‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 126 sur 126 · FIN DE LA YIE DE BONNET · texte numérisé non relu

FIN DE LA YIE DE BONNET

Note 1 , page 7.

Caktndrmiy né en i703, à Genève, où il monnit en i758, fut professeur de mathématiques à T Académie de eette ville, ensuite conseiller d*État et trésorier de la république. G^était un savant profoml et un excellent observateur de la nature. Il a publié : Thèses de vegetatUme et generatUme plantarumt GenÉve, i734, in-4<». Bonnet le cite avec éloge dans son TraUé de l'wage des feuilles. 11 dit même qu^il lui doit la principale idée de son travail. Galandrini a travaillé à la première édition -des principes mathématiques de Newton , publiée à Genève, en 1739; il Tenrichit d*un traité élémentaire des sections coniques et' de plusieurs notes. En 1750» il se démit de sa chaire de professeur de philosophie en faveur de son ami Cramer, et fut nommé conseiller d*État et trésorier, places dans lesquelles il ne mérita pas moins bien de sa patrie que dans renseignement.

Cramer (Gabriel), qu^il ne faut pas confondre avec plusieurs savants du même nom, naquit à Genève, le 31 juillet 1704. Aprè$ avoir donné des preuves de sa capacité par fies thèses qu'il soutint sur la nature du son, il disputa avec honneur dans un poncours la chaire de philosophie de Genève. Galandrini, son

rival, remporta, mais sans que ce triomphe affaiblit ramitié qui les unissait , et le conseil de la république ayant établi une chaire de mathématiques, en 173i, ils en firent les leçons tour à tour. En 1727, Cramer voyagea pour connaître les hommes remarquables de ^on temps. Il se lia à B&le avec les Bernouilli , et se fit égalem^ai apprécier en Angleterre et en France ; de retour dans éa patrle,'lF se livra en entier à Tétude, acquit des connaissances très-étendues en tout genre et occupa des places importantes dans le service de TÉtat. Sa ré^ putation' le fit nommer, en i750, professeur de philosophie sans avoir concouru, mais il n*en jouit pas longtemps^ et mourut en 1752, à Bagnols^ où il avait été rétablir sa santé fatiguée par le travail. Parmi ses ouvrages, on remarque son Introduction à V analyse des lignes courbés algébriques, Genève, 1730, in-4^. Ce traité parut deux ans après Vlntroductio in analysin infinitorum d'Euler , et, malgré cette redoula^le CQACiirr^nfie, Touvrage de Cramer mérita l^ttenlkm de ifim les hommes vergés dans lesmathémUiques. Il oontribiia ^ lu publUatioii 4*«nc édition des «uvfes de Jean et de laoqii^ ^«riiottUli, il fut membre de TÂcadéttiie de Berthi , de 1^ Société royale de Londres, de riastitut de Bologne, ec eb« liai, ^n 17Si, le {premier aeœsBit da prix proposé par rilbe* défim deS; scienœsi de Paris «ar la cause de nacliDaison de rcMfhiite défi planètes. Jean Beraenilli , qui remporta le prli , disait qii*il le devais aux soins qu*il avait pria pe«r méaager le système de Deaearte& qui prévalait encore alo^a.

Note 2, fagô 8^

Entretiens physiques, du P. Regnault, savant et esti«abl« jésuite, né à Àrras; en 1683, mort en 1762, fut professeur de mathématiques au çellége ]U>WS( le Grand y et eempœa pkHsie^a ouvrage» utiles» entre autres : £j^retàen$ phy^qwu d'Ariste et dt'Mudoxe, ou la Pb^siqu$ wouvelU em ( 5 vol. iE-12. 1755, ejt pli^^i^ar^ autrea ouvcafes < mais oubUéa ajujou^d^hui. U ét^U «éM eaUéaiM.

I^OTBSt 9M

. Note dopage 11

f^errhey0tu «« Nous^m tvouvont <Mi nom dsns tutmi recueil ; nnm pensons f d*aprèi lei ouvrages de Bonnet, que ce doit ^tre un analMsiste hollandais.

NQtç4,ïbia.

Ia Bible de {0 ito^r^, de Sivsmmfrdam.t-^Swammerdam^ H^ en 4637» è Amsterdam , fut un illustre anatomisie et un insectologiste du iMTemi^r ordr^* il fit s^ études médicales 1 ^e;de, puis visita la France et ol^tint le ))Qnnet de docteur k Leyde çn 1Q^7, l\ s*appUqu9 ensuit^ à Tanatomie de Tboromo ^t, découvrit, la i^éthode a^ moyen de laquelle on rend les vaisseaux artériels et veineu^i plus visibles et plus faciles à disséquer en y injectant de la cire liquéfiée par la chaleur et diversement colorée. Plus tard, il préféra l'étude des insectes et appliqua ses soins à Texamen de leur organisation. Malheureusement, son application au travail finit par troubler ses facultés intellectuelles et il abandonna ses travaux. 11 eut soin cependant de léguer son secret sur l^rt d'injecter lès cadairres au savant anatomiste Ruyseh. Vers la fin de sa carrière, il se livra à de véritables accès de ft>énésie au milieu desquels il jeta au feu ce qu'il avait de ses écrits entre les mains; nous possédons néaami^ns encore de lui d^importants ouvrages parmi lesquels nous citerons Traetatuêmedlcusdêrespirationêt UêtêQVt^pulmomim» Leyde, 1667, 4679, in-6<>, 1738, in-4c. — BUtoire généraU des insectes y en bol landais. Utrecht, 1660^ in*4o, traduit en français et en latin. Dans cet ouvrage, Swamijserdam fait une classificatioii des insiectes quil fonde sur la structure el sur les métamorphoses de ces animaux; 11 les divise en quatre classes. -^ ff^ioire de V Éphémère, en hollandltlSy traduite en latin. Londres, 4661, in-4*. L*épbémère est de rendre des névroptères } en sait qu'on l'^appellé ainsi à cause

de la brièveté de sâ vie qui n*est que d'an jour ; mais en compensation» il vit pendant deux à trois ans à l'état de larve.— BUflia nature seu historia inseetorum^ etc., 3 vol. in-fol. Leyde, i757, 1758, traduit en allemand, en anglais et en français. G*est le chef-d'œuvre de Swammerdam et un ouvrage digne de la postérité. Il fut publié par les soins de Boerbaave, qui le trouva chez un libraire auquel Swammerdam, pressé par le besoin, Tavait vendu à vil prix. Il contient d'admirables observations sur la structure et Tanatomie des petits animaux et la description de leurs organes. Swammerdam se servait pour cela de petites aiguilles très-déliées qu'il aiguisait au microscope. Ce qui paraîtra sans doute étonnant, e'est que ce grand insectologiste, si habile dans là dissection des infiniment petits, ne portait pas le même degré de talent dans celle des animaux plus considérables, tels que les mollusques, par exemple, sur lesquels ses travaux n'oflfraient rien de remarquable. Il mourut en 1680.

iNote 5, page 8 et suiv.

Réaumur. — La vie de Réaumur se rattache tellement à celle de Bonnet, et elle est si intéressante par elle-même, que nous croyons être agréable à nos lecteurs en leur donnant quelques détails sur cet ami constant de notre naturaliste auquel il fut attaché pendant toute sa carrière. Réné-Antoine Ferchault de Réaumur fut un des physiciens les pkis illustres et un des savants les plus laborieux de la France. Peu d'hommes s'honorèrent par de plus utiles découvertes. 11 naquit à La Rochelle, en 1683, et fit ses humanités chez les jésuites, puis il étudia le droit et les mathématiques; ayaVit conçu de bonne heure un goût très-vif pour les sciences et jouissant d'une belle fortune, il voulut se consacrer tout entier à l'étude. Il vint à Paris en 1703 et n'ayant pas vingt ans. Mais le président Hénault» son oncle, qui réunissait autour de lui un grand nombre de savants, TaccueUlit et lui servit de guide a»»

milieu de I9 société. En i708, ayant présenté à rAcadémie dés sciences plusieurs Mémoires sur la géométrie, cette société raccueillit parmi ses membres , et; à dater de ce moment» il devint et fut pendant cinquante ans un de ses collaborateurs les plus assidus et les plus actifs.

L'Académie tétant Occupée d*une description des procédés des arts et métiers, il en prit occasion pour sinstruire sur les matières qui touchaient aux arts industriels et pour 7 faire des recherches importantes. En s*occupant de l'art du cordier, il découvrit, contre l'opinion commune, que la torsion diminue la force des cordes, et prouva ce résultat par des expé* jiences exactes. En i 71 3, il en fit d'autres non moins utiles sur la ductilité de l'or. En 17i5, s'occupant de la fabrication des perles, il apprit à connaître la substance qui leur donne de l'éclat et rendit compte à ce sujet de la constitution et de la formation de l'écaillé des poissons. En s'occupant des pierres précieuses connues sous le nom de turquoises, il constata qu'elles n'étaimit autre chose que les dents fossiles d'un grand animal antédiluvien appelé mastodonte. En 17SS, il étudia la meilleure manière de faire l'aèier, perfectionna sa fipibrication et publia ses découvertes dans le traité intitula : Traité sur l'art de convertir le fer en acier et dP adoucir le fer fondu. Ce fut par suite des mêmes recherches qu'il imagina la fabrication du fer-blanc que la France ne produisait pas alors et que nous tirions exclusivement de l'étranger. Ses travaux parurent au Régent, qui gouvernait alors la France, dignes d'une récompense honorable , et Réaurour reçut une pension de 12,000 livrer. Ayant observé la manière dont les métaux fondus Se refroidissaient, il en tira d'utiles remarques et jeta ainsi les premières bases de la cristallographie qui fut depuis développée par le célèbre Haûy.

De 1717 à 1729, son attention se porta sur la (Imbrication de la porcelaine» art encore imparfait en France et auquel il fit faire d'immenses progrès. Il chercha le moyen de faire la porcelaine dure et contribua beaucoup à cette découverte. Il sut également donner au vecre une blancheur et une opacité qui le rendent presque semblable à la porcelaine. Ses

estais se portèrent ensuite sur lUncubation artifloielle, et les meiilevrs moyens de flaire ëclore et de oonserTer les autê (nous en avons parlé dans la yie de Bonnet), snr la manière de faire ou d'imiter la pourpi^e des anciens, sur l^eni|||^de la soie qu*il chercha à perfectionner \ il a?ait eu mém#^ ifÛé d*utiliserla toile des araignées pour en faire un tissu. En ttSl, il fit éonnattre son nouveau thermomètre fbndé sur remploi de deux points extrêmes} la eongélation dé Teau comme point inférieur et Tébullition eomme point supérieur. L'usage gé« néral a consacré Tutilité de cet eioellent instrument qui est d*un emploi si simple et si commçde; aujourd'hui en substituant la division oentéslmak à la division en SO degrés, on n*a fait que l'approprier à nos idées, sans pour cela diminuer la valeur de la découverte qui est originairement due à Newton. L'avantage de ce prémeux inatrument , e*est la fixité de ses deux points de graduation qu'il est toujours facile de retrouver et de constater partout^ et qui sont invariables quand les cir* constances sont les mêmes. Les recherches nécessaires pour arriver à Texéeution parfaite de son thermomètre furent ao« eompagnées d'expériences sur la chaleur, les mélanges frigeiri** (ques, l'évaporatlou et diverses parties de la météorologie à laquelle il contribua à donner Pes^sor. 11 reprit ensuite ses Mémoires sur l'histoire naturelle, et fit connaître, en 17S0, eomment les aoophytes , les taoUusques et les étoiles de mer etéoutent teujr mouvement progressif. 11 constata les phéno* mènes curieux de la reproduction des pattes eoiipées dans lea éereviaies et les homarda. On verra, dans la vie de Bm^net, que le naturaliste genevois avait continué ces expériences et qnll était arrivé à de curieux résultats. 11 décrivit lorgane électrique de la torpille. Puis viennent des mémoires sur l'or contenu dans lé sable de plusieurs de nos rivières , sur les mines de Falun ou coquillages fossiles ailstanl en Touraine et dont il analysa la constitution, et des remarques sur la difé' renée de la digestion des aliments entre les oiseaux eamasslers et les granivorea.

Mais » malgré rBtllité de tons œs travaui^, le Utre le plui

30liil»«t le pl«ft dutabi* pmit^étre dé et sàtant Ulosir* est « BOUS le eroyotit^ 1m Mé^oirei pour êervW à VMtitHm des m* ê^étet, dont 6 rah iii-4«p«rar6nt de 1734 à i78fl iGet ouvHge» pldti de la plus étodnaïKe étudition et fruit des re^berolies les plus exaetei et les plus consdieDcieuses^ est ud ^érUable ehef-^d'iiMiVfe dais ton genra. Les parties que aous en aV9âs lues en écrWant la y'it de Bennet noui ont cbamé par Teiae* titttde de» détails^ le fini de Taealyse, la quantité de faits qui y sont ri^pertési les détaila prdeieas sur l'inatinot et sur les BKBars des petits animaux, ybistoire des abeiUes est à «Ole flf «la wà traité des plus importants, ^e résiime temt ce qui a été TU et écrit jusqu^^.

Mous avpns iBdî<]p:(é dans l'introduetien de cet eù^rt^e la division des matières de ebaoun des ax valûmes qui oompo^sent V Histoire des insectes , elle suffit pour faire comprendre l'importance de ce préeleut ouvragé. Ajoutons que dans cbaque volume une préfice très^étendee sert d'introduetion en lAâme temps que de résumé de toutes les «aUèrei «ontenftef dans le volume.

Le traité des inaptes de Réaumur met to sçea^ à la répuk* tation de ^ naturaliste, qui a^rait sans doute occujpé le pro-r jnier rang en Franee , si Buffon n*eût esislé. Il fut aussi If premier qui forma une collection ^oologique, et ^isson^ qui en étçiit le con^rvateur, y a puisé les principaux matériaui^ de son ouvrage sur les quadrupèdes et de sa grande histoire dfs oiseaux. Cette collection des oiseaux de Réaumur a lait la fond de celle du Muséum d'bisteire naturelle, et nous avons yu à la MbUotbèque du même établissement plusiieurs manuscrits et un grand nombre de figures de la main de ce Dkêmf savant* Le rfste de la viç de Réaumur se passa tantôt dans sa maison du faubourg Saint-Antoine, tantôt dans une de ses terres en Saintonge, tantôt dans sa maison de campagne de Bercj, près Paris. Il occupait dans la capitale une maison située rue de la Roquette, et c'était là où il recevait toute espèce de visites^ toujours prêt à montrer au public toutes ses inventions et à les lui expliquer en détail; il faisait aussi voir le cabinet

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(l'histoire naturelle qu'il y avait formé. Réaumur admettait, sans distinction , tous les curieux qui se présentaient à sa porte» et personne ne sortait de chez lui sans être comblé crattentioBs et de prévenances. Il mourut le 48 octobre 1757, &gé de 74 «ns , des suites d'une chute qu'il fit en voiture. H légua à l'Académie ses ouvrages manuscrits, qui consistent en cent trente-huit portefeuilles remplis d'ouvrages commencés ou complets» et d'observations de toute espèce. On y trouve la plus grande partie de l'histoire des arts » presqu'en état d^étre pubHée. Son éloge, composé par Granjean de Poucby, fait partie du recueil de l'Académie des sciences (année 1757). Nous avons cru devoir donner des détails circonstanciés sur cet homme remarquable, à cause de sa longue liaison avec Bonnet et le sujet de cet ouvrage.

Note 6 , page 12.

Marcel Malpighi, célèbre médecin et anatomiste, naquit près de Bologne en 1628. Il avait commencé par embrasser la carrière de la médecine, et fut reçu docteur en 1653. Nommé professeur en 1656, il se livra à toutes sortes de recherches sur la physiologie et Thistoire naturelle. Il fut nommé membre de la Société royale de Londres, en 1669, et mourut en 1694. Halpighi s'est surtout illustré par ses nombreuses recherches sur les parties les plus délicates , non- seulement de l'organisation de l'homme, mais aussi de celles des animaux et des plantes. Malgré l'excellence de ses travaux, oa lui a reproché quelques erreurs dues à des écarts d'imagination , aussi fut-il en butte à beaucoup de critiques. H a le mérite d'avoir employé avec succès le microscope simple dans ses recherches anatomiques. Il a pu ainsi découvrir la circulation du sang dans la grenouille. On a de lui un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous citerons les suivants dont les titres sont en latin : Observations sur les paumons; — Traité de la structure des viscères; — Dissertations sur les vers à soie; — Anatomie des plantes. On a publié le recueil complet de ses œuvres. Londres, 1686, 2 vol. in-fol.

' Note 7, page 21.

De Geer (baron Charles de), naturaliste suédois. — Il passa une partie de son enfance et de sa jeunesse en Hollande, où il prit le goût de Tbistoire naturelle en examinant des vers à soie dont on lui avait fait présent et en s'entretenant avec le célèbre Miischenbroeck. Il retourna ensuite compléter ses études en Suède et suivit le cours de Linnée. Un héritage le fit possesseur d*une des plus grandes fortunes de la Suède, et dès lors il remploya tout entière à des travaux scientifiques et à des entreprises utiles. L'Académie de Stockholm l'admit parmi ses membres. Ayant recueilli un grand nombre d^observations sur Tinsectologie , il les publia en français sous le titre de : Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, Stockholm, i 7o2-l 778, 7 vol. in-i^ avec figures. Cet ouvrage contient la description de plus de quinze cents espèces, et lui mérita le nom dé Réaumur suédois. 11 est peut'-être moins agréable à lire que Réaumur, mais il est aussi plus méthodique sans être pour cela moins exact. Les Mémoires de de Geer et de Réaumur sont les meilleurs et les plus complets sur Thistoire des insectes, lis sont aussi les plus riches en faits et en descriptions, et dans tous deux les figures sont bien dessinées. Cet ouvrage est encore consulté aujourd'hui. Le septième et dernier volume n'a paru qu'en 1778, après la mort dé l'auteur. II renferme une méthode de classification fondée sur la nature des ailes pour les insectes ailés et sur la nature des métamorphoses pour ceux qui en sont dépourvus.

Notes, page 22.

Valmont'-Bomare (Jacques -Chrlsiophe). — Nous aurons 4]nielquefois l'occasion de citer ce naturaliste peut-être un peu trop oublié. Il naquit à Rouen, le 17 septembre 1731 , fit d'excellentes études et se distingua surtout dans la langue

grecque. Il avait été destiné à là carrière du barreau, mais il préféra étudier les sciences et s'attacha à tout ce qui concernait rhistoire naturelle. Recommandé au ministre d'Argenson, il obtint ^honneur d'être envoyé pour exécuter divers voyages comme naturaliste du gouvernement. Il visita successivement les Alpes, les Pyrénées, la Suisse et l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre, la Suède et même la Laponie et l'Islande, dont il examina les phénomènes volcaniques et géologiques. Partout il étudia les curiosités scientiûques et naturelles et se lia avec les savants les plus distingués. De retour dans sa patrie, en 1756, il forma un cabinet d'histoire naturelle qu'il mit à la disposition de tous ceux qui désiraient s'instruire. Les cours qu'il ouvrit ensuite et qui furent assidûment suivis lui valurent une réputation universelle. Des propositions lui vinrent même des pays étrangers pour s'y établir et y enseigner. Mais il refusa de quitter la France et ses élèves. Ses cours continuèrent jusqu'en 1806, époque où Il sentit ses forces diminuer et s'éteindre. 11 mourut le 24 août 1807. Il était membre de l'Académie des sciences et des plus «célèbres académies étrangères. Son premier ouvrage fut un catalogue d'un cabinet d'histoire naturelle dans lequel il fit connaître tous les objets qu'il avait recueillis lui-même. II publia ensuite un traité de minéralogie ou nouvelle exposition du règne minéral. Paris, 1762, 2 vol. in-8°. Mais le véritable titre à la gloire de Valmont-Bomare est son Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle. Cet ouvrage parut d'abord •en sept volumes in-8°. Paris, 1765. La dernière édition est en -quinze volumes. Ce dictionnaire était alors le meilleur qui eût été composé, et l'on peut encore aujourd'hui en lire plusieurs parties avec beaucoup d'intérêt. On y trouve surtout avec plaisir un grand nombre de passages empruntés à Buffouy à Réaumur et à tous les grands naturalistes de son époque. Valmont-Bomare passait une partie de la belle saison à Chantilly» où il avait une petite maison que les habitants moatreot «ncore avec plaisir, à cause de tout le bien qu'il fit dans le fAys.

Note 9, page 25.

Trembley (Abraham), naluralisle genevois, ami de Bonnet, né en \ 700 , montra de bonne heure de grandes dispositions pour les sciences. Ses parents l'avaient destiné à ia carrière ecclésiastique ; mais ne se sentant point de goût pour ce ministère, il résolut de voyager. Accueilli en Hollande par le comte Bentinck, résident anglais à La Haye, il se chargea de l'éducation de ses enfants.. 11 employait les loisirs de Tété à rétude de rhisloire naturelle. Ce fut pendant une de ses excursions à la campagne qu'il aperçut pour la première fois dans les fossés du château le polype à bras appelé aujourd'hui hydre. Cet animal avait déjà été observé par Leuwenhœk, mais Trembley eut le mérite de faire connaître ses mœurs, ses habitudes et toute son histoire. Pendant quatre ans, il fit toutes les observations possibles sur l'organisation de ce singulier animal qui a une telle ressemblance avec la plante que beaucoup de naturalistes l^avaient confondu avec elle. 11 appartient à Trembley d'avoir constaté son animalité par des expériences décisives. Il observa le petit polype et le vit distinctement étendre ses bras comme des filets, saisir de petits insectes, l^s introduire dans l'ouverture qui lui sert de bouche, les dévorer et les rejeter après s'en être assimilé la substance. 11 vit aussi que le polype, divisé en plusieurs morceaux ou tronçons, se reproduisait de bouture comme une plante, n fit aussitôt part de ces découvertes à ses amis et à Réaumur, qui l'engagèrent à les publier. 11 fit paraître, en 1744, son ouvrage sous le titre de : Mémoire pour servir à Vhïstoire d'un genre de polype 'd'eau doute à bras en forme de cornes, dont les dessins furent faits par le célèbre Lyonnet . qui apprit à graver tout exprès pour exécuter ces planches, qui sont très-soignées. Trembley fut reçu membre de la Société royale de Londres et correspondant de l'Académie des sciences. 11 composa même quelques ouvrages sur des sujets religieux, et mourut univer*

sellement estimé et regretté en 1784. Son fils, Jean Trembley, a composé un éloge de Bonnet qne nous avons sonvent consulté.

