‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 22 sur 126 · INTRODUCTION^. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION^. XXV

in-8*>. ]1 y décrit six cent soixante-treize genres et neuf mille espèces ou variétés de plantes. Sa méthode reparut en 1700, plus complète et en latin, sous le titre de : Institutiones rei herboricœ. Le style en est élégant et pur, et l'auteur y a placé une introduction très-bien faite et d'un esprit trèsphilosophique. Les figures, très-soignées, sont exécutées par le peintre Aubriet.

La classification de Tournefort est fondée d'abord sur la distinction des fleurs, puis sur celle des fruits, puis des feuilles, des racines, des tiges, de la saveur et du port de la plante. Il sépara les plantes en herbes et en arbres , divi« sion qui a été rejetée depuis. Il n'admet pas la division d'après les sexes des plantes adoptée par Linnée.

Le premier des Jussieu commença la gloire de cette famille qui rendit de si grands services aux sciences et dont l'illustration continue encore aujourd'hui. Ce fut Antoine (i 686-4 758), qui avait pris de bonne heure le goût des plantes et se dévoua exclusivement à leur étude. 11 fut nommé professeur de botanique en remplacement de Tournefort au jardin du roi, fit de savantes excursions dans différents pays et fut membre de TAcadémie des sciences. 11 étudia aussi avec succès les fossiles et donna d'utiles aperçus sur cette partie de l'histoire naturelle encore peu connue.

Bernard de Jussieu, frère du précédent (1699-1777), partagea les travaux de son frère, fut professeur de botanique au jardin du roi et aussi membre de l'Académie des sciences. Ce fut lui qui, chargé par Louis XV de former à Trianon un jardin botanique, le distribua, non plus suivant la méthode de Linnée, mais suivant une autre méthode qui fut toute une révolution dans l'étude du règne végétal. Au lieu d'être fondée sur les sexes ou sur les signes extérieurs, cette classification reposait sur les éléments les plus simples qui constituent la plante , c'est-à-dire les cotylédons ou les or«

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ganes qui forment Tembryon de la plante; c'est ce qu'on appela depuis méthode naturelle, par opposition à la méthode aret/îcie/Ze, empruntée à des signes pris arbitrairement et en quelque sorte artificiellement. Dans la méthode naturelle botanique on se sert de caractères toujours inhérents à la constitution même de la plante ; ces caractères distinotifs sont les cotylédons^ simples ou doubles, leur présence uu leur absence. Dans cette nouvelle méthode qui devait être perfectionnée de nos jours par Laurent de Jussieu, les plantes se divisent non plus en herbes et en arbres comme dans le système de Linnée, mais en plantes à un ou deux cotylédons ou sans cotylédons; au reste^ cette classification fut plutôt indiquée que développée par Bernard de Jussieu ; elle ne fut perfectionnée et exposée complètement que par Laurent de Jussieu, mort en 1836.

Joseph de Jussieu, frère de Bernard (1704-1779), se livra aussi avec succès à l'étude de la botanique. Ingénieur^ naturaliste et médecin, il fut choisi pour accompagner en qualité de botaniste les astronomes de l'Académie des sciences chargés d'aller, en 1735, mesurer au Pérou la longueur d'un arc du méridien terrestre. Il demeura encore trente-six ans en Amérique, toi^ours occupé à composer et augmenter ses collections, et il envoya au jardin du roi un grand nombre d'échantillons précieux. On lui doit Timportation en Europe de l'héliotrope du Pérou. U fut oncle de Laurent de Jussieu dont nous venons de parler plus haut.

Si Bernard de Jussieu fit une utile révolution dans la botanique, Linnée en accomplit une autre dans l'histobre naturelle tout entière. Il organisa non-seulement la botanique qu'il dota d'un système de classification utile et commode , quoique aujourd'hui moins généralement adopté depuis que* la méthode de Jussieu a prévalu parmi les savants, mais ({Ul servit néanmoins beaucoup à populariser l'étude des

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