Les deux bonnes Sœurs, La Fontaine de sang, CXII, et
rien ne pourra désormais l'étouffer ; Tespérance est soufflée comme la dernière chandelle qui brillait encore au carreau de l'auberge '. C'est le calme plat, « grand miroir de son désespoir - ». Le voilà désormais dans la tombe des poètes maudits :
A l'heure où les chastes étoiles Ferment leurs yeux appesantis, L'araignée y fera ses toiles, Et la vipère ses petits ;
, Vous entendrez toute Tannée
Sur votre tète condamnée Les cris lamentables des loups
Et des sorcières faméliques,
Les ébats des vieillards lubriques
Et les complots des noirs filous •*.
Ce poète maudit, non seulement il accepte la mort, — et quelle mort : la mort spirituelle dont la mort physique n'est ici que l'image ! — mais encore il la salue avec le rire sinistre du « mort joyeux » :
Dans une terre crasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde...
0 vers ! noirs compagnons sans oreille et sans yeux, Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ; Philosophes viveurs, fils de la pourriture,
A travers ma ruine allez donc sans remords,
Et dites-moi s'il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts * I
i. L'irréparable, LIV.