFmer , et l'histoire, qui mérite plus de confiance, ne parle pas aussi favorablement de leurs mœurs que de leurs charmes. Charlemagne fut pour toutes im père tendre, et, pour quelques-unes, un père très-in- Mgent.
n nous est, en effet, impossible d'avoir queljues doutes sur les écarts de leur conduite. -Belles pour la plupart, marchant de compagnie avec es fils des grands , à la suite de leur père , qui ,
1. Chronic. Hoîssiac, dans le Recueil de dom Bouquet , ;ome V, page 83.
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|i()ur les retenir auprès de lui , ne Touhit fâs k$ ninrier, provoquées chaque jour par la grande lie<»iuM^ (|ui lôgnait autour d'dies, elles eurent (le calantes aventures. Nous iie les dissimulerons pas : un riVit très - circonspect de leurs amours adotieira la peinture de ces mœurs héroïques, dont la niAle rudesse inspire et doit inspirer quelque n^pti^nanee h notre sensibiUté plus délicate, plus ruIiiviV.
Nous nonnnerons d'abord Rothaîdh, ou Ruoflhjud, tille dHinnllrude, que l'évèque Théodulfe et raudnu' des Ncrs sur les grandes chasses d'Aix-h- (îhapi^lle associent, dans leurs dénombrements poétiques, aux filles nées des épouses légitimes; ce qui prouNe que ni TF^Iiso ni la courue repoussaient les épouses du rang inférieur. Rothaldh vivait enrore, nous dit-on, en 806*. On regrette de n*avoir pas (Paulrt^s renseignements sur Thisloire de sa vie. \\\U^ ne fut sans doute jamais mariée, puisque ï'au- U^u* dt»s vers sur la ebasse , qui composait sou p(iéme après Taimée 799, l'appelle encore à cette date hH/c rfer^r^pulchra rf'rrfo.
Adélaïde, Tatuée îles filles d'Hildegarde, mourut en bas Age.
Sa s(ïMu* cadette, Rotbrude, née vers Tannée 775, fut fiancée, en 781, à l'empereur des Grecs, Con-
l. M. Teulet, Éclaircissements sur les OEuvres d'Eginhard , lorae I, page H 3.
slantin, fils de riinpératrice Irène; événement considérable, et dont on parla bien longtemps. Les tleux coms, rivales de gloire et d'influence, échangèrent des ambassadeurs, et toiites les conditions du mariage furent réglées. Pierre de Pise s'apprêta même, comme il nous l'apprend dans un de ses poèmes , à traverser les mers pour accompagner à Constantmople la fille des Francs , appelée par le Christ, Christo jubente , à régner sur les Grecs*. Cependant la cérémonie des fiançailles n'eut pas d'autres suites. Suivant Zonaras, l'impératrice Irène forma plus tard d'autres plans, et refusa pour son fils la fille de Charlemagne ; suivant Éginhard ', le refus vint de Charlemagne, et, pour venger cet outrage, Constantin leva des armées, et lança le préfet de Sicile , Théodore , sur les fronUères de Bénévent. Mais Théodore , atteint dans la Calabre par les forces réunies des ducs de Bénévent et de Spolète, fut mis en pleine déroute. On suppose que, si Charlemagne ne voulut pas donner Rothrude à l'empereur des Grecs, c'est qu'il craignit de l'exposer aux ennuis que lui réservait l'ambition d'Irène'. De quelque part que soit venue cette rupture, la belle Rothrude ne trouva pas à ses côtés, à l'âge où