Note 10, page 39.

Berrenschwand , médecin suisse , exerça avec succès son art à Londres, à Paris, en Allemagne, et mourut à Berne en i796. Depuis 1779, il vécut à Berne, où il publia sa Médecine domestique, i vol. in-4o, 1788. Il est connu principalement pour un spéci6que contre le ver solitaire qu*il employa avec succès et dont les principaux éléments étaient la gommegutte et la racine de fougère.

Note 11, page 40.

Valltsneri (Antoine), naturaliste, naquit aux environs de Modène, et se rendit célèbre par ses travaux sur Tbistoire de rbomme, des animaux et des plantes. Il fit^es études ebez les jésuites , puis il étudia la médecine et fut élève de Malpigbi. 11 se rendit à Venise en 1687 et s*y maria. Dès lors, consacré tout entier à ses travaux, il entreprit de former une vaste collection d'objets d*bistoire naturelle. Il s'occupa, comme Malpigbi, de Tanatomie du ver à soie, et répéta les expériences de Bedi sur Torganisation des insectes. Encouragé par les premiers succès qui suivirent ces travaux, il publia , dans la Galeria di Minerva , journal Imprimé à Venise, un mémoire intitulé : Origine curieuse de quelques insectes. Il s'efforçait de prouver que tous les insectes commencent leur développement dans un œuf. En 1700, la cbaire de médecine de rUniversité de Padoue lui fut proposée, et il Toccupa avec distinction. Pendant quelque temps, il eut à lutter contre les préjugés des vieux professeurs qui redoutaient toutes les innovations scientifiques; mais bientôt Tamour de la vérité remporta, et il se mit à enseigner ouvertement le résultat des nouvelles découvertes en anatomie et en pbysiologie. Ses oc-

eupatioDS étaient presque continuelles et ses délassements n'étaient qu'un changement d'études. Après avoir travaillé longtemps sur la médecine et Tinsectologie, il étudia encore d'autres branches de l'histoire naturelle, la botanique, la physique, le cours des eaux et l'origine des sources. 11 mourut à Padoue, le 18 janvier 1730, après avoir été comblé d'honneurs par le duc de Modène et par les princes de son époque, parmi lesquels nous citerons l'empereur Charles VI , à qui Vallisneri avait dédié l'un de ses ouvrages.

La vie de ce grand naturaliste fut tout entière consacrée aux sciences et il leur donna une puissante impulsion. Il combattit avec succès le système des générations spontanées. Parmi ses ouvrages, nous citerons, outre celui que nous avons déjà mentionné , Premier recueil d'observations et d'expériences tirées de la galerie de Minerve^ Venise, 1710, in-8®, — Considérations et expériences sur la génération des vers du corps humain, Padoue, 1710, in-4®. Il y soutient l'opinion que tous les vers du corps humain viennent du premier homme, opinion que nous voyons combattue par Bonnet. -^Xe^^res diverses concernant Vhistoire médicale et naturelle, Padoue, 1713, in-40. — Histoire du caméléon africain et divers au^ très animaux d'Italie, Venise, 1715, in-4<». — Leçons académiques sur l'origine des fontaines, Venise, 1713, inr4°. Il y soutient que l'origine des sources n'est point dans la mer, mais dans les pluies et Ips neiges. — Histoire de la généra* tion de V homme et des animaux, etc. (Le titre de cet ouvrage est très-développé et en expliqua complètement le but.) C'est le plus important de tous les ouvrages de Vallisneri. 11 lui coûta trente ans d'observations. Aussi Buffon l'estimait-il singulièrement et le considérait comme ayant rassemblé tout ce que l'on avait découvert de mieux sur cette matière. On peut voir là-dessus ce qu'en dit notre grand naturaliste dans les chapitres V et VUl de l'histoire des animaux (tome II, édition in-40). — Des corps marins qui se trouvent sur les montagnes et de leur origine, et de l'état du globe avant le déluge. — Anatomie de l'autruche. Les œuvres complètes de

Yallisneri ont été recueillies à Venise, 1723, Z volumes-

in-folio.

Noie 12 , page 40.

Redi (François), né en 1626, à Arezzo, fat un des meilleurs observateurs de son temps. Il se fit connaître par d*excellentes études en médecine. Ses succès lui yalurent la place de premier médecin du grand-duc de Toscane, Ferdinand II, et ensuite de Côme lîl. Il rendit des services à la science médicale, par la justesse de ses observations, et son application à rélude du corps humain. 11 s'occupa beaucoup d'histoire naturelle, particulièrement des insectes, et combattit le préjugé qui consistait à croire qu'ils naissaient quelquefois de la corruption, mais il se trompa sur d'autres points, comme lorsqu'il supposait aux espèces dont il n'avait pas découvert les organes de reproduction une âme sensitive à laquelle il attribuait leur origine. Il fit de très-bonnes observations sur la vipère, sur les larmes de verre, connues sous le nom de larmes bataviques, sur les sels artificiels, sur les vers intestinaux, enfin sur diverses parties de l'histoire naturelle, delà physique et de l'analomie. Il était membre de l'Académie del Cimento à laquelle il communiquait toutes ses expériences. Nous indiquerons principalement de lui : Obsermtions sur la vipère f Florence, 1664. — Expériences sur la génération des insectes f 1668, souvent citées. — Lettres sur l'invention des lunettes^ 1678. — Observations sur les animaux vivants qui se trouvent dans d'autres animaux vivants, 1684. H y traite principalement des vers intestinaux et indique le mercure comme le meilleur moyen de les détruire. Plusieurs ouvrages de littérature et des lettres, en 3 vol. in-4o, 1779-1795, remplis d'observations intéressantes sur l'histoire naturelle. Fabroni a écrit la vie de ce naturaliste dans le tome III des Fitas illustrium Italorum.

Note 13, page 40.

Hartsoëker (Nicolas), sava^nt hollandais, oé en 1656, à

NOTRSi 367

Gonda , se fit remarquer par des travaux sur la physique ci sur rhistoire naturelle , et dirigea principalement son atten* tion sur les objels microscopiques. Il se rendit très-babile dans l'art de fabriquer des microscopes simples au moyen de globules de verre qu*il faisait fondre à la flamme d'une bou-« gie ; c'est avec ces petits instruments qu'il sut rivaliser avee Leuwenhoek , le suivre et même l'égaler dans ses principales découvertes. Ce fut également ainsi qu'il observa les animalcules microscopiques et qu'il les suivit dans toutes leurs transformations. 11 fut encouragé dans ses travaux par Huygbenset par Cassini. C'est d'après les conseils de cet astronome qu*il commença à construire des télescopes. Ses premiers essais ne réussirent pas d'abord, mais il finit par atteindre et surpasser Campant, l'un des meilleurs constructeurs de son époque. En 1694 parut son Essai de dioptrique dans lequel il ne s'occupe pas seulement des phénomènes de lumière, mais des lois ' de la nature en général. Il fut en relation avec Leuwenhoek» mais il eut le tort de se brouiller avec lui pour des sujets frivoles. Nous ne parlerons pas ici de ses hypothèses philosophi»* ques, car il s'occupa beaucoup de cette science, et donna souvent cours à son imagination sur des sujets de métaphysique. H fut l'ami de Malebranche et du marquis de Lfaospital. Pijerre le Grand le rencontra à Amsterdam et fut charmé de sa conversation et de ses connaissances. Le czar désirait l'emmener en Russie , mais Hartsoëker ne voulut pas quitter sa patrie, il accepta cependant la place de professeur de mathématiques et de philosophie chez l'électeur Palatin, à Dusseldorff, en 1704, et revint finir ses jours en Hollande, où il mourut en 1725. On a de lui un Traité de physique , publié à Amsterdam.

Note 14, page 40.

Leufvenhoek (Antoine)^ naturaliste célèbre, remarquable surtout par la perfection de ses expériences microscopiques. On peut dire qu'il fut le premier dans ce genre pour la finesse

et la patience de ses obserTations. Il naqoit à Delft en 1632, et mourut eu 1723. Le talent toat particulier qu*il avait pour tailler des verres propres à la fabrication des microscopes et des lunettes lui créa d^abord une supériorité dans ce genre. H en acquit ensuite une très-grande comme physiologiste et anatomiste, par Tétonnante variété de ses recherches sur Torganisation du corps humain. Ses travaux sur les objets microscopiques sont extrêmement considérables et s*étendent sur toutes les parties qui composent le corps humain et celui des divers animaux. On lui doit des observations excellentes sur les différents liquides des corps organisés, sur le sang, le lait, sur la constitution de la fibre musculaire, des fibres végétales. 11 étudia aussi la structure du cristallin et décrivit avec exactitude la forme des lames qui composent cet organe. 11 examina avec la plus sérieuse attention les animalcules contenus dans les liqueurs séminales des différents animaux. On peut voir le détail de ces observations dans les premiers volumes de Tbistoire naturelle de Buffon. L*habileté de Leuwenboek dans Tart de disséquer les petits insectes est restée sans égale. Il se servait pour cela de petites aiguilles très-effilées, avec lesquelles il séparait les parties les plus ténues. Lorsque Pierre le Grand vint visiter la Hollande, Leuwenhoek fut invité à venir le voir et à lui apporter ses admirables microscopes. Les œuvres complètes de Leuwenhoek ont paru sons le titre de : Arcana naturœ detectOy A vol. in-4", 1695-1699.

Note 15, page 41.

Butini (Jean-Antoine), né à Genève en 1723, d'une famille de médecins très-connus dans la Suisse française , fut reçu docteur en médecine en 4746 , écrivit plusieurs ouvrages sur la médecine et sur la religion.

(Voy. V Histoire littéraire de Genève, par Sennebier.)

Note 16 , page 42.

Miiller (Qthon-Frédéric), qu'il ne faut pas confondre avec

plusieurs autres savants du même nom. Celui-ci , Fun des observateurs les plus laborieux et les plus exacts du dernier siècle, naquit à Copenhague en 1730. Son application au travail lui fit surmonter la mauvaise fortune et il se créa bientôt une position indépendante en se livrant à Téducalion. Ce fut alors qu*il put donner carrière à son goût pour Thistoire naturelle. Non-seulement il apprit à étudier les animaux et les plantes, mais il s'exerça avec succès à les décrire et à les dessiner. Plusieurs voyages complétèrent son instruction. U publia un premier ouvrage en 1763 sur les champignons et plus tard une histoire des insectes et une Flore de la province qu'W habitait. En i771 , il fit paraître en allemand un vol. in-4o sur certains vers d'eau douce et d'eau salée, où il traitait particulièrement^ -des animaux articulés et à sang rouge, appelés aphrodites et néréides, et qui venaient d'être observés par Bonnet. Un ouvrage plus important encore fut celui qu'il publia en latin, en 2 vol. in-1% 1773 et 1774, sur les vers de terre et d'eau douce. H y traite d'abord des animalcules infusoires, c*est-à-dire ces petits êtres presque invisibles qui vivent dans les infusions. Il en découvrit un grand nombre et les classa par ordres et par genres. La seconde partie traite des intestinaux. La troisième partie est consacrée à la description des coquillages. 11 composa ensuit^ u|i autre traité sur les araignées aquatiques et un autre sur les entomostracés , sorte de petits animaux aquatiques. Tous ses travaux sont remarquables par une prodigieuse patience et par les découvertes les plus originales et les plus neuves. A sa mort, arrivée en 1784, il laissa encore une histoire complète des animaux infusoires, en un vol. in-4<>, orné de 50 planches.

Note 17 , page 42,

Ducrotay de Blainville (Henri-Marie), né à Arques, en 1779, entra d'abord dans une école militaire, essaya successivement de diverses carrières sans pouvoir parvenir à se créer un avenir, puis enfin se fixa à celle de l'histoire naturelle. 11 étudia la

physique sous Lefèvre-Gineau , la zoologie et ranatomie soss Guvier, qui^ voyant et appréciant ses heureuses dispositions et ses talents, lui offrit de partager ses travaux^ propositioo qu'il accepta d'abord ; mais bientôt son caractère entier et soq humeur difficile le séparèrent de cet illustre maître. En 1833, la science ayant perdu ce grand naturaliste, Blainville M nommé professeur à sa place, et dès lors soutint avec honneur la réputation d'excellent anatomiste, en exposant ses idées d'une manière aussi éloquente que lumineuse. 11 imagina une nouvelle classification du règne animal fondée sur des idées toutes différentes de celles de Guvier, et publia divers écrits importants sur la zoologie. Il mourut en 1850,, frappé subitement d'apoplexie. Ses principaux écrits sont : De VOrganisQ' tion des animaux ou Principes d'anaiomie comparée, 1822. — Manuel de malacologie et de conchyliologie, 1825, avec atlas. — Cours de physiologie générale et comparée y 3 vol. in-S^, 1829-1830. — Manuel d'actinologie et de zoophytologie, 1 vol. in-8o, 1837. — Histoire des sciences de l'organisation, 1845, 3 vol. in-8°.

Rudolphi (Charles-Armand), né en 1771, à Stockholm, mort en 1832, se distingua de bonne heure dans les sciences naturelles et soutint avec éclat une thèse de médecine sur les vers intestinaux qui le fit recevoir docteur. H travailla avec ardeur sur la botanique, l'anatomie, la médecine et l'histoire naturelle. En 1810, il fut nommé professeur d'anaiomie et de physiologre à l'Université de Berlin. Il eut l'honneur d'augmenter considérablement le musée anatomique de cette ville. On lui doit environ quatre mille pièces de celte collection. Parmi un grand nombre de publications utiles, nous citeroDs: Ohservationes circa vermes intestinale^, 1793 et 1795. Denx parties \n-i°, — Anatomie des plantes. — Mémoires sur l'anthropologie et Vhistoire naturelle, et surtout V Histoire naturelle/tes entozoaires ou vers Intestinaux, puis encore: Vue générale des entozoaires, qui contient 993 espèces.

Note 19, page 42.

lettre' DE BONNET A RÉâUHUB.

Voici une lettre assez curieuse de Bonnet à Béaumur sur le fourmi-lion et sur les mœurs de certaines espèces d'araignées. Cette lettre, dont nous présentons ici un extrait, se trouve en original à la bibliothèque du Muséum d*histoire naturelle, et provient de la bibliothèque de feu M. Huzard. Elle appartient à la jeunesse de Bonnet. Il avait alors vingt ans.

0 Monsieur,

« 11 y a quelques années que je lus pour la prenoière fois « dans le Spectacle de la nature l'histoire du fourmi-lion. « Frappé de l'industrie, de cet insecte, je souhaitai extréme- « ment de Tobserver. Je ne fus pas longtemps à me satisfaire •V et à jouir du plaisir de lui voir exécuter sous mes yeux « une partie de ses opérations. Elles me charmèrent. Dès lors « j'ai continué à me procurer cet amusant specjacle en tenant « à l'ordinaire un certain nombre de ces insectes dans mon « cabinet. Mes observations m'ont conduit à quelque chose « de nouveau, du moins n'ai-je pas lieu de croire que ce que a j'ai vu ait été connu de ceux qui nous ont fait connaître « ce petit animal et qui l'ont le plus étudié. 11 n'en sera sans « doute pas de même par rapport à vous, Monsieur, aussi « n'osé-je pas me flatter que ma découverte aura pour vous « les mêmes charmes qu'elle a eus pour moi. Mais comme je « dois vous repdre un compte exact de tout ce que je crois « avoir observé de nouveau et que j'y suis engagé par la ma- « nière obligeante dont vous avez bien voulu recevoir mes « autres observations , je me suis hasardé à vous la commu- « niquer, me confiant toujours dans cette même bonté et dans a cette même indulgence qui m'ont supporté jusqu'ici. Voici « donc la petite anecdote qui m'a paru devoir être ajoutée à « l'histoire de notre insecte.

« Lorsque le fourmi-lion veut jeter hors de sa fosse les pe-

« tîtes pierres , les petits grains de gravier qui s'y trouvent € mêlés avec le sable, il les met sur ses cornes, et d'un mou- < vement brusque, mais compassé, il les lance bien loin hors a de son trou. C'est ce que M. Poupart et M. Tabbé Pluche c ont fort bien décrit. Mais ces Messieurs ne nous ont point « dit comment l'insecte s*y prenait lorsque ces pierres étaient « d'une grosseur k ne pas lui permettre de les lancer avec « ses cornes. Abandonne-t-il alors l'endroit où il s'était « d'abord établi pour aller tendre ses filets ailleurs? ou reste- « t-il dans sa fosse avec la pierre qu'il n'eu a pu tirer? ou « en lin vlenl-ll à bout de s'en débarrasser, et pour cet effet « quels moyens , quelle force met-il en œuvre? Cela , ce me ff semble, demandait d'être éclairci, d'autant plus qu'il est « assez ordinaire de trouver des fosses de fourmi-lion dont « le dédans est garni d'une ferre extrêmement fine, pendant « que les bords sont environnés de pierres très-grosses par « rapport à l'insecte.

« A force d'observer, j'ai eu le bonheur de découvrir tont « le secret deia manœuvre. J'ai vu. et cela plusieurs fois, « que lorsque le fourmi-lion travaillant à sa fosse vient à rcn- « contrer une pierre trop pesante pour qu'il la puisse mettre « dehors à sa manière ordinaire, il sort de terre, il cesse a d'être caché pour l'observateur comme il l'est ordinaire- « ment; il amène son derrière sous le milieu de la pierre de « façon que le centre de la pesanteur appuie sur la ligne du « milieu de son dos, il la pousse ensuite vers le haut de l'ou- « verlure en reculant par petites secousses, et, sitôt qu'il sent « qu'elle penche plus d'un côté que de l'autre, il y porte vite ft son dos, il lâche de rétablir l'équilibre à peu près comme « nous faisons quand, soutenant une canne par une de ses « extrémités sur le bout d'un de nos doigts, elle vienlà s'in- « cliner. On voit pour ainsi dire, avec une secrète inquiétude « mêlée d'admiration , tous les efforts qu'il fait pour y par- « venir; on voit les petits trémoussements qu'il donne à son « corps pour lui faire suivre jusqu'aux moindres mouvements « de la pierre.

c Par cette adresse » Tindustrieux fourmi-lion gagne beuc reusement avec sa charge le liant de sa fosse. Il ne la laisse < pas sur le bord parce qu'elle pourrait retomber. Il la pousse « un peu plus loin, revient ensuite sur ses pas sans s'écarter « et regagne ensuite son trou ; mais il arrive quelquefois, et « même assez souvent, que le pauvre fourmi-lion n*est pas « heureux à faire garder Téquilibre à la pierre, surtout lorsa qu'elle est un peu ronde ou que la pente de la fosse étant « trop roide, elle roule par-dessus son dos et retombe dans « le fond au moment qu'il était près d'atteindre le haut. Cet & accident fâcheux ne le rebute point. Après s'être arrêté « quelque temps comme pour penser à ce qu'il a à faire, il « redescend, con^nue de travailler à évacuer le dedans de « la trémie, et quand il vient à rencontrer pour la seconde « fois le moindre caillou, il ne manque pas de le pousser c vers le haut comme je Tai rapporté. La patience de cet « insecte est assurément admirable. Salomon renvoyait le pa- « resseux à la fourmi, on devrait renvoyer à l'école du fourmi- « lion ces gens impatients que les moindres difiBcultés rebu- « tent. J'en ai observé qui, après avoir essuyé cinq à six « catastrophes pareilles à celles dont j'ai parlé ci-dessus, ne « perdaient point courage et qui parvenaient enfin au but u désiré. Cette observation m'a souvent rappelé la fable de « Sysiphe, condamné dans les enfers à rouler au haut d'une • montagne une grosse pierre qui n'en a pas plutôt atteint le c sommet qu'elle retombe dans le bas pour continuer son et supplice. Si les poêles eussent été plus amateurs des re- « cherches naturelles qu'ils ne l'ont été, on pourrait croire « qu'ils avaient puisé le fond de cette fable dans l'histoire de M notre insecte ; mais il y a plus d'apparence qu'elle n'est que « le fruit de leur imagination. Quoi qu'il en soit, j'ai encore c observé une petite particularité qui mérite qu'on la rap- « porle. J'ai vu des fourmis-lions occupés pour la seconde fols « à pousser vers le haut de leur fosse une grosse pierre, sui- 0 vre par préférence le sentier ou pour mieux dire le sillon « qu'ils avaient tracé dans le sable la première fois. Ils sem-

n blaient comprendre ravantage quMIs retiraient ëe ce sillon « dont les bords embrassant la pierre des deux côtés leur '( aidaient à la maintenir en équilibre.

