‹ Charles Darwin et ses précurseurs français: étude sur le transformismeChapitre 16 sur 30 · L'ESPÈCE ET LÀ RAGE. — VARIATION DÉSORDONNÉE. LOI DE RETOUR · texte numérisé non relu

L'ESPÈCE ET LÀ RAGE. — VARIATION DÉSORDONNÉE. LOI DE RETOUR

L'hybridation présente parfois des phénomènes exceptionnels qui pourraient faire croire au premier abord qu'entre certaines espèces les choses se passent comme entre races, et qu'on peut obtenir des races hybrides. Dans quelques rares unions croisées de ce genre, on a vu la fécondité de la mère se conserver, puis persister chez les fils et chez les petitsfils, qui peuvent s'unir entre eux et donner naissance à de nouveaux produits. Plus fréquemment surtout, on a obtenu un résultat analogue en croisant les hybrides de premier lit avec des individus appartenant à Tune des espèces parentes. Ces hybrides, qui eussent été inféconds entre eux, retrouvent par ce procédé, en partie ou entièrement, la faculté de se reproduire, et donnent naissance à des quarterons qui

QUATREFÀGES, 16

2â2 DISCUSSION DES DOGTRIMES TRANSFORMISTES.

possèdent trois quarts de sang de Tune des espèces et seulement un quart de sang de l'autre. Ce-uxci sont plus ou moins féconds entre eux et transmettent à leur postérité la faculté qu'ils ont retrouvée.

Tels sont les faits acceptés aujourd'hui par tous les naturalistes sérieux, mais dont on a singulièrement faussé la signification réelle, lorsqu'on les a invoqués comme démontrant la possibilité d'obtenir des races hybrides. Ceux qui s'expriment ainsi seaibUnt n'avoir connu qu'à demi les expériences. Ils ne tiennent pas compte de deux phénomènes, les plus frappants peut-être de tous ceux qu'engendre l'hybridation. Ils oublient la variation désordontiée qui se manifeste dès la seconde génération, et qui enlève toute communauté de caractère à ces descendants d'espèces différentes. Ils oublient surtout qu'après quelques générations, ordinairement fort peu nombreuses, ces hybrides perdent leurs caractères mixtes, et retournent en totalité à Tune des espèces parentes ou se partagent entre les deux souches mères, si bien que toute trace d'hybridation disparait. Comme il s'agit ici de faits fondamentaux, il est nécessaire de citer quelques exemples pris dans les deux règnes et de résuma quelques observations trop souvent tronquées dans les citations qu'on en a faites.

Quand 11 s'agit de l'hybridation chez les végétaux, on ne saurait invoquer une autorité plus sérieuse que celle de M. Naudin. Ses premières recherches sur ce sujet datent

4e 4853? Pep^iJ? ce|;te éppqpa, U r'» gpère cess^ de mpltiplier (ie3 expériences don^ la prépJsioR et ^'wpo^ta^ce put -plajcé §pp mm ^ o^^é de peq;i 4p lJ^oalreH);er et de Qaertnef. Vojq une de ceUes q^'il a citées ^Qoiwie e^ejijple de pe qu'il a ppfpmé ei JHStwwnt ^ pmation désordonnée^

U. Naudi» prpisa Ip, ^if^aire cQji^i^uQfi avec (a lioaire à fleurs ppurpi es. U ol^tiui; de cette uuipn uu certain nombre d'hybrides dou); il suivit sept génjir^tipjjs »UF plusiaur3 centaines de plantes. Les fli^ iïflmédl^ts des espèeps crpisée:*, les hybrides de premier sang 9 fijrpnt presque in^prwédipjrei^ ,entrfi Jjeprp parepts et préseptèrpnt ppp r^W^quable uniforfffité de caractères. RJais dès la secpnde gépération ij p'pn fpt pjps ajpsi ; le? diffé^epc^^ f'accijsèrepf de plus ep plus. A phaque génération, pli^ieçr» ipdiyiflus reprpdwisaiept les car3.ctères de l'espèce paferppjje pp mternelle, c'est-à-dire obéissaient ^ la loi de ntour ffpfa:fypes pq,rmt^' Les autres, e^tr0piep)en|; 4jisspp>blaJ)ies epfre pp?, ne resspmblaiapt pas davantage aux hybrides 4e premier swg.. A la sixième ou aeptièipe g/èpéra^iop, gj^ plapte» présentaient la popfusion Ja pl^ jétrapge. << Op y JirpuyaiJ; tpu« les ^ genres d^ vapatipp ppssibles, ^ t^\\^ nhmv^m o^, lélaii- » cées, de feuillages larges ou étroits, de corolles déformées » de diverses manières, décolorées ou revêtant des teintes » insolites, et de toutes ces combinaisops i} p'étajt pas fié- » suite deux individus entièrement semblables. Il est bien

2â& DISCUSSION DES DOCTRINES TRÂ.NSPORMISTES.

