RESPIRATION ET ORGANE DE LA VOIX
d'un bout à l'autre de son corps qu'un petit i)oyau trans* parent dans lequel les aliments sont absorbés, ballottés et divisés sous les yeux mêmes de l'observateur. Les sucs alimentaires passent dans une multitude de petits grains dont tout le corps de l'animal est parsemé et qui paraissent euxmêmes autant de petits orçanes digestifs, puisqu'on les voit se teindre de la couleur des aliments qu'ils absorbent K Bonnet expose ensuite le mécanisme de la circulation du sang, les mouvements du cœur, le phénomène de la respiration, puis la conformation des organes de la voix dans les diverses espèces animales ; il explique les diverses parties du larynx qui constituent et modifient la nature et l'émission du son, et fait voir par la comparaison des différents animaux que la beauté de la voix n'est pas nécessairement produite par une plus grande complication de l'appareil qui sert à la former. Bien au contraire, il arrive que souvent les animaux dont la voix est la plus désagréable possèdent l'appareil le plus compliqué. L'âne et le porc sont de ce nombre. Le larynx de l'âne, qui nous fait entendre une voix si discordante et si déplaisante, n'en est pas moins formé par des éléments plus délicats et plus compliqués que ceux du chanteur doué de la voix la plus harmonieuse. L'insupportable braiment de cet animal peu poétique est dû à un instrument dont l'analyse détaillée a été faite-avec beaucoup de soin par le naturaliste Hérissant et que nous retrouvons en entier dans la Contemplation de la nature. Au fond du larynx se trouve une cavité profonde recouverte d'une membrane élastique qui forme une espèce de tambour et qui communique avec la trachée par une petite ouverture située à l'extrémité des lèvres de la glotte*; au-dessus
* Contemplation de la nature^ VIP partie, ch. m. 2 On appelle ainsi une fente oblongue qui ft'ouvre au fond de la bouche et forme la partie supérieure du larynx.
de ce9 lèvres se trouyent encore deux grands sacs qui ont çbftcuD une ouverture taillée en biseau et qui donne accès sur la caisse du tambour. L'air^ chassé avec force dans ces différentes cavités, met enjeu leurs membranes élastiques^ et de là naissent les sons discordants que nous connaissais. Il existe également dans le larynx du porc deux sacs raembraqeux qui forment le grognement sourd et disgracieux de cet anima); de plus» ce quadrupède possède une triple glotte; de part et d'autre de la fente qui forme la véritable glotte^ se trouve une ^utre fente qui donne entrée à Tair is^m les sacs membraneux ; cet air» par ses vibrations réunies avec celles qui se forment dans la glotte elle-même, produit le son. Chez les oiseaux Tappareil est complètement différent et ne ressemble ni à celui de Tbomme, ni à celui des quadrupèdes ^ <x Ches les oiseaux, dit Tau*teur de la Contemplation , parmi lesquels se trouvent de si grands musiciens » t'o^gane 0e la voix offre des particMlarités propres à cette classe d'animaux. Ils ont, comme l'homme et les quadrupèdes, une vraie glotte placée à rentrée de la trachée, mais dont les lèvres n'exercent pas les mêmes fonctions et ne contribuent pas autant à la formation de la voix. C'est |i l'extrémité inférieure 4i la trachée et ver^ l'origine des principales bronches que réside chez les oiseaux le principal organe de la voix. Us ont dpnc proprement deux larynx, l'un supérieur ou externe 9 l'autre inférieur ou interne. Vais toutes le& pièces du larynx interne n'influent pas également sur la production ou s^r la moc|ification de la Toix; la plus nécessaire 4e toutes est une membrane plus ou moins solide, située transversalement eptre les deux bronches et qui communique avec d'autres membranes disposées de manière à imiter
< Contemplation de la na^e, VI1« parti?, çh. vi.