‹ Charles BaudelaireChapitre 246 sur 257 · Art romantique · texte numérisé non relu

Art romantique

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fois homme d'ordre et homme passionné \ Mais il faut qu'il se défie de sa passion, de son cœur, car ils appartiennent à sa nature, c'est-à-dire à la partie corrompue de son être. En etfet, « le principe de la poésie est, strictement et simplement, l'aspiration humaine vers une Beauté supérieure, et la manifestation de ce principe est dans un enthousiasme, un enlèvement de l'âme ; enthousiasme tout à fait indépendant de la passion, qui est l'ivresse du cœur... Car la passion est chose naturelle, trop naturelle même pour ne pas introduire un ton blessant, discordant, dans le domaine de la Beauté pure ; trop familière et trop violente pour ne pas scandaliser les purs Désirs, les gracieuses Mélancolies et les nobles Désespoirs qui habitent les régions surnaturelles de la Poésie \ »

On le voit, Baudelaire est en pleine réaction contre l'époque anarchique du romantisme, l'époque d'ardente effusion, où l'on abusait de la fameuse formule : la poésie du cœur. Formule dangereuse, qui amène de redoutables confusions entre le sentiment d'une part, l'imagination et la raison de l'autre. De là ce laisser-aller, ces improvisations qu'il condamne dans le romantisme. Les sentiments intimes de l'artiste, les incidents ou les accidents de sa vie, tout cela ne doit pénétrer dans l'œuvre qu'indirectement, après avoir été transformé par l'imagination, sous le contrôle de la volonté.

L'art ainsi conçu ne se confond point non plus avec la nature. Car, pour Baudelaire, la nature

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