î> visible qu'ici encore nous n'avons affaire qu'à la variation » désordonnée^ qui n'engendre que des individualités (1) . » Cette dernière observation de réminent naturaliste est d'une haute importance. Elle établit Centre les variétés qui se manifestent spontanément dans une espèce et les formes plus ou moins disparates produites par Thybridation une différence physiologique radicale. Les premières seules se transmettent et forment des races. Cette distinction ne pouvait échapper à M. Naudin, et il y revient en terminant son beau mémoire. « Les espèces, dit-il, lorsqu'elles va- » rient en vertu de leurs aptitudes innées, le foùt d'une » manière bien différente de celle que nous avons constatée » dans les hybrides. Tandis que chez ces derniers la forme » se dissout, d'une génération à l'autre, en variations indi- )) viduelles et sans fixité, dans l'espèce pure, au contraire, > la variation tend à se perpétuer et à faire nombre. Lors- » qu'elle se produit, il arrive de deux choses l'une : ou elle )) disparaît avec l'individu sur lequel elle s'est montrée, » ou elle se transmet sans altération à la génération sui- » vante. Et dès lors, si les circonstances lui sont favorables » et qu'aucun croisement avec le type de l'espèce ou avec » une autre variété ne vienne la troubler dans son évolu-

(1) De Vhyhridation considérée comme cause de variabilité da>ns les végétaux. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 21 novembre 1864.)

» tien, elle passe à Fétat de race caractérisée, et imprime > son cachet à un nombre illimité d'individus. »

En d'autres termes, les espèces proprement dites peuvent seules donner des races; les hybrides ne produisent que des variétés^ et Tuniformîté ne s'établit dans leur descendance « qu'à la condition que celle-ci reprenne la livrée «normale des espèces »; en d'autres termes, qu'elle subisse la loi de retour au type.

Nous venons de voirie retour aux types des parents s'effectuer partiellement et pendant plusieurs générations successives. On peut montrer par un autre exemple intéressant ce même phénomène s'effectuant brusquement, après avoir été précédé des particularités qui caractérisent d'ordinaire Thybridation.

M. Naudin avait choisi cette fois le Datura stramonium^ dont la plupart de nos lecteurs connaissent sans doute la belle tige arborescente, et le Datura ceratocaula^ espèce « à tige traînante, ordinairement simple et probablement » celle de tout le genre qui a le moins d'affinité avec le /)«- » tura stramonium. » Celui-ci jouait le rôle de mère. Dix fleurs furent préparées avec les soins nécessaires, et furent fécondées artificiellement avec le pollen du Datura ceratocaula^ L'opération réussit sur toutes, et l'expérimentateur put récolter dix capsules mûres ; maïs aucun de ces fruits n'avait la grosseur normale. Les plus développés atteignaient à peine à la moitié du volume ordinaire de la

2fl6 Discussion DES DOQTifHBd TBAHSfmillSTES.

pomme épineitsei Le déyeloppemetit des graines était en outre fort inégal : tine bonne moitié arait avorté^ et n'était représentée que par des Yésieules aplaties et ridées i d'autres, bieii éonfermées extérieurement, quoique plub petites que les graines borldaleëi ne oontedâieiit phs d'embryetl; et par bcrnséqueut étaient infertile^; En somnse, les ifii eàpsules ne fournirent fl Mi Naudin qk'une soixâtitaine de graines paraissant arrivées à un complet dévèloppelnefiti ftU lieti de plusieul^ centaines qu'il aurait recueillies sur l'hne ou sur l'autre espèce ndn croisée^

Ces soixante graines produites par le crddeiaeHt fu« rtot toutes semées. Il n'en gei'ma (|ue trois;

L'un dés hybrides ainm obtedds périt ; les deux autres se développèrent avec une vigueur supérieiife & celte desdetlx pladtes parentes. En i^evabcbe^ là fétondilé se trofayà remarquablement diniinuée (l)i Un grand bombre de fleurs, ou ne se formèrent pas; eu avortèrent au sommet et dails le bas de la tige. Celles qui se développèrent produisirent des fhlits de grandeur normale et des graines parfaiteinent cbnfcnrméest Ces graines farent inihes en terre en deux fois les années suivantes ; plus de cmt pieds sorâreM de cds

(h) téii \k elles Ui hybridëi un Mi |;éhérÀi, déhl \h UitUel oftnè un ezëmiAd chei 1m anknaux, Lei organei et les fonetioDi dé la vie iadlvidaelle semblent gagner en activité et en énergie ce que perdent les organes et les fonctions de propagation de l'espèce. C'est un cas très>remarqiiable d'applicati»n de là loi âé bitlaneemeni organique M phjf^iolegiqtie.

