Vita Alcuinif operibus prsefixa
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rite; mais dans le ciel, les joies du ciel étant promises aux bons copistes , comme le prix mérité de leur labeur, « Il y avait , dit Césaire d'Heisterbach , dans le monastère d'Arnisberg, de Tordre des Prémontrés . comme je le tiens d'un religieux de cet ordre, un scribe nommé Richard, Anglais de nation. U avait de sa main copié plusieurs livres, espérant recevoir dans les deux la récompense de sa peine. Quand il quitta la vie, ses frères Tensevelirent à une place d'honneur. Or, vingt ans après , sa tombe fut ouverte , et sa main droite fut trouvée si parfaitement conservée , si pleine de vie , qu'elle paraissait avoir été récemment détachée par le fer d'un corps animé ; et cependant tout le reste n'était que poussière. En témoignage d'un si grand miracle, on montre aujourd'hui cette main au monastère d'Amisberg*. » Puisque Dieu troublait l'ordre de la nature, pour témoigner combien il approuvait le zèle des habiles copistes , il ne pouvait laisser mourir , sans opérer quelque prodige en sa faveur, le chef renommé du scriptorium de Saint-Martin. Aussi trouvons-nous dans une ancienne vie d'Alcuin , extraite d'un manuscrit de Sainte-Marie de Reims , une pieuse légende sur la mort de ce savant homme. L'auteur de cette légende n'hésite pas même à lui attribuer des miracles.
1. CaesariusHeisterbachensis lllustr. JfiVacii/., lib. XII, c. xlvii.
ir mourut le 4 juin 804, âgé de soixante-sept ans. Joseph, évêque de Tours, fit ensevelir son corps à côté de celui de l'apôtre saint Martin.
Clément.
Après Alcuin , il faut nommer Clément THibernien. Les auteurs de Y Histoire littéraire de la France n'attribuent à maître Clément aucun ouvrage sauvé de l'oubli : nous avons cependant grande opinion de son mérite. Comme son nom l'indique, il venait de l'Irlande , et l'Irlande était alors le lieu du monde où les sciences et Içs lettres étaient le plus en honneur. Elle doit envoyer à la cour de Charles le Chauve Jean Scot Erigène, le plus grand philosophe que les Gaules avaient connu jusqu'au xnr siècle, c'est-à-dire jusqu'à saint Thomas; homme d'un savoir vraiment extraordinaire , car il le présente à nous sachant le grec et interprétant Platon avec la même liberté que le plus enthousiaste des Alexandrins. Théodulfe s'est emporté plusieurs fois en véhémentes diatribes contre un certain Scot^ qu'il ne nomme pas , mais qu'il désigne comme un des maîtres les plus accrédités de l'école du palais* .
1. Dans ses vers à Gbarlemagne et à Ângilbert ; Carminum lib. III.
On a longtemps supposé que cet illustre inconnu pouvait être Jean Scot Erigène ; mais une critique plus scrupuleuse est venue détruire cette hypothèse : Jean Scot Érigène ne' parut en France qu'après la mort de Charlemagne. Notre sentiment est qu'il laut rapporter à Cléujent rHibernien les vers que Théodulfe a composés sur ce constant ennemi de son repos et de sa gloire. Assurément le portrait n'est pas flatteur : « Chose hideuse, abominable fléau, épaisse horreur, peste cruelle, etc., etc.*. » Observons, du moins, quelques traits de cette figure tracée par un crayon si grossier. Le Scot, le sot de Théodulfe {hic Scottùs sottus) est un maître actif, vigilant, qui, l'oreille ouverte, le regard attentif, la main prompte, doane la leçon à ses écoliers, devant toute la cour, et ne leur épargne pas les réprimandes, n sait beaucoup, on l'avoue; mais on ajoute qu'il a trop grand désir de paraître, et qu'il a tout appris pour engager sur tout quelque dispute * . Ces renseignements doivent être recueiUis , quand il s'agit d'un maître presque oubhé. Le moine de Saint-Gall nous en transmet d'autres qui n'ont