‹ Charles BaudelaireChapitre 2 sur 29 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Voici quelques mois, la Société du Mercure de France forma le double projet de réunir les lettres de Baudelaire et celles de ses œuvres que n avait pas recueillies TEdition définitive de MM. Calmann Lévy,

Des unes et des autres, il y en avait un bon nombre dans r ouvrage de M. Eugène Crépet (i) et non les moins importantes. Faut-il le rappeler? C'est lui qui a révélé les journaux intimes du poète ^ Mon cœur mis à nu et Fusées, qui a mis au jour les billets à Sainte-Beuve, à Poulet Malassis, à hlauberty à Ancelle... Je m'arrête: les Baudelairiens désignent couramment V ouvrage dn nom de son auteur, et ceci en dit assez sur le crédit où ils le tiennent. — Donc le Mercure de France me demanda Vautorisation de prendre dans a le Crépet » les pièces dont il avait besoin.

Ce ne fut pas sans une assez vive hésitation que j* envisageai d* abord de la donner. Mais on excipa de V intérêt supérieur des lettres, qua servies d'un cœur si passionné Véditeur des Poètes Français et du Trésor Epistolaire ; on me protesta que celui-ci n aurait certainement pas refusé son concours à une entreprise qui plaçait Baudelaire sur le plan des grands

(i) Charles BAVDr:LKmis,Œlnvres Posthumes et Correspondances inédites f précédées d*unc Etude biographique par Eugène Crépbt, in-8*, Paris, Quantin, 1887.

morts dont riiumanité recaeille jusqu'aux vestiges de Uari écrits... J'acquiesçai alors ; mais, du même coup, je prenais envers moi-même l'engagement de rééditer aussi, après ravoir revue et complétée, la première partie du livre de M. Eugène Crépel. son Elade biographique, qu'on avait bien voulu déclarer, en i887. aussi neuve en révélations que les manuscrits et les correspondances dont elle était suivie. Il me sembla que je devais cet e ffort autant à la mémoire de mon père qa'à ma ferveur bandelairienne.

Dans l'A\anl-Propoi de son ouvrage, M. Eugène Crépel a exposé par le détail à quel rare concours de circonstances et de bonnes volontés cette Elude devait son mérite. Possesseur lui-même des principaux manuscrits inédits du poète, il avait eu facilement accès aupiès de nombreux collectionneurs, dont MM. de Spœlbercb de Lovenjoul, Piat, Parran, Maurice Tourneux, notamment, qui, avec une obligeance toute confraternelle, lui avaient ouvert leurs archives.

Il fut assez heureux encore pour trouver chez M.. Aneelle, conseiller judiciaire et confident intime de Baudelaire pendant vingt-deux ans, taccaetl le plus bienveillant et l'aide la plus désintéressée. Cet aimable octogénaire, dont l'âge n'avait pas glacé le cceur ni altéré Vesprit, se réjouit de donner à la mémoire de l'ami une dernière preuve de son dévouement ; les trésors de ses dossiers, incomparables pour la période du séjour en Belgique, vinrent enrichir l'élude du biographe.

Enfin il y avait, dans la vie de Baudelaire, une époque sur laquelle les renseignements certains faisaient défaut : ses années de jeunesse et de début dans les lettres. Par les notes pUtoresques et circonstanciées que l'on sait — on qu'on lira, — MM. Gustave Le Vavasseur, Ernest Prarond, Jules Buisson,Philippe de Chennevièree, Auguste Dozon, Champfleury, qui,de iSlti à iSÙS, avaient été des plus intimes compagnons du poHe, voulurent bien combler cette lacune regrettable...

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