TAfllAtlOl» DÉiOftOOlfWÉB, BETOtJ!!; 2â7

deux Bemis. Touh présentèretit soui le rapport du développement et de la fieondité des t>Fgane8 floraiii exaetemeot toë mdâiea oàraotèrâs que lëfii DéHira itr&môhivM dulttVés ^edté d'eux comme t^rme dci eomparsûsou. D'un I9eul bond I toute oc^tte poistérité d^ft dèiJx bybridtfs était revenue à Tespice maternelle prizùilivé (1)«

Le retenir n'a pas teujoilra lieu ayèc Cette brusqueilè. Il exige parfois pliuiÂeurs générationst SourôHt aussi la deë^ eendaûoe de6 première bjrbridès %û répartit entre tes d^ux espôcee piurentes t tâais en résulnâ, neils dit Mi Naudini « les hybridee fertiles et ee fécondant eux-mêmes nmeu^ > nent tôt ou tard aux types spécifiques dont ils dérivent^ » et ce retour se fait^ aoit par le dégag^nent des deux » essences réunies, soit par l'extinction grad^ieUe de l'une » des deux (2). »

Les expériences de ce genre sont généralement plus longues et par cela même plus difficiles à exécuter cbe? lea animaux que chez les plantes. Toutefois les oiseaux ofirent aux expérim^tateurs des facilités que plus d'un natura'liste, et Darwin entre autres, a su mettre à profit* Psomi les invertébrés, un certiûn nombre de groupes se prêteraient aussi très-bien sans doute à cet ordre de recherches^

(1) Observations concernant quelques plantes hybrides cultivées au Muséum, {Annales des sciences naturelles. Botanique, 4' série, t. IX.)

(2) Nouvelles recherches sur l*hybriàité. (ÂnnatéS des sciences naiuréltes, BOTANiftOE^ 4e férié, t. XIX.)

Ce qui s*est passé au Muséum est de nature à encourager ceux qui seraient disposés à entrer dans cette voie.

En 1869, M. Guérin-Méneville eut l'idée de croiser les papillons du ver à soie de Tdlante {Bombyx Cynthia) avec ceux du ver à soie du ricin {Bombyx Arrindia) . Ces unions furent fécondes. Les œufs qui en résultèrent furent déposés au Muséum dans le local destiné aux reptiles vivants, et élevés par M. Vallée, gardien de cette partie de la ménagerie. Grâce à des soins intelligents, ces hybrides se propagèrent pendant huit années. Malheureusement la dernière génération périt, dévorée tout entière par les ichneumons. Voici les faits qu*a présentés cette expérience, comparables à tous égards à celles qu'on a exécutées sur des végétaux.

Tout en réunissant des caractères empruntés aux deux espèces, les hybrides de premier sang tenaient plus du bombyx de l'allante que de celui du ricin. Ce cachet général se retrouvait dans les papillons et jusquesurles cocons. Ils étaient d'ailleurs assez semblables entre eux. « Il n'en a » pas été de mèvie, dit M. Guérin-Méneville, des métis » (hybrides) issus de l'alliance des métis {hybrides) entre » eux. Les produits de cette génération ont montré un mé- » lange dans la couleur des cocons et des papillons, qui est n allé en augmentant à mesure que les générations entre » métis se succédèrent. Ainsi, chez les derniers, ceux » de la troisième génération entre métis, il s'est trouvé la

» variété la plus grande possible, et le phénomène le pliiîi » intéressant a été de voir des métis prendre entièrement » le caractère, soit du type allante, soit du type ricin (1) . d

Nous retrouvons ici, on le voit, dès la seconde et la troisième génération, la variation désordonnée et le retour que nous avions vus se manifester chez les plantes. Ces phénomènes se sont développés de plus en plus chez ces hybrides d'invertébrés. En même temps l'empreinte du ver du richi s'est de mieux en mieux accusée, et a fini par prendre si bien le dessus que la denûère éducation a donné presque en totalité des cocons appartenant au type qui semblait d'abord avoir été presque effacé (2).

Les expériences d'hybridation chez les vertébrés ont ét6 bien plus nombreuses que dans l'autre sous-règne. Il est peu d'amateurs d'oiseaux qui n'en aient tenté quelqu'une. Malheureusement nous n'avons pas sur cette classe d'observations précises et propres à éclaircir les questions qui nous occupent en ce moment. Il en est autrement pour les mammifères. Nous rencontrons chez eux lin certain nombre de faits qui sont fort loin toutefois de présenter le même intérêt, et dont quelques-uns sont évidemment apocryphes.

(1) Bulletin de la Société impériale d'acclima talion , séance du 6 janvier 1860.

(2) Ce renseignement m'a été donné par M. Vallée, employé du Muséum, qui a dirigé ces éducations avec assez de soin et d'intelligence pour mériter une récompense publique décernée par la Société d'acclimatation.

2d0 DISCUSSION DES DOOTRIMIB TRANSFOEIIISTES.

