‹ Charles d'Ellival et Alphonsine de Florentino (volume 2)Chapitre 1 sur 28 · Charles d'Ellival et Alphonsine de Florentino · texte numérisé non relu

Charles d'Ellival et Alphonsine de Florentino

w J E n'ai pris avec moi qu'un domestique (( et un guide. J'ai renvoyé ce guide, lors- « que j'ai été à une petite distance de la u cabane ; je suis descendue de cheval , « j'ai ordonné à mon domestique de m'at- (( tendre , et j'ai pris seule la roule que « l'on venoil de m'indiquer pour arriver Tome III. I

« chez TLadëe. Vous savez, monsieur le « comle , avec quel soin j'ai conservé « dans mes tablelles les noms de la femme « et des enfans du bûcheron. A peine « commençois-je à distinguer la cabane (c au travers des arbres, que j'ai rencontré « une femme âge'e qui paroissoit en venir. « Je n'ai pas douté que ce ne fut Anna ; « je l'ai appelée par son nom, et je lui ai « demandé si je ne pourrois pas voir sa t( fille et ses petits enfans. Elle a paru « étonnée, intimidée, quoique je fusse {,( mise très-simplement, et que je lui eusse « parlé avec beaucoup de douceur; elle i{ a répandu quelques larmes , m'a dit en u soupirant, — Nos chers enfans n'existent i< plus, nous les avons perdus, — et, (f marchant devant moi, m'a conduite vers (( la cabane. Thadée et Victor alloient <c dans la forêt. Je leur ai dit ce que je (( venois de demander à Anna, ce qu'elle « m'avoit répondu ; ils m'ont exprimé les « mêmes regrets , ont appelé Madeleine,

ET ALPHONSINE DEFLOREPfTlJXO. S

<i m'ont demande la permission de me a laisser avec elle, parce qu'on les attea- « doit pour un ouvrage pressé, et sont (( partis avec Anna. J'aurois bien voulu « les retenir, et les interroger ensemble « et séparément ; mais j'ai craint de leur a paroîlre suspecte, de leur dévoiler mou « véritable but , et de ne rien apprendre. (( Madeleine m'a fait entrer dans la ca- « bane, m'a engagée à m'asseoir, el s'est cf assise auprès de moi. — Lorsque j'ai H formé le projet de venir vous voir, lui « ai-jedit, je ne m'altendois pas à la triste c( nouvelle que la bonne Anna vient de u m'apprendre. J'habile depuis peu dans

« le village de , voisin de celte grande

« forêt, du côté d Anagni ; chaque jour « j'ai entendu faire le plus grand éloge de « vos enfans ; une dame de ma connois- « sance les a vus dans un vieux château « abandonné depuis long-temps, et qui « n'est pas très-éloigné de votre habila- « lion ; elle en a été enchantée. Je n'ai

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<( qu'une fîlle que j'aime beaucoup; je « voulois vous demanderque Marguerite fût sa compagne; elles auroieut été «l'une avec l'autre comm e deu sœurs, * — Madeleine , suffoquée par ses larw mes qu'elle vouloil relenir, n'a pu « me répondre que par quelques mots.

i( Elle m'a remerciée , et m'a dit avec t< l'accent d'une douleur profonde : — Je « n'ai plus d'enfans. — Que je vous plains! R La cause de voire chagrin est bien ré- « cenle ; puisse le temps calmer vos justes u regrets ! — Elle a gardé le silence. — « Mais, ai-je continué, quel malheur vous t< les a enlevés? — Une maladie trèsu courte , et qui, dès le premier jour, ne « nous a laissé aucun espoir. Nous avons m inutilement réclamé des secours trop « éloignés de cette demeure isolée : lors- « qu'ils nous ont été annoncés , notre « perte étoit consommée. — La même « maladie les a emportés? — La même <c maladie. Ils étoient jumeaux; ils m'ont

