‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 125 sur 126 · CONFUSION · texte numérisé non relu

CONFUSION

Divinité, il fait comprendre mieux que tout autre que le style est toujours noble^ quand la pensée est vraie et grande. Sa philosopbie , tout en accordant une large part à i'obser^ vatiop, s'éloigna de celle de ses contemporains parce qu'elle grandit toujours l'homme en le ramenant sang cesse vers la cause par excellence ^ cette Divinité dont il avait l'image dans le cœur aussi bien qu'au milieu des tableaux de la nature qu'il décrivait. Comme métaphysicien, il se rattache à l'école de Leibnitz, avec certaines modifications que nous avons indiquées à leur place. Toujours rempli de l'idée du beau et du bien^ il montre partout la Providence intervenant au milieu des lois de la nature, parce qu'elle est audessus de ces lois, qu'elle les a créées et qu'elle en est l'arbitre suprême. Pour lui, la nature n'est pas seulement un ensemble de forces dont la philosophie de son temps n'indique pas l'origine, comme dans l'école matérialiste > ce n'est pas ce mot vague par lequel on cherche à expliquer runivers en se passant du Créateur, c'est un harmonieux spectacle , une immense organisation dont l'auteur, quoique invisible, se laisse pourtant deviner au cœur simple autant qu'au raisonnement. S'il a moins créé en histoire naturelle que d'autres naturalistes plus illustres et plus universels que lui, il a du moins beaucoup et très-bien observé, et ses recherches ont eu une part considérable dans les travaux scientifiques de la fm du siècle dernier et dans le commencement de celui-ci. Particulièrement dans l'insectologie et dans la botanique , dans la physiologie des plantes et des animaux, dans l'examen des phénomènes de leur reproduction, il a rendu de véritables services. Ses systèmes, comme tous les systèmes possibles, sont fondés sur des hypothèses contestables; mais quel est le philosophe dont on ne puisse dire la même chose? Sa Palingénésie n'est qu'une ingénieuse théorie; mais, outre de nobles et grandes pensées, elle ren-

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ferme une immense quantité de faits très-précieux sur lés trois règnes de la nature et des considérations de la plus haute importance. En Toilà^ il nous semble^ assez pour que nous soyons justifié d'avoir voulu conserver quelque chose de la physicmomie de cet homme remarquable et pour fah« excuser les imperfections de notre travail.

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