I^doré Geoflroy tnvtài déjà fût justice du préteodu oroisement féadnd entre le tmireau et l'ànesse^ entre la ebetrette et le bélier (1). Lee renseigdements qu'a bien youlu me donner M. de Rbanlkof montrent qu'il faut mettre ôuiê la même catégorie celui du dromadaire et du Gbameau(â)* Les fameuses expériences de Buffon sur le croisement du loup et du chien ont malheureusement été interrompues avant qu'elles pussent permettre de conclure. Elles viennent d'être reprises par M. le comte de Ghanteleu, mais de sont pas encore terminéesi Les détails préeis manquent sur quelques autres faits cités par divers auteurs ; et la seule conséquence qu'on puisse en tirer^ c'est que efaei Un certain nombre d'animaux^ comme ches le ebioi qu'on marie au loupi le croisement des espèces n'annihile pas la fécon-* dite dans les descendsmts pendant tnMS ou quatre générationsi dnsl qu'on l'avait soutenu à tort. Or il n'y a là Heti qui dépasse les résultats fournis bien des fois par le croisement des espèces végétales.

Cependant deuif expériences ont été poussées assez loin pour qu'on puisse en tirer des conclusions précises^ Ce sont c^es qui ont porté sur le croisement de la chèvre et du

(1) Hiitoire naturelle générale des règnes organiques, t. III, chap. x.

(2) Unité de l'espèce humaine ^ et Revue des cours scientifiques, 1868. J'ai examiné avec détail dans ce livre, et surtout dans ces leçons, tous les principaux cas d'hybridation invoqués en faveur de la prétendue existence des races hybrides.

inôuton, d'où t^ulteot lés chmbins oh et^impres^ et sur le mariage du ^è¥te et du lat>in^ t{ui donne tiaissauee at» léporides. Toutôs deuH 9bt eouYent été iilvoquées à l'appui de doe^fies opposées è ëelles que je âéfends. On le p0uyait peut-être à l'époque où M, Broca publiait son livt^ sur l'hfbricKté (l)|éar bn ne possédait pas encore Uti Certain dëifibre de f&its (}iie le teinps seul a permis d6 ëonstatei^i II fi'en ^t pas de tâèitie aujëilrd'hiii. Quiconque examinefa sand parti pris l'ensetnble des données maintenant reètleil- Ues fetennaltra que les ehablns et les léporides^ malgt'é la prédomltianee de l'un des deux sangs (S)^ présentent eiactemeiit tes mêmes pbénemënes que les végétaux et les papillons.

Je n'insisterœ pas ëur Thisidire despr^ttiiersi 11 suffit de rappeler le témoignage de M. 6ay^ attestant (|tie bhèÉ eut le retour aux espèces primitiyes s' effectue après quelques générations} et qu'on est obligé de recomiliencfer la série de croisements assea eompliquée qui donne à ces hybrides la proportion des deu^ sangs nécessaires polir atteindre le

(1) mïKétiiét ètir ihyhHàwè àmuOe eti général tt iw ï'hyhriàxtè humaâm en p$/rii»uk%$r% i860«

(2) Les chabins ont 3 huitièmes de sang de bouc et 5 huitièmes de sang de brebis. Au Pérou^ on renverse le rôle des espèces^ et Ton croise le bélier avec la chèvre^ tout en conservant la proportion des deux sangs. Les léporides ont 3 httitièmei de sang de topin et ô huitièmes de «ang de Hèvte*

but industriel qu'on se propose (1). Il est évident que la loi de retour se manifeste ici chez les mammifëres, « exacte- > ment comme chez les végétaux >, ainsi que le disait mon savant confrère lui-même en me donnant ces renseignements.

L'histoire des léporides est aujourd'hui aussi complète, plus complète même que celle des chabîns. Le travail de M. Broca a eu le double mérite d* éveiller Tattention du monde savant en rappelant des faits oubliés, en faisant connaître ceux qu'on observait à ce moment même loin de Paris, et de provoquer des expériences nouvelles dont quelques-unes se poursuivent encore. Quelques détails sont donc ici nécessaires.

Le croisement du lièvre et du lapin a été tenté sur bien des points du globe et par bien des hommes de science ou de loisir. Il a généralement échoué, par exemple au Muséum, à diverses reprises, entre les mains de BufiFon et d'Isidore GeofiFroy. Le premier exemple connu de cette hybridation remonte à 1774, et fut constaté près du bourg de Maro, situé entre Nice et Gênes. Une jeune hase, élevée avec un lapereau de son âge par l'abbé Dominico Cagliari, s'accoutuma si bien à son copipagnon, qu'elle en eut deux fils qui semblent s'être partagé les caractères extérieurs du

(1) La toison des chabins présente un poil à la fois long et souple, ce qui fait employer la peau tannée de ces hybrides à une foule d'usages.

