‹ Charles DarwinChapitre 16 sur 90 · COSTUME ET HABITUDES · texte numérisé non relu

COSTUME ET HABITUDES

se rend. C'est un champ étroit, mais allongé, planté dechênes et d'autres arbres,entouré d'une haie basse, et d'où Ton découvre une jolie vue; une allée circulaire, sablonneuse, en parcourt les bords. Ajutrefois Darwin en faisait chaque soir un nombre de tours fixé d'avance ; devenu plus vieux, il en fait ce que ses forces lui permettent. Il s'arrête souvent pour observer les oiseaux et autres bêtes, et son immobilité est telle qu'il arrive à de jeunes écureuils de lui grimper sur les jambes et le dos, tandis que leur mère, dans un arbre, les rappelle avec des cris d'angoisse. S'il ne va pas au Sand'Walk — c'est le nom de ce promenoir habituel, — il se promène avec les siens dans le jardin, examinant les fleurs, pour les^ quelles il éprouve une admiration artistique non moins vive que son admiration de botaniste pour leur structure et leurs adaptations multiples. Étant jeune homme, il a eu la passion du cheval, et dans son âge mûr il l'a pratiqué sur ordonnance des médecins; mais divers accidents l'ont dégoûté de cet exercice. Au retour de la promenade, il prend son goûter. Son alimentation est simple, et il n'est pas grand mangeur. Il ne boit que très peu de vin, et il ne lui est arrivé qu'une fois, étant étudiant à Cambridge, de boire plus qu'il n'eût dû. a Je me rappelle, dit Francis Darwin, lui avoir une fois demandé, dans mon innocence d'enfant, s'il avait jamais été pris de vin, et il me répondit très grave-

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ment qu'il éprouvait de la honte à m'avouer qu'il avait une fois, à Cambridge, bu plus que déraison. » Il a une passion pour les sucreries, passion malheureuse, car elles lui sont défendues. Il promet souvent de n'en pas prendre, mais ne considère ses serments comme valables que s'ils ont été faits à haute voix. — Après le goûter, il s'étend sur un divan du salon et lit le journal. Ses opinions politiques ncBont guère le résultat d'une profonde médijt^tion; il se les fait en passant, mais il lit avec soin les débats parlementaires, qu'il trouve d'ailleurs flérnesurément prolixes et dont il rit souvent. Après cett^ lecture, la seule qu'il fasse propria persona^ car tQut le reiste lui est lu à haute voix, il s'occupe de sa correspondance, qu'il dicte le plus souvent. Il est très méticuleux sur ce point : il a de vifs remords quand il laisse tarder une réponse, si in- 3igmâante que puisse être Tépître de celui qui lui a écrit. Il a pourtant reçu beaucoup de lettres irréfléchies et ridiQules. Toutes ont eu leur réponse courtoise et bienveillante. Il garde toutes les lettres qu'il reçoit. Pour les réponses longues, il fait souvent un brouillon écrit sur le verso d'épreuves ou de manuscrits désormais inutiles. Il écrit avec soin, et, quand cjb n'est pas lui qui tient la plume, il recommande à son secrétaire, l'un de ses enfants, d'écrire avec soin, surtout si c'est à un étranger que sa lettre est destinée. Toutes ses épîtres sont em-

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