Le possédé, XXXVII
J'écoule en frémissant chaque bûche qui tombe '.,.
Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute * ?...
Un Ange furieux fond du ciel comme un aigle '...
J'ai peur du sommeil comme on a peur d'un grand trou *.
Lignes courbes : idées de volupté, tentations, image du navire.
Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent =.
Enfin ces deux vers qui expriment avec une intensité presque effrayante l'ondulation du serpent en train de fasciner sa proie, le geste de la séductrice vers sa victime :
Je frissonne de peur quand tu me dis : mon ange ! Et cependant je sens ma bouche aller vers toi ".
L'arabesque, c'est-à-dire la ligne à la fois irrégulière et régulière, — symbole des vagues, du vaisseau qui roule, du cœur qui palpite, de la mélodie aux ondes prolongées par les échos ; — l'arabesque, l'eurythmie par excellence, — est, de tout mouvement lyrique, celui où Baudelaire se