VAAIÀTION DÉSORDONNÉE, RETOUR. 253

père et de la mère. Ainsi prit naissance une famille hybride dont les membres, livrés à eux-mêmes, se reproduisirent pendant un certain nombre de générations. Examinée en 1780 par l'abbé Carlo Amoretti, naturaliste d'un certain mérite, elle montra une grande variété de teintes et de mœurs. On y voyait des individus blancs, d'autres noirs, d'autres tachetés. Les femelles blanches creusaient des terriers pour mettre bas à la manière des lapins, les autres laissaient leurs petits à la surface du sol, comme font les lièvres. Ces renseignements permettent de constater que chez les léporides de l'abbé Cagliari, la variation désordonnée s'était produite comme chez les végétaux étudiés par M. Naudin, comme chez les hybrides de papillons obtenus par M. Guérin-Méneville.

M. Broca cite trois autres observations qu'il reconnaît être ou douteuses ou trop peu complètes pour mériter une attention sérieuse. Il s'arrête avec raison aux expériences de M. Roux, président de la Société d'agriculture de la Charente. Il s'agit ici, en effet, d'une hybridation élevée à l'état de pratique industrielle, et comparable à ce point de vue, au croisement de la chèvre et du mouton. Dès 1850, paraît-il, M. Roux avait été amené par ses propres expériences à croiser le lièvre et le lapin précisément dans la proportion que nous avons vue être la plus favorable à la production des chabins. Sesléporides avaient trois huitièmes de sang de lapin, cinq huitièmes de sang de lièvre. Dans

009 f[{Qp(UUop9, 4>F^ |d9 4é(^il8 4onoâ^ spr place ^ M. Broa», iU se propageajept régulièreme»!;, l^s porté^8 étaient de c}oq 4 buH petits, qui s'éleyaiB^t »n» fUffiaulté, et su^quéraient ^ if^ foi§ un ppids plus co^dépable qye cripi de lejirs attcôtrus lièyries ou ^^pins, «ne pb^ir qui, qwiqttô blapcbe pamme celle de ce9 derniers, ét^t bien plus agFéaT ble a^ gpût, u»e fourrure supérieure m qu^ité ^ celle du lièvre iui-mêu>e, Ce^ ay^tages ré»ni^ donuaieut m^ léporides de M, Roux, 3ur le luarabé d'Angeulêoie, uue valeur double de celle des plus beaiu lapins domestiques. Sufiu, l'ayenir de cette industrie paraissait ^fisurô, car en 11860, époque du voyage de A|. Broca, dix générations de léporides s'étoient déjà sucpédé ^an^ pi^ifester, au dire du producteur, la moindre tendance 4 ro^umor ^oit k Tuas, soit à l'autre espèce.

Ces faits serobl^ent bien établis» et Ton cpiuprend qu'ils aient motivé quelques assertions fofi eicagérées sans doute, mais qui du moins paraissaient repos^er snr d/es donnée^ précises. Cependant, dès IMO, isMore Geoflfrpy d^claraij que les lépprîdes a retournent asse? pl-omptemenf au typp l*pin, I s| de uouveanx accouplements ave^s }^ lièvre n'ont pas 9 lieu » (1) p Cette déclaration avilit d'auj^wt plus de porftÈe que^ dans sop livre ^ffistoire natmelle §énM»y Isidore

(i) Bulletin de la Société zoologique d'acclimatation, séance du 28 dé-

cem)»re iS6Q.

?ÂRU9IW Dt80BD6iflf<E, RfiTOUR. S&6

Geoffroy avait toiU aveô plaiae confiance les ftdis attestés par M. Roux. Il était aU^ jusqu'à dire que c le looment ae » semblait pas éloigné où une véritable raee hybride serait » issue de deux animaux dont les naturalistes ent dit si » longtemps et redisent encore i leur aecouplement même > est impossible (1). » Le retour au type maternel venait démentir cette prévision $ mais, en homme de science et de bonne foi, Isidore Geoffroy n'hésitait point à constater tottt le premier le fait qui condamnait une opinion prématurément émise.

Au resi^, le doi^ ne fiit bientôt plus possible, k mesure que 1^ document^ devinrent plus qombreux et plus précis, on i^prit que rindus|iîedes léporides était loin d'atteindre l'importance qu'en lui avait prêtée ; on apprit que la mor>talité était ^es eux considérable. Le fait du retour fîit reconnu au Jardin d'acclimatation, qui poserait deux léporides, fils de ceu|[ qu avait élevés M. Aoux luL-même (fi). A la Société d'agriculture de Paris, un de ces hybrides f^

(1) HUloirû natureUê ^énéflê dêi règnêi orgtmiqueSj t. UI, «hap. x^ ««ptipn U, Ce yolumep^rto I9 4at» d^ iSÇ^. 0» m^ qu^ rwprW>^ ^*^ Alt terp^née qu'après la mort de Fauteur, <;^ui n'a même pu l'achever. Les retards inévitables en pareil cas expliquent la date inscrite sur le titre ; mais Isidore Geoffroy nous apprend lui-même qu'il écrivait le passage cité en 1859, 4 qu'il empruntait les faits qui semblaient motiver sa prévision au mém r eneore inédit de M. Broca.