« Les naturalistes veulent que nous admirions la force pro- « digieuse de la fourrai dans le transport de ses fardeaux, « mais celle du fourmi-lion ne leur paraîtrait pas moins sur- « prenante s'ils en eussent vu comme moi pousser vers le « baut de leur trémie, malgré la roideur de leur pente, la (c mobilité et la résistance du terrain, des pierres pins grosses « qu'eux et dont le poids à leur égard devait être bien con- '( sidéra ble. C'est une proportion qu'il ne serait pas difficile « de savoir au juste et sur laquelle je n*ai pas encore fait toutes «i les expériences que je m'étais proposé*^ faire. Ce n'est <( pas, au reste,, dans cette seule circonstance que le lion des u fourmis donne des marques de sa force; il n'en montre « pas moins, en entraînant vivantes sous le sable, malgré H tous leurs efforts, des chenilles d'un pouce de longueur et « d'une grosseur proportionnée. Elles ont beau se rouler sur « elles-mêmes à plusieurs reprises comme feraient des ser- « pents, se donner des mouvements très-violents , il en deu meure le maître.

a Les savants qui ont écrit la vie de notre fourmi-lion «< nous parlent de sa grande sobriété; ils nous disent qu'ils « en ont vu vivre six mois et plus dans une boîte exactement 'i fermée, où il n'y avait que du sable, et qu'ils leur ont vu « faire leur ouvrage à l'ordinaire et se changer ensuite en u nymphes. Voilà une autre qualité qui doit être ajoutée à la « patience. Mais il est vrai de dire, comme ces Messieurs « l'ont fort bien insinué, que c'est la nécessité qui rend le " fourmi-lion sobre. Un historien fidèle ne doit point taire u les défauts de son héros, de même qu'il ne tait point ses « vertus; ainsi je ne supprimerai point une expérience qui « ne fait pas trop d'honneur à la retenue du fourmi-lion. Je « jetai un jour dans la fosse d'un de ces insectes, presque a parvenu à son dernier accroissement, une des plus grosses « araignées domestiques après l'avoir étourdie pour lai ôler

« sa grande agilité. Il la saisit, Tentrat^a sous le sable, mal- « gré tous les effarts qu'elle fit pour se dégager, et en quel- « ques heures la suça entièrement. Il n'y resta que les en- « veloppes du ventre et du corselet avec les parties écailleuses « comme la tête, les jambes, etc. Un repas si copieux ,pro- « duisit reflet qu'il y avait lieu d'en attendre. Le fourmi-lion « était après si replet, ses anneaux étaient si distendus, qu'il « ne pouvait se remuer qu'avec beaucoup de peine. Il paraisa sait aussi avoir crû considérablement. La bonne chère le « rendit paresseux : pendant plusieurs jours le glouton se « tint tranquille, caché sous la terre, jusqu'à ce que la trans- « piration ayant dissipé une partie de son embonpoint, il se « fit une fosse, mais si petite, qu'elle donnait bien à entendre « qu'il était rassasié. J'avais effectivement raison de penser « qu'il bornait là son appétit. Cependant, ayant voulu le son- « der, je lui servis une seconde araignée d'une aussi belle «• taille que la première. D'abord il parut faire difficulté d'y « toucher. Il ne se remuait point. S'étant ensuite ravisé , il a n'y laissa que la peau. Ce fut aussi son dernier repas. 11 «i s'enfonça dans la terre quelques jours après pour s'y trans- « former.

« J'attendis de ce fourmi-lion si bien nourri et dont la « grosseur était extraordinaire une demoiselle proportionnée. « Celle qui en provint ne fut pas néanmoins ni plus grande « ni plus grosse que celles qui proviennent des fourmis-lions « ordinaires. Apparemment qu^ la substance des araignées «est de nature à transpirer facilement à travers la peau du * fourmi-lion, ou que l'augmentation de grandeur et de gros- « seur ne s'étend qu'aux parties propres à ce dernier et non « à celles qui sont propres à la demoiselle. Cette dernière « conjecture parait cependant contraire à ce qu'on voit arri- « ver dans les chenilles dont les mieux nqurries donnent les 0 plus gros papillons. Ne pourrait-on pas encore soupçonner « le sable ou la terre sèche de hâter la transpiration du fourmic lion avant qu'il se soit renfermé dans sa coque? Ne feraitif elle point en quelque façon , à l'égard de cet insecte , ce

c qu'elle fait dans les cadavres qu'elle dessèche pea à peu? « Qaoi qu'il en soit, je n'ai encore fait que cette expérience; « peut-être que si je l'avais réitérée comme j'ai le dessein de « le faire sur d'autres fourmis-lions^ le succès en aurait été « différent,

c Puisque je suis venu, Monsieur, à vous parler des araic gnées à l'occasion du fourmi-lion, vous voudrez bien agréer « que j'aie l'honneur de vous faire part d'une observation qui

< me parait fort propre à montrer jusqu'où ces insectes por- « tent la tendresse pour leurs petits. Je mis à dessein, dans « la fosse d'un fourmi-lion, une de ces mères araignées qai

< renferment leurs œufs dans un sac de figure ronde qu elles « portent partout avec elles attaché à leur derrière. D'abord, « aidée de son agilité naturelle, elle se retira aisément da « coupe-gorge; mais l'ayant précipitée de nouveau, lefourmi- « lion, plus prompt cette fois que la précédente^ saisit avec « ses cornes aiguës le sac aux œufs et se mit à l'entraîner « sous le sable pour en faire curée. L'araignée, fort surprise « de se «entir tirée en bas sans pouvoir distinguer à qui elle « avait affaire, fit tous ses efforts pour tirer de sou côté et c pour tâcher de regagner avec son sac le haut de la fosse. « Mais la glu qui le tenait attaché à son derrière n'était pas « suffisante pour résister à de si terribles secousses, elle eut « recours à ses pinces. Elle eut beau tirailler, le sac aux œufs n s'enfonçait toujours plus sous le sable. Dans cette extré- « mité, il lui était aisé d'éviter de devenir la proie du fourmi-

< lion. Elle n'avait qu'à lui abandonner le sac et s'enfoir. « Mais c'était là un sacrifice que sa tendresse ne lui permit a pas de faire. Elle aima mieux se laisser entraîner toute « vive sous le sable que d'abandonner ce qu'elle avait de plos « cher.

c Comme le sable me cachait tout ce qui se passait, je « voulus en retirer l'araignée pour voir si elle tenait encore a le sac aux œufs; mais je la tirai apparemment trop rude- « ment, ce sac resta au fourmi -lion.

« Depuis cette observation, je souhaitai de pouvoir obscr-

« Ter les petites araignées dans le temps qu'elles sortent du c sac pour grimper sur le corps de leur mère qui continue « * de les porter ainsi partout avec elle , comme je Tayais lu « dans le Spectacle de la nature et dans le tome \^^ de vos . « Mémoires, page 13. Je profitai d*une occasion qui se pré* « senta quelques années après et que j'avais pour ainsi dire « négligée jusque-là. Un de mes chasseurs aux insectes a m*ayant apporté dans le mois de juillet dernier une des araia gnées en question de fort belle taille dont le sac était un « des plus gros et des mieux arrondis que j'aie vus, je la mis « dans une hoîle que je couvris avec une plaque de verre « pour l'observer plus commodément. Pendant plusieurs jours « je ne vis rien de nouveau. Je prenais souvent plaisir, après « avoir découvert la boîte, à lui arracher, au moyen d'un « brin de bois, le sac aux œufs. Elle essayait d'abord de se « mettre par la fuite en sûreté. Mais quand je la serrais de « trop près, c'est alors qu'elle offrait un spectacle vraiment « louchant. 11 n'y avait rien qu'elle ne mît en œuvre pour se « conserver la possession de ce précieux dépôt. Elle se cou- « chait dessus, l'embrassait avec ses jambes, elle le prenait « avec ses dents, elle tâchait d'écarter avec ses pattes le bout < du brin de bois ; enfin , lorsque je devenais le plus fort , « quand je venais à bout de tirer le sac de dessous ses jam- « bes et que je commençais à l'amener vers moi, je la voyais « s'efforcer de tirer de son côté, se renverser sur ses jambes « de derrière, comme ferait un chien à qui un autre dispute- « rait sa proie. Si je continuais de forcer et que je l'obligeasse « de lâcher prise, elle donnait les mêmes marques de douleur « que celles de l'observation précédente. Elle se mettait ena suite à chercher en marchant lentement, et, lorsque je lui « faisais retrouver son sac, elle se courbait dessus aussitôt, <c le saisissait avec^es pinces et l'emportait. J'ai souvent ob- « serve avec plaisir cette araignée promener son derrière sur « la surface du sac. 11 n'était pas diflScile de deviner à quoi « tendait cette manœuvre; apparemment qu'en le lui enle- « vaut j'en avais un peu endommagé le tissu qui demandait

« par coaséqnent d'être réparé. Elle y ajoutait de nouyelles

< coucbes de soie. Ordinairement, elle restait tranquille à la « même place, et, quoique je renfermasse dans la boîte une « mouche, elle ne faisait pas mine de la vouloir prendre; elle c fuyait, au contraire, quand celle-ci venait à passer près « d'elle et à la toucher. Toute son occupation semblait con- « sister à ne point abandonner ses œufs , à rester toujours « avec eux comme pour les couver. Je m'aperçois. Monsieur, f que j'entre dans un détail qui né pourra que lasser votre tt patience, puisqu'il n'offre rien que de très-connu. Je n'au- « rais pas pris non plus la liberté de l'insérer dans cette lettre « si l'observation en question ue m'avait fait naître un doute « dont je ne puis être éclairci qu'en achevant de vous la rapa porter.

a Au bout d'un certain temps, je remarquai que mon arait gnée avait abandonné son sac, qu'elle s'en tenait ordinai- « rement à quelque distance, et que, lorsque je le plaçais « près d'elle jusqu'à le lui faire toucher, elle s'en éloignait. V J'observai aussi, et je l'observai mieux de jour en jour, c qu'elle ne paraissait plus si bien portante ni si vive qu'au- « paravant. Ces deux particularités me surprirent, je ne sac vaie à quoi en attribuer la cause, et ce qu'elles auraient « dû assez naturellement me faire prévoir ne me venait.point t dans l'esprit. Enfin je commençai à voir courir de petites « araignées qui s'allaient rendre vers leur mère et dont le c nombre grossissait à mesure qu'il en sortait de nouvelles « hors du sac. Je fus attentif à les observer, et je vis qu'effecc tivement elles montaient sur le corps de la grosse arai- « gnée; les unes se plaçaient sur le ventre, les autres sur le

< corselet, d'autres sur la tête, des troisièmes sur les jambes, « de façon qu'elle en était presque toute couverte ; elle sem- « blait quasi plier sous le paids. Elle se donnait encore moins « de mouvement qu'auparavant, et ses jambes, au lieu d'être a étendues comme elles le sont ordinairement dans ces in- K sectes , étaient ramenées vers la poitrine comme elles le « sont dans ceux qui souffrent ou qui soot près de creyer.

M Ces obeerrations, jointes à la manière dont lei^ petites arai-

• gfiées étaient empilées sur le corps de leur mère qui res- € semblait tout à fait à celle dont les pucerons s'arrangent « sur les plantes pour en tirer le suc, me firent naître une « conjecture qui ne ferait guère d'honneur aux insectes si elle « était vérifiée. Je pensai que les petites araignées s^étaient c assemblées sur te corps de leur mère pour se nourrir de sa « cbair, pour la dévorer impitoyablement. Je soupçonnai en « même temps M. Tabbé Pluche et vous , Monsieur, si j'ose ff vous te dire, de nous avoir caché ce fait, d'avoir habilement « tiré te rideau sur le plus laid de la scène, sur ce qui au- « rait pu la défigurer. J'étais fort curieux de vérifier ma con- « jecture. Les petites araignées continuèrent à rester attrou- « pées sur le corps de leur mère ou plutôt ^ur son cadavre; « car, au bout de quelques jours que la plupart l'eurent « abandonnée, je vis clairement qu'elle ne vivait plus; et, à

# en juger par la situation où je la trouvai qui était la même « que celle que j'ai décrite ci-dessus et par Ja roideur de « toutes ses parties, il fallait qu'il y eût déjà longtemps qu'elte « fût crevée. Je l'examinai attentivement pour tâcher de dé- « couvrir des marques de la morsure des petites araignées, « mais je ne vis rien qui y eût rapport; à la vérité, je ne me « servais pas du microscope. Peut-être que les araignées nou- « vellement nées n'avaient fait que sucer comme font les a pucerons. Peut-être aussi que la grosse araignée n'était « crevée que comme tant d'autres insectes qui ne semblent « avoir été créés que pour la multiplication de leur espèce, <r et qui meurent sitôt qu'ils ont rempli cette fin. La mère < n'avait apparemment abandonné ses œufs que lorsqu'elle « avait jugé qu'ils pouvaient se passer de son secours, c'est- « à-dire que lorsque les petits furent éclos. Je sui^ pourtant «. obligé de vous avouer. Monsieur, que je ne suis pas encore « revenu de mon doute, surtout depuis que j'ai lu dans Aldo- « vrande le passage suivant (lib. V Hist., cap. 26) : Lahorant « impietatis infamiâ (il parle des araignées), parentes enim «c post incubatûs officium a suis fœiibus interimuntur magno

c numéro f teste Aristotele, Il cite encore Pline (liv. Il, cfaap. 31). « 11 est vrai qu'Aristote peut très- bien avoir pris comme ua c fait réel ce que je ne crois devoir regarder que comme une c conjecture. On sait combien il était ordinaire aux anciens c d'agir de la sorte en matière d'observation.

c II me reste, Monsieur, encore un doute d'une autre espèce « que celui que je viens d'avoir l'honneur de vous exposer. « C'est sur la manière dont certains papillons, comme ceux « des (chenilles) communes y viennent à bout de percer leur « coque, que je crois être avec le derrière. En eflfet, les pinces, « les espèces de crochets dont il est garni ue nous parat- « tront-ils point plus propres à cet usage que les yeux? Un « papillon des communes, que je surpris l'année dernière au « moment qu'il ne faisait que sortir de sa coque, m'a laissé « ce soupçon. Je suis à l'affût pour épier l'instant où ceux des « chenilles singulières à cornes du saule sortiront des leurs. »

La suite de cette lettre traite du projet d'un ouvrage qa« Bonnet comptait écrire sur les insectes et qui devait résumer les principaux faits des Mémoires sur lesinsectes^ de Réaamur,

Noie 20, page 58.

Haies (Etienne,) physicien anglais, né en i677, se distingua dans les sciences naturelles par son esprit d'invention et de découvertes. La Société royale de Londres Tadmit au nombre de ses membres en ilil, et c'est dans le recueil des mémoires de cette Société que se trouvent la plupart des écrits de Haies sur des sujets d'histoire naturelle, d'agriculture, de physique, de médecine et d'économie domestique. On lui doit, parmi beaucoup d'inventions utiles, un excellent système de ventilation qui fut immédiatement adopté dans les pays étrangers. Il mourut en 1761. Les plus connus de ses ouvrages sont : la Statique végétale ^ publiée en 1727 et traduite en 1735 par Buffon; des Essais statiques et VArt de rendre potable Veau de la mer, i vol. in- 12.

Noie 21 , page 66.

Dodartf médecin français, né à Paris, en 1654, fut conna de bonne heure par ses talents et ses connaissances. Reçu docteur en 1660, il fut nommé six ans après professeur de pharmacie et ensuite conseiller médecin de Louis XIV. Il fut reçu, en 1673, membre de l'Académie des sciences. Dodart étudia à fond Tbisloire des plantes, et cette étude lui donna Toccasion de composer plusieurs mémoires utiles; particulièrement Texcellente préface qu'il écrivit pour le livre publié par l'Académie, sous le titre de Mémoires pour servir à Vhistoire des plantes^ in-folio, 1676. 11 s'y livre à des recherches très-importantes sur la constitution et l'organisation des végétaux. 11 fit d'utiles remarques sur les fonctions de la transpiration , sur la formation de la voix humaine et sur la constitution du larynx. On trouve plusieurs autres écrits de Dodart dans les Mémoires de l'Académie des sciences. Ce savant mourut en 1707.

Noie 92, page 82.

ïhifay (Charles-François de Ctsterney), né à Paris, en 1698, commença par entrer au service militaire, puis étudia les sciences, et ce fut comme chimiste qu'il parvint à l'Académie. 11 quitta alors sa première carrière pour se livrer entièrement à l'étude. Fontenelle dit de lui dans son éloge : « Il est jusqu'à c présent le seul qui nous ait donné^ dans tous les six genres € dont se compose l'Académie , des Mémoires quelle ait c Jugés dignes d'être présentés au public. » Ces travaux sont détaillés dans l'histoire de l'Académie des sciences; mais aujourd'hui le plus beau titre à la gloire de Dufay est d'avoir donné un grand accroissement au Jardin des Plantes. Cet établissement, créé par Guy de La Brosse, était fort négligé lorsque la direction en fat confiée à Dufay, qui en fît. bientôt le plus bel établissement de l'Europe. Il mourul en 1739.

C'est lui qui avait demandé et obtenu Buffon pour successeur dans la direction du jardin du roi.

Leroy (Charles), né à Paris, en 1726, entra de bonne heure dans la carrière médicale , mais bientôt la délicatesse de sa santé Tobligea à se rendre à Montpellier pour s'y rétablir. U fit ensuite plusieurs voyages et perfectionna ses études sur la physique et l'histoire naturelle. U observa les phénomènes produits dans la grotte du Chien près de Naples. 11 étudia aussi la phosphorescence de la mer et la suspension des vapeurs dans l'atmosphère. 11 s'occupa de l'analyse des eaux minérales naturelles, ainsi que des procédés pour en imiter quelquesunes, entre autres les eaux sulfureuses. On lui doit deux excellents Mémoires sur la respiration de la tortue et sur la structure de l'organe de l'ouïe." 11 s'occupa aussi des phénomènes de la vision. 11 mourut en 1779. On a de lui des Mé^ moires et observations de médecine, 1766, in-8°. — Métanges de physique, de chimie et de médecine, Paris, i771, in-8°. — Mélanges de médecine, 1776, in-8®. 11 était frère du fameux horloger Leroy.

• Note 23, page 83.

ilZ/amand(J6an-Nicolas-Sébastien}fut un des amis les plus constants de Charles Bonnet et fut digne de l'être sous tous les rapports. 11 naquit à Lausanne, en 1713, et entra dans la carrière ecclésiastique. Ses dispositions et ses connaissances variées le portèrent à se livrer avec ardeur à l'étude des sciences. Ayant été s'établir en Hollande, il se lia d'amitié avec le philosophe S'Gravesande , qui lui confia l'éducatioa de ses enfants. H fut nommé professeur de philosophi^à Leyde, en 1749, et commença ses fonctions par un éloge de son ami. 11 joignit à la chaire de philosophie celle de l'histoire naturelle. Ce fut lui qui fut chargé, par l'estimable bibliographe Prosper Marchant, de la publication des ouvrages restés manuscrits de cet écrivain, parmi lesquels se trouvait un Dictionnaire bis* torique publié depuis. Il avait fait une importante colleclioii

de curiosités des ivtkh règnes de la natore. Allamand mourut à Leyde, en 4787. On lui doit d'utiles travaux sur rélectricité, la publication des œuvres de philosophie de S'Gravesande , et des ouvrages sur l'histoire naturelle et sur la géographie.

Note 24, page 85.

Haller (Albert de) fut le meilleur ami peut-être de Bonnet et un des hommes les plus remarquables du dernier siècle. Sa biographie pourrait fournir à elle seule un article étendu , si nous ne craignions de dépasser les limites de ces notes. Il naquit à Berne, en 1708, d'une famille anciennement connue dans cette république. Ses dispositions furent extraordinaires et précoces au dernier point. Dès l'âge de quatre ans, il expliquait l'Écriture sainte aux domestiques de son père. A neuf ans, il écrivait purement en latin et en grec. Il entra de bonne heure dans la carrière médicale et s'y distingua aussitôt. En 1725, il devint à Leyde un des élèves de Boerhaave dont il obtint l'estime et l'amitié. Il étudia alors avec ardeur l'anatomie et la botanique, visita l'Angleterre, où il connut Hans Sloane , Cheseiden , Douglass. Il rencontra à Paris Winslow et Louis Petit, puis Antoine et Bernard de Jussieu. A Bâle, il étudia les mathématiques sous Jean Bernouilii. Bevenu ensuite dans sa patrie après une absence de cinq ans » il s'y chargea de la direction de la bibliothèque et de l'amphithéâtre d*anatomie qui lui furent <;onfiés. Ce fut alors qu'il s'occupa de ses travaux et de ses recherches en physiologie et en ana^ tomie. Il fut ensuite appelé, en 1756, par le roi d'Angleterre George II, à la chaire de médecine de Gottingue. Fendant un séjour de dix-sept années dans cette ville, il se fit remarquer par des recherches et des travaux de tous les genres sur la botanique, la médecine et l'organisation du corps humain* 11 eut la plus grande part à la création de la Société royale de Gottingue si connue depuis, ainsi qu'à la rédaction du journal littéraire de cette ville dans lequel il inséra environ quinze

384 NDîKâ.

cenls articles sur toutes sortes de sujets. ReveDU à Berne, en 1755» il fut comblé d^honneurs par ses compatriotes. 11 publia alors son histoire des plantes de la Suisse , sa Grande physiologie, le plus célèbre de ses ouvrages, et ses Bibliothèques de botanique, de médecine et de chirurgie qui sont au nombre des trailës les plus utiles sur ces sciences, en ce qu'il y fait connaître et y analyse une quantité d'écrits divers. En 1764, le roi George \U essaya de le rappeler à Gottingue. Mais le sénat de Berne refusa de le laisser partir et rendit un décret par lequel Haller fut mis en réquisition perpétuelle pour le service de la république. Haller était un homme fort religieux et défendit le christianisme contre Voltaire et Lamettrie. 11 avait une prodigieuse facilité pour les langues et pour la poésie. Ses poèmes, qui sont nombreux, manifestent de Tinspiration et un véritable talent. Il mourut le 12 décembre 1777, à Tâge de soixante-dix ans. Il avait été marié trois fois. La mémoire de Haller était extraordinaire, ses connaissances immenses, et il joignait aux qualités de son esprit une figure noble et imposante et beaucoup de bonté et d'agrément dans sa conversation. Nous allons donner une idée abrégée de ses ouvrages. Nous citerons d'abord ses Opuscula botanica, Gottingue, 1 749, in-4°. — Historia stirpium Belvetix indigenarum, 3 vol. in-fol., 1768. — Icônes anatomix^ Gottingue, 1756. — Opéra minora^ 3 vol. in-4*>. — Elewnta physiologiœ, Lausanne, 1757-1766, 8 vol. in-4®. Dans c« ouvrage, il soutient le système de la préexistence des germes qui lui est commun avec Bonnet, et il y expose une foule de découvertes sur l'anatomie du corps humain. Les quatre Bi~ bliothèques de chirurgie, de botanique, d'anatomie et de médecine qui forment 9 vol. in-4o. L'auteur y parle de cinquante-* deux mille ouvrages dont il avait eu connaissance. Enfin nous citerons ses collections de thèses choisies sur l'anatomie et la médecine qui forment vingt volumes, les deux romans politiques, Alfred et Usong. Condorcet a publié son éloge dans les Mémoires de l'Académie des sciences pour 1777.

