Éginhard, Annales j ad ann
conseils, il s'adressait d'abord à son chancelier. Ce devait être et c'était ordinairement l'homme le mieux informé de toutes les affaires de l'État. Aussi les comtes du palais briguaient-ils l'honneur d'être les vicaires des chanceliers, en leur absence. Les fonctions habituelles de ces comtes palatins étaient cependant fort importantes. Nous avons dit que l'examen de toutes les questions ecclésiastiques appartenait d'abord à l'apocrisiaire, et qu'il préparaît, dans les cas d'appel, les jugements qui devaient être dictés par le roi. Toutes les questions civiles étaient renvoyées de la même manière au comte du palais. Il avait d'abord dans sa charge le gouvernement de la maison du roi , ce qui n'était pas une médiocre affaire; il recevait aussi les plaintes des préfets, et leur transmettait les instructions ou les ordres dont ils avaient besoin pour maintenir ou rétablir la paix entre les hommes libres de leurs provinces ; il contrôlait les comptes de tous les officiers administratifs, et signalait au roi les abus qu'ils avaient pu commettre , soit dans la perception, soit dans l'emploi de ses deniers; enfin, et c'était là ce qui peut-être l'occupait le plus , il entendait avant le roi tous les plaideurs de l'ordre civil qui venaient invoquer sajustice*.
1 . « Comitis palatii, inter cetera paene innumerabilia, in hoc maxime soUicitudo erat, ut omnes légales, quae alibi ortae, propter aequitatis judicium, palatium aggrediebantur, juste ac rationabi-
Si considérables que fussent les attributions des comtes du palais , il faut croire que ce titre ne relevait pas beaucoup celui de comte, car c'est à peine si nous le trouvons porté, durant tout le règne de Charlemagne, par trois des grands attachés à sa personne; encore sont -ce des hommes obscurs : Anselme , qui périt à Roncevaux, Worad, qui fit en 7^2 une expédition malheureuse contre les Slaves , et un certain Amalric , qui est nommé comte du palais dans un diplôme de l'année 812, publié tour à tour par Mabillon et par dom Bouquet. On peut supposer que cette charge était occupée temporairement.
Le chambellan.
Nous nommerons ensuite le camérier ou chambellan, chargé d'entretenir, après la reine et sous ses ordres, les meubles et les vêtements du roi. Mais Charlemagne, assez peu soucieux de sa garderobe , envoyait volontiers ses chambellans soit en ambassade, soit à la guerre, à la tôte des années. Ainsi , le chambellan Adalgise, nommé, par les An-
liter determinaret , seu perverse judicata ad aequitatis tramitem reduceret. » Hincmarus, loco ctVafo.cap. xxi.
nales de Metz^ personnage puissant, virpotensy fut le chef de Texpédilion dirigée, en 782, contre les Slaves soulevés par l'intrépide Wilikind. Le camp des Slaves était établi sur un des versants du mont Suntal, dans la Hesse. Ayant joint l'ennemi, le téméraire Adalgise se précipita sur ses lignes au pas de course , persuadé que rien ne pouvait résister à l'impétueuse valeur des Francs. Mais il paya cher cet excès de confiance : son armée fut battue, il tomba lui-môme dans la mêlée, blessé mortellement, et cette journée, qui releva pour quelque temps la puissance des- Saxons, fut une des plus funestes du règne de Charlemagne *. Un autre chambellan, nommé Meginfrid, envoyé comme Adalgise chez des peuples insoumis, fut plus heureux contre les Avares que celui-ci ne l'avait été contre les Saxons *. Mais celte expédition contre les Avares était conduite par Charlemagne : Meginfrid ne commandait qu'une division de l'armée franque.
Officiers inférieurs.
Sur le même rang étaient le sénéchal, le grand échanson et le connétable. Le sénéchal était le