LA PLAINTE DIRA
A riMItfÉE^ DE BVRON.
Tout passe comme le nuage, Tout arrive au champ du repos ; Que reste-t-il après l'orage?
Un triste et funèbre cahos.
Le souffle impétueux d'Eole Emporte la fleur du matin ; On encense aujourd'hui l'idole Que le fer brisera demain.
Comme une brillante, étincelle, La beauté s'évapore, hélas !
Et souvent plus rapide qu'elle.
L'oubli marche devant ses pas.
On perd sa plus douce chimère Avec son plus cher souvenir , L'espoir fuit d'une aile légère Et désenchante l'avenir.
Je suis seule sur le rivage Où j'écoutai ses vains serments ; Rien n'est changé, car mon visage Eblouirait d'autres amants :
Ce même écho sut ma tendresse ; Un jour aussi beau nous a lui Quand il partagea mon ivresse ; Hélas! rien n'est changé que lui.