Note 25, page 87.

Duhamel'Dumonceau (Henri-Louis), savant botaniste et naturaliste, rendit de grands services aux sciences et à Tagriculture. Il naquit à Paris en 1700. 11 fit d'abord peu de progrès dans ses études. Plus tard, ayant fait connaissance avec Dufay, directeur du jardin des Plantes, et Bernard de Jussieu, il prit un goût vif pour Tétude de la natare. L'Académie des sciences, qui avait eu occasion d'apprécier son zèle et son application pour les travaux d'observation, le chargea de rechercher la cause qui faisait périr dans le Gâtinais, lieu où il était domicilié , le safran , principale richesse de cette province. Il répondit par un Mémoire dans lequel il démontrait que la mortalité de cette plante provenait d'une tubérosité parasite qui croissait sur ses bulbes. Ce travail, accompagné d'excellentes figures, détermina, en 1 728, l'entrée de Duhamel à l'Académie. Depuis ce moment jusqu'à sa mort, arrivée en i 782 , ce naturaliste fournit à cette collection environ soixante autres Mémoires sur les sujets les plus importants et les plus variés. Nous citerons entre autres ses travaux sur la formation des eaux , sur celle du bois, sur la greffe des arbres et sur les moyens de la perfectionner. Il exposa ensuite dans plusieurs Mémoires l'anatomie de la poire et d'autres fruits. De concert avec Buffon, H fit de nombreuses expériences sur la croissance et la force des bois. Il entreprit des expériences diverses sur la Tëgétation du gui , sur les marcottes , sur la croissance des plantes hors de la terre et dans l'eau , sur l'ergot du seigle. Enfin il se montra chimiste en faisant connaître les essais qu'il avait tentés sur les plantes de soude qu'il avait élevées au milieu du Gâtinais , bien loin de la mer, et qui avaient d'abord donné de l'alcali dont la quantité avait d'abord diminué sensiblement , puis entièrement disparu. On lui doit une série d'observations météorologiques faites à sa terre de Denain- "villiers, observations appliquées exclusivement à l'agrîcultare. H contribua beaucoup à la rédaction de V Encyclopédie,

l'un des plus célèbres monuments du dix-huitième siècle. 11 en composa un grand nombre de parties. Telles sont Tart da serrurier, du drapier, du savonnier, du raffineur de sucre, celui de forger les armes, etc. Parmi les ouvrages de Duhamel, nous remarquons les suivants : Éléments d'architeclure navale, i767, 2 vol. in-4o. — Trailé généiral des pêches maritimes et fluviales, \ 769, 3 vol. in-fol. — Traité de la fabriqua d,es manœuvres et de la corderie perfectionnée, 1747, in-4*. — Traité de la culture des terres, 6 vol. in-i^, 1751-1760; ouvrage très-estimé et fondé sur un grand nombre d^expériences. — Traité des arbres et arbustes qui se cultivent en France en pleine terre, 1755, i vol. in-4°. C'est un exposé très-bien fait de la culture des arbres. Duhamel y suit la méthode de Tournefort. — La Physique des arbres, Paris, 1738, 3 vol. in-4<», suite de l'ouvrage précédent. C'est un trailé complet d'anatomie et de physiologie végétales dans lequel se trouvent fondus les travaux de Grew, Malpighi , Haies et Bonnet. Les figures sont très-bien gravées. — De Vexploitatkm des bois, ou moyen de tirer parti des taillis et des futaies, 1764, Paris, 2 vol. in-4°. — Traité des a$bres fruitiers, contenant leurs figures, leur description et leur culture, Paris, 1768, 2 vol. in-4°. C'est un des meilleurs ouvrages de Duhamel; il entre dans tous les détails nécessaires sur l'art d'élever ces arbres et sur la variété de leurs espèces.

Tant de travaux n'empéchaieiit pas Duhamel d'occuper plur sieurs places importantes, entre autres celle d'inspecteur générai de la marine , qui l'obligea à parcourir les différentes provinces de la France pour examiner l'état des forêts, visiter les ports, les arsenaux et mettre en pratique les procédés les plus utiles nouvellement découverts. Duhamel était de mœurs douces et agréables. 11 mourut, sans avoir été marié, le â3 aoàt 1782. Son éloge fut prononcé à l'Académie des sciences et inséré dans l'histoire de cette Académie.

Tull (Jethro), agronome anglais, né en 1680, fut renommé par son goût décidé pour l'agriculture , et entreprit» dans It

bat de la perfectionBer^ un voyage dans toutes les contrées de TEurope pour en observer le sol, la culture et les productions. Revenu dans sa patrie, il se mit à expérimenter dans ses propres terres d'après les notions qu'il avait recueillies. Oo lui doit une mélhode nouvelle de semer le blé par planches» qui a été suivie longtemps dans quelques pays, mais dont les résultats ne paraissent pas avoir été déflnitivement constatés. Voltaire , qui l'avait essayée dans sa terre de Ferney, avait été obligé d'y renoncer. On a de Tu II un ouvrage intitulé : Spécimen, contenant le résultat de ses expériences, et publié en 1731, et un essai sur V Économie dorhestique^ 1733, traduit en français par Duhamel.

Note 26 , page 87.

Lullin de Châteativieux (Michel), agronome, était oncle de Bonnet. Né à Genève en 1695, il se livra à l'élude de l'agriculture dans le dessein de se rendre utile ; persuadé de plus que la prospérité des arts mécaniques devait contribuer beaucoup à la gloire et au bonheur de sa patrie, il s'y livra avec ardeur. Aimant à vivre dans les ateliers et parmi les ouvriers, il acquit ainsi non-seulement la théorie parfaite, mais la pratique de dix-huit professions différentes. Il avait même exécuté plusieurs ouvrages manuels avec une grande perfection. Il fut l'invenleur d'un semoir nouveau , qui fut employé avec succès et favorablement jugé par Duhamel. Il avait aussi 1mai;iné une charrue à couteau pour le dérrichement des prairies naturelles. Ses expériences contribuèrent beaucoup au développement de l'agriculture en France, mais il y employa sa fortune presque tout entière. Gel estimable agronome mourut en 1781. On a de lui un mémoire intitulé ; Expériences et réflexions sur la cultvre des terres faites aux environs de Genève, 1734, 1755, 1756; in-S».

Saussure (Horace-Bénédict de), naturaliste et physicien, et

qu*on peut considérer comme le créateur de la météorologie, naquit à Genève, le 17 février 1740. Son père était Nicolas de Saussure, citoyen de cette ville, connu par plusieurs écrits sur Fagriculture ; sa mère était Renée de La Rive, d*une famille très-connue à Genève , femme très-éclairée , et qui s*occupa avec beaucoup de suite de son éducation. Le jeune Saussure eut tant de succès dans ses études, que dès Tâge de vingt ans il fut en état de concourir pour une chaire de mathématiques à Tacadémie de Genève, et quMl obtint à vingt-deux ans celle de philosophie. La société de son oncle Charles Bonnet et celle d'Albert de Haller lui inspirèrent le goût des études scientiûques. G*est ce qui rengagea à publier, en 1752, son premier ouvrage, intitulé : Observations sur Vécorce des feuilles et des pétales t qui servent de complément au mémoire de Bonnet sur VUsage des feuilles. Dans cet ouvrage, Saussure analysa le réseau cortical qui enveloppe les parties du végétal, les pores réguliers dont il est percé, leurs communications avec la substance intérieure et leur influence sur la nutrition. Les suffrages que lui valut ce premier écrit l'engagèrent à persister dans Tétude de la nature. 11 commença dès lors à s'occuper des phénomènes géologiques, et il entreprit une suite d'explorations scientifiques dans les Alpes , fit Tascension du mont Blanc, dont le premier parmi les naturalistes il atteignit le sommet. Il s'occupa à déterminer la forme, la disposition et l'origine des glaciers, chercha à se rendre compte de la sorte des différentes révolutions qu'avait subies le globe terrestre. Il examina aussi les eaux courantes et leur influence sur la forme des montagnes. Saussure chercha à mesurer leur vitesse, leur température, la quantité et l'espèce des matières qu'elles charrient. 11 remonta à leur origine, c'est-à-dire aux glaciers, puis des glaciers aux vapeurs qui servent à les former. C'est alors qu'il inventa l'instrument appelé hygromètre, qui lui servit à déterminer le degré d'humidité de l'atmosphère. Il imagina aussi l'eudiomètre pour déterminer le plus ou moins de pureté de l'air, l'électromètre pour connaître le degré de son électricité, ranémomètre pour

constater k direction et la force des courants d'air et plusieurs autres instruments utiles. Son ouvrage principal parut de 1779 à 1796, sous le titre de : Voyages dans les Alpes; on pourrait rappeler d'une manière plus générale : voyages dans les montagnes, parce qu'il y traite des montagnes^ non-seulement de la Suisse, mais aussi de l'Allemagne, de la France et de l'Italie. On ferait un article étendu sur ses utiles travaux et ses découverte^. Il nous sufQra de dire qu'il a donné une puissante impulsion à la minéralogie, à la géologie, à la physique et à la météorologie qu'il créa véritablement. Saussure n'eut d'autre emploi dans sa patrie que celui de professeur dont il remplit les fonctions à Genève jusqu'en 1 786. 11 mourut estimé et regretté de l'Europe entière, le 22 janvier 1799. Sa famille subsiste encore aujourd'hui et l'un de ses petits-fils continue dignement ses travaux et a déjà publié une importante monographie des guêpes. Nous remarquons , parmi les ouvrages de Saussure, outre les Voyages dans les Alpes, une Dissertation physique sur le feu, Genève, 1759. — Une Dissertation sur Vélectricité, Genève, 1766. — Une Idée générale de la constitution physique de Vltalie, imprimée dans le premier volume du voyifee de Lalande. — Une Lettre à Faujas de Saint-Fond star les laves du val d'Arno, et plusieurs autres Mémoires. Jean Sennebier a écrit une notice sur la vie de Saussure, et George Cuvier a publié son éloge dans le recueil de l'Académie des sciences. "

Note 28, page 144.

Fouchy (Jean-Paul Grandjean de), secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, naquit à Paris, en 1707, et s'occupa de bonne heure de la culture des sciences. Il fut reçu à l'Académie des sciences, en 1731 , comme astronome, et publia dans le recueil de cette compagnie d'importants Mémoires. En 1743, il succéda à Mairan dans la place de secrétaire perpétuel, et il fut chargé de prononcer les éloges des académiciens enlevés par la mort. 11 remplit cette place avec zèle et

succès peDdaot trente ans. Fatigué enfin par Pâge^ il donna m démission et fut remplacé par Condorcet. Ce respectable «a« Tant mourut en 1788, âgé de quatre-vingt-un ans.

Condillac (Etienne Bonuot de), né en 1715, mort en 1780. Nous n'entrerons pas dans le détail de la vie et des travau de cet écrivain, qui est assez connu. Nous dirons seulement que son traité des Sensations montre beaucoup de rapports avec les idées de Bonnet. Cet ouvrage parut en 17S4, et, quoique ces deux philosophes fussent absolument étrangers Tun à l'autre , les deux ouvrages se ressemblent néanmoins par plus d'un point. Condillac y présente, comme Bonnet, l'hypothèse d'une statue qui viendrait à s'animer par degrés, mais il suppose que c'est seulement par le toucher que la statue prend connaissance des corps , ce qui n'est peut-être pas fort naturel, car tous nos sens s'exercent à la fois sur tout ce qui les entoure. On lui a reproché de conduire par st doctrine au spiritualisme exagéré de Berkeley. En effet, par son système, Condillac fait de l'étendue et de la solidité, propriétés fondamentales des corps, des sensations de noire âme, comme les couleurs et les sons. D'après cela , nous ne reconnaîtrions réellement que des sensalions ou des manières de sentir de notre âm^ et non pas des qualités des corps, et dans ce système nos sensations sont des effets dont les causes nous sont entièrement inconnues. Nous avons cru suffisamment dans la vie de Bonnet indiquer les nuances et les différences qui séparent les deux philosophes.

Note BO, page 171.

Gaube (Jérôme-David), plus connu sous le nom de Gaubius, naquit à Heidelberg, dans le Palatinat, en 1705, étudia la médecine à Amsterdam, puis ensuite devint élève du célèbre Boerhaave. Jl se distingua ps^r ses travaux k Ams(er«

dam et à Deyenter, et fut nommé successeur de Boerhaave dan^ la chaire de chimie. Eu 1773, il fut nommé à la chaire de médecine qu'il réunit à celle de chimie. Le reste de la vie de Gaubius fut consacré au professorat et à la pratique. Nous avons de lui plusieurs importantes dissertations, une Méthode médicale, Leyde, 1739. — ïmtitutions de pathologie médicale^ Leyde, 1758. Plusieurs.Mémoires. Gaubius avait eu le mérite de créer une belle bibliothèque et une riche collection d'histoire naturelle. Ses trésors scientifiques et littéraires étaient accessibles à tous. Il mourut en 1780, unîTersellement regretté et estimé. Vicq-d*Azyr prononça son éloge dans une assemblée de la Société royale de médecine.

Note 31 , page 173.

Euler (Léonard), un des plus illustres savants de rAllema» gne et du dix-huitième siècle, naquit à Bâie, en 1707, et s'illustra dans les mathématiques et dans toutes les branches de la physique. Il apprit d'abord les mathématiques élémentaires de son père Paul Euler, qui lui-même était élève de Jacques Bernouilli, puis il alla étudier à Bâle sous Jean Bernouilli, sans négliger la société de Daniel et de Nicolas^ fils de Jean, et qui, comme on sait, suivirent les traces de leur père. A dix -neuf ans, il obtint Paccessit d'un prix proposé sur la meilleure manière de mater les vaisseaux. Lorsque Catherine K® voulut fonder l'Académie des sciences de Pélersbourg, elle invita le jeune Euler à en faire partie, et il y devint professeur de mathématiques. Ce fut lui qui composa plus de la moitié des Mémoires qui parurent dans les quarante-six volumes in-4o de celte Académie, publiés depuis 1727 jusqu'en 1783, et en mourant il laissa encore environ cent Mémoires inédits qui parurent successivement dans la collection de la même Académie. Il écrivit aussi beaucoup pour le recueil de l'Académie de Berlin pendant les vingt années qu'il passa dans cette ville. Malheureusement , il devint aveugle dans les dix-sept dernières années de sa vie

qui furent ainsi perdues pour la science. Euler se maria et vécut au milieu d*une nombreuse famille. 11 mourut subitement, le 7 septembre 1783. Condorcet dit à ce propos : « Il <( cessa de calculer et de vivre. » Il ajoute : c Euler fut un c de ces hommes dont le génie fut également capable des c plus grands efforts et du travail le plus continu, qui multic plia ses productions au delà de ce qu'on aurait pu attendre c des forces humaines et qui cependant fut original dans c chacune, dont la tête fut toujours occupée et Tâme toujours « calme. >

Ce grand mathématicien fut le digne successeur de BernouilU et de Leibnitz dans la science du calcul. 11 s'occupa des questions importantes sur le syslème du monde que Newton avait laissées à résoudre à ses successeurs, et donna la solution d*un grand nombre d'entre elles. Il travailla beau- Coup sur la dioptrique et Tart de perfectionner les lunettes, et on peut le considérer comme Tinventeur de la théorie de Tachromatisme. 11 cultiva la philosophie en cherchant à populariser cette science et à rendre plus faciles les règles de la logique.

On se rappelle surtout aujourd'hui, parmi les ouvrages d'Euler, ses Lettres à une princesse d'Allemagne ^ dans lesquelles il lui explique les principes élémentaires de la physique , des mathématiques et de la philosophie. G*est un des meilleurs et de ses plus utiles ouvrages. 11 a été traduit dernièrement en français et accompagné de notes , par M. Cournot. Nous citerons encore sa Dioptrique^ 5 vol. in-4'*, et sa Théorie complète de la construction et de la manœuvre des vaisseaux.

Note 32, page 174,

Formey (Jean-Henri-Samuel), né à Berlin, en 4711, d'une famille française, fut, à Tâge de vingt ans, pasteur à Brandebourg, et obtînt, en 1739, la chaire de philosophie vacante par la mort de Lacroze. Depuis lors il se lia avec les hommes les plus remarquables de Berlin. En 1733, il s'associa avec

Bèausobre pour la création de la Bibliothèque germanique, commencée en 1720, et dont il publia Tingt-cinq volumes. Il entreprit ensuite une autre collection qu'il intitula : Nouvelle bibliothèque germanique^ et qui eut aussi vingt-cinq volumes. Frédéric, roi de Prusse, l'invita à entreprendre un journal auquel on donna le nom de : Journal de Berlin ou Nouvelles politiques et littéraires, Formey -en commença la publication avec succès, mais quelques démêlés littéraires la lui firent abandonner. En janvier 1744, il assista à l'inauguration de l'Académie des sciences et belles- lettres de Berlin, dont il fut le doyen jusqu'à sa mort. Il connut Voltaire lors du séjour de ce philosophe dans la capitale de la Prusse. En 1778, il fut nommé secrétaire de la princesse Henriette- Marie de Prusse , et reçut en même temps le titre de conseiller privé. En 1788, il devint directeur de la classe de philosophie de l'Académie de Berlin. Cet homme laborieux conserva jusqu'à sa mort l'habitude du travail et toutes ses facultés intellectuelles. Il mourut en 1797. On a de lui : Abrégé de la philosophie de Wolf, 6 vol. — Conseils pour former une bibliothèque peu nombreuse mais choisie, 1746, in-12, plusieurs fois réimprimé. Plusieurs ouvrages de philosophie et de théologie. Éloges des académiciens de Berlin et de plusieurs savants, 2 vol. in-12, 1757.

Note 33, page 175.

Mairan (Jean-Jacques d'Ortous de), né à Bézîers, en 1678, fut physicien, mathématicien et littérateur. 11 fit d'abord ses études à Toulouse, puis vint à Paris les continuer et les perfectionner. Revenu dans sa patrie, en 1715, il remporta un prix à l'Académie de Bordeaux, par un Mémoire sur les variations du baromètre; puis, les deux années suivantes, il obtint de nouveaux succès par deux dissertations, l'une sur la glace et l'autre sur les phosphores. Mairan vint ensuite se fixer à Paris et entra à l'Académie des sciences en 1718. Il fut alors très-assidu aux séances de cette compagnie et y lut plusieurs

Mémoires importants. Il fat cliargé, en i72l, avec VâHfBoii« de la recherche d*une nouvelle méthode pour le jaugeage des navires, afin de prévenir les plaintes du commerce et ïes fraades des marchands. Ce procédé, d'abord critiqué, fut ensuite accueilli avec faveur. Il publia ensuite dtfierents Mémoires sur Tastronomie, la géométrie, la physique ev l*histoire naturelle. Il était également excellent musicien et jouait avec talent de plusieurs instruments, ce qui ne Tempéchait pas dç donner encore du temps à la littérature, à l'histoire et aux antiquités, sciences dans lesquelles il acquit une véritable érudition. En 1740, il remplaça Fonlenelle dans la charge de secrétaire de TAca^émie. Au bout de quelques années, il légua cette place à Grandjean de Fouchy, celai qu'il avait désigné pour son successeur. Mairan mourut en 1771, âgé de quatre-vingttreize ans. Il était membre de T Académie française, où il avait succédé à Saint-Aulaire, et où il fut remplacé par Tabbé Arnaud. 11 appartenait aussi aux Académies les plus illustres de l'Europe. Il eut l'art de se faire estimer et rechercher par tous les savants de son temps et même par Voltaire, qui le consultait souvent et le considérait beaucoup. Parmi les travaux de Mairan, on doit remarquer un grand nombre de Mémoires dans le recueil de l'Académie des sciences, parmi lesquels il faut citer les Mémoires sur la cause du froid et du chaud; sur la réflexion des corps; sur la rotation de la lune; sur les forces motrices ^ et les expériences sur la longueur du pendule à secondes. Dissertation sur laglace^ 1749, iB-12. Il l'avait composée étant fort jeune et il la revit ^i|^îs. — Traité physique et historique de V aurore boréale. Il attribuait ce phénomène à l'atmosphère du soleil. On croK aujourd'hui que la cause réside dans une influence purement électrique.

Note 84, page 181.