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« été ravis le même jour. — Un ermite , (( m'a t-on dit, les avoit élevés avec soin? u — Oui, madame, avec la tendresse d'un « père. — Et cet ermite, comment se « nommoit-ii? — Ambroise. — Vous ne « luiconnoissiez pas d'autre nom?-— Non, <( madame. — Habiloit-il depuis long- « temps son asile? — Je le crois, madame; « mais lorsque Dieu m'eût inspiré l'idée i< de lui conduire mes enfans , que je les M lui recommandai , et qu'il les adopta , « pour ainsi dire ^ je ne pensai à lui faire (( aucuuejquestiou ; etd'ailleurs'je n'aurois ti pas osé. — Qu'est-il devenu ? — Je Ti- « gnore , madame; tout ce que je sais , « c'est qu'il avoit abandonné son ermi- « tage, avant que Dieu ne m'eut séparée « de mes pauvres enfans, — Vous êtes i{ allée quelquefois dans le château ruiné? <c — Oui , madame — Vous devez y avoir « vu une espèce de folle qui , dit- on , y a « passé seule plusieurs années? — Oui , <i madame. — Vous n'avez jamais su son

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«( nom ? — Mes enfans , qui avoienl visilé 4L les ruines avant moi , el qu'elle avoit u fort bien traités, l'avoient appelée la « dame Blanche. Ce nom ne paioissoit « pas lui déplaire. Nous l'avons toujours i< nommée ainsi. — Vous n'avez rien « connu de son histoire? — Rien , maie daine. Elle paroissoit bien bonne elbien « malheureuse. — Nest-elle jamais venue M. visiter cette maison? — Non, madame. <i — Lst-ce que personne ne venoii voir -« vos enfans , leur témoigner de l'intérêt, « prendre pari à leurs progrès? — Non, « madame. Notre famille, la dame Blan- -« che , el l'ermite, étoient sûrement les « seuls qui connussent leur existence, et « qui pussent leur vouloir du bien. -— Et « depuis qu'ils ont succombé à une ma- « ladie funeste, personne n'est venu s^in- « former deux ? — L'ermite el la dame « Blanche auroient pu seuls penser à eux ; i< ils n'habilenl plus dans celte forêt, et «. nous n'avons rien appris de leur desli-

« née. — N'avez - vous jamais enlendu « parler de la famille de FlorenlinOj ou « de celle de Volenla ? — Volenta , Flo- « reiilirio , je crois que ce sont des noms u semblables que mes enfans ont vu ins- « crits sur les lombes des ruines. — C'est « tout ce que vous en savez ? — Oui, mau dame. — Il faut que je vous dise tout , « bonne Madeleine» On m'a assuré qu'un H bruit extraordinaire avoit été répandu « au sujet de vos jumeaux. On prélendoit « qu'ils n'étoient pas vos enfans; qu'on u vous les avoit confiés dès l'âge le plus « tendre; que vous en aviez toujours eu « le plus grand soin ; mais qu'ils appar- (( tenoient à des parens riches et puissans u qui dévoient un jour les réclamer. — « Madeleine m'a paru se troubler , mais « se remettant bientôt : — Ah ! madame , « m'a-t-elle dit, vous êtes mère; vous <( devez sentir quel coup, sans le vouloir, « vous venez de me porter. Plût à Dieu « qu'ils n'eussent pas été mes enfans ! Je

M ne serois pas anjourd'hui la plus mal- <( heureuse des mères, et sans espoir de (( consolation. — Je îoue ^of^e loyaulé , f( Madeleine; votre fidélité à votre parole (( me touche ; mais si je savois que vos «( jumeaux étoient de la famille de Flo- <( rentino dont je viens de vous parler; si « je vous disois qu'amie intime de leurs <( plus proches parens 5 je venois vous ant( noncer le changement de leur sort , « vous faire counoîlre que leur famille va « les réclamer, leur rendre leur nom, c( leur naissance , leur fortune... Eh ! mate dame , s'est-elle écriée avec une vivacité « qui m'a surprise, quel est donc le but « de répreuve que vous voulez me faire c( subir? N'augmentez pasladouleur d'une « mère qui a perdu ses enfans. Mon pau- (( vre Jean , ma pauvre Marguerite , vous w étiez destinés à passer votre vie dans ce <( désert , à Iravailler pour gagner votre « subsistance; mais, dans cette cabane , « vous auriez été heureux, et votre mère