(2) Noie sur les lapins-lièvres, par M. Jean Reywud. (ButtMin de la Su- Cîété d'accUmatation^ séanee du iS déisambre iSSa.)

256 DISCUSSION DES DOCTRINES TRÂNSFOlUilSTES.

examiné avec soin, puis mangé dans un repas de corps : il parut ne pas différer d'un simple lapin (1). M. Roux, interpellé à diverses reprises et mis officiellement en demeare de s'expliquer par la Société d'acclimatation, se renferma d'abord dans un silence qui fut sévèrement interprété. Il paraît s'être décidé plus tard à reconnaître lui-même ce qu'avaient eu d'exagéré et d'inexact ses premières assertions (2).

Pour avoir à peu près échoué au point de vue industriel, l'expérience de M. Roux n'en était pas moins intéress^te. Il était à désirer qu'elle tût reprise, et divers expérimentateurs tentèrent de la reproduire. M. Gayot seul, croyonsnous, y a réussi. Il en a communiqué plusieurs fois les résultats àjla Société d's^riculture de Paris, et il mit entre autres sous les yeux des membres de cette société, le 11 mars 1868, un individu Bis d'iïne femelle demi-sang croisée avec un mâle lièvre pur. Ce léporide avait donc trois quarts de sang de lièvre et un quart seulement de sang de lapin. Son pels^e présentait quelque analogie avec celui de son père. Pourtant il ressemblait tellement au lapin sous tous les autres rapports, que la Société jugea nécessaire de le faire examiner de près et par comparaison. M. Florent

(i) Cette expérience culinaire, répétée à Paris sur un des léporides que M. Roux faisait vendre au marché^ donna lieu à la même appréciation. (2) E. Faivre, La variabilité des espèces et ses limites, chap. vin*

Prévost, dont la vie entière s'est passée à la ménagerie du Muséum, et qui joignait à Texpérience d'un aide-naturaliste émérite celle d'un chasseur, fut chargé de ce soin. « Occupé de cette intéressante question, dit-il dans son » rapport, j^ai quitté de bonne heure la Société pour aller » dans plusieurs marchés et chez quelques personnes » examiner tous les lapins, morts ou vivants, que j'ai pu » rencontrer, pour les comparer à celui qui occupait la » Société. Sur le grand nombre d'individus que j'ai obser- » vés, huit ou dix avaient les mêmes caractères que ceux » que j'avais remarqués sur celui auquel je venais de les » comparer, et cependant ce n'étaient que des lapins domes- > tiques (1). »

Ainsi, dès la seconde génération et malgré ses trois quarts de sang de hèvre, ce léporide était redevenu en tout semblable à un lapin pur, au jugement d'un homme dont la compétence en pareille matière est certainement indiscutable (2).

(1) Bulletin des séances de la Société impériale et centrale d* agriculture de France, mars 1868.

(2) M. Gayot a publié depuis de nouvelles observations, et persiste à penser qu'il a bien obtenu une race de léporides s'entretenant par elle-même. La Société d'acclimatation, par l'organe de sa commission des récompenses pour 1870, a adopté cette manière de voir, et décerné à l'habile çxpérimentateur le prix qu^elle avait proposé pour ce croisement. Je ne puis jusqu'ici adopter ces conclusions ; et après avoir lu avec le plus grand soin tous les détails donnés par M. Gayot, je ne puis voir dans ses léporides qu'une race de vrais

QUATUeVAGES. 17

Ce phénomène du retour aux types parents, que nous retrouvons chea les animaux invertébrés ou vertébrés comme chez les végétaux, mérite toute notre attention. Seul il explique un fait qui sans cela serait fort étrange.

Le nombre des hybrides féconds est sans doute extrêmement restreint; pourtant il est loin d'être nul. Gomment se fait-il donc qu'il soit à peu près impossible d'obtenir une véritable race hybride, c'est-à-dire une suite de générations reproduisant d'une manière plus ou moins complète les caractères mixtes empruntés à deux espèces différentes? Malgré les efforts de tant d'expérimentateurs, on n'en connaît pas un seul exemple chez les animaux ; chez les végétaux, qui se prêtent bien plus aisément à l'expérimentation, on n'a réussi qu'une seule fois : les quarterons de blé et d'aegilops comptent aujourd'hui chez M. Fabre et chez M. Godron plus de vingt générations consécutives. Je reviendrai plus tard sur cette exception remarquable. Je me borne pour le moment à constater que, si l'on ne connaît pas d'autre fait de même nature, c'est que la loi de retour aux types parents vient constamment contre-balancer la

lapins à laquelle des soins raisonnes et intelligents ont donné des caractères spéciaux. {Bull, de la Société impériale et centrale d*agricuUure de France f 1869.) Mais en admettant que ce soit moi qui me trompe, les conclusions de ce chapitre n'en seraient nullement infirmées. Le succès de M. Gayot ne ferait que reproduire chez les animaux ce que MM. Fabre Mt Godron ont obtenu chez les végétaux, et ce que j'aurai à dire au sujet de3 expériences de Nancy et de Montpellier s'appliquerait également à celles dont il s'agit ici.

