Vie de Louis te Déhc-^nmre , par ^•Astronome
dans les Étals d'Aquitaine, naguère troublés par tant de factions et couverts de tant de ruines, il y avait vu la paix florissante , les ministres de la religion vénérés, les lois obéies, le peuple heureux. On rapporte qu'en l'entendant raconter toutes les circonstances de son voyage, le vieil empereur versa des larmes de joie , et dit à ceux qui Tenlouraient : « Réjouissons-nous, mes amis, réjouissons-nous d'être vaincus par la sagesse de ce jeune homme, et comme il s'acquitte fidèlement de la fonction dont le maître l'a chargé, comme il augmente chaque jour par sa vigilance les biens commis à sa tutelle, il possède à bon droit la toutepuissance dans la maison du père de famille*. »
Aussi , quand Charlemagne se sentit près de sa tîn , put-il espérer qu'il laisserait l'empire en des mains dignes de le gouverner. Louis avait envoyé vers son père Herric, son grand fauconnier, pour 'lui demander plusieurs avis importants. Celui-ci revint bientôt, annonçant au roi son maître que les années avaient enfin épuisé les forces de l'empereur , et que les plus sages d'entre les Francs et les Germains appelaient de leurs vœux à la cour le dernier des fils de l'aimable Hildegarde. Peu de temps après , un messager de l'empereur lui porta Tordi'e de quitter l'Aquitaine et de venir en toute