Needham (Jean Turberville), excellent physicien et observateur, né à Londres, en 1713, de parents catholiques, entra a« séminaire de Cambrai , où il reçut les ordres sacrés. Il pro-

fessa ensuite la rhétorique à Douai et la philosophie en Angleterre. En 1745, il publia ses premières découvertes microscopiques qui annoncèrent en lui un bon observateur. U \int «nsuite à Paris, où il lit la connaissance de Buffon, qui apprécia ses talents, lui confia le soin de refaire ai de vérifier les expériences sur les animalcules lufusoires mentionnées dan» le deuxième volume de son histoire naturelle, et Ton voit que notre grand naturaliste s'exprime sur lui d'une manière trèshonorable dans ce même endroit de son immortel ouvrage. En 1T47, Needham fut reçu membre de la Société royale de Londres; cette distinction fut d'autant plus remarquable, qu'il était le premier prêtre catholique auquel cette compagnie accordât cet honneur. La médiocrité de sa fortune l'^obligea à remplir pendant quelque temps les fonctions de précepteur; il voyagea de cette manière en divers pays, et, dans un séjour qu'il fit à Genève , .il écrivit avec chaleur contre Voltaire pour réfuter les objections de cet écrivain contre la religion chrétienne. Voltaire lui répondit par des moqueries qui malheureusement eurent du succès et se répandirent , mais qui n'ôtent rien aujourd'hui au mérite réel de Needbam. 11 contribua à la fondation qui eut lieu en 1769 de la nouvelle Académie de Bruxelles par l'impératrice Marie- Thérèse, et mourut dans cette ville en 1781. Needham était justement estimé et apprécié des savants ses contemporains. Il était lié avec Bonnet, Trembley^ Buffon; il observait bien, mais comme écrivain son style était prolixe et diifus. On a de lui : Nouvelles découvertes microscopiques ^ Londres, 1745, trsiduitesen français, Paris, 1750, in-12. On y trouve la description de plusieurs objets microscopiques, de beaucoup d'animalcules, des expériences sur la laite du calmar, sur la poussière fécondante des plantes, sur les œufs de la raie, sur la composition et la décpuiposition des substances animales et végétales. — Recherches physiques et métaphysiques sur la nature et la religion, et Nouvelle théorie de ta terre, 11 y répond à plusieurs objections de Spallanzani ; plusieurs autres Mémoires sur la physique et rhistoire naturelle.

Noie 35, page 181.

RetziuSy naturaliste suédois, né en 1742, à Gbristianstadt, fui rélève et le continuateur de Linnée. 11 s'occupa d'abord de chimie et de piiarmacie , devint professeur de chimie et d'histoire naturelle. En 1766, il fut reçu docteur. Son savoir et ses connaissances lui valurent la place d'intendant du jardin botanique de l'Université de Lund. Après avoir consacré toute sa vie au travail, il mourut à Stockholm en 1821. On lui doit un Abrégé des principes de la pharmacie y Stockholm, in-S'*.— Vne Fîore Scandinave, Stockholm, 1779. Cet ouvrage est resté comme le meilleur répertoire botanique pour les contrées du Nord. — Introduction au règne animal, d'après le système de Linnée, Stockholm, 1772, in-S®. — Un Résumé des Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des insectes, par de Geer. — Plusieurs autres ouvrages d'histoire naturelle.

Note 36 , page 182.

Oken est né à Fribourg et a été professeur à léna. Ce savant a vécu quelque temps à Munich en simple particulier, su chaire lui ayant été retirée par suite de diverses circonstances politiques. 11 est aujourd'hui professeur.à Zurich. Son système d'histoire naturelle, fondé sur la philosophie de Schelling, c'est-à-dire sur ce que les*. Allemands appellent la philosophie de l'absolu, est fort obscur. L'auteur y emploie une quantité de termes bizarres et tout à fait nouveaux, fort difficiles à entendre. Il a été développé pour la première fois en 1809, et une traduction en français a été publiée à Paris en 1821* L'auteur en a donné une nouvelle rédaction à Leipzig en 1834. On en trouve une excellente esquisse au cinquième volume de V Histoire des sciences naturelles , par George Cuvier.

Note 87, page 184.

Spallanzani (Lazare), savant et illustre naturaliste dont Ie9^

ouvrages âont encore aajoui*d*hiii cites et admirés, naquit en 1729, à Scandiano, petite ville du Modepais, où étaient nés le Boiardo et Vallisneri. 11 étudia la rhétorique et la philosophie chez les jésuites, et suivit à Bologne les leçons de Bianconi et de la fameuse Laura Bassi, si célèbre par son savoir. Il était destiné à la carrier^ du barreau; mais Vallisneri, qui prévoyait ses succès à venir, l'engagea à suivre son goût pour les sciences. 11 entra alors dans Tétat eccU^ si astique, se mît à étudier les langues savantes et les ttiathémaLîque^, puLs en 17S4 fut jugé digne de remplir la chaire de lo^^ique, de mûtaphysique et de littérature grecque à runiversUé de Reggio, Pendant le temps de son enseignement, jl L'tucJLD surtout %>mère et releva une foule d'erreurs de SliIvjdÎj regarde alors comme le meilleur traducteur de ce lïoëto en Italie. Pendant son séjour à Reggio, il fil plusieurs excursions ^Lieuiiliques dans les Apennins et s'y occupa des iihénooiènef; géoU^giques de ces montagnes et de la formation des sources et des rivières. 11 accepta ensuite utie place de professeur ùi rtini\ersiië de Modène. 11 s'occupa alors de plusieurs travauï mui bernatiques et publia une dissertation sur la Thémie des ricochûts. Vers 1768, portant ses recherches sur différents points de la physiologie animale, il fit plusieurs ex|jtrr<eiices importantes sur la reproduction des membres courtes dans les uniinaux à sang froid, particulièrement sur ceux dii polspe, du ver *le terre, et sur la réparation de la queue et des pùlles* de Ta salamandre aquatique. Il prétendit aussi.que l'escargot reproduisait sa tête lorsqu'on l'avait coupée. Nous avons traité cette question dans la vie de Bonnet. Les travaux de Hàller et de Malpighi l'engagèrent à continuer leurs observations sur la circulation du sang. 11 employa pour cela le microscope de Lyonnet , supérieur alors aux microscopes ordinaires et doût le pHncipâlavantage consistait à employer la lumière réfléchie aulieu*dela lumière réTractée, qui olFre quelquefois rinconvénient d'altérer la couleur des objets. Il étudia et expliqua le cours du sang chez les animaux dans le tube intestinal, dans le foie, dans la rate, les poumons. Il décrivit les

progrès de la circulation à mesure que TaDimal prend de VzC" croissement ; il rechercha la cause de la pulsation des artères dans les animaux à sang froid. La publication de Touvrage qull écrivit sur ce sujet lui valut la place de professeur d'histoire naturelle à Pavie. Il commença ses leçons par prendre pour texte la Contemplation de la nature y de Charles Bonnet, qu'il expliqua , commenta , et à laquelle il ajouta ses propres observations. Dans le premier volume de ses Opuscules de physique qui parut en 1776, il exposa ses hypothèses sur les animalcules des infusions et ceux des liqueurs séminales. Il rétablit la vérité sur l'animalité de ces petits êtres que Buffon appelait des molécules organiques et en qui il ne voulait voir que de simples monades saus aucune organisation constante. 11 établit la vérité des faits sur la constitution de ces animalcules et releva plusieurs erreurs de Leuwenbœck. H entra dans les détails de la description du rotifère et du tartigrade , petits animaux si remarquables par la singularité de leurs formes et plus encore par la propriété singulière de conserver la vie pendant plusieurs années lorsqu'ils sont desséchés et de la reprendre lorsqu'on vient à les humecter de nouveau. Placé à la tête du cabinet d'histoire naturelle de Pavie, il le réorganisa entièrement. 11 acquit pour cet établissement la collection de vers de Goetze et une grande quantité d'échantillons d'animaux des trois règnes qu'il alla chercher en divers pays. En 1779, il parcourut la Suisse et vint à Genève, où il rencontra Trembley, Saussure, Bonnet et Sennel)ier. Il retourna en Italie par le Saint-Gothard et par Berne, où il rendit hommage en passant au tombeau de Ualler. Occupé dans ses leçons d'expliquer le mécanisme de la digestion, il reproduisit les expériences de Réaumur sur les effets du gésier des oiseaux ; il établit que le suc gastrique est l'élément essentiel de Cette fonction. Pour arriver à ce résultat, il multiplia les essais de tous genres et ne craignit pas de faire beaucoup d'expériences sur lui-même. Dans d'autres expériences encore plus délicates qu'il entreprit sur la génération y il continua les travaux de Harvey, de Malpighi , de

Graaf et de Vallisneri, qui s*en étaient occupés avec succès. 11 se rangea du parti de Bonnet qui soutenait la préexistence des germes et crut avoir prouvé celle des têtards dans les grenouilles, les crapauds et les salamandres. Mais il eut contre lui le iiaturaliste Lacépède qui combattit ses assertions et prétendit an contraire prouver que les globules pondus par la grenouille ne différaient en rien de la nature des véritables œufs. Ses expériences sur la génération des animaux, qui furent pourtant suivies d'importants résultats, Texposèrçnt aux plaisanteries des oisifs, mais servirent à établir sa réputation de savant consciencieux. Ses recherches s*étendirent également sur le règne végétal et sur la physiologie dei plantes. En i78i, il entreprit un voyage sur les côtes de la Méditerranée. 11 y étudia les productions marines et la phosphorescence de la mer dont il découvrit la véritable cause dans les aniDhalcales infiniment petits qui flottent à sa surface. Nomme professeur d'histoire naturelle à Padoue à la mort de Vallisneri, il continua ses travaux avec ardeur. En 1785, il entreprit un nouveau voyage d'observation en Orient et parcourut la Hongrie et rAutricbe. Ce tni ensuite le tour des explorations géologiques. 11 visita, en 1788, le Vésuve, la Sicile et TEtna. 11 examina les fameux écueils de Scylla et de Gharybde.et se rendit compte d'une foule de phénomènes géotogiques et minéralogiques. II étudia en passant les récits de la littérature ancienne et les passages de Virgile, de Diodore et de Strabon sur les pays qu'il parcourait. D'autres travaux sur les oiseaux, leur ihîgration, sur le vol des chauvessouris et la manière dont elles se dirigent lorsqu'elles se trouvent privées de l'organe de la vue, occupèrent la dernière partie de sa carrière. Cet illustre naturaliste mérita par tant de travaux le sufi*rage unanime de tons les savants de l'Europe, et ses ouvrages furent bientôt traduits dans les principales langues. I! motirut en 1T99. On peut citer parmi ses ônvrages un grand nombre de Mémoires sur l'histoire natufelle. — La Contemplation de là nature, de Bonnet, traduite tn Htlieft, 2 if^ \u^, — Opusculia de physique animale et

végétale, 2 vol. hi^®, 1780; traduits en f^'ançais par Senne-> biep sous le titre ù^ Expériences sur ta digestion çt Expériences pour servir à V histoire de la génération, Genève, 1783 à 1785, in-S"". L*éIoge de Spallanzani a été composé par Sennebier, Fabroni et Alibert.

Note 38, page 204.

' Pluehe (Noël-Antoine). — Ce littérateur savant et ingénieux est principalement connu par son Spectacle de la nature. H naquit en 1688, à Reidas, et entra dans Tétat ecclésiastique. Son Spectacle de la nature , qui est son principal ouvrage, est rempli de choses utiles et intéressantes. Il est regrettable que oe traité soit prolixe et diffus, car il sefait possible, avec quelques modifications, de se servir du même plan, qui est excellent, et de le remettre au courant des connaissances modernes. Pluehe mourut en 1761.

Note^9, page 218.

Éunter, — Il y a deux médecins anglais de ce nom : le premier, Williams Uunter, né en 1718, anatomiste remarquable, mort en 1785; le second, Jean Huuter, né en 1728, se distingua dans la chirurgie et dans Tanalomie, et fut l'auteur d'une admirable collection d'objets anaiomiques. Ses ouvrages sur cette matière le placent au premier rang des observateurs et des pathologistes. On reconnaît surtout le mérite de son Traité des plaies d'armes à feu, in-4", 1794.

Note 40, page 222.

* Borelli (Jean-Alphonse), né à Naples, en 1608, fat médecin et observateur distingué et s'î^pjiqua surtout à l'étude des phénomènes de l'économie animale qui reposent en certains points sur les règles de la m^caniqujB, tels que les mouvements, la marche, etc. Il professa à Pise et à Florence,

et mourut à Rome, en 1679. Parmi plusieurs ouvrages iippor^ tants sur lés màlhémaliqjue?, rastropomie et la médecine , nous citerons un Traité des mouvemçnU naturels^ Bologne, 1670 et 1686, in-4°, et des Mouvevients des anima'^x^ Rome, 1680-1681, 2 vol. in-4*>. Cet ouvrage fait encore aujourd'hui la réputation de Borelli ; il y établit l'analyse des m^ouvements par les règles de la mécanique. H compare les os à de véritables leviers, les muscles à des puissances qui. les font mouvoir. II calcule le degré de force des uns et des autres et en tire Texpiication des phénomènes.

Note 41 , pa^e 234.

Sur les polypes d'eau douce ou hydres, — Les polypes de Trembley ne doivent pas être confondus avec d'autres animaux du même nom. Les anciens appelaient polypes des auimaux à plusieurs pieds ou bras que nous appelons aujourd'hui céphalopodes, mot qui veut dire peds placés à la tête. L'animal appelé par les anciens polype, est aujourd'hui appelé poulpe, genre établi par Laniarck. On connaissait déjà les poulpes dans l'antiquité. Aristote les a décrits d'une manière très-complète ds^ns son histoire des animaux. Rondelet leur donna le premier le nom de poulpes, puis Swammerdam dans sa Bible de la nal^ure. donna de nouveaux détails sur leur or^ ganisation.

Guvier, enfin, dans ses études sur les céphalopodes, prit le poulpe comme type et en donqa une excellente, anatoinie. Ce genre peut être csiractérisé 4^ la .manière suivante : corps plus ou ipoins globulçux, sans, expansion natatoire, ni corpp protecteur dorsal, «givec une tête fort grpsse* pourvue de quatre paires de tentacules , gafnijes de , deux rai^gs de veur touses. , , , .

Les mœurs des poulpes et leur figure ge rapprochent b<^u* coup de celles des sèches et des calmars qui sont à peu près leurs analogues. Le type de l'espèce est le poulpe vulgaire, octopus vulgaris , de Lamarck ; sepia octopoda , de Liasé. 11

à la peau légèrement grenue. Ses bras gs^rnis de cent \in^^ paires de ventouses ont six fois la longueyjr du corps. Il couvre, dit-on, jusqu'à douze pieds d'espace et peut entourer le corps d'un homme. Ce redoutable animal habite les côtes de la Méditerranée et de la Grèce, où il est très-dangereux pour les baigneurs. Mais les anciens ont écrit sur son compte une foule de récits qu'il faut ranger parmi les fables.

On appelle aussi en histoire naturelle polypes un genre de zoophytes qui forment un assez grand nombre de classes et que Lamarck désigne ainsi : animaux gélatineux à corps allongé , contractile , n'ayant aucun viscère intérieur autre qu'un canal alimentaire et une seute ouverture, une bouche distincte, terminale, soit munie de cils mouvants, ?oit entourée de tentacules ou de lobes en rayons ; aucun organe^ dç sentiment, de respiration ou de reproduction. Celle-ci a lieu par germes tantôt intérieurs, tantôt extérieurs. La plupart adhèrent les uns aux autres, communiquant ensemble et formant des animaux composés. La classe des polypes est divisée par Lamarck en cinq ordres, dont voici les noms : \^ polypes ciliés; 2° polypes nus; 3<» polypes à polypier; 4" polypes lubifères ; S» polypes flottants.

Les polypes d'eau douce ou hydres furent découverts par Abraham Trembley, et nous croyons que c'est à tort qu'on a voulu lui disputer cet honneur. Il est Vrai de dire, d'après l'aveu de Trembley lui-même S que les hydres avaient été vues par Leuwenhoeck et par un Anglais anonyme qui en parla dans les transactions philosophiques pour l'année 1703. Bernard de Jussieu les connaissait aussi depuis longtemps, mais c'est Trembley qui constata leur animalité et fit voir que leur reproduction pouvait se faire par bouture et par division, c'està-dire que toutes les parties coupées, quelque petites qu'elles fussent, formaient autant de nouvelles hydres ou de nouveaux polypes. Abraham Trembley les rencontra, en 1740, aux environs de La Haye, dans les étangs d'une maison tle campagne,

* Mémoiret pouf servir à VliUioire des polypes, tome !•'.

appartenant au comte de Bentînck. Il les prît d'abord pour de petites plantes, mais il ne tarda pas à observer leur animalité. Il écrivît sur ce sujet un ouvrage intéressant en deux volumes, intitulé : Mémoire pour servir à V histoire des polypes d'eau douce. On y trouve les nombreuses expériences qu'il fit sur ces animaux singuliers^ la manière dont il les coupa, les retourna et les remit ensuite dans leur premier état , et les divisa en un grand nombre de parties qui devinrent autant de petites hydres. M. Bory Saint-Vincent continua à étudier leur histoire et les naturalistes modernes ont vérifié et constaté tous les faits avancés par Trembley. Nous-mêmfr nous avons répété une grande partie de ses expériences, et pendant tout Tété de 1854, nous avons possédé un bocal rempli de ces animaux qui nous avaient été donnés par M. Graliolet, professeur au Jardin des Plantes, qui les avait recueillis dans les bassins du jardin. Les observant tous les jours, nous avons pu voir leur extrême délicatesse et leur agilité sans pareille pour pêcher de petits animaux. Leur corps transparent, long d'environ six lignes, très-délicat, mais très-visible , est armé d'une quantité de tentacules au moyen desquels ils saisissent les petites daphnies dont nous avions rempli le bocal. Nous lés voytons faire descendre leurs tentacules à une longueur d'environ deux pouces et là attendre patiemment que le petit crustacé vfnt à passer à leur portée, puis en un instant nous le voyions saisi avec la vitesse d'un pêcheur qui prend un poisson à la ligne et amené dans la bouche du petit zoophyte,qui en avalait ainsi tout ce qu'il en pouvait contenir.

Les polypes ou hydres, coupés transversalement, se reproduisent comme nous l'avons dit plus haut, mais il est plus difficile de les retourner entièrement, comme l'ont fait Trembley et Bonnet. Il faut pour cela présenter une proie au polype, puis lorsqu'il l'a avalée et qu'îl est bien élargi, il faut prendre une soie de porc, et repousser légèrement en dedans ^extrémité du sac qui constitue l'animal ; comme sa partie antérieure est considérablement élargie, le fond du sac, ou l'es-

toniac, se trouve ainsi suffisamment rentré en li^i-méme pour que la proie soit rejetée et le polype entièrement retourné. C'est ainsi que Trenibley décrit cette opération au tome II de ses Mémoires sur les polypes.

Oji trouvera une description complète des mœurs de ces petits animaux dans Touvrage cité plus haut de Trembley, 2 vol. in-12, Paris, 1744, Les planches, ti^ès-bien dessinées par Lyonnet, sont de la plus parfîfite exactitude. Nous conservâmes ces animaux jusqu'au mois de novembre, mais malgré nos précautions ils périrent de. froid. On trouvera d*amples deuils sur eux dan^ le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, dans le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle et dans, celui de M. Dorbigny.

îîote 42, page 238.

Ehrenherg, — Ce savant professeur allemand s'est principalement occupé de chimie et à cette occasion de recherches microscopiques sur l'organisation des corps.

On lui doit une foule d'observations et, de découvertes faites dans l'ordre des animalcules et des infiniment petits. Il a composé une histoire des zoopbytes infusoires et en a fait une classification. C'est à lui qu'on doit la découverte de la constitution du tripoli , qui n'est autre chose qu'un amas de dépouilles siliceuses d'animalcules infusoires. M. Ebrenberg «st ,l!aut^ur d'une nouvelle classification des animalcules microscopiques. 11 les xllvise jcn deux ordres : les polygastriques et les syslolides, parmi lesquels se trouve le rotifère; mais cette nouvelle nomenclature a trouvé beaucoup de contradicteurs , particulièrement M.. Dujafdin , auteur iui-même d'une histoire des %oophytes infusoires.

Mûller. — Ce Muller ne doit pas être 'confondu avec le naturaliste danois dont nous avons parlé plus haut. Celui-ci est Jean Millier, auteur d'un Manuel de physiologU^ traduit en français par M* Jourdan,

Glelçheny Gruitj^tiisen et Burdach, tous trois sovants physiologistes allemands et auteurs d'puvr^ges trèâ-estimégf Celui de Burdacji a été traduit en frappais, eii 7 vol. in-8<».

Sur le microscope: — L'histoire du microscope serait un appendice nécessaire à toute histoire de la physique, si nous ne craignions d'entrer dans trop de détails. Nous croyons cependant devoir donner quelques considérations abrégées sur cet important sujet.

11 règne beaucoup de doutes sur l'origine de son invention et il est fort difficile d'en préciser la date. Suivant Sigaud de Lafont (^Traité de physique^ tome IV), le microscope aurait été connu depuis le treizième siècle et inis en usage par Fonlana, en 1618. Ce Foptana ne peut être Dominique Fontana, célèbre architecte, mort en 1607; mais pourrait être Fonlana, aslronome napolitain, mort en 1656, et qui s'occupa beaucoup de travailler les verres.