ET ALPHONSINE de FLORENTINO, g

— (c auroit été la plus heureuse des femmes. « Mes pauvres eufans, je ne vous verrai x< plus. Madame, pardonnez; mais quels « chagrins vous a^ez réveillés ! Puissiez- « vous n'en jamais éprouver de sembla- « blés ! — Elle est sortie de la chambre, « elle s'est arrêtée devant la porte, et elle a u pleuré amèrement. J'ai vu que je ne pou- « vois plus continuer les démarches que « j'avois projetées; je suis allée h elle. —

. « Combien je me repens, infortunée Ma- « deleine, d'avoir trop cédé à une vaine « curiosité! Oubliez, je vous en conjure, « ce que j'avois imaginé pour vous en- (( gager à me tout dire au sujet de deux « jeunes gens pour lesquels on m'avoit « prévenue de la manière la plus favoi( rable , et que je me sentois disposée à M beaucoup aimer. Souvenez-vous seu- « lement des bonnes intentions qui m'a-» « voient amenée vers vous. Je vous en- « verrai mon adresse, et si jamais je puis « vous être utile , à vous ou à votre fa-

« mille, j'éprouverai une salisfaclion plus M douce que je ne pourrois tous l'expiii< mer. Que Dieu vous console, ma bonne (( Madeleine. — Elle m'a témoigné sa <^ reconnoissance , et comme j'allois la <t quitter, j'ai vu revenir Anna, Thadée « et Victor. Je me suis avancée avec « Thadée jusques auprès de l'entrée du « jardin ; je lui ai dit quelques mots sur « la perle des jumeaux ; sa réponse a été u conforme à celles de Madeleine. J'ai <( salué , avec l'air le plus affectueux , ce « vieux Thadée , Madeleine et Anna ; et, u sous le prétexte de craindre de m'égarer, (( j'ai prié Victor de m'accompagner jus- (( ques à l'endroit où j'avois laissé mon « domestique. Je lui ai parlé du projet « pour lequel j'élois venue à la cabane , « et de la peine que j'avois éprouvée en i{ apprenant la mort de Jean et de Mar- « guérite ; je lui ai parlé aussi de l'ermite u et de la dame Blanche. Victor n'avoit « jamais vu m la dame , ni le père Aai-

« broise ; mais il ëtoil bien reconnoissant (( de ce qu'iJs avoienl fait pour ses enfaus. or — Nos pauvres jumeaux, ils éloient si <{ aimables, si bons! ils nous aimoieut « tant ! je les regretterai toute ma vie ; et M notre Madeleine, combien elle est afïli- « gée ! Nos enfans faisoienl tout son boa- « heur ; avec quelle ardeur je prie Dieu « tous les jours qu'il veuille bien diminuer <( sa peine ! — J'ai remercié Victor, et je <i suis remontée achevai. J'ai enfin été dé- « barrassée de la contrainte à laquelle je « venois de m'assujetlir. Combien j'avois « été contrariée pendant mon séjour dans (( la cabane !

« Mais que conclure du résultat de mes « recherches ? Jean et Marguerite sont-ils «( réellement morts , ou ont-ils été seule- « ment retirés de la cabane de Thadée , (( pour être placés plus en sûreté dans « quelque autre retraite? Madeleine et sa (( famille dévoient s'être vivement attachés « à eux. L'éloignement des jumeaux et la

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<c crainte de ne plus les revoir, ne suffi- (( roicnt-ils pas pour expliquer les regrets « et la douleur de Madeleine et de ses (( parens? Je ne puis pas croire à cette te maladie si prompte et si terrible. Tout « me dit que Jean et Marguerite vivent (( encore. Où seroienl- ils maintenant?

c( Sont-ils les enfans de M. deFlorentino? « Comment découvrir leur nouveau sé- »( jour? Quels renseignemens pouvons- « nous chercher à nous procurer, sans ^ éveiller les soupçons, et nous précipiter n dans les dangers que nous voulons évi- « ter? Tout me trouble et m'ëpou\anle.