VàBIATIO]» OÉSOPBONI^E, RETOPP, 259

loi de l'hérédité, en dépit de la sélection, en dépit même de la prédominance d'un des deux sangs, comme chez le léporide de M, Gayot.

Ce dernier fait, celui que j'empruntais plus haut aux expériences de M. Naudin sur les datura, une foule d'exemples pareils que l'on trouverait dans les écrits du même ei^périmentateur, dans ceux de M. Lecoq et de leurs émules, conduisent à une conséquence qu'il me semble difficile de repousser : c est que le retour aux espèces primitivement croisées est complet. On ne peut évidemment ici invoquer la dilution de l'un des deux sangs ; on ne peut assimiler ce qui se passe chez ces demi-sang, chez ces quarterons, à la transformation progressive produite par des croisements successifs, opérés toujours dans le même sens, et qui conduiraient de génération en génération d'un type à l'autre, expérience qu'on a aussi faite bien souvent. Dans ce dernier cas, pourrait-on dire, la prédominance de l'un des deux sangs en arrive à masquer l'existence de l'autre, bien que celui-ci persiste. Il n'y a rien de pareil dans ces Datura stramonium^ dans ces lapins, fijs d'Jiybrides* qui reproduisent pourtant en totalité le type d'une seule des espèces croisées. La brusquerie du phénomène nous en révèle la nature.

Il est évident qu'il y a ici, soit rejet et expulsion, soit absorption ou destruction, en tout cas annljiilation par un procédé physiologique quelconque de l'ui) des deux sangs

dont Tassociation anormale donnait à Thybride ses caractères mixtes.

La physiologie, venant ici à l'appui de la morphologie, confirme de tout point cette conclusion, et montre tout ce qu'il y a de radical dans ce retour aux types. On ne connaît pas un seul cas d'atavisme par hybridité. L'observation chez les animaux est pourtant déjà ancienne. Les Romains savaient produire des chabins, et distinguaient par des noms spéciaux le produit du croisement selon que le père ou la mère étaient empruntés à l'espèce ovine ou àTespèce caprine (I). Cependant, en Italie comme dans le midi de la France, la loi de retour les a ramenés entièrement aux deux espèces primitives, et les effets du croisement ont totalement disparu. Jamais on n'a parlé d'agneaux nés d'une chèvre et d'un bouc, pas plus que d'un chevreau fils d'un bélier et d'une brebis. Certes un pareil fait, fût-il même fort rare, n'eût pas manqué d'éveiller l'attention, et l'on peut dire qu'ici l'observation négative équivaut à une affirmation.

Quant aux végétaux, l'expérience directe a répondu dans le même sens, e J'ai plusieurs fois semé les graines des

(1) Isidore Geoffroy cite les deux vers suivants empruntés à Eugenius, auteur du yn* siècle^ qui a écrit une très-curieuse pièce de vers : De ambi-

Titirtu ex ovibus oritur birooque parente, Mmmontm capra verveco semine gignit.

(HtKolre nafureUtf générale des règnes organiqws^ t. lU, chap. x^ p. 5.)

» hybrides entièrement revenus aux types spécifiques, » m'écrivait à ce sujet M. Naudin, et il n'en est jamais sorti » que le type pur et simple de l'espèce à laquelle l'hybride » avait fait retour. Jusqu'ici je ne vois rien qui puisse me » faire supposer que, dans cette postérité revenue à une » des espèces productrices, il puisse jamais se trouver » un individu reprenant, par atavisme, les caractères de » l'autre espèce. » Darwin lui-même déclare que, soit dans le règne animal, soit dans le règne végétal, jamais il ne s'est produit un fait de ce genre (1).

Quelque étrange que puisse paraître le phénomène de retour, il n'est pas sans analogie avec un fait bien connu des physiciens et des chimistes. Sans vouloir établir une comparaison rigoureuse et surtout une assimilation, on peut rapprocher ce qui se passe dans la succession des générations hybrides de ce que présente une dissolution de deux sels, tous deux cristallisables, mais à des (Jegrés différents. On sait que, pour les séparer, il suffit d'opérer un certain nombre de cristallisations successives, et que ce procédé permet d'obtenir des produits d'une très-grande pureté. Le retour aux formes parentes, surtout quand il se manifeste brusquement et en faveur d'un seul type, pourrait tenir à quelque chose d'analogue. Il suiDRrait d'admettre que l'un des types, ayant la faculté de se réaliser plus

(1) De la variation des animaux et des plantes, 1. 1, chap. viii, le paon.

promptement que l'autre, l'emporte par cela même sur son antagoniste^ comme dans un gaeon les plantes vigoureuses et précoces étouffent les espèces plus faibles et tardives.

