RICHARD COEUR DE LION
Le rûi Richard, terreur de l'infidèle, Jeune, charmant et brillant troubadour, Loin de ses preux, la nuit, sous la tourelle, Disait ainsi ses longs chagrins d'amour :
Pour t'oublier, aux champs de la Syrie, Cherchant la mort, j'affrontai les hasards; Un vain laurier me reste avec la vie.
Le Maure a fui devant mes étendards.
Un doux parler, une touchante grâce.
Sont plus cruels que la flèche et le dard. Ce cœur brûlant qui bat sous ma cuirasse. Peut tout braver, tout, hormis ton regard.
ROMANCES» âSiJ
îls sont vengés de leurs tristes alarmes. Ceux que mon bras menace du trépas ; Sous ma visière il faut cacher mes larmes; On est vaincu dès qu'on ne te plaît pas.
Mon cœur flétri repousse la couronne ; Le saint tombeau fut mouillé de mes pleurs. Dans Siloë le chaste écho s'étonne De répéter de coupables douleurs.
Je rêve à toi sur la mer orageuse, Quand mon vaisseau fuit devant l'aquilon. Tu me guidais dans la nuit ténébreuse Qui me livra les remparts d' Ascalon .
Devant Gaza j'ai fixé la victoire, Et sous mes lois l'Arabe va gémir.
Que faire, hélas ! des palmes de la gloire , Lorsqu'on ne peut ni plaire ni mourir ?