COMPLAINTE ÉCOSSAISE
Consumé de mélancolie, Un Ecossais redit encor Ce qu'en sa triste rêverie Chantait la fille de Trémor.
Ma vie est une fleur sauvage, Un ruisseau qui se perd sans bruit; Elle passe comme un nuage Dans l'obscurité de la nuit.
Du moins chez la rose flétrie Le parfum survit à la fleur; Et c'est le parfum de la vie Que le souvenir du bonheur.
Le sommeil a fui ma paupière, Des rêves consolaient mon cœur, II est banni de ma chaumière ; J'y suis seule avec ma douleur.
Un doux songe, à Tàme oppressée, Est un bien par le ciel offert ; Et pour elle c'est la rosée Qui vient rafraîchir le désert.
Du chevreuil la trace légère S'efface au souffle du zéphii Et plus vite encor sur la terr Le temps détruit le souvenii
Si l'aigle surprend la colombe.
On entend le ramier gémir.
Je vais descendre dans la tombe.
M'accordera-t-on un soupir?...