‹ Charles d'Ellival et Alphonsine de Florentino (volume 2)Chapitre 2 sur 28 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

J JK comte Antoine éloit auprès de la marquise de Florenlino. Ils venoient d'avoir une longue conférence secrète. Ils alloieut se séparer. — ((Le sort en est jeté, «comte, persistez-vous à vous charger H de l'exécution? — Oui , madame. — Le « parti que nous prenons est le seul qui (( puisse nous sauver. Les jumeaux sont « lesQlsdeM. deFlorentino; vous en êtes c( aussi persuadé que moi. Chaque instant c( qui s'écoule accroît nos dangers; il faut « les enlever à leurs parens , les dérober « à tous les yeux , anéantir, pour ainsi « dire, leur existence, ou tout se décou- (( vre, et nous périssons dans la honte. « Vous et moi connoîtrons seuls leur der-

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« nière retraite; el si notre sûreté pouvoit (( exiger de plus grandes précautions en- « core,ils mourront, el toutes nos craintes (( seront à jamais dissipées. Mais étes-vous « bien sur de pouvoir les arracher du « palais de Satilangélo, sans qu'on soup- « çoiine ni l'enlèvenienl , ni les auteurs u d'une entreprise aussi hardie? — Je tous « ai déjà exposé, madame, les moyt;ns « que j'emploierai. Oti ne pourra, eu au- « cune manière, deviner la cause de leur « dispaiiiion. Leur prison sera entière- « ment ignorée, personne ne sera com- « promis, el les soupçons tomberoieiit u sur tous les habilans de Rome , avant « d'arriver jusqu'à. nous. — Allez donc, « comte , et que la plus grande célérité « ajouteàla sûreté de nos mesures. Allez. ^) — Et,en proférant celte terrible condamnation , sa voix étoit forte, mais entrecoupée, son visage enflammé, son geste effrayant, son agitation extrême. Elle ouvrit la porte de son cabinet, pour s'assurer

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de nouveau que personne n'avolt pu les entendre, frémit, renouvela son arrêt funeste , et se sépara du comte, dont le regard étoît sinistre, mais dont la contenance plus assurée annonçoit le calme affreux d'une âme familiarisée avec les plus noirs projets.

Les jumeaux n'éloienl pas cependant les seules victimes que le comte Antoine avoit résolu d'immoler. Il vouloit obtenir la main de Constance. Il savoit que madame de Florentino désiroit vivement d'unir sa fille au comte Charles d'Eliival. Le jeune Charles aimoit passionémeut Victorini ; mais Victoriue alloit disparoître , elle alloit cesser d'exister pour le comte ; et quoique le désespoir de ce dernier dût être affreux , le temps calmeroil sa douleur; la beauté de Constance le séduiroit ; les artifices de la marquise acheveroientdelesubjuguer.il falloit écarter ce rival dangereux. 11 falloit le soustraire , comme les jumeaux, à sa famille, à ses

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amis. Uu second complot , que le comte Antoine saupoit bien empêcher la marquise de découvrir , le déiivreroit à ja mais de ce Cha|:les qu on voudroit lui préférer.

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