‹ Charles BarimoreChapitre 13 sur 23 · L'OMBRE D UNE AMANTE · texte numérisé non relu

L'OMBRE D UNE AMANTE

L'Éternel le permet ; je quitte mon cercueil Quand minuit a vibré sur la cloche sonore. Et, fille delà mort, dans mon triste linceuil, J'apparais à relui que je chéris encore.

Je reconnais ta voix, noble et doux Almanzor, Le cri de ta douleur a ranimé ma cendre, Veux-tu que pour jamais je m'unisse à ton sort? Mon sépulcre est ouvert, hâte-toi d'y descendre.

Tu me fuis; je ne sais inspirer que l'effroi ; Mais, avant mon trépas, ta bouche délirante Prononça le serment de mourir avec moi : Je suis seule au tombeau, seule je suis constante.

Viens sur mes blonds cheveux, viens dormir, Almanzor Rends-moi l'époux, l'amant que ma douleur réclame; Tu verras que l'amour triomphe de la mort : Au delà de la tombe il est encore une âme.

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