Le phénomène de retour se trouverait ainsi ramené à un simple fait de lutte pour Feadstence^ et rentrerait par conséquent dans Tordre de ceux qu'ont si bien expliqués les belles recherches de Darwin.

On a voulu comparer à la variation désordonnée et au retour tel qu'on l'observe dans l'hybridation quelques-uns des phénomènes présentés par le métissage. On a, par exemple, assimilé à la première la lutte entre les caractères des deux races parentes observée à peu près toujours chez les métis. Pour montrer combien ce rapprochement est peu fondé, il n'est pas même nécessaire de recourir aux nombreux faits de détail qu'on pourrait invoquer. Il sufiSt de rappeler la pratique industrielle journalière.

A chaque instant, on voit des éleveurs croiser des races parfois très-diflFérentes, tantôt pour relever un type inférieur, tantôt pour obtenir une race intermédiaire entre deux autres. Ils n'agiraient certainement pas de cette façon si ces croisements avaient pour résultat de produire un désordre comparable, même de bien loin, à celui que signale M. Naudin. Ils s'attendent sans doute à des irrégulafités plus ou moins accentuées dans les premières générations métisses ; mais ils savent aussi qu'après quelques oscillations^ la race s'assoira. Ces oscillations pourront

YABUTION DÉSORDONNÉE, RETOUR^ 263

aller jusqu'à ramener quelques desoendants des premiers métis à Tune des deux races parentes* Est-ce un yérit2i)le retour ? Non, car le sang de l'autre race reparaîtra bien souvent parmi les fils ou petits-fils de ces individus*

Ici encore les exemples abonderaient au besoin. J'en ai emprunté un tout à l'heure à Darwin (1); j'aurais pu rappeler également les expériences deGirou de Buzareingues(2) et en particulier la généalogie qu'il a donnée d'une famille de chiens dans laquelle s'étaient mélangés, par portions, parait-il, à peu près égales, le sang du braque et celui de l'épagneul. Un mâle, braque par ses caractères, uni à une chienne braque de race pure, engendra des épagneuls. Ce dernier sang, on le voit, n'avait point été annihilé, et le retour n'était qu'apparent*

Je me borne à indiquer ces cas. Ils permettent de conclure que le vrai retour au type et la véritable variation désordonnée n'ont encore été constatés comme règle générale que dans l'hybridation, et qu'en revanche l'atavisme ne s'est montré que dans le métissage.

On peut ramener à un petit nombre de propositions simples et brèves les deux ordres de faits que je viens de résumer. — - L'espèce est variable, et cette variabiUté

(1) On en trouvera un. grand nombre d'autres empruntés à rhiatoire des pratiques agricoles des Anglais dans le dernier ouvrage du môme auteur (De la variation des animaux et des plantes).

(2) De la génération, 1828.

26â DISCUSSION D£S DOCTRINES TRANSFOfiMISTES.

s'accuse par la production des variétés et des races. — Les races, simples démembrements d'un type spécifique, restent physiologiquement unies entre elles et au type qui leur a donné naissance. — Ce lien physiologique se montre dans le métissage par la facilité et la fécondité des unions entre les races les plus différentes déformes (1), par la persistance de la fécondité chez les métis, par les pliénomènes de l'atavisme. — Entre les espèces, le lien physiologique fait défaut ; et de là résultent dans l'hybridation l'extrême difficulté et l'infécondité habituelle des unions, la stérilité de la plupart des hybrides, les phénomènes de variation désordonnée et de retour, l'absence d'atavisme chez les descendants d'hybrides revenus au type spécifique. — Lés races métisses se forment aisément, spontanément, en dehors de l'action de l'homme et parfois malgré ses efforts. — En dépit d'innombrables tentatives, l'homme n'a encore obtenu qu'une seule race hybride comptant une vingtaine de générations, et il n'a pu la conserver jusqu'ici que par des soins incessants et miiiutieux. Voilà les faits que présente la nature actuelle, Évidem-

(j) Je n'ai guère parlé ici que des formes intérieures ou extérieures. Quand il s'agit de comparer l'espèce et la race, cet ordre de caractères esl ordinairement seul pris en considération ; mais on sait que, chez les animaux et les végétaux, des modifications fonctionnelles devenues héréditaires caractérisent fort bien' certaines races, et* qu'il en est de même chez les animaux pour les modiAcations de l'iustinct, des habitudes, etc.

ment on ne saurait les perdre de vue lorsqu'on aborde d'une manière quelconque les problèmes qui touchent à Forigine, à la constitution des espèces ; car ils représentent tout ce que Texpérience et l'observation nous ont appris sur ces sujets difficiles. Ce sont eux qui nous serviront de guides dans r appréciation des doctrines transformistes dont nous allons reprendre Texamen,

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