■Cv Jamais mon inquiétude n'a été plus <( grande qu'aujourd'hui. Je suis fâchée \< que vous ayez cru devoir vous absenter « pour quelques Jours de celte capitale c( avant mon retour. Je suis pressée de « savoir ce que Constance vous a dit. Je i( lâcherai de connoître, par elle et sans « qu'elle s'en doute , tout ce qu'elle peut « avoir appris au sujet des Santangélo.

AUTRE LETTRE

De la même au même.

» Je n'ai plus de doute. Toutes nos (( craintes sont réalisées. Quel es*doncl'o- « rage qui va fondre sur nous ! et que « pourrons nous faire pour le conjurer? « Revenez promptenient à Rome. Nous « avons besoin de concerter nos mesure res, et nous n'avons pas un moment à « perdre.

« Depuis long -temps, je devois une

« visite de cérémonie à milady qui

i( est à Rome depuis quelques mois. Je « suis allée chez elle avec Constance. Pente danl que <'étois encore chez celle dame « étrangère , on a annoncé la princesse « de Sanlangélo. Elle est entrée avec ses « deux jeunes parens , (iaslave et Vic- <( torine. J éprouvois une terreur secrète j « niais que n'ai je pas resseuli , lorsque

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« j'ai vu de près Viclorine et son frère ! u Quelle ressemblance frappante avec Jeaa « et Marguerite ! La ditïèrence de leurs « costumes ne m'a pas fait hésiter un mo- « ment. Ils ont dit quelques mots en sa- « luant milady , et j'ai cru entendre les H jumeaux du château ruine. Constance f( avoit bien de la peine à cacher sa joie , « en voyant le jeune baron. Il a jeté les « yeux sur moi , ainsi que Viclorine ; et à a l'instant ils ont paru éprouver une agi- « lation extrême. Il est évident qu'ils ont (( reconnu la dame qui les avoil rencoat< très dans les ruines de la forêt , et aux « menaces de laquelle ils avoienl eu tant « de peine à se dérober J'ai eu un grand « tort à celte époque. J'aurois pu obtenir « par la séduction ce que j'ai essayé en « vain d^avoir par la violence. Viclorine a et le baron sont donc Marguerite et « son frère. Mais pourquoi les avoir tenus « pendant tant d'années dans une cabane « de bûcheron , au milieu d'une forêt dé-

ET ALPIIONSINE DE FLORENTINO. l5

« série, dans la plus grande ignorance de « leur nom, el sans aucune sorle d'édu- « cation , car celle qu'ils ont reçue , ils ne u la doivent qu'à une espèce de hasard? « Pourquoi, maintenant, annoncer à tout « le monde , qu'ils arrivent du roj'aume « de Naples où ils ne sont jamais allés ? et Ces jumeaux ne sont pas du sang de la « princesse; elle les aime et les proiège ; « mais ils sont d'une famille différente de (( la sienne , el qu'on ne veut déclarer que « lorsque toutes les précautions qu'on u peut avoir en vue, auront été prises. En « attendant qu'on les produise sous leur « véritable nom , on les a retirés d'un sé- (( jour isolé où quelques circonstances, et « peut-être mon apparition dans les rui- « nés, auront fait croire qu'ils ne pouu voient plus être en sûreté; et on les a <( mis sous lasauve-garde de la princesse. « Je me reprocherai toujours la manière « dont je me suis conduite lorsque je les t( ai vus dans le château. Mais, au lieu de

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« nous occuper de ce qui est passé , penu sous à uu avenir qui doit nous faire « frémir.

