‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 85 sur 126 · BONNET COMPOSE LA COXTEMPL. DE LA NATDRE · texte numérisé non relu

BONNET COMPOSE LA COXTEMPL. DE LA NATDRE

Bonnet conapose la Contemplalion de la nature (1764). — Esquisse et but de cet ouvrage ; nécessité d'une cause première. — Plan général de la nature; enchaînement de tous les êtres organisés. — Variétés dans l'organisation des animaux. Yeux des insectes; détails de leur conformation. — L'homme, les sensations, rapports du physique et du moral. — Les éléments^ le calorique, l'électricité. — Physiologie végétale. — Physiologie animale, fonctions, digestion. Respiration et organe de la voix. — Sécrétions.

La même collection de matériaux sur l'histoire naturelle qui avait déjà fourni Y Essai analytique sur les facultés de Vàme et les Considérations, sur les corps organisés donna aussi les éléments de la Contemplation de la nature que Bonnet mit en ordre et publia en 1764. Il en avait conçu l'idée depuis longtemps et voulait présenter sous cette forme un tableau abrégé, une sorte d'esquisse du plan général de l'univers. Les Considérations sur les corps organisés avaient offert des traits de détails du tableau. La Contemplation de la nature devait le développer tout entier. Avant de l'offrir au public Bonnet avait longtemps hésité ; sa modestie lui faisait trouver cet ouvrage faible et il avait voulu le détruire ; il aurait même exécuté son projet sans k prière d'un de ses amis, M. Bennelle. Après Tavoir presque refait et entièrement revu, il l'adressa à un autre ami, M. Allamand , professeur à Leyde -, auquel il demanda son avis sur l'opportunité de cette publication. M. Allamand lui répondit le 13 mai 1763 : « La lecture que j'ai faite de votre manuscrit, me porte m à remercier très-fort Tami qui vous a empêché de jeter

c( ce livre au feu. Quoique superficiel il renferme cependant « de bonnes idées ; il est si propre à faire naître dans (( l'âme des lecteurs, des réflexions vraiment philosophiques « sur les ouvrages de la nature, que c'aurait été une véri- « table perte pour le public s'il en avait été privé. Aussi, « sans hésiter, Je le ferais mettre sous presse; M. le comte « de Bentinck, Taîné, en a déjà lu chez moi une partie, et « il est de mon avis sur le contenu. »

11 faut observer que le mot superficiel employé ici par M. Aliamand, voulait dire qu'il le trouvait tel en le considérant comme un ouvrage purement scientifique ; mais la Contemplation de la nature était surtout adressée par l'auteur aux débutants dans l'art difficile d'observer, et pour leur donner le goût de l'histoire naturelle plutôt que pour la leur enseigner. Gomme cet ouvrage est un des plus importants de son auteur, nous en donnerons une analyse complète.

Le but principal du philosophe dans cette nouvelle production avait été de peindre aux yeux de tous d'une manière à la fois pittoresque et savante l'ordre admirable, l'harmonie sublime qui règne dans toutes les productions de ce globe que nous habitons. 11 voulait ainsi nous initier au merveilleux spectacle de l'histoire naturelle. 11 avait dû sans aucun doute son idée fondamentale au Spectacle de la nature de l'abbé Pluche, ouvrage où beaucoup de science se trouve envelpppée sous des formes ingénieuses 'mais dépourvues d'élégance, et parfois quelque peu puériles. Toutefois notre philosophe sut mettre à profit l'idée vraiment utile de Pluche et fit comme lui un tableau de tous les phénomènes du monde extérieur. La première édition parut à Amsterdam chez Marc-Michel Rey, 2 vol. in-8«, 1764. Plus tard, lorsqu'il se décida à publier une édition complète de ses œuvres, il voulait refondre entièrement son travail^ mais la

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