Suivant le même auteur, Drebbel serait l'auteur de cette invention et Huyghens semble établir ce fait dans sa Diop^ trique fpage 221). Drebbèl, né en flollande en 1572, était en effet philosophe, physîcîéri, alchimiste,* et s'occupait avec succès d'expériences scientifiques. Suivant d'autres auteurs, le microscope serait dû' à Zacharias Jansen, qui fabriquait des lunettes à Mîddelbourg, en Zélande, en 1590 ^ Quel que soit l'auteur de cette invention merveilleuse, il est certain qu'elle a outert un champ immense à l'observation et prodigieusement agrandi le domaine des sciences physiques. Aussitôt que cet instrument fut connu, les physiciens et les naturalistes se bâtèrent dé l'employer avec plus ou moins de succès ou d'habileté et s'occupèrent à le perfectionner. On peut croire que Galilée s'en servit, ttarvey l'employa pour étudier la circulation du sang et ror;?anisalion des tissus. Hook , en Angleterre, et Leuwenboek, en Hollande, ouvrirent la route à une quantité d'oTjservateurs qui donnèrent à la micrographie un développement considérable.' ' ■ ' ' ^

' Yoye^ le Journal des savanUi année 1677.

De simple qa*il éuit d'abord , le microscope deTÎnt com« posé et tal porté à an bien plus haat degré de perfection. L*inventiOD plus moderne de Tachromatisme vint encore y ajouter an nouvel élément de succès. Saler donna vers la fin du siècle dernier les formules nécessaires, pogr construire le9 lentilles achromatiques, et fit tous ses çffbrts pour appliquer ses essais aux lentilles des microscopes , mais sans pouvoir y réussir complètement. Jean DoUond, çpticieQ anglais, s*y appliqua au commencement du siècle , et parvijit à (jicterminer la qualité des verres qui , réunis , devaient produire Tacbromatisme. Frauenhofer, célèbre opticien et physicien allemaçd, construisit les premiers microscopes réellement achropia^iques vers 1818, tandis que Wollaston, Goring et Pcitcb^d apportèrent en Angleterre des perfectionnements important^ aux qnicroscopes simples en même t,emps qu'aui^ composés.

Plusieurs opticiens français s*appliquèrent aussi à la construction des lentilles achromatiques, et M. Amici djç Modène inventa le microscope dioptrique horizontal au moyen, duquel il parvint à des grossissements très-considérables-avec une parfaite lucidité. Nous n*entrerons pas dans tous les détails des ^fifets produits dans les bons microscopes d'aujourd'hui. Nous nouç bornerons à dire que ce qui était autrefois un instrument rare et dispendieux devient aujourd*bui un appareil très-peu coûteux et avec lequel on peut faire une grande quantité d*expériences. Oh a beaucoup parlé des grossissements énormes produits par les microscopes de M. Amici et d'autres semblables; mais nous pouvons dire, d*après les expériences des meilleurs observateurs et le témoignage de M. Dujardin , auteur du Manuel de V observateur au microscope, que les meilleurs grossissements sont ceux où Tobjet est amplitié depuis deux cents jusqu'à cinq cents fois. Avec un pareil grossissement, on aperçoit très-bien la circulation du sang dans la q^ueue du têtard, les animalcules infusoires de presque toutes les espèces, y compris ceux des liqueurs animales et la circulation de la sève dans les plantes.

Avec un grossissement de quatre-vingts fois, on voH tré«*

bien les globules du lait et les parties les plus ténues des insectes. Mais il faut aller à environ deux cents fois pour isoler les globules du sang. Les meilleurs microscopes sont aujourd'hui ceux de MM. Nachet et Georges Oberhauser.

Nous croyons devoir aussi dire un mot du microscope solaire. 11 fut, dit-on, inventé par Lieberkiihn, anatomiste allemand, qui en fit construire un et le communiqua à la Société royale de Londres, en 1743. Ce microscope était d'abord sans miroir, et celte utile addition est due aux Anglais. Le microscope solaire, armé de bons verres, forme un des spectacles les plus intéressants que puisse présenter k physique. Il offre un champ beaucoup plus étendu que les meilleurs microscopes composés , parce que l'image reçue par l'intermédiaire des verres sur un écran se présente sous un angle d'autant plus ouvert qu'on éloigne davantage celui-ci. On pourrait le comparer à une espèce de lanterne magique où, au lieu de lampe, la lumière serait fournie par le soleil. Le spectacle que présente cet appareil est véritablement merveilleux. Tous les plus petits détails de Tanatomie végétale ou animale y sont amplifiés jusqu'à quatre ou cinq cent mille fois. Aussi une puce y paraît-elle grosse comme un mouton et une aile de mouche comme le battant d'une porte, de sorte qu'aucun détail des objets ne peut échapper. Les cheveux y semblent d^énormes cannes de jonc et les petites barbes des herbes ou des plantes ressemblent à une forte pique. Ajoutons seulement comme correctif que l'observation y est sujette à des cirreurs , à cause des effets de diffraction de ceux causés par le mouvement de l'écran , et que d'ailleurs son emploi est complètement subordonné à la présence du soleil.

Note 43 , page 248.

Nollet (l'abbé» Jean-Antoine), physicien habile qui rendit de grands services à la science par son goût pour les expériences et par de bons ouvrages, naquit en 1700, dans les environs deNoyon, de pauvres cultivateurs qui l'envoyèrent au collège

de Beaayais. il termina sea étwiefi à Paris et entra ensuite dansujoe famille comme précepZ,eor^ et son goài Tentralnant vers la science, il se créa un petit laboratoire dans lequel il se li^ra à une foule d'essais diyers. Admis, en 1728, dans une Société scientifique particulière fondée par le comte de Clermont, il s'y distingua par son %èle et son savoir. Dufay, le directeur du Jardin des Plantes, Tassocia à ses recherches sur rélectricité. Béaumur Taccueillit également bient £n 1734, il visita TAngleieipre et la JloU^nde; puis, de.retpuç à Paris, annonça u.n, cours de physique qui oj^tijot beaucoup de succès. Il entra à l'AcaAémie des scienc.es en 1739, puis fit de nouveaux, cours à Bordeau^^et à Turij[|.Eu 1743 parurent ses Leçms de physique, ouvrage. dans lequel il exposa les princi* pesde c^tte. science avec une parfaite clarté, et dans le<|uel il fit coJpnaîlr^ et popularisa les décou,vertes de Newton 3ur Toptique. W fat appelé ensuite encore une.fois à faire un cours de physique ^ Versailles, emploi qui lui valut la protection du Daupbi^. £n ili2^ le roi l'envoya en Italie pour faire un rapport sur Tétat des sciences d^ns cette contrée. Il remplit sa mission, avec zèle et intelligence, et rapporta de ce voyage de nombreux manuscrits dont il fit part à l'Académie. En 1756, il fut nomjpié professeur de physique expérimentale au collège de Navarre , puis professeur de physique et d'histoire nata«relle des enfants de France. Il fut enfin appelé au même enseignement à récole ^'artillerie de La Fère. Il venait de terminer un ouvrage très^important intitulé' ZUr/<;fes expériences, ouvrage où il a donné la description des instruments de physique a kcc les procédés de leur construction, lorsqu'il- tomba malade et mourut a V^c les sentiments d'uu philosophe et d'un chrétien, le 24 avril 1770.

Nollet était entré de bonne heure dans l'état ecclésiastique» mais il était resté daiis les ordres mineurs. Doué de grands ts^lçpif^ et possédant de vastes connaissances, il- av^( eu ^j^X\\%^fii^s legt plus rares qualités du ccBur., Il rendait seiv y.iqe:^,^$es..f»n^is, et consacrait toute la fortune qu'il <jevait à ^pj[^^tr;9yAil.à.;^9Ut,^ir. ses pauvres parents. Nollet était menbrç

de la Sodélé royale de Londfes, de rinstUut de Bologne e^t de pluaieiirs autres Sociétés^savanles. Son éloge fut prononcé par Gcandjeaa de Foucby. Ses Leçons de physique expérimen^ taie parprenl en 1745^ 6 vol. inTl2. Les éditions de,175d et les aui vantes sont les meilleures, pn lui doit aussi : Recher^ ches sur les- causes particulières des phénomènes électriques, 1749, in-12. — Essais sur l'électricité des corps, 1749, iu'-iâ. — Recueil de lettres sur V électricité , 4753, 3 vol. in-12. — VArL des expériencesp Pariâj 1770, 3 vol. in-12; en outre un grand nombre de fi|émo|res dans le recueil de T Académie des sciences.

Noie 44, page 262.

Sur les migrations des oiseaux, — Nous engageons les lecteurs , curieux de connaître à fond cet intéressant sujet , à consulter le savant ouvrage de M. Marcel de Serres, intitulé : Des causes des migrations des divei's animaux y i vol. in-8®, Paris, 1845. Cet ouvrage, extrêmement complet, donne lés détails les plus étendus sur toutes les espèces voyageuses. On y trouvera des faits tout à fait inconnus sur les voyages des oiseaux, deâ poissons. Il est de plus accompagné d'une carte servante ^ndiqlier les routes parcourues par les diverses espèces.

Note 45, page 306.

Lavater (Jean- Gaspard), né à Zuricb, en 1741. Il entra dans les ordr^ de bpnn^ heure H suivit avec zèle cette camière en même temps qu'il se livra à Tétudede la philosophie et de la littérature. On connaît prinpipalement de lui les Essais sur la physiononm^ Jiyre qui eut uno renommée européenne. C'est l'ouvrage qui fait le plu^4'4ionnettr à Lavater et qui probablement survivra à tous les^au^^es. 11 est rempH d'obfiervâti#i^s justes et déUcates. La meilleure traduction française est eelte de Moreau de la Sarthe, en dix volumes iii-4°, avec de belles ii^ure^'fl0 CJ^o^oMriecJ^y, Mvater mourut en 4801, des suites

d'ane blessure que Ini fit un soldat k la reprise de Zaricb par les troapes françaises. 11 avait ane facilité étOBDante pour écrire. On Toit , dans les catalogues bibliographiques aile* mands, une liste de cent vingt-neuf ouvrages sortis de sa plume. On trouve sa vie très-bien écrite et très-bien complète à la tête de la traduction française dont nous venons de parler.

Menâelssohn (Mosès), c'est-à-dire Moïse fils de Mendel, naquit à Dessan, de parents Israélites. H se livra de bonne heure à rétude de la littérature de sa nation et devint bientôt trèsérudit dans la connaissance des livres religieux des juifs. U étudia ensuite avec ardeur les malbémaliques. Longtemps la pauvreté fut pour lui un obstacle à ses études^ mais il fat aidé par des personnes généreuses et parvint enfin à une position plus indépendante. Mendelssoba se livra avec beaucoup d'ardeur à TéLude des langues modernes, et ses premiers essais en allemand, fjurent des Lettres sur le sentiment et la Traduction d%(, discours de Jean- Jacques Rousseau sur Porigine de l'inégalité parmi les hommes. Un peu plus tard, il çolra en qualité de pr^écepUur dans la maison d'un riche mauofactarier en soie nommé Bernard. Plus tard , il obtint un emploi encore plus important oui lui valut des appointements considérables. En i 754 , il rencontra à Berlin le philosophe et littérateur Lessing et se lia bientôt d'amitié avec lui. On prétend que Lessing lui donna des leçons de grec et lui apprit à connaître les ouvrages de Platon.

La lecture du livre de Tabbé Dubos , intitulé : Ré/lexùms critiques sur la poésie et la peinture,]\ïï inspira l'idée de traiter cette partie des belles-lettres que les Allemands ont appelée esthétique ou analyse des sentiments moraux dans l'art. Les études qu'il fit dans ce genre le conduisirent à traiter cette partie dans plusieurs articles de littérature; mais Lessing, frappé de ce qu'il pouvait y avoir de vague et d'incertain dans la direction Uitéiaire de son jeune ami , lui en donna use autre et l'engagea à se réunir à lui et à plusieurs lutrea n-

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tants^parmi lesquels se trouvaient Abbt et le libraire NicoTaï pour publier l'ouvrage intitulé : Nouvelle bibliothèque des belies^lettres et les Lettres sur la littérature , 1761 à i765, recueil qui fit beaucoup de bruit en Allemagne. 11 publia aussi, en 1765, avec Nicolaï, la Bibliothèque allemande universelle. Son attention se porta ensuite sur la pbilosophie et la métaphysique. L'Académie des sciences de Berlin ayant proposé, en 1763, une question sur l'évidence en métaphysique, Mendelssohn remporta lé prix en 177i. En 1767, il publia son premier ouvrage de philosophie sous le nom de Phédon. C'est un traité sur l'immortalité de l'âme basé sur les mêmes principes et développé avec les mêmes formes que le dialogue de Platon. Le discours préliminaire contient la vie de Socrate, puis, dans les entretiens suivants, Il expose la philosophie des Grecs et emploie toutes les ressources du raisonnement pour démontrer la doctrine de la spiritualité de l'âme. Il établit comme un axiome que l'âme étant une force primitive, il est impossible qu'elle s'anéantisse. Cet ouvrage, d'un bon style et d'une excellente logique et dont le but est aussi élevé que le style éloquent, lui valut des suffrages universels, et la réputation de Mendelssohn s'établit comme celle d'un des plus grands philosophes de l'Allemagne. Aucun étranger ne passait à Berlin sans venir lui rendre visite. Lavater étant venu dans cette ville chercha à l'y rencontrer et fut très-é tonné de trouver le philosophe dans le magasin de M. Bernard, occupé ^ mesurer de la soie. 11 n'en eut pas moins avec lui un entretien très-suivi sur les sujets religieux et philosophiques les plus élevés. Ce fut à peu près vers cette époque que Lavater, s'occupant à traduire la Palingénésie de Bonnet, dédia, en 1769, sa traduction à Mendelssohn, et dans sa dédicace, animé par an zèle exagéré, le somma ou de réfuter les arguments contenus dans Pouvrage ou d'abandonner la religion de ses pères et de se faire chrétien. Nous avons vu, dans la vie de Bonnet, que cette discussion avait été fort pénible pour les trois personnes intéressées, et, comme on devait s'y attendre, Mendelssohn n'en resta pas moins juif qu'auparavant. Depuis cette

époque, ce philosophe sembla se, vouer entièrement à tout ce qui pouvait contribqer au progrès social et moral de la nation juive. Son premier soin fut de publier, eniJlSf de concert avec le grand ral)j)in de B^Iin,. le Code des lois et rHes des juifs. Il donna ensuite upe traduction de la Bible en allemand qu*il fit imprimer avec des lettres hébraïques el en y ajoutant l'extrait des commentaires les plus estimés. Par- les soins de Mcndeissohn, des écoles et des maisons d'éducation pour les juifs furent créées en Allemagoe , et ses coreligionnaire» se mirent à étudier avec ardeur les sciences et la littérature. En 1780, David Friedlander, Tun d'eux, ami de Mendelssohn, se mit, pour suivre son exemple, à composer des livres élémentaires de morale et de, petits livres de prières pour las enfants. En même temps, Euchel établit à Kœnigsberg une réunion littéraire intitulée : « Société amie du bien et de la « vertu, » et publia un journal en hébreu et en allemand. Après beaucoup de travaux du même genre, Mendelssohn publia, en 1785, Touvrage intitulé : Heuras du matin. C'étaient des leçons de philosophie données à ses enfants et à ses amis sur l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, le droit naturel et la morale. Ce fut son dernier ouvrage. Un léger refroidissement le fit succomber, en 1786, la même année que le roi Frédéric le Grand. Mendelssohn était de petite taille et contrefait, mais sa physionomie était pleine d'expression et de vivacité. Ses yeux noirs, son front large et élevé annonçaient beaucoup de pénétration et de hautes facultés. Ses manières douces et modestes accompagnaient beaucoup de franchise et d'agrément dans l'expression. 11 rendit de grands services à la nation juive en cherchant à la civiliser el en amenant un rapprochement entre les Israélites et les chrétiens. Par son influence, un grand nombre de juifs firent élever leurs enfants dans des écoles chrétiennes, et l'on vit ainsi diminuer l'antagonisme entre deux religions ennemies. Aussi la perte de cet homme célèbre fut-elle un jour de deuil pour ses coreligionnaires ,. et les* juifs.de son temps disaient qa'a|urès Moïse le législateur et Moïse Maïmonidei: leur plus grand

homjne. était fifoïse, Mendelssobn. Des. philosophes chrétiens Tont comparé à ce quMl y a de plus illustre dans Tantiquité. Ls^ fille aînée du philosophe avait été mariée à Frédéric Schlégel, savant, littérateur, et le compositeur Mendelssohn est son petit-fils. On a de cet homme remarquable, parpii beaucoup d'autres ouvrages : Lettres, à Lavater, J770. — Une édition en hébreu de la Logique de Maïmonide. — Œuvres philosophiques, Berlin, 2 vol. in-8», 1761, 1771, 1777. — PhédoîK Dialogues sur l'immortalité de Vâme, Berlin, 1 767, in-8", H y a eu plusieurs autres éditions, et, Touvrage a été traduit dans presque toutes les langues. — Lois rituelles des juifs, Berlin, 1778. — Heures du matin ou Leçons sur Vexistmeede Dieu^ Berlin, 1783, 1 vol. in-8°. Beaucoup d'articles de journaux et de morceaux de littérature insérés dans des écrits périodiques.

Note 46, page 317.

Rozier (Tabbé Jean), né à Lyon en 1734, montra trèsjeune d'heureuses dispositions et manifesta du goût pour les sciences et les expériences scienti6que§. H entra dans l'état ecclésiastique et fit ses études daps un séminaire d'où il sortit avec le titre d'abbé. Son père estant mort en 1757, Rozier ne trouva pour héritagequ'une.U'ès-petite fortune.Xïui fut bientôt employée tout entière à des expériences, et il eut. occasion de faire connaissance, en 1761, avec le savant- Bourgelat, directeur de l'école vétérinaire à Lyoui la première qui fut créée en France. Bourgelat fut tellement frappé des connaissances- de l'abbé Rozier^ qu'ayant été appelé à Paris pour présider à. la formation de la nouvelle école vétérinaire que le<goaverne* ment voulait établir à Alfort, il crut ne pouvoir mieux faire que de désigner son jeune ami pour occuper la place qu'il laissait vacante. Celui,-ci se livra tout entier alorsi^ux sciences expérimentales et le premier fruit de ses éludées fut un traité .de bota4)iquje., intitulé ; Démonstrations élémentaires de l^o- ^fl«i3'i4e,X^on,4766,. II. y, réunit les pfipcipes^.4e Journefort avec ceux ^e Liaué, et. montra beaucoup de taWut da^ns

Tart d*exposer les qualités et les vertus des plantes. Malheureusement il se brouilla avec Boqrgelat et perdit sa place. Il vint alors à Paris et fut employé à la rédaction du Journal de physique et d'histoire naturelle^ fondé par Gautier-Dagoty. Jusque-là cet ouvrage avait eu peu de succès, mais Tabbé Rozier sut lui donner une impulsion et une forme nouvelles, et il prit alors te titre de : Observations sur la physique, l'histoire naturelle et les arts. Il publia ensuite les Tables des Mémoires de V Académie des sciences, depuis sa fondation jusqu'en 1770, 4 vol. in-4". Cet ouvrage augmenta beaucoup la réputation de Tabbé Rozier et le fit connaître de la manière la plus avantageuse aux savants de l'Europe. Dès lors aussi sa fortune augmenta, et il put vivre honorablement et sans avoir recours à personne. Sa position devint encore plus indépendante par les soins de son ami et compatriote Gilibert, aussi zélé que lui pour le progrès des sciences. Ce jeune savant, appelé -par le roi Stanislas-Auguste, sur la présentation d'Albert de Haller, pour fonder un jardin et une chaire de botanique à Grodno, fit agréer également l'abbé Rozier et Tindiqua comme seul capable de diriger l'école d'agriculture que Stanislas voulait établir, mais l'abbé Rozier ne crut pas devoir accepter cette offre. Nommé prieur de Nanteuil-le-Haudouin, l'abbé Rozier se vit maître d'une véritable fortune et put s'occuper exclusivement de ses travaux. Ce fut alors qu'il commença la publication de son Cours d^agriculture en forme de dictionnaire, tandis que l'abbé Moogez, son neveu, continua le Journal de physique, qui parut jusqu'en 1785. 11 publia ensuite différents mémoires et traités sur des sujets agronomiques. Au moment où il commençait à faire paraître le Cours d'agriculture, il venait d'acheter dans les environs de Béziers un petit domaine qu'il vint habiter pour pouvoir plus facilement ftiire et vérifier toutes ses expériences. Le premier volume du Cours annoncé parut en 1781 et le second Tannée suivante. Mais après la publication du troisième et du quatrième , des tracasseries forcèrent l'abbé Rozier à s*éloigner du domaine qu'il avait acheté. 11 vint alors à Lyon, où Ton

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créa pour lui la place de directeur de la Pépinière, avec Tobligation de faire ub cours sur la science agricole.

Le Cours cTagriculture continua à paraître jusqu'au huitième volume, qui était encore loin de terminer l'ouvrage. Lorsque la révolution éclata, Tabbé Rozier s'en montra d'abord partisan et reprit en même temps les fonctions du sacerdoce qu'il n'avait pas exercées jusque-là. Il devint alors curé constitutionnel d'une paroisse de Lyon. Il périt malheureusement, le 29 septembre 1793, écrasé par une bombe dans le siège de cette ville. Tous les matériaux de son travail périrent avec lui.

Le Cours d'Agriculture de l'abbé Rozier ne fut pas cependant abandonné. Les tomes IX et X parurent en 1796 et 1798, d'après les notes et sur les idées de Rozier. M. Chaptal 6t l'article Vin dans le dixième volume. Les libraires publièrent encore un supplément en deux volumes qui parurent en 1800. On doit rendre justice à cet ouvrage utile, qui donna en France une nouvelle impulsion à Tagricullure, trop longtemps négligée. Il n'existait à cette époque pour tout enseignement du premier de tous les arts que la Maison Rustique^qm était loin de suffire aux besoins du temps et la grande encyclopédie, qui n'avait pas satisfait l'attente du public. On peut donc admirer le talent avec lequel Rozier sut traiter tous les sujets agricoles, en se servant soit des matériaux qu'il avait préparés lui-même, soit des extraits qu'il avait faits des ouvrages spéciaux. Les planches sont exécutées avec soin et le style du livre est généralement clair et facile.