» J'ai examiaé avec bien de l'altenlion le (( baron et Viclorine. PJus je les ai consiu dérés, et plus j'ai remarqué en eux des « altitudes, des gestes, des manières des « Florenliuo et des Volenla. Combien « surtout leurs traits et leur phjsiouo- {( mie m'ont paru tenir de ceux de feu « mon mari! J'en suis entièrement conc( vaincue: le baron et \iclorine sont les (( mêmes jumeaux que ceux qui ont été i< élevés sous les noms de Marguerite et de a Jean et c'est au marquis de Florenlino « et à sa première femme , qu'ils doivent « le jour. Voyez , d'après cela , tout ce (( qui nous i»«nace ; mais ce n'est pas tout « ce que nous avons à redouter.

» Qui a inspiré à la princesse des senli- « mens si teadres pour ces 'umeaux dont <' l'existence peut nous eue si funeste ? (( Elle éloit l'amie intime de leur tante

ET ALPIlONSINE nï FLORENTINO. I7

« Aurore de Volenla. Mais ce n'est que « depuis quelques jours que son affeclion « pour les jumeaux se manifeste. Est ce « qu'Aurore vivroit encore? Est ce qu'A- {( medëe de FJorentino vivroit aussi? Cette « dame qu'ils appellent la dame Blanche, K et qui passe tant d'anne'es dans un chà- « teau abandonné ; ce père Ambroise, re- « tiré pendant le même temps dans un « ermitage de la forêt; l'afl'eclion de la « dame pour les jumeaux; les soins pour « ainsi dire paternels que leur donne l'er- <{ mile ; combien de circonstances qui H paraissent confirmer mes terribles pres- (( senlimens ! Tous les morts revien- « droient-ils à la lumière pour nous acca- « bler? N'aurions-nous joui d'une si lon- « gne sécurité que pour tomber dans un « abime plus profond? Arrivez à l'instant, « et réunissons tous nos efïorts.

» La famille d'Ellival seroit-elle dans « le secret? Les jumeaux sont très-bien « reçus chez la comtesse Caroline. Quel-

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« ques personnes disent même que le « comte Cli.irles a conçu pour Viclorine « une grande passion qne ses parens et « la princesse ne désapprouvent pas; et tf d'autres ajoutent que , malgré le grand « service que le baron a rendu à ma fille, « et ce qu'il lui a U-njoigné à celle occa- « sion , ce n'est pas Constance qui règne « sur sorï coeur, et que tous ses hommages « secrets sont pour mademoiselle Adé- « laide d'FJJisal. Constance ne sait rien « qui puisse nous éclairer. Eprise du ba- « ron , à qui elle croit devoir la vie , elle se « persuade qu'il u'aime qu'elle. Elle ne « doute pas qu'il ne soit de la famille de (( la princesse, qui lui destine , lui a-t-on « dit, une grande partie de sa fortune. « Pendant qu'il éloil chez milady , il a « salué Constance avec une grande polic< tesseelun air très-riant; il a paru, pluu sieur fois , vouloir s'approcher d'elle. <( Mais ma fille étoit auprès de moi , et « ma présence arrêloit le baron. J'ai ca-

« ché avec beaucoup de soin , mes émo- « tions secreltes ; je n'ai pas paru lerecon- « noîlre ; j'ai composé mon visage , de (( manière à l'attirer auprès de moi plu- « tôt que de le repousser; j attendois qu'il « fût près de ma fille, pour qu'elle me le « présentât , d'après ce que j'avois recom- « mandé à Conslauce , et que je pusse le u remercier de ce qu'il avoit fait pour elle; « mais ma vue lui rappeloit la dame courte roucée du château ruiné ; et il se détour- « noit. Bientôt il est sorti avec sa sœur et la « princesse dont la visite a été très cou rie, « et je me suis empressée de prendre congé « de milady ^ et de veuir vous écrire. »

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