‹ Charlemagne et sa cour: (742-814)Chapitre 66 sur 89 · Ibid., capitulare anni · texte numérisé non relu

Ibid., capitulare anni

:j. Il ne faisait que suivre en cela l'exemple des rois mérovingiens. Chilpéric avait imaginé une explication de la Trinité qui reproduisait fidèlement celle de Sabellius. Tout fier de sa découverte , il s'empressa de la faire connaître à Grégoire de Tours. Celui-ci n'était pas un profond théologien, mais il ne pouvait ignorer la thèse fameuse de l'hérésie sabellienne ; il écrivit donc au roi pour lui montrer son erreur. Mais Chilpéric répliqua : « Je veux que vous croyiez ce que j'ai dit , toi et les autres docteurs de l'Eglise. » (Greg. turon., Ilist. Franc, lib. V.)

ET SA COUR. iSi

quelque marque faite avec Fongle; mais tous avaient soin de se rendre assez familier ce qui devait se lire, pour ne tomber dans aucune faute quand on leur ordonnait à Timproviste de dire une leçon. L'empereur montrait du doigt ou du bout d'un bâton celui dont c'était le tour de réciter, ou qu'il jugeait à propos de choisir, ou bien il envoyait quelqu'un de ses voisins à ceux qui étaient placés loin de lui. La fin de la leçon, il la marquait par une espèce de son guttural. Tous étaient si attentifs quand ce signal se donnait, que, soit que la phrase flït finie , soit qu'on fût à la moitié de la pause , ou même à l'instant de la pause, le clerc qui suivait ne reprenait jamais au-dessus ni au-dessous, quoique ce qu'il commençait ou finissait ne parût avoir aucun sens. Cela, le roi le faisait ainsi pour que tous les lecteurs de son palais fussent les plus exercés , quoique tous ne comprissent pas bien ce qu'ils lisaient*. »> Ce récit doit être exact. On y voit si bien tous les personnages désignés remplir leur rôle , qu'on les représenterait aisément sur la toile. Ce serait une curieuse peinture, et qui saisirait tous les regards par l'énergie de sa couleur locale. Charlemagne enseignant la psalmodie, un bâton à la main, et touchant de ce bâton l'épaule des clercs qui doivent entonner les répons... Heu!

1 . Des faits et gestes de Charles le Grand , part. H , traduction de M. Guizot.

qualis faciès , comme dit le poêle , et qiutlis digna tabellal

Le chancelier.

Après rapocrisiaire venait le chancelier, qui présentait au roi toutes les requêtes, signifiait toutes les réponses du roi,. expédiait les diplômes et les chartes. Il avait sous ses ordres tous les notaires du palais, et , comme il était lui-même le premier des notaires, on lui donnait indifféremment l'un et l'autre titre. Le premier chancelier de Çharlemagne paraît avoir été Ludbert, à qui succédèrent Hitier,

Barthélémy, Radon , Archambault.

Archambault est, de tous les chanceliers de Çharlemagne, celui dont le nom se présente le plus souvent dans les chroniques. Il avait toute la confiance de son maître , qui l'employait aux affaires les plus diverses. Nous parlerons d'un voyage qu' Archambault fit en Ligurie, dans le cours de l'année 801. Çharlemagne avait envoyé des ambassadeurs et des présents au calife de Bagdad , Harounal-Raschid , et celui-ci, pour témoigner au calife de France combien il était fier d'être compté panni ses amis, lui finsait porter d'autres présents, du baume, dunard, des épiccs, des drogues médicinales de toute espèce ; enfin des singes et un élé-

phant de très-belle apparence. Mais, des trois envoyés de Charlemagne, deux étaient morts dans le voyage, et les dons du magnanime Haroun arrivaient sous la conduite du juif Isaac, qui, n'ayant pas de navires , allait être arrêté par la mer. Archambault fut chargé de courir à sa rencontre et d'équiper des navires propres à recevoir les merveilles de rOrient*. L'éléphant débarqua vers le mois d'octobre à Porto- Venere, sur la côte de Gênes; et, comme il ne pouvait traverser les Alpes à cause des neiges, il fut hiverné dans la ville de Verceil*. On l'appelait Abulabàs,père de la dévasta-tion. Charlemagne, qui ne se lassait pas d'admirer ce noble animal, voulut toujours l'avoir dans son escorte. Mais il ne s'accoutuma guère aux brouillards du Rhin, et mourut subitement, en 810, à Lippenheim ^

Théodulfe ne pouvait manquer de faire quelques vers en l'honneur du chancelier Archambault *. C'était à la cour un personnage trop considérable pour être oublié par un poëte courtisan.

Engelramne réunit ensuite les deux fonctions d'archi-chapelain et de chancelier. Elles furent de nouveau séparées en faveur de Jérémie , qui devint

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