Outre le Cours d'agriculture y nous citerons parmi les écrits de l'abbé Rozier : Mémoires sur la distillation des vins, 1770, in-8®; — Traité sur la meilleure manière de cultiver la navette et le colza; — Mémoires sur la manière de se procurer les différents animaux et de les envoyer des pays que parcourent les voyageurs, 1770, in-S»; — VArt du maéon piseur^ 1771, in-iî; — Vues économiques sur les moulins et pressoirs à huile d'olive; — Mémoire sur le rouissage du chanvre,

Note 47, page 3^4.

Schirach, agriculteur et ruinistre de la religion protestante en Lusace, s'est distingué par ses expériences et ses écrits sur les abeilles. Nous ne connaissons pas Tannée de sa naissance, pous savons seulement quMI mourut en 1775. 11 fut un des premiers qui établit une Société d*apiculture en Europe; il ajouta à ce mérite celui de publier, en 1760, un Traité sur la nouvelle manière de former des essaims^ en y employant des boîtes. Cet écrit produisit beaucoup de sensation. 11 publia , en 1764^ un autre écrit sur la manière de former les essaims, dans lequel il contredisait les expériences de Réaumur. Plusieurs des observations de Schirach méritèrent Tattention des savants et des naturalistes. Une de ses découvertes les plus importantes est d'avoir reconnu que les abeilles ouvrières que Ton croyait n'avoir point de sexe sont des femelles non développées et susceptibles dans leur état de larve d'être transformées en reines par une nourriture plus abondante. Mais il soutint d'autres opinions qui ne furent point partagées. Ainsi il prétendit que la reine des abeilles n'est pas fécondée par les faux bourdons que Ton regardait comme les mâles de là ruche, il avança également d'autres faits au mpius douteux. Charles Bonnet écrivit plusieurs lettres sur les observations de Schirach dans lesquelles elles sont discutées et examinées à fond. On les retrouve dans l'ouvrage de Schirach , traduit en français, sous le titre de : Histoire naturelle de la reine des abeilles, avec l'art de former les essaims.

Schirach publia encore un Traite complet des abeilles pour toutes les contrées avec l'indication des fonctions d'un proprié' taire d*abeilles pour tous les mois de Vannée^ Zittau et Leipsick, 1768, in-4». Son dernier écrit, sous le titre de : CuUure des abeilles c'es bois, parut açrès sa mort, en 1774.

Schirach a publié aussi ciuelques écrits sur la religioiu

Biem (Jean), agronome allemand , né en \ 759 , montra de

bonne heure beaucoup de goût pour Pagrlculture. Il remporta, à Manheim, le prix de l'Académie des sciences, pour une dissertation sur réducalion des abeilles, et fonda une Société d'àpiculturç dans le Palatinat. Cette Société tint ensuite une école d'économie publique à Heidelberg et ùt imprimer un recueil de mémoires.

il remporta ensuite plusieurs prix sur des sujets d'agriculture et fut chargé de diverses missions dans l'intérêt des sciences agricoles. Il mourut à Dresde en 1807. L'éducation des abeilles doit beaucoup à cet agronome, qui publia aussi plusieurs ouvrages utiles.

Nous citerons de lui , outre sa Dissertation sur Véducation des abeilles, VArt d'épargner le bois, Manheim, 1773; — Encyclopédie menstcelle pratico-économique, Leipsick, 1785; — Mélanges et Traité d'économie, 1786 ; — Recueil choisi d'écrits économiques^ 1790; — Traité des tourbières^ 1794;— ï Ensemble de la culture des qrains, 1800.

Adanson, botaniâte célèbre, naquit à Aix, en Provence, en 1727, d'une, famille écossaise. Il ^t ^e§ études à Paris et y obtint de grands suoi^ès; Le naturaliste Needham, l'ayant vu remporter des prix au concours de l'Université, lui fit pré;sent d*un : microscope. Cet encouragement l'excita à se livrer à, Fhistoire naturelle. 11 suivit assidûment les cours de Héaumur et de Bernard de lussieu. Il partagea alors son temps entre le jardin du roi et la conversation de ces illustres savants. Il vMilut ensuite s'instruire par les voyages et entreprit celui du Sénégal en 1748. 11 visita d'abord les îles Açoreç et les Canaries; et commença une série de.recbercties,sur les trois règnes de. la nature. Pendant un séjour de dnq ans qv'il fit au Sénégal, il recueillit un grand nombre d'observations météorologiques et plusieurs vocabulaires des $)riQcipdle^ langues du pays. Son voyage parut en 1757» soD^^.le titre de : Histoire naturelle du Sénégal , 1 vol. in-4o avec une carte. Il est ter-

miné par uoe nouvelle classification des testacés ou animaax à coquilles.

AdansoQ s^occupa principalement dans ses premiers traTaux à établir une nomenclature et une méthode plus logiques que les anciennes dans l'étude de Thistoire naturelle. Nommé correspondant de r Académie des sciences pendant son voyage en 1750» il se fit connaître avantageusement à son retour par la lecture de plusieurs mémoires, entre autres par Fun d*entre eux sur le Baobab, inséré dans le Recueil de V Académie pour Vannée 1761. Adanson y fit connaître les particuIaHtés extraordinaires de cet énorme végétal, dont le volume atteint quelquefois à quarante ou cinquante pieds de diaoiètre. Cette assertion avait été contestée et rangée au nonibre des fables. Adanson en constata Texactitude par des preuves certaines, et détermina le rang el la famille à laquelle devait se rapporter ce végétal, qu'il rangea parmi les maltacées. ÎI donna ensuite l'histoire des arbres à gomtne, ce qui lui vatnt àoii entrée à l'Académie des sciences. Il publia bientôt après i^ Familles des plantes , en 2 vol. in-8**, qui parurent en 1763. Dans cet ouvrage, il ex^se des vues nouvelles en botanique et se montre contraire à la méthode de Linné. Il entreprit le plan d'une «bcyciopédie qui devait avoir un très-grand nombre de volumes et devait être accompagnée des figorei fie quarante mille espèces d'étfes divers ; mais ce plan , trop vaste pour être sérieusement exécuté, lui attira beaucoop^ critiques» On pensa qu'il avait eu tes moyens d'^exécuter avec talent une des )>arttes de ce vaste ensemble, mais que l'entre*prise entière était trop au-dessus du travail d'un seul homiiie. 11 ne publia plus ensuite que quelques Mémoires dont non portance fit regretter leur petit nombre. 11 étudia les {propriétés de la tremelle. En 1 767, il pubfia des observatieas SUT lés ravages de l'biver précédent et fut ensatie cfaaifé, en 1773j décomposer tes articles de botanique dm supplément de V Encyclopédie, Il examina successivement les prointétés des tarets ou vers destructeurs des navires, puis la cause des secousses que font sentir certains peisBons, tels que la tor-

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pilie et le gymnote, phénomènes qu*il expliqua par Télectricité. H fit connaître le premier les propriétés de la tourmaline.

Plusieurs offres brillantes furent faites à Âdanson par des souverains étrangers, il les refusa constamment pour pouvoir consacrer à la France tous ses loisirs. Ruiné à la révolution, il tomba dans une grande pauvreté dans laquelle il serait mort si le ministre de Tintérieur ne lui eût accordé une pension. Cette pension, qui était d*abord de 6,000 francs, fut doublée par Bonaparte, premier consul.

Adanson mourut le 5 août 1806.

Ce naturaliste a laissé peu d'ouvrages imprimés, mais une grande quantité de manuscrits. Il a été question de publier une seconde édition de ses Familles des plantes, ouvrage qui peut être considéré comme un chef-d'œuvre. Celte édition , accompagnée des additions qu'il a laissées en manuscrit, formerait certainement un traité très-utile à la science. Malheureusèmeut ce projet ne s'est pas encore réalisé. Adanàon n'était pas d'une figure remarquable. Il était d^uné petite taille, mais bien proportionnée. Dans la conversation il parlait avec feu et sa physionomie s'animait extrêmement.

Cuvler a fait son éloge en 1807.

Bory Saint" rincent (le colonel), naturaliste, membre libre de l'Académie des sciences, né en 1780, à Agen, mort en 1846, servit d'abord comme officier d'état-major sous Davoust, Ney et Soult, et sut reunir la culture des scieoces naturelles avec le service militaire. 11 se signala par son patriotisme dans la chambre des représentants en 1815, fut exilé de 1816 à 1820, placé en 1829 à la tête de l'expédition scientifique de Morée, et nommé à son retour chef du bureau historique du dépôt de la guerre.

Bory Saint-Vincent a écrit sur plusieurs branches de l'histoire naturelle. Il a fait l'histoire fies zoophytes microscopiques dans V Encyclopédie méthodique. Il a écrit aussi sur les

420 NOTÈâ.

cryptogames et sur plusiear^l)raïrcbies du règne animal. Il fat le principal rédacteur 'dU Dictionnaire classique d'histoire naturellBf en 17 vol. in-8°, et de la partie scientifique de Texpédilion de Morée, publiée en 1832.

Ce naturaliste possédait beaucoup de connaissances et se montra bon observateur, mais il fut trop souvent rempli de préventions et de préjugés, et manifesta surtout un parti pris de matérialisme et d^esprit antireligieux.

Tarenne, — Nous ne trouvons nulle part de renseignements sur le nom de ce naturaliste. Nous savons seulement qu'il s^occupa avec succès de recbercbes sur les inotlusques et en particulier sur les limaçons.

Note 50, page 329.

Ruysch (Frédéric), un des plus, grands anatomistes de la Hollande et de TËurope, naquit à La Haye en 1658. Le jeune Ruysch lit ses études à Tuniversité de Leyde et fit de grands progrès dans Tanatomie à laquelle il s'appliqua. avec ardeur. Reçu docteur en médecine en 1664, il fut appelé à La Haye pour concourir à arrêter les progrès d'une peste qui sévissait avec violence. Nommé professeur d'anatomie à Amsterdam , en 1665, il consacra plus de soixante ans à l'étude et au perfectionnement de la science analomique. Possesseur du secret que Swammerdam lui avait légué pour injecter les cadavres, il sut le porter au plus haut degré de perfection. Ce savant médecin fit un grand nombre de découvertes anatomiques et réunit une immense collection de pièces relatives à celle science. Le czar Pierre le Grand vit pour la première fois cette collection, en 1698, et la parcourut avec admiration. Il y passait des journées entières et finissait par prendre ses repas avec le savant docteur. A son second voyage, en 1717, il acheta le cabinet tout entier et l'envoya à Saint-Pétersbourg ; mais malheureusement un grand nombre d'objets périrent dans la traversée.

Ruysch eui îe courage cle recommencer sa collection ^ t parvint à iâ refaire entièrement au bout de quelques années. Ce grand anatomi^e mourut âgé de 93 ans, en 1731. Malheureusement le secret de ses belles préparations anatomiques a été perdu, et il a toujours été impossible de les reproduire aussi parfaites et aussi durables. Ruysch a publié un assez grand nombre d'ouvrages sur la médecine et Tanatomie. Nous ferons remarquer seulement son Traité des valvules^ des vaiS' seaux lactés et lymphatiques, ses Épitres anatomiques et son Trésor andtomique. La vie de Ruysch a été écrite en latin par Schreiier^ et soù éloge prononcé par Fontenelle, dans le recueil consacré à FAcadémie des sciences.

Note 61^ page 840. .

Méiian (Jean-Bernard), philosophe remarquable^ naquit à Bâie en 1723 et fit, d'excellentes études dans cette ville; ses parents le destinèrent ensuite à Tétat ecclésiastique, où il entra non sans quelque répugnance, car ses goûts le portaient yers les sciences. Il devint ensuite instituteur dans la maison de M. de Witte, échevin à Amsterdam. Maupertuis, qui entendit parler de son mérite, lui fit accepter une place dans la pouvelle Académie de Berlin , qui venait d'être fondée par prédéric l®% en 1707. Là, il se distingua par beaucoup d'activité et la publication de plusieurs Mémoires importants sur la philosophie spéculative et sur la métaphysique, sciences auxquelles Lejbnitz et Wolf avaient donné une si puissante impulsion. On remarque principalement ses Mémoires sur la Perception de notre propre existence, sur VEocistence des idées dans Vâme; sur le Premier principe de Lcibnitz et de Locke, relativement à V origine de nos idées^ et sur plusieurs autres sujets non moins importants. 11 traduisit les Essais sur Ven^tendement bun&in , de David Hume , qui parurent à Amsterdam', en 2 voï. in-lè, f 758, avec de^ notçs 4ç Forjney, Mérian s'éleva contre la philosophie de Kant, quand elle conunença à se faire jour en Allemagne,et releva avec courage ses erreurs.

et ses dangers. Ayant été enlevé par le roi de Prasse à la section de philosophie pour être nommé directeur de celle des belles-lettres, il s'occupa alors de sujets plus littéraires ; versé dans la lecture des poètes les plus remarquables, et connaissant à fond , outre les langues anciennes , Titalien et l'anglais , il écrivit un Mémoire sur cette question : a Comment les sciences influent-elles sur la poésie? » et un autre sur les poèmes d'Homère, dans lequel il prétend que ce poète n^est pas le véritable auteur de Tlliade et de fOdyssée. Mérian publia encore sous le titre de : Système du mondes un abrégé des Lettres cosmolôgiques de Lambert (voyez plus loin la note stir ce philosophe), qui eut le mérite de faire connaître les vues remarquables de ce savant sous une forme plus agréable et dans un meilleur style. Il faut bien se garder de confondre cet ouvrage avec le fanem système de la nature du baron d'Holbach, avec lequel il n'a de commun que le titre. Blérian publia aussi la Ttaduetion du pbëme de Claudten sur Venîèvewent de Proserpfrte^ 2 vol. in-8®. Elle est précédée d'une intétessante dissertatioi) sur ce poète. La fin de la vie de MériaB s*écoUla an milieu des occupations littéraires. Il remplit avec a^iduité ses deux places d'inspecteur du collège français et de directeur des études. A la mort de Formey, il fut nomme secrétaire perpétuel de l'Académie de Berlin et il acheva sa vie en remplissant ces fonctions avec autant de zèle que le lui permettait son âge. 11 mourut en 1807. L'éloge de Mérian a été prononcé en 1B10 à r Académie de Berlin, pair M. Aiicil> Ion. La plus grande partie de ses ouvragëii sont imprimés dans les Mémoires dé l'Académie de cette ville.

Note 52, page 341.

Èartley (David), médecin anglais, né en 1705, mort en i 757. thi a de lui un ouvrage intitulé : Obsei-vatioj^ sur Vkomme, .stm organisation y ses devoirs et ses espérances^ 1749, 2 vol. in-8«. Dans cet ouvrage, Hartley cberche ^ expliquer le mécanisme de nos sensations au moyen de vibrations qui en se*

raient rorigine. Haller a démontré que cette hypothèse, dit moins en ce qui concerne les fonctions du cerveau, n'était pas fondée. L'ouvrage a été traduit en français par Sicard, i802, % vol. in-8«.

Note 53, page 345.

Jalabert (Jean), physicien genevois, né en 1712 et mort en 1768. Il étudia d'abord la théologie et devint ministre d^ la religion protestante en 1737. II fut en même temps appela à enseigner la physique expérimentale. U fit son discours d'ouverture en 1739 et le dédia à Mairan. Nommé ensuite conservateur de la bibliothèque de Genève, il s'attacha à donner tous ses soins au dépôt qui lui était confié et s'en occupa avec le plus grand zèle. Mais les travaux que ces deux places l'obligèrent à suivre finirent par altérer sa santé. Il accepta encore cependant, en 1730, les fonctions de professeur de mathématiques et ensuite de philosophie. Jalabert mourut à Genève en 1768. C'était un véritable philosophe aussi religieux que doué de connaissances en tous genres. Il était membre ou associé des Académies de Paris, de Londres, de Berlin, de Cologne et de Montpellier. Son éloge, par de Ratte, a été inséré dans le recueil de l'Académie de Montpellier.

On a de ce physicien un ouvrage intitulé : Expériences sur l'électricité, Genève, 1748, in-8o, et Paris, 1749, in-lâ. Il y rend compte, comme le titre l'indique, de toutes ses expériences et y établit le premier que le fluide électrique peut servir de moyen de guérison.

Bonstetten (Charles-Victor de), philosophe et écrivain remarquable de la Suisse, naquit à Berne le 3 septembre 1745. Le père de Charles était un homme instruit et qui appréciait tous les avantages de l'éducation. Il envoya son fils étudier à Yverdun, puis ensuite à Genève, où il forma quelques relations avec les hommes instruits de cette ville, tels que Cramer, Jalabert, et surtout Charles Bonnet, dont Taccueil fit,

dit-il y la destinée de sa vie intellectuelle et qui s'empara it son âme^. C'est dans la société habituelle de ce philosophe, dans sa conversation et dans les lectures qu'il faisait sous sa direction, qu'il puisa le goût de la science de l'homme et qu'il commença à ébaucher les ouvrages qu'il publia plus tard. Il voyagea ensuite , fit connaissance avec plusieurs savants et conserva l'habitude de réfléchir sur tout ce qu'il lisait et voyait. Il se lia principalement avec Millier et Matthisson. Les relations d'amitié qu'il engagea avec le premier commencèrent en 1773 et ne se terminèrent qu'à ïa mon de celui-ci. Son attachement pour le poète Matthisson ne fut pas moii^s vif. U eut aussi des relations suivies avec madame de Staël et Stapfer. Devenu membre du grand conseil de Berne^ il fit adopter d'utiles réformes et s'occupa principalement de perfectionner l'éducation. Il fut nommé ensuite, en 1787, au bailliage de Nyon, qu'il administra jusqu'en 1793, En 1795, il remplit encore des fonctions du même genre dans les bailliages italiens qui composent aujourd'hui le canton du Tessin. Lors des troubles qui agitèrent la Suisse, en 1798, il quitta sa patrie et alla demeurer pendant quelques années en Allemagne et à Copehhague. De retour en Suisse, en 1802, il vint fixer sa résidence principale à Genève, où il se livra entièrement à ses études philosophiques. Il mourut le 3 février 1832, à l'âge de quatre-vingt-six ans, laissant la réputation d'un àes philosophes les plus estimables de toute l'Europe. Ses ouvrages sont assez nombreux. Nous citerons les principaux : Lettres sur une contrée pastorale de la Suisse, Berne, 1782, in-8®. \\ y Récrit les mœurs, la culture et l'industrie du canton de Gessenay, dans la vallée d'Oberland. — Deux Mémoires sur les familles patriciennes de Berne , Zurich , 1 786. — exposé des causes qui ont amené la révolution de la Suisse, — A'ouveaux écrits de Charles Bonstetten, Copenhague, 1799-1800-1801, -4 vol. in- 12. Ces quatre volumes contiennent plusieurs Mé-» moires politiques et philosophiques , des remarques sur le^

' Lettres à Matihissonp

langues, sur la musique et sur la poésie et plusieurs récits de voyages. — Voyages sur la scène des six derm§7^s livres dç VÉnéidet suivis de quelques observations sur le Latium woderne, 1804, Genève., in-S®. C'est un excellent guide littéraire et géographique dans lequel on suit pas à pas et sur les lieux la partie la moins connue du chef-d'œuvre de Virgile. — /?echerches sur la nature et les lois de V imagination^ Genève, 1806, in-8'>.,— Études de Vhomme, Genève, in-8«, 1821.

M. Damiron, dans son Essai sur l'histoire de la philosophie en France, place Bonstetten au rang des philosophes éclectiques : « 11 a su prendre, dit-il, une position entre deux philoso- « phies qui semblaient l'une et l'autre devoir le gagner et le « captiver. En commerce avec toutes les deux, exposé à leurs « séductions, il a §ardé sa liberté et y est demeuré indé- « pendant. »

Pour achever cette courte biographie, il faut encore nommer r Homme du Midi et r Homme du Nord on l'Influence du climat^ Genève, 1824, in-S». C'est un ouvrage rempli d'observations et un des plus estimés de Bonstetten. Nous devons aussi indiquer ses Lettres à madame Brun et à Matthisson, Cette correspondance, qui comprend quarante années, 1790 à 1829, présente en quelque sorte l'histoire morale de cette période et peint avec la plus grande vérité les hommes et les choses. On doit citer avec estime ses Souvenirs ^ publiés à Paris en 1852. Ils forment une sorte de galerie dans laquelle il passe en revue tous les hommes illustres qu'il a connus, parmi lesquels nous citerons Haller, Ganganelli, le cardinal de Bernis, le prince Edouard, le dernier des Stuarts, et plusieurs femmes célèbres, telles que la comtesse d'Albanie la célèbre Gorilla. Pour terminer cette notice, nous dirons que la vie de Bonstetten formerait un ouvrage utile et qui pourrait servir d'appendice à celle de Çonnet.

