VIII AVERTISSEMENT
c'était encore une production de cette école mélancolique et passionnée, qui, commençant par un chef-d'œuvre, Paul et Virgimc, brilla d'un éclat immortel dans les chants épiques à'Atala et René, et se perpétua dans Valérie, et Corinne. C/i. Barimore devint [à son tour le livre favori des boudoirs de l'Empire. Des femmes célèbres se chargèrent de sa renommée : il fut protégé par madame de Staël, et par madame de Krudener, aimé de mesdames de Duras, Récamier, et de Vintimille, enfin adopté par madame de Genlis. Nous le donnons aujourd'hui tel que l'auteur l'avait préparé lui-même pour une cinquième édition.
Le Quaker de Philadelphie est, malï^ré ce titre, un épisode tout vénitien, où se retrouvent le sentiment et la simplicité qfii assurèrent le succès de Ch. Barimore. On remarquera également dans cette nouvelle inédite, le talent particulier avec lequel Técrivain sait entremêler aux égarements du
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cœur, et aux vicissitudes de Famour, le goût et les études des beaux-arts, en même temps que la description de sa chère Italie : « Italie », s'écrie-t-il dans quelques notes éparses, restées en nos mains , « terre for- « tunée, tes souvenirs si présents et si doux « à nos âmes, nous feraient -ils donc croire « que le ciel nous a doués d'une imagina- « tion ardente comme ton climat, d'une « mémoire riche comme ta nature, et qu'il « ne nous créa que pour t'admirer? »
Barimore et le Quaker ^ réunis ici pour la première fois, le Rajah de Bednoure, et Ismayl et Mariam, mêlés aux récits de ses voyages ; voilà tout ce que M. de Forbin a écrit dans le genre du roman . Ce dernier épisode oriental valut à l'auteur des suffrages précieux ; et longtemps après cette lecture, nous avons vu d'illustres académiciens frappés encore de la terrible peinture, toute neuve alors, d'une tempête et d'un ouragan de sable au désert, qui en fait le triste dénouement.
X AVERTISSSMENT.
Les romances de M. de Forbin, que nous avous cru devoir reproduire, passèrent, il y a trente ans, dans toutes les bouches élégantes, et se distinguent par une certaine empreinte d'amour et de chevalerie, bien effacée aujourd'hui. Les princes de la mélodie appliquée à la romance, Plantade, Bruguière et Beauplan se disputèrent la gloire de les faire applaudir dans les salons les plus harmonieux.
Quelques réflexions détachées et sans suite terminent ce Recueil : elles sont le fruit de la longue expérience du peintre , appréciateur habile des arts qu'il a dirigés si longtemps avec tant de goût, comme aussi de l'homme du monde, si juste observateur de cette société) dont il fit le charme par la grâce de sa conversation et de son esprit.
Paris, le 1" décembre 1842.