‹ Charles Baudelaire, étude biographique. Rev. et mise à jourChapitre 1 sur 38 · IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE I · texte numérisé non relu

IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE I

25 exemplaires sur papier de Hollande numérotés 1 à 25.

Zsâ7

PRÉFACE

Voici quelques mois, la Société du Mercure de France forma le double projet de réunir les lettres de Baudelaire et celles de ses œuvres que n'avait pas recueillies /'Edition définitive de MM. Calmann Lévy.

Des unes et des autres, il y en avait un bon nombre dans l'ouvrage de M. Eugène Crépet (i) et non les moins importantes. Faut-il le rappeler? C'est lui qui a révélé les journaux intimes du poète. Mon cœur mis à nu et Fusées, qui a mis au jour les billets à Sainte-Beuve, à Poulet Malassis, à Flaubert, à Ancelle... Je m'arrête : les Baudelairiens désignent couramment l'ouvrage du nom de son auteur, et ceci en dit assez sur le crédit où ils le tiennent. — Donc le Mercure de France me demanda l'autorisation de prendre dans a le Crépet » les pièces dont il avait besoin.

Ce ne fut pas sans une assez vive hésitation que j'envisageai d'abord de la donner. Mais on excipa de l'intérêt supérieur des lettres, qu'a servies d'un cœur si passionné l'éditeur des Poètes Français et du Trésor Epistolaire ; on me protesta que celui-ci n'aurait certainement pas refusé son concours à une entreprise qui plaçait Baudelaire sur le plan des grands

(i) Charles Baudelaire, Œuvres Posthumes et Correspondances inédites, précédées d'une Etude biographique par Eugène Crépet, in-8', Paris, Quantin, 1887.

PREFACE

morts dont Vhumanilè recueille jusqu'aux vestiges de leurs écrits... J'acquiesçai alors ; mais, du même coup, je prenais envers moi-même rengagement de rééditer aussi, après l'avoir revue et complétée, la première partie du livre de M. Eugène Crépet, son Etude biographique, qu'on avait bien voulu déclarer, en 1887, aussi neuve en révélations que les manuscrits et les correspondances dont elle était suivie. Il me sembla que je devais cet effort autant à la mémoire de mon père qu'à ma ferveur baudelairienne .

Dans TAvant-Propos de son ouvrage, M. Eugène Crépet a exposé par le détail à quel rare concours de circonstances et de bonnes volontés cette Etude devait son mérite. Possesseur lui-même des principaux manuscrits inédits du poète, il avait eu facilement accès aupiès de nombreux collectionneurs, dont MM. de Spœlberch de Lovenjoul, Piat, Parran} Maurice Tourneux, notamment, qui, avec une obligeance toute confraternelle, lui avaient ouvert leurs archives.

Il fut assez heureux encore pour trouver chez M. Ancelle, conseiller judiciaire et confident intime de Baudelaire pendant vingt-deux ans, l'accueil le plus bienveillant et l'aide la plus désintéressée.. Cet aimable octogénaire, dont l'âge n'avait pas glacé le cœur ni altéré l'esprit, se réjouit de donner à la mémoire de l'ami une dernière preuve de son dévouement ; les trésors de ses dossiers, incomparables pour la période du séjour en Belgiquey vinrent enrichir l'étude du biographe.

Enfin il y avait, dans la vie de Baudelaire, une époque sur laquelle les renseignements certains faisaient défaut : ses années de jeunesse et de début dans les lettres. Par les notes pittoresques et circonstanciées que l'on sait — ou qu'on lira, — MM. Gustave Le Vavasseur, Ernest Prarond, Jules Buisson, Philippe de Chennevières, Auguste Dozon, Champfleury, qui, de 18U1 à 18^8, avaient été des plus intimes compagnons du poêle, voulurent bien combler cette lacune regrettable...

Page 1