Lambert (Jean-Henry), philosophe et savant remarquable du dix-huitième siècle, naquit à Mulhouse, en 1728, et mourut à BerMn en 1777./

Lambert fat certainement un des bommes les ptns remarquables d'un siècle où tes sciences furent cultivées avec tant d*ardeur et serait encore plus célèbrç s'il eût écrit en français plutôt qu'en allemand, langue moins répandue à celte époque qu'aujourd'hui. Son père était un pauvre artisan qui gagnait à peine de quoi vivre Entré comme secrétaire, à l'âge de dix-sept ans, chez le docteur fselin, conseiller du margrave de Bade, il employa les loisirs qui lui restaient à étudier la philosophie d'après son propre instinct et y joignit l'élude des mathématiques. Devenu ensuite précepteur, il trouva l'occasion de compléter son éducation littéraire. L'usage d'une grande bibliothèque qu'il avait à sa disposition lui fournit les moyens d'acquérir une foule immense de connaissances. Voyageant en Hollande avec deux de ses élèves, il en prit occasion poar publier une dissertation sur les propriétés remarquables de la route de la lumière. En passant à Paris, il 6t connaissance avec d'Alembert et Messier. Ayant été agrégé à TAcadémie électorale de Bavière, il reçut le titre de professeur honoraire avec un traitement qui lut permit de s'établir aux environs de Munich. Il fut ensuite appelé à l'Académie de Berlin par Frédéric il. Ce fut alors le temps de ses plus grands travaux. 11 donna au recueil de cette Académie quarante Mémoires sur les sujets les plus variés et travailla en même temps à la Bibliothèque universelle allemande de yicolai et aux Éphémérides de Berlin qu'il eut sous sa direction. Ses travaux sur les mathématiques offrent une grande connaissance de la science des calculs et une grande variété de sujets. Il écrivit sur les diviseurs des nombres, sur la théorie des parallèles, sur la trigonométrie, sur le rapport de la circonférence au diamètre qu'il démontra incommensurable. Dans ce qui touche aux sciences d'application, il perfectionna les méthodes géodésiques, composa une carte magnétique estimée et simplifia l'étude de la perspective. En astronomie, il fit paraître un écrit important sur les orbites des comètes. 11 publia un travail spécial intitulé : Lettres cosmologtques, dans lequel il étudie la marche des comètes à travers Tii^mensité du ciel.

Puis il écrivit deux Mémoires i^ésumaiit toutes les observations connues sur Jupiter et sur Saturne. 11 traita ensuite dans d'autres écrits de la photométrie, chi pyromètre et de Thygrométrie. En mécanique, il s'occupa dans des écrits spéciaux de l'action des moteurs, des fbrces de Ttiomme, de remploi , des roues hydrauliques et de Faction des moulins à vent, pois étudfa successivement les lois du frottement et des fluides, et ce qu'on appelle en astronomie le problème des trois corps ; les cordes vibrantes , le mouvement des corps lancés dans l'espace. Enfin , on peut dire que Lambert mérita dans les mathématiques d*étre placé au même rang qu'Euler, d'Alevibert et de Lagrange. En phi1osophie,il ne fut pas inférieur. H donna un système complet de logique intitulé,comme celui de Bacon : Novum organitm, dans lequel il traCe les règles de la meilleure méthode pour arriver à découvrir la vérité. En métaphysique, il publia un traité important intitulé : Architertonique, ce qui, suivant l'explication de l'auteur, signifie tèéorle de ce qui* y a de simple et de premier dans les connaissances philosophrques et mathématiques.

Voilà le résumé des principaux travaux de cet homme presque universel. Plusieurs ouvrages de Lambert ont été traduits en français et en latin. .La correspondance scientifique de Lambert oflfre aussi beaucoup d'intérêt, elle avait lieu en partie en français et en partie en allemand , avec les savants les plus remarquables de son temps.

LBirrHB DR GHARLE9 BONNET SUR LES ÉPOQUES DE LA NATURE '.

Nous croyons faire plaisêr aux lecteurs en plaçant ici la lettre sijivante de Bonnet , où l'on trouvera son opinion sur Içs époq^es de la nature de Buffon :

* NpiJ^ penfspns que <»9tte l9ttre , <|oni Tofiigin^l^ app^rtiant à la famille de Saussure, a été adressée à Qoraf^ÇrrBép^^JP.t ^^ Çamidurç. l'illusire naturaliste et géologue.

« Genthod, lundi matin 28* d'avril 1779.

c Je continue, mon cher Pline, à lire Je roman pbysig«e dn « grand romancier. La terre , détachée da soleil par le oboe < d'une comète, fut d'abord elle-même un petit soleil» tovl « brillant de sa propre lumière. Peu à peu la terre perdit de a son éclat par le refroidissement de son écoree ; elle fat «c pendant deux mille ans dans un état d'incandescence. PeiH « dant cette première période , les parties volatiles s'éloi- « gnèrent du, globe à de grandes distances et lui formèrent c une immense atmosphère où Teau et Tair étaient confondos. « C'est la première époque de la nature, et c'est à cette époqae « qu'il faut rapporter l'origine des montagnes primitives qui « n'étaient alors que des boursouflures occasionnées dans « un globe de verre en fusion, car toutes les matières coui- « posantes n'étaient alors que du verre fondu. Telle est aussi « la matière solaire.

<[ Il fallut environ trente^inq mille ans à la terre pour c s'attiédir au point de permettre à l'eau de prendre place a sur sa surface et dans les crevasses des boursouflures^ Aua para vaut , elle avait été rejetée bien des fois dans l'atmoc sphère par l'énorme chaleur du globe; mais enfin, elle « parvint à s'y établir et à se séparer de l'air avec lequel elle « était anciennement confondue. Et comme elle était ellec même extrêmement chaude à cette date , elle était propre « à nourrir des espèces de coquillages et de poissons qui « n'existent plus aujourd'hui et dont la grandeur était mon- « strueuse. Telles étaient des cornes d'Âmmon de sept à huit « pieds de diamètre sur un pied d'épaisseur. Tels étaient « encore ces animaux dont on possède les dents molaires et a qui pèsent onze ou douze livres, etc. Le temps de la pro- « duction de ces espèces gigantesques qui ne subsistent plus « fut d'environ dix mille ans. C'est la seconde époque de im « nature.

c Dans cette époque, l'eau pénétra partout, creusa des c vallées et de profonds abîmes, attaqua la base des monta-

« gnes primitives, opéra une infinité de mélanges et de « compositions qui donnèrent naissance à de nouveaux « êtres.

% La première opération des eaux fut de réduire en argile c la matière yitrescible du globe. De là ces immenses lits t d'argile qu'on trouve répandus partout sur' la surface et c dans rintérieur de notre globe. Et cette conversion du « verre primitif en argile fut d'autant plus abondante que c Peau n'était plus chaude* a Je n'avance rien ici , dit Tau- «( teur, qui ne soit démontré par l'expérience ou confirmé « par les observations. Tout le monde pourra s'assurer, par « des procédés aisés à répéter, que les verres et les grès en n poudre se convertissent en peu de .temps en argile, seule» « ment en séjournant dans l'eau. C'est d'après cette connais- € sance que j'ai avancé que les argiles n'étaient que des « sables vitrescibles décomposés et pourris. J'ajoute ici que « c'est probablement à cette décomposition du sable vitres- « cible dans l'eau qu'on doit attribuer l'origine de l'acide, c Car le principe à acide qui se trouve dans l'argile peut être a regardé comme une combinaison de la terre vitrescible « avec le feu, l'air et l'eau. »

« Je m'arrête à cet endroit, mon bon ami, et je vous dea mande s'il est aussi vrai que l'affirme M. de BufTon que le « verre, par son séjour dans l'eau» se convertisse en argile? « Je vous demande encore ce qu'il faut penser de l'origine « qu'il assigne à l'acide. En vérité, on perd patience en lisant c cet entassement d'hypothèses qui reposent toutes sur la « pointe d'une aiguille. Lambert , 1e profond Lambert , avait «c démontré mathématiquement l'impossibilité de la projec- « tion de la terré par une comète; mais le naturaliste de « Montbard ne fit rien de ce qui lui est contraire. 11 imagine « que les comètes sont nées de l'explosion d'une étoile ou f d'un soleil, et il ne s'avise pas ou il ne paraît pas s'aviser «de cjiercher l'origine des soleils eux-mêmes. Pour les satel- K lites, ils sont, nés, suivant lui, de l'explosion de la planète « principale^ tandis qu'elle était encore soleil et peu de temps

€ après sa projection. Il va sans dire qu'il en est de même c de l'anneau solide de Saturne.

« J'attendais notre fécond romancier à l'origine de ses fa- « meusps molécules organiques qui ont formé tous les êtres « organiques ; mais il se borne à dire : Que la nature, dans « sa première force, travaillait la matière organique et vivante « avec une puissance plus active dans une température plus « chaude. Celle manière organique, ajoute-t-il, était plus « divisée, moins combinée avec d'autres matières et pouvait « se réunir et se combiner avec elle-même en plus grandes € masses pour se développer en plus grandes dimensions. « Il en conclut, avec sa logique ordinaire « que cette cause « est suffisante pour rendre raison de toutes les productions « gigantesques qui paraissent avoir été fréquentes dans les a premiers âges du monde. » Quand vous lirez mes Noten « additionnelles sur les corps organisés, vous y verrez là- « dessus des choses qui ne vous seront pas indifférentes et « qui vous paraîtront, je m'assure, ruiner de fond en comble « toute cette théorie buiTonienne. Mes preuves sont rigoureo- « ses, car ce sont les fails les mieux constatés et les plus « décisifs. Mais il n'y a presque aucun mérite à réfuter un « auteur que la nature elle-même réfute partout.

« Vous le parcourrez néanmoins cet auteur avant de pu- « blier votre ouvrage. Il pourrait s'y trouver des faits dont « vous tireriez parti. Je vous embrasse, mon cher ami, de € cœur et d'âme. »

FRAGMENT d'uNE LETTRE DE CHARLES BONNET A M. DE SAXIS5UIB.

• Du 28 octobre i77S.

« Si VOUS revoyez M. de Buflbn à votre retour à Paris,

€ veuillez lui renouveler encore les témoignages les plus « vrais de mes sentiments pour lui. Quand je songe qu'il n'y « a dans l'Académie des sciences que huit places pour touie

« TEurope savante , il me semble qu*ll faudrait que je fusse « perdu de présomption pour aspirer un moment à une de ces « places. Je puis néanmoins me rendre la justice que je n'ai « pas une telle présomption. Répétez donc de ma part à cet « homme illustre, qui a la générosité de vouloir être mon « parrain , qu'il me suffira toujours qu'il m'ait jugé digne « d'une distinction si ilatleuse', et que, s'il parvenait jamais

♦ à me la procurer, je ne saurais en vérité quelle contenance « tenir dans une compagnie composée d'hommes qui me se-

• raient si supérieurs à tant d'égards. Prenez (ceci) au pied t de la lettre ^ »

tBTl«B A SÀUSSCaS SUR LA MORT D ALBERT DE HALLER.

t Oentikxi , ce mardi raatin 1 6 de décemlHre i 777.

« Quel ami venons-nous de perdre! quel homme avons- « nous à pleurer ! Le cher, le vertueux, le grand Haller n'est t plus! Lisez, mon digne ami, les deux incluses de son cadet, « et recueillez avec moi les derniers moments de cet homme « respectable. Il m'avait préparé lui-même à cette triste sé- « paration et m'avait écrit jusqu'au moment où il s'était mis « au lit. Je vous envoie sa dernière lettre et celle du 20 du « passé, qu'il terminait en prenant congé de moi et en me

• donnant sa bénédiction. Mon cœur l*a recueillie avec une 0 tendre reconnaissance comme celle de l'homme juste et d'un « ami de vingt-trois ans. Combien l'amitié d'un si grand

• homme m'honorait-elle! Combien de fois avait-il versé dans t mon sein ses plaisirs et ses peines, ses espérances et ses

• craintes! Je possède plus de huit volumes de ses précieuses « lettres. Vous verrez, dans la dernière que je joins ici, quelle

' On voit, en comparant cette lettre avec la précédente, que noire grand nàturalisto n'avait pas été blessé des critiques de Charles bonnet, ou que celui-ci avait eu la dlscréllon de les renfermer dans W cercle de ses amis.

« était sa profonde humilité chrétienne. Cbipbîen le spectacle « (Je cette profonde humilité dans un si beau et si grand génie « est-il instructif pour ceux qui sont dignes d'en jouir ! Je « n'avais rien négligé dans mes réponses pour le consoler, le « fortiûer, soutenir et raffermir sa Jbelle âme alarmée à la vue « de la redoutable éternité. Je lui présentais la religion comme « notre plus fidèle, notre plus tendre et notre meilleure amie; t en un mot, comme le trait le plus touchant des bontés pa- « ternelles du Grai^d Être , et » si j'osais le dire , du plus « aimable de tous les êtres. Vous connaissiez , mon cher « ami , la sorte d'orthodoxie dont notre excellent ami faisait « profession; elle tenait de celle de son pareil, le grand « Pascal, et il est étonnant que le génie de ces deux hommes « uniques tn leur ^enre n'eût pas été écrasé sohs le poids « accablant d'une telle orthodoxie.

« Je vous dépêche un exprès afin que vous puissiez écrire « à cette fami41e affligée qui perd avec Berne son plus grand ,« ornement. Que dis-je! Depuis l'immortel Leibnitz, il n'y c avait pas eu en Europe une tête comme celle de notre « Haller.

« La, Suisse et l'Europe savaptes ont fait cette année deux « pertes irréparable^, Elles ont perdu Lainbert et Haller, et « ces deux hommes embrassaient seuls tout l'empire des « science^. Elles vont perdre encore Texcellent Sulzer, et je « jïSii^ perdre d^^s sa personne un de mes meilleurs et de mes ^ pi 11^ illustres amis.

a Recevez^ mou bon ami, les plus tendres vœux de mon « cœur.

« Renvoyez-moi les incluses. »

FîN DES NOTES.

Prbfacb Pages v à vu

iNTRODUCTlOIf PagCS I à XXXVI

(1720-1740.) — Naissance et famille de Bonnet.— Enfance et éducation.

; — Premières observations d'histoire naturelle : il étudie la philosophie et

les mathématiques. — Autres travaux et lectures d*histoire naturelle. —

Mémoire qu'il envoie à Réaumur Pages i à 1 4

Observations sur les pucerons. — Résumé de quelques faits de leur histoire.

— Lettre de Réaumur à Bonnet au sujet de ses recherches sur les pucerons, 1740. — Observations sur les vers d'eau douce à l'occasion de la découverte des Polypes faite par Trembley en 1 74 1 . — Lettre de Réaumur au sujet de ces expériences. — Lettre de Cramer sur le même sujet, 1741.

— Nouvelle correspondance avec Réaumur, 1743. — Observations sur les chenilles et les papillons Pages 15 à 38

Observations sur le Ténia ; correspondance avec Réaumur ; Bonnet obtient le grade de docteur en droit. — Il est élu membre de la Société royale de Londres. — Il termine sou Insectologie (1744) ; idée de cet ouvrage. — Vues de l'auteur sur Thistoire naturelle et sur la gradation inBnie des êtres créés; il éprouve des maux d*yeux qui l'obligent à suspendre ses travaux d'histoire naturelle. — Expériences sur la végétation des plantes dans d'autres matières que la terre. — Lettre de Fontenelle à Bonnet sur son traité d'Insectologie Pages 39 à 56

(1 745-1747.) — Mémoires de Bonnet sur les feuilles des plantes. — Premier mémoire sur les surfaces des feuilles. — Deuxième mémoire ; de la direction et du retournement des feuilles et des tiges. — Observation sur le mouvement particulier des tiges. — Troisième mémoire ; sur l'arrangement des feuilles. — Quatrième mémoire ; sur TaiTangement des folioles ou petites feuilles Pages 57 à 73

434 TABLK DES CHAPITKKS.

Cinquième mémoire ; sur la circulation de la sève dans les plantes. — Réfutation de Topinion des naturalistes qui considèrent le mouvement de la sève comme une véritable circulation. — ConjecUires de Bonnet sur la véritable nature de ce fluide. — Autres observations contenues dans le cinquième mémoire. — Essais nouveaux sur Tagriculture. — Origine des méditations philosophiques de Bonnet; son Euai sur la liberté adressé à Cramer. — Correspondance avec Cramer sur ce sujet (1747) Pages 74 à 100

(1747.) — Nouvelle correspondance de Bonnet avec Cramer au sujet de la liberté. — Réponse de celui-ci. — Nouvelle lettre à Cramer sur la prescience divine et sur la liberté (1748). — Nouvelle réponse de Cramer. — Controverse de Bonnet avec un incrédule qu'il contribue à ramener à la vérité. — Mort de Cramer et chagrin de Charles Bonnet (1752). Pages lOt à 118

CHAPITRE SEPTIÈME. Bonnet rassemble les matériaux d'un grand ouvrage sur Tensemble de la philosophie. — Il en tire V Essai de psychologie et le publie en 1754. Analyse de cet ouvrage. Vues de l'auteur sur le mécanisme des opérations de Vime. — Analyse des diverses facultés , mémoire , imagination , etc. Idée de l'existence de Dieu liée à celle de la cause suprême. — Vues pratiques sur le perfectionnement moral de l'homme et sur l'éducation. — Sur la direction des études et renseignement des sciences. — Sur la religion. — Il envoie V Essai de psychologie à son ami Trembley ; lettre critique qu'il en reçoit. — Quelques autres opuscules Pages 119 à 137

Mariage de Bonnet avec mademoiselle de la Rive. Caractère de la famille de la Rive. Éloge qu'il en fait à son ami Trembley (1756). — Lettre de Réaumur à ce* sujet. — Lettre de Haller. -^ Bonnet contribue à encourager les talents du jeune Saussure. — Mort du naturaliste RéauBaur (1757). — Lettre de Bonnet à M. de Fouchy, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. — • Fragment de l'éloge de Réaumur, par M. de Fouchy. — Correspondance de Bonnet avec le professeur Allamand au sujet de la publication de l'Essai analytique (1759). — Lettre de M. Allamand. — M. Roger, ami de Bonnet, obtient que l'ouvrage soit imprimé aux frais du gouvernement danois. — Mort de M. Roger. — Lettre de Bonnet au comte Bernstorf. Réponse de celui-ci. . . Pages 138 à 155

Caractère de V Essai analytique sur les facultés de l'âme (1759). — Examen de cet ouvrage. — Extrait de la préface. — Utilité pratt<|ue

de r Estai. — Démonstration sur la liberté de l'âme. — De Tàme des bêtes. — Correspondance avec plusieurs savants au sujet de ce traité. — Analyse d'une lettre d'Euler. — Lettre de Bonnet à Formey. — Lettre de Mairan. Pages 156 à 178

Idées de Charles Bonnet sur l'organisation des corps. 'Histoire des travaux

sur la génération. Système des générations spontanées. Système de Buffon ;

molécules organiques. Système de Tépigénèse ou système moderne. —

Système de Bonnet ; examen des ComidireUiont nir ies corpê ergamtés.

— Développement du germe ; évolotion dans le végétal et dans l'animal.

— Sur le rôle de la transpiration dans le développement de l'être organisé. Phénomènes de l'accroissement dans les végétaux. — Sur l'hypothèse des germes et sur l'âme des animaux. ^— Les Considérations sur les corps organisés d'abord interdites en France. — Correspondance à ce sujet et levée de l'interdiction Pages 179 à 202

Bonnet compose la Contemplation de la nature (1764). — Esquisse et but

de cet ouvrage; nécessité d'une cause première. — Plan général de la

nature ; enchaînement de tous les êtres organisés. — Variétés dans l'or--

ganisation des animaux. Yeux des insectes ; détails de leur conformation.

— L'homme , les sensations , rapports du physique et du moral. . — Les éléments , le calorique , l'électricité. — Physiologie végétale. — Physiologie animale , fonctions , digestion. Respiration et oi^ane de la voix.

— Sécrétions Pages 203 à 227

Suite du chapitre précédent. Organisation des insectes; zoophytes et polypes; leurs singularités. — Polypes ; description de leurs diverses espèces. Animalcules des infusions , leur organisation. — Systolides j Rotifères. Précision et valeur des observations de Bonnet. — Métamorphoses des insectes. Insectes singuliers*. — Végétaux parasites. Animaux parasites.

— Animaux phosphorescents. — Végétations singulières. — Tremelle. Nostoc Pages 228 à 251

Suite du précédent. — Instinct et industrie des animaux. On ne peut raisonnablement les considérer comme de pures machines. — Industrie et instinct des insectes comparé à celui des quadrupèdes. Migrations. Chenilles. Industrie des fourmis , des guêpes et dés chenilles. — Instinct merveilleux des castors. — Divers insectes remarquables. — Animaux inférieurs, coquillages. — Réflexions sur l'instmct en général Pages 252 à 288

Palingénésie philosophiqfie . Esquisse de l'ouvrage. — De l'âme des ani-

nuiia. Bonnet soutient raffirmative. — Existence de Dieu. Certitude de la Révélation comme base des preuves du christianisme. — Correspondance au SDJet de la Paliffigénétie : — avec Haller (1770) ; — avec un médecin incrédule. — Discussion avec Mosès Hendelssobn , amenée par Lavater. Réponse de Mendeissohn à Bonnet. — Lettre de Bonnet à Hendelssohn. Autres discussions Pages 289 à 316

Derniers mémoires d'histoire nakirelle (1773-1774). — Observations sur les parties coupées dans les animaux et la manière dont elles se reproduisent. — Limaçons et salamandres. — 0{»nion des naturalistes modernes sur les expériences pi;iécédentes. — Corre^ondance avec Haller et Duhamel^ avec Spallanzani et divers savants. Correspondance avec Mérian et Lambert. — Séjour de vingt-cinq ans à Genthod . sur les bords du lac de Genève. — Vie de Bonnet à la campagne. — Ses habitudes et ses sentiments. — Son éloignement pour les voyages. — Son caractère , sa bonté , sa conduite envers ses amis.. — Sa conversation et son style. — Sa mort. — Honneurs qui hii sont rendus. — Conclusion. ..... Pages 317 à 352

Notes Pages 353 à 432

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